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Mercredi 1er octobre 2008 | Joséphine & Alice  

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End Canada's Seal Hunt 2008 - Rebecca's Journal A Seal's Eye View
 
Chasse au phoque du Canada d'extrémité 2008

Nous n'allons pas n'importe où seulement armés avec juste des appareils-photo, l'équipe de ProtectSeals du HSUS fait face aux chasseurs des phoques au loin. Les chasseurs ne veulent pas que le monde voie ce qu'il se produit sur la glace et essai de forcer l'équipe de partir et ne pas filmer.

L'Union européenne se déplace vers l'interdiction du commerce de produits des phoques



L'Union Européenne il étudie « les massacres inhumains des phoques »

William Schomberg, Reuters - Mercredi 26 mars 2008

BRUXELLES -- Le chef de l'environnement de l'Union européenne présentera un rapport sur « le massacre inhumain » des phoques au Canada le mois prochain, son porte-parole a dit parmi des appels persistants pour une interdiction des importations de fourrure.

« Le commissaire Stavros Dimas examine la matière des massacres inhumains des phoques et cela nous rédigeons des textes pour être présentés le prochain mois pour aborder cette issue barbare » le porte-parole à dit Ms. Hellferich.

Parlant aux médias quotidiens de la commission européenne donnant des instructions, elle n'a pas dit si le directeur d'UE proposerait une interdiction des importations de fourrure de phoques par le bloc de 27 nations.

« Je ne peux te fournir aucun détails sur cette proposition… Nous espérons le préparer et le faire avant l'été, » elle à dit Mme Hellferich. La Belgique et l'année dernière Netherlands ont interdit des importations des produits de phoques de leurs propres, incitant le Canada à lancer un conflit commercial avec l'UE dans son ensemble en septembre.

L'UE empêche déjà des importations des fourrures des chiots blanc-enduits -- connu comme interdiction de Brigitte Bardot après les militant de droits des animaux et vedette de film -- en raison du revirement public au-dessus des scènes télévisées des chasseurs matraquant à mort des phoques sur la glace.

Le Canada a argué du fait à l'Organisation mondiale du commerce qu'il n'y a aucune base dans la loi de la science ou de commerce international pour justifier des interdictions de l'importation des produits de phoque, qui fournissent une source de revenu importante pour beaucoup de personnes au Canada oriental.
Mais le Parlement Européen l'année dernière réclamé une pleine interdiction d'UE des importations canadiennes de fourrure, incitant les recherches de la Commission sur le massacre. Certains de ses membres ont retiré leurs demandes pour l'UE pour agir décisivement mercredi.

« Pendant que la saison de cueillage devient en cours, le temps est venu pour que la Commission agisse » À dit Neil, un membre conservateur de la législature et le chef de son groupe de bien-être des animaux.
« L'abattage des phoques au Canada, y compris les phoques qu'ils ont juste quelques semaines, c'est barbare et l'UE ne devrait pas les pardonner »
il a dit dans un rapport.

Article de National Post Canada : EU studying 'inhumane killings of seals'


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Whitecoat Seal 2005 Canadian seal hunt Whitecoat Seal Whitecoat seal with it's mother Whitecoat Seal
Paul McCartney Heather and Paul McCartney on the ice floes Whitecoat Seal 2006 Canadian seal hunt 2006 Canadian seal hunt
2006 Canadian seal hunt 2006 Canadian seal hunt 2006 Canadian seal hunt 2006 Canadian seal hunt 2006 Canadian seal hunt
Helicopter taking observers to sealing areas Coast guard vessel supporting seallers 2005 Canadian seal hunt Whitecoat Seal 2005 Canadian seal hunt
Sealing vessel Grand Makasti heading towards seal pups Sealers running towards observers 2005 Canadian seal hunt 2005 Canadian seal hunt 2005 Canadian seal hunt
Dead seals on ice 2005 Canadian seal hunt 2005 Canadian seal hunt Dead seals await skinning Seal blood on the ice
2005 Canadian seal hunt 2005 Canadian seal hunt Seal skins being delivered to sealing vessel Grand Makasti 2005 Canadian seal hunt

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Les boucs émissaires des océans
Commentaire de Paul Watson - Sea Shepherd Conservation Society

L'homme qui s'exprime ainsi est John Efford, ministre fédéral actuel des Ressources naturelles et ancien Ministre des Pêches de la province de Terre-Neuve.

