
Je suis arrivé hier à Chiang Mai, venant de Bangkok doù je repartirai dans trois jours pour me rendre à Pattaya. Dans la hall de lHôtel Suriwongse où je suis arrivé hier soir, je suis en train dattendre le chauffeur de Nouvelles Frontières qui doit venir me chercher pour memmener à laéroport où je dois prendre un avion pour Mae Hong Son.
Le chauffeur se présente et nous allons vers le mini-bus. Après une vingtaine de minutes, nous sommes arrivés à laéroport. Patcharin, mon guide, mattend. Nous nous dirigeons vers le comptoir denregistrement de la Thai. Patcharin me conseille de laisser en soute le sac qui contient mes appareils photo. Nous embarquons tout de suite car lavion décolle dans quinze minutes.
Je suis installé confortablement à lavant de lappareil, au premier rang côté hublot en classe affaires. July Travel, le représentant de Nouvelles Frontières sur place, a vraiment bien fait les choses étant donné le prix que jai payé. Nous survolons des montagnes boisées à environ 500 mètres des cimes. De ci de la, des volutes de fumée montent de la forêt. Patcharin mexplique que ce sont des paysans qui allument des feux et que, parfois, lavion doit faire demi-tour à cause de la fumée trop épaisse qui lempêche datterrir à Mae Hong Son.

Nous atterrissons entre les montagnes. La porte de lavion souvre et nous descendons la passerelle. Les bagages sont vite déchargés et je récupère mon sac. Le chauffeur a garé le mini bus sur le tarmac de laéroport. Nous démarrons et nous sortons par une grille ouverte qui débouche directement dans la rue.
Après une demi-heure, nous empruntons une route non goudronnée. Une demi-heure passe encore et nous traversons un gué. Quelques minutes après le passage de la rivière, le chauffeur descend et palabre avec un paysan. Patcharin mexplique que le chauffeur est en train de négocier la promenade à dos déléphant que je dois faire tout à lheure et quil est chargé de cela car il parle karen, langage dune des minorités du Nord de la Thaïlande. Je suis inquiet : il est déjà seize heures passées et le jour commence à baisser. Je me demande si jaurai assez de lumière pour faire mes photos.

Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons enfin à Huay-sye-thaw. Patcharin me présente les premières femmes girafes. Elles ont chacune une petit maison en bois munie dun auvent où elles exposent poupées, étoffes, cartes postales et dessins quelles vendent pour gagner leur vie. Jouvre mon sac pour prendre mon appareil photos. Un de mes deux boitiers est cassé. Je naurais jamais dû laisser le sac en soute. Heureusement, cest celui qui contient le film 100 ASA qui est endommagé : il est 17 heures et en Thaïlande, à cette heure là, la lumière commence à sérieusement manquer, surtout en région montagneuse, et jai besoin de travailler avec le film 400 ASA que jai glissé dans le deuxième boitier.
Je commence à prendre des photos. Patcharin mexplique que lorigine de cette tradition qui consiste à allonger le cou des petites filles progressivement avec des anneaux posés chaque année est en fait mystérieuse. Certains disent que cela protégeait les jeunes filles et les femmes, restées à la maison pendant que les hommes étaient partis à la chasse, contre les attaques des tigres qui sen prennent en premier lieu au cou de leurs victimes. Dautres disent que cétait un moyen employé par les padaungs pour protéger leur or qui, posé sur le cou des femmes, ne pouvait ainsi être volé. Enfin, dautres prétendent que cela serait la conséquence d'une superstition et constituerait en fait une protection contre la mauvaise fortune.