ELLES ET EUX

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* 2 Femmes, 2 Hommes   /   5 mn 15

(Deux couples : FRED et SYLVIE, PAUL et JEANNE)

* L'espace scénique doit être découpé en trois zones distinctes :

- La SCENE CENTRALE, pour le début et la fin de l'histoire. - La SCENE 1, où vont évoluer les garçons. - La SCENE 2, où vont évoluer les filles.

Chaque fois qu'une scène s'éclaire, les deux autres sont plongées dans le noir, ceci au rythme des indications contenues dans le texte. Pour une plus grande efficacité de ce procédé, il convient d'effectuer des changements secs, très rapides.

 

Tous droits réservés / A. Gibaud - SACD n° 31435 43

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     (FRED et SYLVIE ont invité leurs amis PAUL et JEANNE à dîner. Le repas se termine)

" SCENE CENTRALE "

JEANNE : Sylvie, c'était délicieux. Tu es la reine de la paella.

FRED (faussement fâché) : Et moi alors, j'ai pas droit aux compliments ?

SYLVIE : Mais si, mon nounours. Allez, félicitez-le. C'est lui qui a fait les entrées et la mayonnaise.

JEANNE : Ca fait toujours plaisir de voir les gars se mettre à la cuisine. T'as de la veine.

PAUL (faussement fâché) : C'est quoi, ces allusions ? Je t'aide pas, moi, pour le ménage ?

JEANNE : Mais bien sûr que tu m'aides, grincheux. Bon, on s'attaque à la vaisselle ?

FRED : Un coup de main ?

SYLVIE : Merci, ça ira. A deux, on aura vite fait.

FRED (à Paul) : Un petit digestif ?

PAUL : Avec plaisir.

" SCENE 1 "

FRED : Ca roule en ce moment, avec Jeanne ?

PAUL : Ca va. Mais on vient de traverser une de ces crises, je te dis pas.

FRED : Toujours pour l'histoire du pognon ?

PAUL : Non, ça , c'est réglé.

" SCENE 2 "

SYLVIE : T'en es où avec Paul ?

JEANNE : Ca va mieux. Je t'avais parlé de l'histoire des retards ?

SYLVIE : Oui.

JEANNE : Eh bien, ça s'est arrangé. Mais, plusieurs fois, on a failli se balancer les assiettes à la figure.

" SCENE 1 "

PAUL : On s'est engueulés pour une histoire de retards.Ca faisait un mois qu'elle rentrait du boulot systématiquement une heure à la bourre. Alors moi, tous les soirs, en train de me demander si elle s'était pas plantée sur la route… Et chaque fois, c'était le même refrain : " C'est monsieur Martin, le nouveau chef de service, qui m'a invitée à prendre un café. Par rapport au boulot, je peux pas tout le temps refuser, et gnagnagna, et gnagnagna…

" SCENE 2 "

SYLVIE : Quoi que, il faut se mettre à sa place, s'il se faisait du souci…

JEANNE : Tu parles. La vraie raison, c'est que monsieur est un gros jaloux. Il s'imagine peut-être que ça m'amuse de perdre mon temps avec les gars du boulot.

SYLVIE : Qu'est-ce qu'il a pensé quand il a su que le nouveau chef de service voulait que tu sois sa secrétaire perso ?

JEANNE : Tu rigoles ? Heureusement que je lui en ai pas parlé. Là, j'aurais eu droit à la scène du siècle.

SYLVIE : Paul ? Jaloux à ce point ? Tu vois, j'aurais pas cru…

" SCENE 1 "

PAUL : C'est pas du tout une question de jalousie. D'ailleurs, tu me connais, c'est pas mon style. Et Sylvie ?

FRED : Ca va. Depuis quelques temps, elle ne pense qu'à tomber enceinte.

PAUL : Sans blagues ?

" SCENE 2 "

JEANNE : Au fait, c'est quoi ces numéros de " Jeune Maman ", sur le buffet ? Ne me dis pas que quelque chose est en train de se préparer ?

SYLVIE : C'est pas encore vraiment décidé.

JEANNE : Pourquoi tu m'as rien dit ?!

SYLVIE : T'inquiète pas. S'il y en a une au courant avant tout le monde, ce sera toi. Pour l'instant, on commence juste à en parler.

" SCENE 1 "

FRED : C'est complètement fou. Ce bébé, il n'est pas encore là que, déjà, elle n'arrête pas d'en parler à longueur de journée.

PAUL : C'est bien les nanas. Quand elles ont une idée en tête…

" SCENE 2 "

JEANNE : Tu sais, je crois que tous les mecs sont plus ou moins comme ça. Dès qu'une petite responsabilité pointe le bout de son nez…

SYLVIE : Et vous ? Vous comptez pas vous y mettre ?

JEANNE : J'aimerais bien. C'est la grossesse qui me fait un peu peur.

" SCENE 1 "

FRED : Je me demande ce que ça va être quand il sera là pour de bon.

PAUL : Qu'est-ce que tu veux. Elles marchent à l'instinct. Les hormones. Et quand quelque chose commence à les titiller, il n'y a plus rien d'autre qui compte.

FRED : Et vous ? Pas encore à l'ordre du jour ?

PAUL : Moi, ça me déplairait pas. C'est Jeanne qui…

" SCENE 2 "

SYLVIE : Qu'est-ce que tu racontes ? Par rapport à moi, t'es mince comme un fil de fer. Et Paul, qu'est-ce qu'il en dit ?

JEANNE : On n'en cause pas beaucoup. Si je me mets à lui parler de kilos en trop, il aura vite fait de se foutre de moi.

" SCENE 1 "

PAUL : C'est comme pour la bagnole…

FRED : La bagnole ?

PAUL : La notre est au bout du rouleau et il va falloir qu'on investisse d'ici peu.

