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Parti politique
et Vie Démocratique.

Je viens de finir d’écrire ce texte et, plus que d’habitude encore, j’ai peur d’avoir décris des choses un peu complexes, comme si vous pouviez être dans ma tête. Je ne suis donc pas sur d’avoir su expliciter clairement mes idées, mais fort heureusement, le Forum est là pour recadrer tout cela.
La question de la vie démocratique d’un parti politique nécessite que l’on s’y attarde, bien qu’elle ne soit pas de grande importance pour le commun des citoyens. Il convient cependant de rappeler que la vie interne des partis paraît souvent confuse pour ceux qui n’y sont pas et souvent aussi complexe pour ceux qui y sont. J’en viens à soulever cette question suite à ma participation à une réunion interne du MoDeM, parti nouveau, mais avec une base ancienne, et mu une volonté de trouver de nouvelles solutions à la vie de la communauté du Mouvement.
On peut toujours commencer par un petit historique rapide de ce qui existe ou a pu exister :
La forme classique, dite pyramidale : Un Chef, puis en dessous ses lieutenants, puis les représentants Nationaux, puis Régionaux, puis Départementaux, puis locaux ! Tout cela est organisé via des connexions transversales, par d’obscures personnalités ayant des contacts directs à des niveaux supérieurs par telle ou telle connaissance !!! Compliqué ? Oui certainement et de plus rarement très démocrate, et c’est souvent la base (que je n’ai même pas cité : cette étage souvent proche du niveau ‘dernier sous sol’ de la grosse machine), bien qu’elle soit la plus importante, qui se fait le plus difficilement entendre de tout en haut ! De plus ce n’est pas la seule, car le parachutage peut être organisé au niveau National et retomber sur un local qui n’a de choix que d’accepter ou de sauter !
La Forme de Groupe que l’on pourrait surnommer, la forme sans forme ! Ou toute déformée ! Principe de guerre des clans, proches du moyen-age, qui s’applique à une organisation désorganisée, car sans chef ou leader naturel ! En fait tout le monde veut être le chef, mais personne ne s’entend avec personne (toute ressemblance avec un parti connu existant serait fortuite, et bien involontaire !). Pour ce qui nous intéresse, il semble que cette forme d’organisation s’accompagne d’une forme pyramidale compliquée parce que de surcroît imbriquée dans les mailles des groupes et de leurs portes flingues qui se mélangent, font alliances et mésalliances selon les mouvements des leaders de chaque groupe ! En général la base est une nouvelle fois perdue et mal menée !
La Forme Horizontale : Souvent proche des mouvements anarchistes, elle refuse donc de fait d’avoir un leader : forme agréable dans l’inaction, ingérable dans l’action ! Personne n’est le chef, mais tout le monde est son propre chef ! Rapidement, cela tourne en rond, comme un apéro autour d’une table. Tant qu’il y à boire tout va bien mais dès que l’on vient à manquer, cela devient plus compliqué !
Pour notre sujet et son application, le MoDeM, la problématique est double, car une majorité s’est retrouvée très bien installée dans la forme Horizontale ‘contrariée’. Tout fonctionnait en effet selon la forme horizontale mais avec un chef Naturel et choisi. Je parle là, des UDF qui ont suivi leur champion et surtout de ceux qui se sont retrouvés à pousser F.Bayrou à la présidentielle notamment à travers le Net. Le Net a cela de pratique, que tous ceux qui communiquent peuvent partager avec tous les autres sans en référer obligatoirement à qui que ce soit. Vous avez votre connexion, vous pouvez agir en participant, comme vous le voulez, quel que soit l’endroit où vous vous situez, à la conversation mondialisée.
Maintenant, il faut donner corps à cet ensemble très large composé de personnes de toutes provenances, avec chacune, un cheminement différent, avec des aspirations et des attentes aussi parfois bien différentes !
Une forme brute, comme la forme pyramidale refroidirait beaucoup, car ils n’auraient plus guère l’impression de participer. Il n’est pas imaginable de faire taire tout ce monde si énergique et volontaire, pour lui faire endosser la vielle blouse de balayeur du bureau local. De la même façon, on ne peut imaginer rester sur la base de cette forme très horizontale, où seules quelques personnalités brillent au dessus du lot aspirant au passage seule une infime partie de cette masse pour la mettre en avant. Etablir un ordre immuable et trop figé, mettrait définitivement sur la touche ceux qui arrivent ou encore ceux qui ne se sont pas encore fait entendre, sauf capacités spéciales à sauter les obstacles. Il ne faut pas oublier non plus ceux qui sont habitués à être dans l’ombre et qui n’ont pas cette facilité de connexion au net, mais qui doivent bien sentir que les choses bougent et vont beaucoup plus vite. De plus, le départ de nombre d’élus dynastiques de l’UDF, a crée un réel vide qui ne pourra qu’être rapidement comblé. Il faut donc que ceux qui sont encore en dehors de ce média participent, ce avec le plus de facilité possible, tout comme les élus restés loyalement avec F.Bayrou, n’aient plus peur qu’on les pousse dehors pour prendre leur place qu’ils ont justement choisi de ne pas laisser vacante !
