Racismlaic dans l'IMPERTINENT Tribune

ECOLE, RACISME et LAICITE-

A propos d'un "fait divers" meurtrier

Le racisme est la source de nombreux maux. Il est causé par des facteurs de haine et est, à son tour, conséquence de fracture sociale. Il est l'ennemi de la laïcité, facteur essentiel d'unité de la nation, mise ainsi à l'abri des antagonismes religieux.

Prenons le cas d'un individu d'une quelconque ethnie minoritaire qui se sent rejetée de la société. Quelles peuvent être ses réactions surtout si on lui a inculqué l'idée (qui est juste) qu'il est titulaire en sa seule qualité d'être humain de droits subjectifs, opposables à tous et qu'il a un droit prééminent à l'égalité de traitement, un droit inexpugnable à la différence ?.

Cet individu se voit au surplus doté de la qualité de français, parfois d'office, avec des droits et des devoirs de français.

Quel sera son comportement ? Il peut se faire qu'il se replie sur lui-même , concentre ses efforts, veuille démontrer qu'il est l'égal des autres et parfois il voudra démontrer qu'il est le plus fort, travaillera plus que les autres pour les rattraper et les dépasser. Cet effort d'assimilation pourra alors le faire rejeter des siens, le faire passer pour un renégat ou parfois entraîner plus de haine encore à son égard. Il est entre deux eaux, phénomène que SARTRE a bien décrit.

Il peut se faire encore qu'il se sente délié de ses devoirs et n'étant pas intégré par les autres ne jouera pas lui-même le jeu de l'intégration. Pour affirmer son identité, il pourra ainsi devenir provocateur, violent, haineux, susceptible à outrance, en un mot il sera révolté La délinquance sera pour lui une espèce de vengeance. Toute répression ou apparence de répression, un crime de lèse-majesté. Il se sentira sanctifié et martyr. Il voudra être respecté tel qu'il est, son acte de délinquance lui semblera peu de chose, et même normal lorsqu'il s'agira de voler dans une société qui ne lui assure pas du travail et le traite en exclu.. Il pourrait même en tirer orgueil et fierté. Au moins on lui aura prêté attention. Toute sanction lui apparaîtra disproportionnée. Pour peu que le fanatisme religieux s'en mêle et qu'il se sente investi par Dieu lui-même alors le problème apparaît insoluble.

Il veut être reconnu tel qu'il est. Il veut forcer l'attention, l'admiration par le sport, la musique et même par ces "tags" que l'on voit se multiplier et dont certains sont le signe d'un certain talent et qui sont en tous les cas, une marque de son existence: Une signature identitaire.

 Mettons nous maintenant à la place des policiers. Il en meure dans les violences une dizaine par an. Souvent lorsqu'ils arrêtent même avec douceur ,un "jeune" délinquant ( on préfère le mot jeune au mot immigré, ou beur ou maghrébin), le parquet le relâchera et le juge d'instruction effaré par l'ambiance criminogène des prisons surchargées, rendra la liberté d'autant que l'intéressé, même pris en flagrant délit, est présumé innocent. Le policier consciencieux s'en émeut avec la conviction qu'il a travaillé pour rien et pour se retrouver toujours face aux mêmes délinquants. Il se sent mal-aimé, incompris à son tour car ses missions sont périlleuses et il préfère renonce, non qu'il ait peur mais parce qu'on l'accusera de racisme. Parfois, il s'énerve car il devient lui aussi susceptible. Il éprouve un sentiment de solidarité de groupe et pèse de tout son poids moral sur les autorités judiciaires qui ont tendance à les ménager car elles ont besoin d'eux. La longueur des procédures, les hésitations entre-coupées de manifestations corporatives, revient en retour sur les "jeunes", immigrés ou fils d'immigrés à qui on s'est efforcé d'inculquer que la France était le pays des droits de l'homme, en occultant la notion corrélative, de devoir …Face une situation douteuse, un geste équivoque du délinquant pris en flagrant délit, le policier se sent menacé ou présume qu'il l'est, tire. L'acte est jugé disproportionné et il est bien évidemment vrai que le voleur ne mérite pas, ni personne d'autre, la peine de mort…qui, plus est, sans jugement. Mais un coup est vite parti. La détente est un peu facile dans l'énervement de la situation et l'on croit pouvoir se dispenser de la procédure de la sommation préalable .Pourquoi ne pas tirer dans pneus Tuer est chose horrible et détestable. A-t-on toutefois vérifié que le délinquant qui vole une voiture et va la conduire exalté par la joie de posséder enfin une voiture, est titulaire d'un permis de conduire ?. Car s'il n'en a pas il est lui-même meurtrier en puissance. Une voiture est un objet dont le maniement est dangereux et qui peut tuer. Alors, on fait traîner les procédure et lorsque se veut énergique on qualifie d'emblée de meurtre volontaire donc d'assassinat, voie d'une saisine de la Cour d'Assises. On évite de correctionnaliser c'est à dire de renvoyer devant des magistrats professionnels. Mais l'on sait que les jurés populaires pourront faire l'objet d'une récusation et qu'ils auront le pouvoir de pardonner. Les débats sont oraux, le dossier n'est pas entre les mains du Jury. Le Président peut, par son pouvoir discrétionnaire ajouter aux questions posées dans l'acte d'accusation celle de savoir si l'accusé a donné la mort sans l'intention de la donner. Les vieux routiers de la procédure savent tout ce que l'on peut obtenir ou ne pas obtenir d'une Cour d'Assises !

