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Professeur Olivier MEYER Cours DCEM3 |
Pathologie de l'appareil locomoteur -
rhumatologie DCEM3
Internat n° 296
ETIOLOGIE
A. Génétique de la PR
Les jumeaux homozygotes sont plus souvent concordants pour la PR (15 à 30 %) que les jumeaux dizygotes (5 à 10 %). Plusieurs gènes vont intervenir dans le déterminisme de la PR. Ils comptent pour 60 % environ dans le risque de développer la maladie. Le plus connu est le gène HLA-DRB1 situé sur le chromosome 6 humain (ce gène à lui tout seul représente 30 % du risque génétique à développer une PR) : certains allèles sont associés de façon statistiquement significative : DRB1*0401, 0404, 0405, 0408, 0101, 0102, 1001 et 1402. Nombre de ces allèles ont en commun une séquence sur le troisième segment hypervariable appelé épitope partagé. Environ 75 % des patients caucasiens d'Europe du Nord sont porteurs de l'un de ces allèles contre 25 % environ dans la population générale. Les autres gènes sont actuellement en cours de localisation sur le génome (chromosomes 1, 3 et 18) et divers gènes candidats font l'objet d'études sur des populations de PR et de leurs parents.
B. Facteurs d'environnement
Ils restent totalement inconnus. Plusieurs agents infectieux joueraient un rôle déclenchant possible, mais peut-être de façon indirecte :
C. Mécanismes intermédiaires
L'inflammation rhumatoïde, quelque soit la cause, résulte d'une infiltration de la synoviale par des cellules inflammatoires (lymphocytes T, lymphocytes B, monocytes macrophages) qui viennent renforcer le potentiel inflammatoire des synoviocytes résidants : type A d'origine macrophagique et type B d'origine mésenchymateuxe fibroblastique. Les cellules présentatrices d'antigène (telles les cellules dendritiques) produisent des cytokines telles que l'IL18, l'IL12 et l'IL1 qui activent les lymphocytes T. Le TNFalpha joue également un rôle important de chef d'orchestre des cytokines proinflammatoires. Les monocytes macrophages produisent des facteurs d'angiogénèse tel que le VEGF qui favorisera l'apport de cellules inflammatoires. La réponse T spécifique est de type Th1 avec production d'IL2 et d'INFgamma, et plus accessoirement de type Th2 avec production d'IL4, d'IL10 et d'IL13. A un stade plus évolué de la réaction inflammatoire, les monocytes macrophages produisent de grandes quantités d'IL1 et de TNF alpha dont l'activité ne peut être suffisamment freinée par leurs inhibiteurs naturels, IL1-Ra et récepteurs solubles de l'IL1 d'une part, récepteurs solubles du TNFalpha d'autre part. Les fibroblastes produisent également de l'IL1 et du TNFalpha, ainsi que des chimiokines (chimiotactiques) telles que l'IL8, des métalloprotéases et du NO, des radicaux libres, des prostaglandines PGE2. Le phénotype de ces fibroblastes synoviaux est proche de celui de cellules transformées avec expression de divers oncogènes (C-myc). Les chondrocytes participent aux phénomènes de chondrolyse en produisant de l'IL1 et des métalloprotéases et en diminuant ses capacités de synthèse des protéoglycanes. Enfin, les monocytes, stimulés par le TNFalpha et diverses molécules des lymhocytes T tel que RANK-ligand, se différencient en pré-ostéoclastes puis en ostéoclastes qui résorbent l'os sous chondral (figure).

DIAGNOSTIC
Nous prendrons pour type de description la polyarthrite rhumatoïde chez la femme de 40-50 ans.
A. Début
Le début est progressif, insidieux : c'est la période des hésitations diagnostiques. C'est surtout la clinique qui permet l'orientation, la biologie et la radiologie étant souvent sans particularité à ce stade. L'Association des Rhumatologues Américains a proposé en 1987 une série de critères pour la classification de la polyarthrite rhumatoïde (tableau 1). Ils sont souvent pris en défaut à cette période précoce de l'évolution.