Pour avancer un peu, il faut forcément de l’ordre afin de dégager une synergie, et des responsables pour construire une force claire et groupée. Il faut donc forcément une place pour l’expression directe, car finalement ce qui plait à un militant, ce n’est pas d’avoir la liberté de faire tout et n’importe quoi, ou d’être présent à toutes les occasions et perdre ainsi du temps sur sa vie personnelle ou professionnelle, mais bien d’avoir la parole lorsqu’il a quelque chose à faire entendre, ou un avis à donner. Que sa voix soit égale autant que possible aux autres, et que malgré la multitude, il puisse participer à la création difficile de projets ! La forme Horizontale doit donc pour moi perdurer, mais doit également permettre d’intégrer également l’avis de ceux qui ne partagent pas les mêmes moyens de communication.
Avant de poursuivre, je vais déjà clarifier un fondement qui me semble important : les descriptions qui suivent concernent l’organisation d’un mouvement dans ses différentes strates et sont à dissocier de la vie des élus. J’irais même jusqu’à dire qu’un élu devrait se trouver non éligible lorsqu’il occupe un poste qui demande beaucoup de temps et du travail, ce afin de pas interférer avec son travail officiel.
Dans cet ère de nouveauté et afin de pas mollir sur les efforts et la création, il serait sûrement urgent également de prendre en compte tous ceux qui ne sont pas directement engagés, qui ne savent des fois même pas comment le faire, par quel moyen, ou simplement à quelle adresse se rendre ! Il faut forcément trouver quelque chose de neuf sur ce sujet ! Qui n’a pas souri en voyant son élu local devant la gare un matin ou comme tous les autres, nous sommes pressés de monter dans le train, n’avons pas le temps d’échanger quelques idées, prenons presque forcés des papiers richement imprimés que l’on jette ensuite à la poubelle dans le meilleur des cas ? Non ! Il faut forcément aller au devant de la Nation et pas seulement pour réclamer sa voix, et pas seulement à sept heures du matin à la fraîche lorsque personne n’a le temps, ni tous les moyens intellectuels en éveil ! Il faut être présent régulièrement et prendre le temps d’expliquer ce qui se passe dans le mouvement, expliquer les cheminements suivis par les différentes commissions, écouter et prendre en compte les réflexions de chacun, ses propres besoins, et lui donner s’il en fait la demande, un support papier (base de réflexion sur laquelle il aura de son propre chef décidé de réfléchir). Ce travail à la base devrait être tout aussi important que les grandes déclarations, car il permet d’avoir un avis direct des principaux concernés, et non induit par des échanges dans des salons souvent certes fort éclairés par une certaine expérience, mais donc trop souvent attachés à un passé et à parfois à la facilité voire au fatalisme.
Ce travail de la base ne représente qu’une partie du devoir, l’autre partie serait de faire vivre les commissions locales et de tenir ouverte une porte du mouvement directement sur la rue et la vie ordinaire. La connexion moderne du net permettrait de faire remonter les informations directement et rapidement au point culminant, mais aussi d’échanger directement d’un bureau local vers tous les autres, en y adjoignant bien sur tous ces électrons libres, qui a tout moment peuvent apporter leurs propres réflexions via leur ordinateur. Tout ceci demande une organisation, car le fonctionnement en réseau amène au foisonnement et donc parfois à la perte de clarté. On doit donc imaginer que régulièrement, selon l’avancement des projets, une équipe soit chargée de résumer à la fois l’avancement principal mais aussi les autres voies en blocage ou en friche. Ceci permettrait d’avoir des textes plus condensés, échangeables, téléchargeables ou encore ‘postables’. Le plus simple et le plus enrichissant serait de permettre à chaque bureau local d’avoir les moyens simples d’imprimer à la demande les feuillets et de les laisser à disposition des membres, mais aussi de permettre leur transmission lors des contacts extérieurs.
