Service de Rhumatologie
Professeur Olivier MEYER

Cours DCEM
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Pseudo-polyarthrite rhizomélique
(diagnostic, évolution et traitement)
et maladie de Horton

(Anatomie pathologique, diagnostic, évolution et traitement)

 

Modules 14 et  8
Internat n° 121 et 119

 

 

 

DIAGNOSTIC

 

A. Diagnostic positif

La PPR touche 2 femmes pour 1 homme âgés de plus de 50-60 ans. Elle est plus fréquente chez des sujets de peau blanche.

 

1. Forme typique

Le diagnostic de PPR repose sur l'association des signes suivants.

a. Signes articulaires

 

b. Signes genéraux

Ils sont parfois au premier plan du tableau clinique: asthénie, fébricule.

 

c. Signes biologiques

 

d. Critères proposés par Bird et coll. pour le diagnostic de PPR

  1. Douleur et/ou raideur des deux épaules
  2. Début clinique en moins de 2 semaines
  3. VS initiale > 40 mm à la première heure
  4. Age > 65 ans
  5. Dépression et/ou perte de poids
  6. Douleur à la pression des deux bras.

2 Forme associée à une maladie de Horton

Celle-ci se manifeste par un ensemble de signes cliniques et biologiques.

a. Signes cliniques

Figure 1 : Artérite temporale : cordon induré inflammatoire sur le trajet de l'artère temporale

 

b. Signes histologiques

Figure 2 : Histologie de l'artère temporale

 

c. Critères du Collège Américain de Rhumatologie pour la classification de l'artérite de Horton

  1. Début de la maladie après 50 ans
  2. Céphalées récentes
  3. Sensibilité ou diminution des battements de l'artère temporale
  4. VS > 50 mm à la première heure
  5. Biopsie de l'artère temporale montrant des lésions de vascularite avec infiltrat de cellules mononucléées prédominantes, ou granulomes avec présence de cellules géantes.

La présence de 3 des 5 critères permet une sensibilité de 93,5 % et une spécificité de 91,2 %.

 

3. Formes cliniques de maladie de Horton

Elles font toute la difficulté du diagnostic.

a. Formes symptomatiques

Elles sont nombreuses, trompeuses. Citons les formes:

b. Formes compliquées

Elles font toute la gravité de la maladie de Horton

c. Formes familiales

Elles sont très rares mais intéressantes pour approcher le déterminisme génétique de la maladie.

 

B Diagnostic différentiel

Il faut éliminer les affections suivantes.

1 Polyarthrite rhumatoïde à début rhizomélique

 

2 Spondylarhrite ankylosante à début tardif

 

3 Polymyosite

Douleurs et signes déficitaires sont à différencier de la raideur des ceintures.

 

4. Autres diagnostics non rhumatologiques

Notamment devant une forme réduite à des signes généraux, on élimine: la maladie d'Osler, une infection, une hypothyroïdie, un cancer profond surtout (poumon, pancréas), un ulcère de la grosse tubérosité, une cholécystite chronique.

 

5 Ostéopathie

L'ostéomalacie peut comporter des douleurs osseuses des ceintures et une myopathie.

 

6 Myélome multiple

 

EVOLUTION ET PRONOSTIC

A Evolution

 

B Pronostic

Il est dominé par le risque oculaire irréversible de la maladie de Horton.

 

 

TRAITEMENT

Les corticoides per os constituent la base du traitement.
La posologie dépend de la clinique et des résultats de la biopsie d'artère temporale.

 

A Le tableau clinique est celui d'une pseudopolyarthrite rhizomélique

1. Il n'y a pas de signes cliniques (ni histologiques) de Horton

 

Il existe une maladie de Horton cliniquement symptomatique, mais sans signe ophtalmologique.

On commence par 0,5 à 0,7 mg/kg/24 h de prednisone. Cette posologie met à l'abri du risque oculaire.

 

B Le tableau clinique est celui d'une maladie de Horton avec signes oculaires certains

1.Traitement

On commence par 1 mg/kg/24 h de prednisone durant l mois, précédé souvent de 1 à 3 bolus de Solumedrol® IV (1 gramme/jour associé à:

2. Sevrage

Il sera très prudent, guidé par la VS. On propose le schéma suivant:

 

3. Surveillance

A l'arrêt du traitement on peut observer des récidives, mais jamais sur un mode oculaire grave si le traitement initial a été correctement observé, imposant une surveillance clinique et biologique indéfinie (surveillance de la VS).

 

4. En cas d'échappement aux corticoïdes, ou de contre-indication, ou d'accident grave imputé à la corticothérapie

On peut proposer:

Mais il s'agit de traitements d'exception qui n'ont pas tous fait la preuve de leur efficacité dans des études contrôlées.

Les anti-TNFalpha (Remicade® ou Enbrel®) doivent faire l'objet d'études contrôlées après des études ouvertes plutôt positives.