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1. Raideur articulaire matinale : raideur matinale articulaire ou périarticulaire, durant au moins une heure avant l'amélioration maximale. 2. Arthrite d'au moins 3 groupes articulaires : gonflement des tissus mous ou épanchement (et non pas saillie osseuse isolée) d'au moins 3 groupes articulaires touchés simultanément, observés par un médecin. Les 14 groupes possibles sont, à droite ou à gauche, les IPP (interphalangiennes proximales), les MCP (métacarpo-phalangiennes), les poignets, les coudes, les genoux, les chevilles et les MTP (métatarso-phalangiennes). 3. Arthrite des articulati ons des mains : gonflement d'au moins un groupe articulaire (voir définition en 2) parmi poignets, IPP ou MCP. 4. Arthrite symétrique : atteinte simultanée des mêmes groupes articulaires (voir définition en 2) des deux côtés du corps (l'atteinte bilatérale des IPP, des MCP, ou des MTP est acceptable sans symétrie absolue). 5. Nodules rhumatoïdes : nodules sous-cutanés, sur les proéminences osseuses, les surfaces d'extension, ou dans les régions para-articulaires, observés par un médecin 6. Facteur rhumatoïde sérique mise en évidence de quantités anormales de facteur rhumatoïde sérique par une méthode dont les résultats sont positifs chez moins de 5 % des sujets témoins normaux. 7. Modifications radiologiques : modifications radiologiques typiques de polyarthrite rhumatoïde sur les radiographies de face des mains et des poignets, avec obligatoirement des érosions ou une décalcification osseuse évidente localisée des articulations atteintes ou de façon plus nette dans les régions adjacentes à ces articulations (des modifications d'allure seulement arthrosique ne conviennent pas). |
1. Clinique
a. Signes articulaires aux mains
L'atteinte
des mains inaugure les signes articulaires :

Vont
orienter vers une polyarthrite rhumatoïde débutante :
b. Autres atteintes articulaires
L'atteinte des mains et des poignets s'associe souvent à des arthrites des avant-pieds : métatarsophalangiennes surtout.
c. Examen général
2. Radiographies
a. Technique
L'examen radiologique est toujours bilatéral et comparatif. Il comprend un cliché de face et parfois de profil selon l'article intéressé.
b. Résultats
A ce stade, les radiographies ne montrent pas grand chose :
3. Biologie
a. Syndrome inflammatoire
Certains signes témoignent du caractère inflammatoire de l'atteinte articulaire :
b. Facteurs rhumatoïdes
Les réactions de détection des facteurs rhumatoïdes (latex et Waaler-Rose) sont parfois négatives à ce stade (40 % des cas environ des polyarthrites vues en service hospitalier), ce qui bien sûr n'élimine pas le diagnostic.
c. Anticorps antifilaggrine
Ces anticorps sont présents chez 60 % des polyarthrites avec facteurs rhumatoïdes et 15 % des polyarthrites sans facteurs rhumatoïdes. On les détecte par des réactions d'immunofluorescence sur coupe d'Ïsophage de rat (anticorps anti-kératine) ou sur frottis de cellules de l'épithélium buccal humain (anticorps antipérinucléaires) et par ELISA à partir de peptides riches en citrulline (acide aminé résultant de la déimination de l'arginine).
En règle, en quelques mois, soit d'une seule tenue, soit par des poussées successives, l'évolution de la polyarthrite rhumatoïde se fait vers une diffusion des arthrites.
B. Stade de polyarthrite rhumatoïde évoluée
Le diagnostic est facile
1. Clinique
a. Les mains
Les
signes articulaires prédominent encore aux mains :
de
profil la main rhumatoïde prend un aspect en dos de chameau :
gonflement dorsal du poignet et gonflement des
métacarpophalangiennes sont séparés par une
dépression qu'accentue l'atrophie musculaire des
interosseux
les
doigts sont déviés vers le bord cubital de la main,
classique " coup de vent " initialement réductible (figure
2)

les
articulations interphalangiennes proximales, d'abord renflées
en fuseau, s'enraidissent soit en flexion (aboutissant aux doigts en
boutonnière, pouce en " Z ") soit en extension (doigts en col
de cygne)
la
tête cubitale est parfois le siège d'une mobilité
anormale, en touche de piano, et peut se luxer en arrière,
venant menacer les tendons extenseurs qui peuvent se rompre (figure
3).

