Discours du chef nazi
HimmIer sur l'homosexualité prononcé le 18 février
1937
Autre discours d'HimmIer
16 novembre 1940
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Des dizaines de milliers d'homosexuels furent déportés par les nazis. L'organisation de cette déportation ne fut cependant pas systématique et les déportés homosexuels n'étaient pas exterminés à leur arrivée dans les camps contrairement aux Juifs et aux Tsiganes.
En Allemagne, depuis le XIXe siècle, l'article 175 du code pénal punissait l'homosexualité. Cet article fut particulièrement appliqué après l'arrivée de nazis au pouvoir et plus nettement encore après 1938. Les homosexuels arrêtés étaint d'ailleurs surmommés les « Hundert-fünf-und-siebzig », les "175", dans les camps.
En France, un peu plus de 200 homosexuels furent arrêtés, principalement dans l'Est de la France, dans l'Alsace et la Moselle devenues provinces allemandes. Ces arrestations furent effectuées grâce aux fichiers constitués par la police française d'avant-guerre. Il n'y eut pas de déportation d'homosexuels venant du reste de la France à quelques exceptions près : on connaît quatre cas d'ouvriers du STO qui furent arrêtés pour homosexualité en Allemagne et déportés. Le nombre de 210 français déportés pour homosexualité est sans doute sous-estimé : tous les dossiers n'ont pas été retrouvés et, après la guerre, peu d'homosexuels firent connaître la raison de elur déportation.
Dans les camps, les homosexuels étaient soumis aux mêmes privations, aux brutalités, au travail forcé, aux expériences médicales, mais le triangle rose qu'ils portaient les soumettaient au mépris et à des vexations plus graves. Certains furent ainsi livrés aux chiens des S.S. qui les dévorèrent devant les autres déportés.(Témoignage de Pierre Seel sur le camp de Schirmeck).
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Voici par exemple, le nombre de déportés qui portèrent le triangle rose, dans le camp de Dachau. Cela ne correspond sans doute pas à la totalité des homosexuels déportés. Certains eurent la chance de porter le triangle vert des déportés de droit commun : arrêtés pour "atteinte aux bonnes moeurs", ils purent être considérés comme des délinquants et non des hommosexuels.
Année
Nombre de déportés
inscrits dans les listes
du camp de Dachau
comme homosexuels
1934
4
1935
30
1936
44
1937
54
1938
36
1939
31
1940
50
1941
37
1942
113
1943
81
1944
84
1945
19
24 avril 1945,
jour de libération
du camp
109
Total
583
d'après les travaux faits par Albert Knoll, archiviste au Mémorial de Dachau, basés sur les fichiers du camp et les demandes d'indemnisation après la guerre
Albert Knoll, Totgeschlagen-totgeschwiegen. Die homosexuellen Häftlinge im KZ Dachau, im Dachauer Hefte 14 (Les Cahiers de Dachau)
A Dachau, ces homosexuels étaient la cible des mauvais traitements, des cruautés et des sarcasmes des S.S. Ils constituaient un groupe isolé, marginalisé aussi par les co-détenus. Nombre d'entre eux furent castrés.
On retrouve cette situation dans tous les camps.
Pendant longtemps, la déportation des homosexuels fut
niée, cachée ou sous-estimée.
A la fin des années 1990, des
organisations
d'homosexuels
tentèrent de participer aux cérémonies de
commémoration, déposèrent des gerbes avec le
triangle rose. Cela fut pris comme une provocation par beaucoup des
organisations traditionnelles de la résistance. Les associations
représentatives des homosexuels en France et des sites Internet
eurent parfois tendance à surestimer le nombre d'homosexuels
déportés et quelques-uns chargèrent la barque au
point de parler de "génocide" des homosexuels et de comparer la
déportation homosexuelle à la Shoah.
De leur côté, certaines
associations de résistants
ou de déportés nièrent la déportation
homosexuelle et rejetèrent avec parfois une certaine violence,
au moins verbale,
les homosexuels des cérémonies de
commémoration. Ainsi, ces incidents, à Lyon, en 2002,
rapportés par le journal Têtu :
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Lyon, 28 avril 2002, 11h30. "C'est une honte, un scandale, c'est
lamentable!"
Hervé Morel, président de l'association Aris, est rouge
de
colère. "Nous allons demander
des explications au préfet".
A Lyon, les associations homosexuelles sont indignées, elles ont
été tout simplement exclues de la cérémonie
officielle organisée place Bellecour à l'occasion de la
journée
nationale de la Déportation. Tout avait pourtant bien
commencé.
La Musique de la région Terre Sud Est interprète le "Chant
du Marais". A Lyon, capitale de la résistance, la
population est
venue plus nombreuse que d'habitude, inquiète face au
réveil
des vieux démons de l'extrême droite. Les porte-drapeaux
des
associations d'anciens combattants, résistants et
déportés
sont émus à la lecture des noms des sinistres camps de
concentration.
Pour conclure, vers midi, les personnalités civiles et
militaires
déposent leurs gerbes à la mémoire des
déportés
devant le Veilleur de Pierre. Avant que la cérémonie ne
prenne
fin, les associations homosexuelles, restées derrière les
barrières avec le public, tentent de s'avancer vers le monument.
Mais les forces de l'ordre font barrage. Les militants gay et lesbiens,
plus d'une centaine, triangle rose sur la poitrine, devront attendre
que
les officiels aient quitté les lieux, que la foule soit partie
et
que le drapeau tricolore soit retiré avant de pouvoir
déposer
leurs deux gerbes à la mémoire des déportés
homosexuels. Après une minute de silence , Hervé Morel
prend
la parole pour dénoncer cette mise à l'écart
honteuse.
William Fize, président de Moove, a les larmes aux yeux. Sur la
gerbe il a écrit de sa main "Trop
jeunes pour y être, pas
assez naïfs pour ne pas savoir". Jean Yves
Sécheresse, président
du groupe socialiste au conseil municipal, va demander au maire
d'intervenir
auprès du préfet. Cet incident incite les homosexuels
à
se montrer de plus en plus vigilants.
(d'après tetu.com)
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Les choses commencent à
s'améliorer : les homosexuels
sont à présent mieux acceptés dans les
commémorations et des associations d'anciens résistants
ou de déportés leur font une place dans leur presse
: la
FNDIRP, par
exemple, en mars 2005, après une rencontre et une "discussion
franche et cordiale" avec les associataions d'hommosexuels.
La Fondation de la Mémoire de la
Déportation a étudié cette question et
rencontré les associations concernées : lire ce rapport (format PDF).
L'origine de cette déportation est bien le racisme : pour les nazis, l'homosexualité était un délit parce qu'elle empêchait la reproduction de la prétendue « race germanique ». La volonté sociale de combattre aujourd'hui l'homophobie rencontre heureusement la résurgence de la mémoire d'une déportation oubliée.
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