FRED : Et vous comptez acheter quoi ?

PAUL : C'est là que ça coince. Moi, je préfèrerais un modèle sport, style… Enfin, un truc qui roule…

" SCENE 2 "

JEANNE : Pour frimer. Rien que pour la frime.

SYLVIE : Tu crois ?

JEANNE : Je suis pas folle. Je le vois bien venir avec ses " turbo " et ses " soupapes ".

SYLVIE : Et toi, tu voudrais quoi ?

JEANNE : Plutôt quelque chose de confortable, de spacieux… Un break, par exemple.

" SCENE 1 "

FRED (il se marre) : Au moins, ce sera pratique pour emmener Rex en balade. Ses vingt-cinq kilos se sentiront à l'aise.

PAUL : C'est justement le genre de truc qui me hérisse le poil : Paulo et Bobonne, en break sur les départementales, avec gros toutou affalé à l'arrière. Tu vois un peu le tableau ?

" SCENE 2 "

SYLVIE : Même adultes, ils continuent à faire vroum-vroum avec leurs petites voitures, comme à quatre ans.

JEANNE : Tu me diras, nous, avec nos beaux habits et nos princes charmants.

SYLVIE : Oui, c'est pas mieux… Je t'avais parlé de mon projet d'acheter un sèche-linge ?

JEANNE : Oui.

SYLVIE : Eh bien, c'est râpé pour cet hiver.

" SCENE 1 "

FRED : Et t'as vu comment Durand a mis les deux arrières dans le vent, à l'entrée de la surface, avant le tir dans la lucarne ?

PAUL : Incroyable. J'ai tellement gueulé sur ce but que Jeanne, qui roupillait sur le canapé, elle a fait un bond de deux mètres !

FRED : Faut dire que c'est pas tous les jours que le F.C. se qualifie pour la ligue des champions…

" SCENE 2 "

JEANNE : Mais qu'est-ce que je vois ?

SYLVIE : Quoi ?

JEANNE : Là ! Le catalogue printemps/été des 3CHIFFES ! Tu l'as déjà reçu ?

SYLVIE : Eh oui. Depuis que j'ai pris la carte, j'ai droit à des avantages.

JEANNE : Pistonnée. Tu peux me le laisser jusqu'à demain soir ?

" SCENE 1 "

FRED : J'avais prévu d'acheter un moteur d'occase pour ma bécane, et la voilà qui rapplique encore avec son fameux sèche-linge qui fonctionne à 900 tours/minute. Laisse-moi te dire que ça a été vite vu. Je vais remonter la moto comme prévu, et Sylvie, eh bien elle se servira de l'étendoir que je lui avais installé dans le garage. Point.

PAUL : Ca me paraît logique…

" SCENE 2 "

SYLVIE : T'as regardé le dernier épisode de " Pour l'amour de Samantha " ?

JEANNE : Tu parles. Hier, soirée football de rigueur.

SYLVIE : Idem à la maison. Heureusement qu'on a le magnétoscope.

JEANNE : Quelle bande de tarés avec leur foot.

" SCENE 1 "

FRED : " Pour l'amour de Maria " ou je-sais-plus-quoi. Enfin bref, le genre de série à la noix qui ramollit le cerveau. Du coup, elle est restée une heure au téléphone avec Fanny. Tu vois qui c'est ?

PAUL : Tout à fait. Mignonne, d'ailleurs. Et super-sympa en plus.

FRED : Ouais. On se demande ce qu'elle fout avec ce blaireau de Philippe.

" SCENE 2 "

SYLVIE : C'est parce que Michel avait des problèmes avec Julie. Alors François a conseillé à Sophie de tout raconter à sa sœur Karine qui, depuis deux mois, sort avec Benjamin, l' " ex " de Myriam, celui qui avait quitté Laure, la cousine de Franck…

JEANNE : Franck ?

SYLVIE : Oui, tu sais bien, celui avec qui Martine… Bref, je préfère pas m'étaler là-dessus… Et donc, Marion… A propos, t'es au courant pour Marion ?

JEANNE : Non.

SYLVIE : Il y a deux jours, au marché, avec Patrice, ils arrêtaient pas de se bécoter comme des affamés.

JEANNE : Tu les as vu ?

SYLVIE : Moi, non. C'est pascale qui me l'a dit, mais on peut lui faire confiance pour ce genre de truc.

JEANNE : Pascale ?

SYLVIE : Oui, Pascale, tu sais bien, la fiancée de…

" SCENE 1 "

FRED : Les fringues, les boutiques… C'est une vraie maladie chez elles.

PAUL : T'as raison. Moi, il faudrait presque me payer pour arriver à me traîner en ville. Quelle horreur. Je préfère largement passer mon temps à autre chose. Aller au foot, par exemple…

" SCENE 2 "

JEANNE : Pourtant, il est plutôt mignon Philippe. Et vachement sympa en plus. Tu trouves pas ?

SYLVIE : Va donc savoir ce qu'il lui a pris de s'enticher de cette gourde de Fanny.

     (Les FILLES et les GARCONS se rejoignent sur la scène centrale)

" SCENE CENTRALE "

FRED : Alors, les filles, fini de papoter ?

SYLVIE : Parce que vous, vous êtes restés muets ?

PAUL : Jeannou chérie, t'as vu l'heure ? On va peut-être y aller.

JEANNE : On y va. Vous avez bien discuté ?

PAUL : Oui. De choses et d'autres. Et vous ?

JEANNE : Nous aussi, de choses et d'autres…

 

FIN

 

Texte créé le 11 mars 2006

à Yvoir (Belgique)

par "la Troupe du Fleuve"

 

Tous droits réservés / A. Gibaud - SACD n° 31435 43

 

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