Aux signes articulaires peuvent s'associer un amincissement de la peau, une atrophie des muscles et parfois un érythème vermillon de la paume de la main
b. Autres atteintes articulaires
Pieds
: les atteintes sont volontiers associées à celles de
la main :
Grosses
articulations des membres : elles ne sont pas
épargnées. Leur atteinte garde souvent un
caractère de symétrie. Elle se traduit par un
gonflement douloureux spontanément et à la
mobilisation, aboutissant à une limitation de l'amplitude
articulaire. Ainsi sont habituellement touchés: les genoux,
les coudes, les épaules. La hanche est rarement atteinte. Les
genoux sont volontiers le siège d'un épanchement comme
l'atteste l'existence d'un choc rotulien. L'examen du liquide
synovial est utile au diagnostic. On palpe le creux poplité et
le mollet à la recherche d'un kyste synovial dont la rupture
peut en imposer pour une phlébite. Il convient de faire un
bilan précis des atteintes articulaires (amplitude
chiffrée des mouvements, rétractions, attitudes
vicieuses, laxité)
Petites
articulations : leur atteinte est beaucoup plus rare
(temporomaxillaires surtout).
Rachis
:
c. Examen général
Il cherche :
2. Radiographie
a. Signes radiographiques
Ils associent:


b. Topographie des lésions
aboutissant
tardivement à une véritable fusion des os du carpe
(" carpite " rhumatoïde). S'y associe une atteinte des
métacarpophalangiennes et, plus tardivement, une atteinte
des interphalangiennes distales.
3. Biologie
a. Signes inflammatoires
Selon l'évolutivité de l'atteinte rhumatismale, les signes biologiques d'inflammation sont plus ou moins accentués: vitesse de sédimentation, hyperalpha-2-globulinémie, hypergammaglobulinémie, présence de protéine C réactive, hypercomplémentémie.
b. Facteurs rhumatoïdes
Les recherches de facteurs rhumatoïdes par les réactions d'agglutination du latex ou d'hémagglutination de Waaler-Rose sont habituellement positives (85 p. 100 des polyarthrites rhumatoïdes).Il faut exiger un taux de 1/64 pour le Waaler-Rose et de 1/80 pour le latex. Ces réactions ne sont pas spécifiques de la maladie rhumatoïde et un résultat positif doit être interprété en fonction du contexte clinique.
c. Autres anticorps
D'autres anticorps sont plus rarement rencontrés: anticorps antinucléaires (25 p. 100 des polyarthrites rhumatoïdes) surtout, en général à un taux faible posant parfois des problèmes de diagnostic différentiel. On insiste sur les anticorps antikératine et les anticorps anti-périnucléaires et anti-peptides citrullinés qui dépistent les anticorps antifilaggrine, qui sont spécifiques de la polyarthrite rhumatoïde (98 % de spécificité).
4. Ponction articulaire
L'examen du liquide synovial apporte de précieux renseignements. La ponction sera faite avec des précautions d'asepsie rigoureuse.
5. Biopsie de synoviale
La biopsie synoviale n'est nullement nécessaire au diagnostic mais peut rendre parfois service dans les formes oligoarticulaires.
Lorsqu'elle est pratiquée, elle peut montrer plusieurs modifications dont le groupement permet d'évoquer le diagnostic :
C. Formes cliniques
1. Formes de début
a. Symptomatiques
Topographiques
: citons les formes de début suivantes:
Selon
l'intensité :
b. Après un facteur déclenchant
2. Formes anatomiques
a. Destructrices
b. Non destructrices
Après plusieurs années d'évolution.
3. Formes selon le terrain
a. Polyarthrite de l'homme adulte
Elle est rare (20 p. 100 des cas). Souvent atypique dans son début (monoarticulaire). L'atteinte de la hanche y serait plus fréquente.
b. Femme enceinte
Au cours de la grossesse, la polyarthrite entre souvent en rémission spontanée. La rechute survient après l'accouchement.
c. Ictère
Infectieux ou rétentionnel, il est également l'occasion d'une rémission spontanée.
d. En cas d'hémiplégie
Les signes articulaires du côté paralysé vont habituellement régresser.
e. Polyarthrites infantiles et juvéniles
La
polyarthrite rhumatoïde avec facteurs rhumatoïdes IgM peut
survenir chez l'enfant de moins de 15 ans, souvent aux alentours de
la puberté, et volontiers chez la fille.
Mais
l'enfant fait habituellement une maladie différente de celle
de l'adulte parce que séronégative.
Cette
entité est à séparer des autres rhumatismes
inflammatoires de l'enfant :
4. Formes viscérales
a. Manifestations hématologiques
Certaines
sont fréquentes :
D'autres
sont plus rares :
b. Syndrome sec
c. Manifestations nerveuses
Elles sont de plusieurs types.
Centrales
: compression médullaire par dislocation
atloïdoaxoïdienne, exceptionnelle alors que le diastasis
Cl-C2 est très fréquent.