Quant aux manifestations de rage, l'incendie de voitures en stationnement, le bris de vitrines, la casse, n'est-elle pas aussi disproportionnée avec le fait policier quel qu'il soit et ce, malgré les appels au calme de la propre famille de la victime et de l'appel pacifiant des autorités religieuses concernées… dont la sagesse et le civisme est devenu exemplaire.

Grâce aux efforts du Gouvernement des rapprochements ont lieu avec des représentants de la Communauté musulmane et c'est là une excellent chose

Quant aux mauvais traitements, ils sont malgré tout rares, quoique se répétant toutefois trop souvent et méritant les condamnations inéluctables de la Cour Européenne des Droits de l'Homme. La provocation, l'arrogance la dénégation d'un geste surpris en flagrance, l'accusation, parfois vraie mais souvent injustifiée d'être raciste alors que l'on ne fait que son devoir, enrage encore davantage. Les policiers se vexent des caricatures que l'on fait d'eux…. d'être présumés infliger de mauvais traitements et être contraints à une audition devant magnétophone. Mais, à bien réfléchir ce sont eux que l'on protège ainsi car on se rend bien compte à l'audition de la bande sonore de la vérité et des simulations qui peuvent aussitôt être corrigées et dénoncées. La preuve sera faite que les interrogatoires sont normaux.

Ces questions sont dramatiques car comment expliquer qu'un policier, bien éduqué et entraîné, bien noté, au passé exemplaire, perde son sang-froid ?

Quant à faire du policier, en uniforme et armé, une sorte d'assistant social, pratiquant la prévention, entretenant des rapports amicaux dits de proximité, avec celui qui, demain sera objet d'un procès verbal, sera peut-être arrêté par lui et quelque fois objet de brimades ? C'est un leurre. Il y a là un mélange malencontreux des genres. Toutefois comment ne pas rendre hommage aux policiers qui consacrent leur repos à faire du sport pour motiver quelques jeunes ?

Un Commissaire de police de renom me disait un jour que les commissariats sont toutes les nuits des lieux de misère sociale et qu'ils avaient souvent la fonction humanitaire d'assistant social. Mais cela n'est pas suffisamment su.

 

A notre avis, il faudrait créer un corps civil d'éducateurs de rue qui feront les intermédiaires, les conciliateurs des litiges et ne pas hésiter à engager des descendants d'immigrés volontaires. En France le mot "police" implique la répression alors même que dans la tradition républicaine la "police" implique aussi la prévention, l'organisation de la cité.. Mais l'éducation à ce sujet est loin d'être entrée dans les consciences.

Quant à l'Ecole, il va bien falloir reconnaître que l'Islam est la seconde religion de France et ce, parce que pour faire face aux revendications ouvrières on a fait entrer en France un trop plein de main d'œuvre. Que de postes de travail sont refusés par les métropolitains ?.

On a voulu en faire de cette mains d'œuvre des français. C'est bien. Le pluralisme peut apporter une richesse culturelle potentialisée. Mais à travail égal, droits égaux.

Nous n'évoquerons pas l'injustice de la situation faites aux dévoués et fidèles et courageux harkis mais nous pensons fortement à leurs enfants, français de tradition, dont la rancœur, contagieuse, n'est pas toujours injustifiée !

Or, voici maintenant que ces "jeunes" restés sages veulent que l'on reconnaisse leur identité. Tu portes la croix, tu portes la quipa, je porte le foulard. Vous avez des vacances pour vos fêtes religieuses, alors, pourquoi pas nous ?. Vous pouvez prier en des lieux affectés à cette fin, pourquoi pas nous ? Vous avez des programmes qui sont pour partie, refusés par notre croyance, pourquoi nous les imposer?

Ainsi, le système scolaire risque d'être grippé. On laisse les maîtres, ces fondateurs de la République, une et indivisible, traiter l'affaire au cas par cas. Avec quels moyens ? Avec quelles connaissances et quelle formation ? En collaboration avec quels personnels ?

Tous les acteurs de l'École ne devraient-ils pas être mobilisés par une volonté politique forte pour une action commune - IUFM, Inspecteurs, Enseignants, Psychologues de l'Éducation nationale - si peu nombreux et qui malheureusement se raréfient -, Médecins scolaires, Assistants sociaux, personnel parascolaire …

L'École devant être facteur d'intégration et d'égalité, ne devrait-elle pas s'ouvrir davantage et associer les acteurs des services extérieurs notamment la santé - éthnopsychologues, psychosociologues -, les travailleurs sociaux…,

Alors que va devenir l'école ? L'École laïque, creuset de la République et aujourd'hui facteur d'une culture démocratique digne d'elle ?.

La France ne se donne pas les moyens de son humanisme. Quelle grave contradiction fondamentale !

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