INTERVENTION SHOWMANITAIRE

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 -  1 comédien ou comédienne

+  1 voix off (homme ou femme) ou bien 2ème comédien (ou comédienne) placé(e) à distance,  par exemple de l’autre côté de la scène.

- Durée : 3 mn 15

-  MICHEL-HENRI DE BILLOT : grand reporter, micro à la main et oreillette.

     (à remplacer par MARIE-FRANCOISE KELLERMANN s’il s’agit d’une comédienne)

             Tout le texte sur un ton calme mais qui prend aux tripes

-  BERNARD (voix off) : présentateur vedette du journal télévisé.

     (à remplacer par CATHERINE si voix off féminine)

     Tout le texte sur un ton à la fois posé et angoissé

 

Tous droits réservés – A.GIBAUD – SACD n°31435 43

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(Jingle)

BERNARD : A présent, nous rejoignons Michel-Henri de Billot, notre envoyé spécial à Wanakoko, capitale du Bouroudouwa… Michel-Henri, est-ce que vous m’entendez ? Michel-Henri ?

MICHEL-HENRI : Oui, Bernard, je vous reçois très bien.

BERNARD : Michel-Henri, vous êtes au Bouroudouwa depuis maintenant une semaine, pouvez-vous nous présenter ce petit pays que l’on connaît très peu ?

MICHEL-HENRI : Eh bien, pour savoir à quoi ressemble le Bouroudouwa, il vous faut imaginer une vaste plaine de pierres sèches, au cœur d’un immense désert aride, d’où émerge parfois une grande dune de sable. Il y a Wanakoko, la capitale, où je me trouve actuellement, et qui est le seul endroit où l’on peut espérer trouver un Mc Do. Pour le reste, ce pays est totalement dépourvu de toute ressource naturelle, ce qui laisse à penser, c’est un avis personnel, que l’intervention sera de courte durée.

BERNARD : On dit qu’au Bouroudouwa les conditions climatiques sont très éprouvantes. Est-ce exact ?

MICHEL-HENRI : En effet, ce pays est une véritable fournaise. Certaines nuits, la température atteint ici les quarante-cinq degrés à l’ombre.

BERNARD : L’opération paraît-elle bien engagée ?

MICHEL-HENRI : A première vue, oui. Les troupes d’élite sont prêtes depuis plusieurs heures et attendent le signal près de la plage choisie pour le débarquement. Cependant, de grosses difficultés viennent d’apparaître concernant l’installation des caméras fixes et des projecteurs. Il n’y a bien sûr pas d’arbres dans le pays et les quelques baraquements voisins ont tous été rasés ces derniers jours au cours des hostilités.

BERNARD : Michel-Henri, comment va pouvoir évoluer la situation de vos confrères ?

MICHEL-HENRI : Je crois que l’on se dirige vers une issue favorable. Une barge chargée de trépieds a pu accoster il y a quelques minutes et il semblerait que le débarquement pourra ainsi bien avoir lieu à l’heure prévue, c’est-à-dire dans le courant de votre dernier journal.

BERNARD : Avec, il faut le rappeler, les toutes premières images en direct et en exclusivité…

MICHEL-HENRI : Tout à fait.

BERNARD : Comment la population locale réagit-elle ?

MICHEL-HENRI : Dans les régions reculées, tout est calme. J’étais hier matin à Bobaki, un petit hameau du sud du pays. L’ambiance y était détendue. Comme ils le font chaque jour, les sages du village se sont réunis pour deviser sur d’éternelles questions existentielles : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Qu’allons-nous bouffer ce soir ? Un état d’esprit totalement différent de celui qui règne à Wanakoko.

BERNARD : Vous voulez dire que les gens semblent plus nerveux dans la capitale ?

MICHEL-HENRI : Incontestablement. On sent que la situation peut dégénérer d’un moment à l’autre. J’ai justement, à ce propos, une anecdote personnelle à vous raconter : cet après-midi, j’ai eu le malheur de refuser une pièce à un gamin d’à peine dix ans qui faisait l’aumône. Celui-ci m’a alors balancé un violent coup de pied dans le tibia. Heureusement, une ambulance chargée de mutilés de guerre qui passait par là a immédiatement stoppé et un infirmier a pu apposer un pansement sur ma plaie. Ceci vous montre à quel point la tension est extrême dans les rues de Wanakoko.

BERNARD : Michel-Henri, tout le monde ici salue votre courage. Et qu’en est-il de la distribution des produits de première nécessité ?

MICHEL-HENRI : On peut être optimiste à ce sujet. Si les troupes prennent pied dès demain dans la capitale, je pense que dans un délai de vingt-quatre heures ce sont plusieurs tonnes de caisses de whisky qui pourront être acheminées dans les régions les plus touchées.

BERNARD : Michel-Henri, nous allons devoir à présent interrompre notre liaison avec Wanakoko. Vous restez sur place ?

MICHEL-HENRI : Oui, bien sûr. Je vais me diriger dans quelques minutes vers la salle de restaurant du quartier des ambassades où doit avoir lieu un buffet dansant avec l’ensemble des équipes de télévision. Je vous retrouve comme prévu pour le dernier journal.

BERNARD : Merci. Voilà, c’était Michel-Henri de Billot en direct du Bouroudouwa. Nous passons à présent à notre page tourisme…

          (Jingle)

FIN

 

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