Périphériques
:
d. Manifestations cutanées

e. Manifestations oculaires

f. Manifestations pleuropulmonaires
g. Manifestations cardiovasculaires
h. Amylose
D. Diagnostic différentiel
Le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde se pose différemment selon le tableau clinique réalisé.
1. Devant un début aigu polyarticulaire
Il faut discuter les affections suivantes.
a. Rhumatisme articulaire aigu
Le problème se pose rarement en pratique chez l'adulte jeune; on recherche une infection streptococcique récente, une atteinte cardiaque associée, et on s'aide, non pas d'un prélèvement de gorge, négatif à ce stade, mais du dosage des antistreptolysines ou des antistreptodornases.
b. Polyarthrite inaugurale d'hépatite virale
Intérêt du dosage des transaminases, de l'antigène HBs et des IgM anti-HBc; la polyarthrite guérit avec l'apparition de l'ictère.
c. Autre polyarthrite virale
Rubéole et Parvovirus B19 surtout.
d. Manifestations articulaires de l 'endocardite d'Osler
Intérêt des hémocultures, de l'échocardiographie à la recherche de végétations valvulaires; ce diagnostic est d'autant plus important que les facteurs rhumatoïdes sont fréquents (50 p. l00) au cours des endocardites subaiguës.
2. Devant un début monoarticulaire
Il faut discuter les affections suivantes.
a. Tuberculose
Intérêt de la biopsie synoviale.
b. Crise de goutte ou plus souvent de chondrocalcinose articulaire
C'est dire l'intérêt de la recherche des microcristaux dans le liquide synovial.
c. Arthrite infectieuse d 'expression abâtardie par un traitement antibiotique
Beaucoup plus souvent discutée.
3. Devant une polyarthrite évoluée
On élimine les affections suivantes.
a. Connectivite
Non pas tant une sclérodermie ou une dermatopolymyosite qu'une maladie lupique au cours de laquelle peut survenir une polyarthrite.
En effet, on sait la fréquence des anticorps antinucléaires au cours de la polyarthrite rhumatoïde (25 p. 100), voire de cellules LE (5 p. 100). Par ailleurs les facteurs rhumatoïdes se rencontrent dans 20 p. 100 des LED.Pourront être utiles au diagnostic de LED: la biopsie cutanée en peau saine couverte à la recherche de dépôts d'immunoglobulines et de complément à la jonction dermoépidermique (50 p. 100 des cas). Enfin l'hypocomplémentémie, lorsqu'elle existe, est habituellement le fait de la maladie lupique.
b. Syndrome de Sjögren
Il peut survenir en l'absence de polyarthrite rhumatoïde.
c. Rhumatisme psoriasique
Il peut simuler en tous points une polyarthrite rhumatoïde; on y pensera devant :
d. Manifestations périphériques d 'une spondylarthrite ankylosante
4. Autres diagnostics différentiels
Deux
diagnostics ne doivent pas être oubliés :
Un
diagnostic est exceptionnel: le rhumatisme de
l'hypogammaglobulinémie de type variable à
révélation tardive de l'adulte. Doivent y faire penser
les antécédents d'épisodes infectieux à
répétition. Ces sujets n'ont pas de facteurs
rhumatoïdes.
EVOLUTION ET PRONOSTIC
A. Evolution générale
B. Pronostic
PRINCIPES DU TRAITEMENT
La
prise en charge d'une polyarthrite rhumatoïde repose sur deux
types de traitements généraux habituellement
utilisés en association :
L'étiologie
de l'affection étant toujours inconnue, ces traitements
restent imparfaits.
A. Traitements généraux
En période évolutive le repos physique et moral est indispensable.
1. Anti inflammatoires
a. Non stéroidiens (AINS)
b. Stéroidiens
Les
corticostéroïdes sont très efficaces sur les
manifestations inflammatoires générales et articulaires
mais exposent à long terme à des effets secondaires
graves :
C'est
dire les précautions d'emploi qu'il faut prendre :
Ils
s'associent sans inconvénient aux anti-inflammatoirés
non stéroõdiens.