Vous vous certainement demandez ce que je fais de l’étage supérieur ? Pas grand chose en ce qui concerne la vie ordinaire ! Le principal reste pour les niveaux supérieurs d’organiser et de gérer le fonctionnement qu’un militaire nommerait logistique. Pour nourrir le terrain, il faut que tous les besoins découlant d’en haut arrivent au moment nécessaire. Cela n’exclu pas que la base puisse aussi trouver et déployer des moyens possibles par elle même. Le niveau Départemental ne serait plus très utile, d’autant que l’on a pu remarquer que c’est souvent à ce niveau que se déroulent le plus de combats internes. Le premier niveau supérieur serait donc Régional ce qui donnerait plus d’assise et plus de distance pour régler au mieux les problèmes locaux, et ferait déjà sauter un pont, rendu moins utile par l’utilisation de l’horizontalité moderne du net. Au niveau Régional, il faudrait donc gérer les grands moments, les rencontres importantes et construire les élections en aidant à extraire de la base ceux qui pourraient porter à l’avenir les couleurs du mouvement. Leur pouvoir devrait être dégagé autant que possible de la tutelle Nationale. Les moyens de communication directs seraient forcément à développer afin d’obtenir l’écoute la plus directe possible par le bureau du mouvement.
Nous arrivons rapidement au niveau National et Transnational. Là, ce sont surtout les grandes batailles, les porteurs de voix vers les médias, les connexions avec l’Europe et les institutions de la République. Ce niveau ne devrait avoir aucun regard sur le niveau régional : en cas de litige ou de demande d’intervention par un groupe local, c’est au bureau de se référer. La charge de la médiatisation et du travail direct devrait déjà se suffire à la force naturelle d’un élu. De la même façon, le travail serait surtout basé sur les échanges d’information entre les élus républicains et les commissions ou les projets en études.
Le Bureau National existe forcément pour orchestrer l’ensemble du travail de tous, et c’est également le lieu où sont données les impulsions voulues par le président du mouvement. Il est le garant de l’équilibre de cette petite mais forte démocratie et se doit de rester à l‘écoute mais de n’être interventionniste qu’en cas de litige. C’est également le lieu qui donne le là pour la partition musicale des commissions mais aussi le lieu de pré-décision des choix. Il serait cependant toujours souhaitable que pour des questions importantes longuement débattues, l’on en revienne aux voix des militants, afin que la démocratie soit la plus rayonnante.
Et le président me direz vous ? Là est une question toujours difficile ! Enfin, le MoDeM n’a pas pour actualité de problème de cet ordre. Il semble même assez inconcevable que cela soit avancé avant longtemps. Quand on parle de fonctionnement, il faut cependant bien imaginer le pire et surtout l’inéluctable. Il faut déjà accepter le principe qu’en démocratie il n’y est pas de dynastie, et donc qu’il serait trop simple d’imaginer que le roi désigne un prince, ou bien que le choix d’un candidat soit l’unique décision d’un groupe ou d’une strate. Il faut de ce fait savoir copier ou innover d’autres élections de ce niveau. On conviendra aisément qu’il faut une aura Nationale voir Internationale pour prétendre à un tel poste et qu’il est aussi nécessaire de posséder de l’expérience ainsi qu’une certaine vision inspirée du mouvement lui-même. Un nouveau président peut bien entendu également instituer des changements vers plus de modernité. Le plus difficile est donc d’éviter qu’à certains moments fragilisants, l’on crée des groupes et des sou-groupes engendrant l’immobilisme et les guerres intestines. Donc, à l’annonce du besoin, il faut donner un temps de latence permettant à tous les volontaires de faire un pas en avant, avec un principe simple comme avoir l’aval de 5% des élus Républicains et Internes, chacun ayant non à choisir tel ou tel candidat mais simplement à valider la stature du candidat. Si chaque élu pouvait donner plusieurs fois sa voix, cela devrait enrayer un peu l’effet de clan ou de groupe. Une fois les prétendants définis, une campagne interne permettrait aux membres d’être précisément informés de chaque projet porté par chaque candidat ce qui ouvrirait le débat lors de rencontres organisées en privé du mouvement. Le tout devrait s’étaler au maximum sur 3 ou 4 mois afin de clarifier au plus vite et de ne pas laisser les tentations les plus obscures se développer. Une législature devrait durer 5 ans et s’organiser au moins deux ans avant une élection Présidentielle pour ce qui est d’une élection ordinaire. Comme je ne prends pas trop de plaisir en cette partie, je ne vais pas prendre plus de votre temps à expliquer le rôle d’une telle présidence, ni les limites qui devraient se trouver définies.
Ceci n’est qu’un document de travail, afin de susciter une réflexion plus large et forcément novatrice.
pour poursuivre cette conversation sur le Forum.
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