2. Traitements de fond
Ils sont associés aux traitements anti-inflammatoires.
a. Antimalariques
b. La Salazopyrine®
Elle s'utilise per os à la dose de 2 à 3 g/jour (4 à 6 cp). Elle expose à des intolérances digestives (nausées), hépatiques (hapatite cytolytique), hématologique (agranulocytose, thrombopénie) à dépister par une surveillance mensuelle. Son emploi sera précédé d'une recherche d'un déficit en G6PD qui la contrindiquerait.
c. Methotrexate (Novatrex®)
S'utilise per os à la posologie initiale de 7,5 mg un jour par semaine. Cette posologie peut être mensuellement augmentée, jusqu'à 15 à 20 mg en cas d'effet incomplet, voire utilisée par voie IM avant d'en abandonner l'usage. En effet, c'est aujourd'hui le produit qui a le meilleur taux de maintenance. Ce taux traduit à la fois l'efficacité et la tolérance. Les intolérances sont avant tout hépatiques (hépatite cytolytique voire fibrose ou cirrhose hépatique) et hématologiques. Avant traitement, on demandera des transaminases et une radiographie pulmonaire. On surveillera les transaminases 2 fois par mois au début, puis mensuellement ainsi que la numération formule sanguine. Une adjonction d'acide folique (dose pour dose) diminuerait la toxicité. Une contraception efficace est indispensable (risque tératogène).
d. Sels d'Or
Le
seul dérivé disponible par voie parentérale en
France est l'aurothiomalate (Allochrysine®).
Il
s'utilise par voie IM :
Une
surveillance attentive est indispensable car les sels d'or exposent
à des accidents cutanés (valeur prédictive d'un
prurit), rénaux (recherche de protéinurie avant chaque
injection) et hématologiques (numération formule
sanguine mensuelle avec numération plaquettaire).
Une
forme orale de sels d'or (Ridauran®) est disponible. A la dose de
6 mg/24 h, son efficacité est nulle et nous en
déconseillons l'emploi.
e. Dérivés thiolés (Trolovol® et Acadione®)
Ils s'utilisent par voie orale.
f. Leflunomide (Arava®) s'utilise par voie orale, à la dose initiale de 100 mg/j les trois premiers jours, puis 20 mg/jour tous les jours. Son efficacité est comparable à celle du méthotrexate. Les effets secondaires principaux sont la cytolyse hépatique (précoce), l'HTA, parfois une alopécie et un amaigrissement important. La surveillance impose de doser SGOT et SGPT tous les 15 jours. Une contraception efficace est indispensable.
g. Autres traitements de fond
Ces drogues ciblées ont un effet suspensif et prédisposent aux infections notamment tuberculeuse pour les anticorps monoclonaux anti-TNFalpha.
Mises à part les drogues ciblées qui agissent souvent dès la première perfusion, tous ces traitements de fond n'agissent qu'après un mois et demi à trois mois. Leur effet se dissipe dans les trois mois qui suivent la cessation de leur utilisation. Le méthotrexate et les drogues ciblées actuelles ont un effet purement suspensif.
B. Traitement locaux
Les traitements locaux sont un complément indispensable aux mesures générales.
1. Synoviorthèses
a. Acide osmique
Il est à réserver aux grosses articulations. Son utilisation est actuellement remise an cause pour des raisons de sécurité microbiologique.
b. Isotopiques
Chez les sujets plus âgés et/ou pour les petites articulations
c. Cortisoniques
Grâce aux dérivés modernes d'action prolongée, ils permettent souvent de réduire une inflammation localisée résistant aux traitements généraux.
2. Physiothérapie
a. Plâtres de repos
Ils peuvent limites les déformations
b. Autorééducation
Elle sera entreprise en dehors des périodes inflammatoires
c. Ergothérapie
Elle permet d'entretenir une certaine agilité manuelle.
3. Mesures orthopédiques
a. Synovectomies (parfois sous arthroscopie)
Elles sont source d'enraidissement. Elles ont été en partie supplantées par les synoviorthèses. Les indications se limitent au poignet et parfois aux métacarpophalangiennes.
b. Ténosynovectomies
Elles voient au contraire leurs indications se confirmer pour éviter les accidents de rupture tendineuse
c. Chirurgie de la main et de l'avant-pied
Elle fait appel aux interventions de réalignement avec un bon effet fonctionnel et antalgique. La résection de la tête cubitale permet d'éviter les ruptures tendineuses. Elle est actuellement supplantée par les interventions de réaxation stabilisation du poignet.
d. Arthroplasties de hanche, voire de genou
Elles permettent de rendre leur autonomie à des malades parvenus à un stade d'invalidité majeure
e. Chirurgie du rachis cervical (C1 C2)
S'adresse aux luxations, verticales ou antéropostérieures, compliquées de signes neurologiques. Il s'agit d'arthrodèse.