Ce à quoi M. Efford faisait allusion le 4 mai 1998, dans le cadre d'une déclaration faite devant l'assemblée législative, était son désir d'exterminer les phoques du Groenland de la côte est du Canada.

Il existe beaucoup moins que six millions de phoque du Groenland, mais M. Efford n'a jamais été homme à laisser les faits se mettre en travers d'un programme politique. Il a parfois dit qu'ils étaient au nombre de huit millions, et même, dans un moment d'irritation, il a catégoriquement déclaré qu'il y en avait douze millions.

Le nombre exact de phoques importe peu - c'est qu'il veut les voir tous morts, chacun de ces animaux mignons et innocents petits animaux, aux grands yeux émouvants. « Ce dont Terre Neuve a besoin »
a-t-il prêché, « c'est une solution pour s'occuper de ces six millions de phoques. »

Le mot « solution » dans le vocabulaire de M. Efford peut-être interprété dans le présent contexte comme un « prélèvement causant un préjudice très grave » (extermination).

Le nombre choisi fait immédiatement penser à un autre politicien des années 30 qui a dit : « Si vous dites un mensonge assez souvent, les gens finiront par croire que c'est la vérité. »

Joseph Goebbels L'intention de M. Efford était donc de mettre en pratique la philosophie médiatique de Joseph Goebbels en répétant sans relâche le mensonge que le phoque du Groenland est responsable de la destruction de la pêche à la morue de Terre-Neuve.
Il suffit d'exterminer les phoques du Groenland, a déclaré M. Efford, et la morue reviendra. « Tuez-les (phoques) et elles (morue) reviendront ».

Il a maintenant été démontré que la « sagesse » de John Efford ne contient pas une once de crédibilité scientifique, ce qui n'a pas empêché les politiciens de faire des phoques des boucs émissaires politiques.


le phoque du Groenland Le phoque du Groenland ne représente pas plus une menace pour le retour de la morue que le chat domestique.
En fait, les chats constituent probablement une menace plus sérieuse si l'on pense qu'ils consomment, à l'échelle de la planète, bien plus de poissons que la population entière de phoques du Groenland. Des centaines de millions de chats domestiques mangent des millions de cannes de nourriture pour chat à base de poisson, alors qu'il n'existe que de deux à six millions de phoques du Groenland (les estimations varient selon les sources que l'on choisit d'accepter) qui se nourrissent de poisson, dont seulement 2 à 3 % de morue.

Le problème, toutefois, est que les gens choisissent de croire ce qu'ils veulent bien croire, et que les politiciens rusés savent qu'un mensonge, particulièrement un mensonge porteur de promesses, est un outil puissant dans les mains d'un menteur sans scrupule.

L'ancien patron de M. Efford était le premier ministre de Terre-Neuve, Brian Tobin, ancien ministre fédéral canadien des Pêches et des Océans (MPO). À son époque, M. Tobin était passé maître dans l'art du mensonge.

En 1994, alors qu'il était ministre fédéral, M. Tobin avait rejeté l'idée que les phoques puissent représenter une menace pour la morue car des études de son ministère avaient démontré qu'il n'existait aucun lien entre la destruction de la morue ou le non rétablissement des stocks de morue et la population de phoques du Groenland. En fait, les scientifiques avaient déclaré qu'il se pouvait même qu'une population saine de phoques du Groenland soit indispensable à la survie d'une population saine de morues.

M. Tobin reprenait à son compte haut et fort la politique de son ministère lors d'une conférence de presse à Ottawa. « L'homme s'est comporté comme un prédateur bien plus sérieux pour les stocks maintenant disparus. Si nous voulons rétablir les stocks de morue, il est plus important d'arrêter les prédateurs bipèdes et leurs vaisseaux pirates que de sortir et d'aller tirer sur les phoques. »

Ce qui revient à dire que le Canadien moyen respecte l'opinion des scientifiques, qu'il aime les phoques et qu'il n'est pas personnellement engagé dans la pêche à la morue. Dire la vérité sur les phoques était donc alors une tactique politique avisée pour un politicien fédéral.

Puis vint le 18 décembre 1995. M. Tobin avait démissionné du gouvernement fédéral pour briguer le poste de premier ministre de la province de Terre-Neuve. Cela signifiait que M. Tobin pouvait maintenant se permettre d'oublier le Canadien moyen pour aller se concilier les bonnes grâces du Terre-neuvien moyen. Ce dernier détestait les biologistes des pêcheries qui lui disaient qu'il ne pouvait pas pêcher, et les phoques, car il pensait qu'ils mangeaient tous les poissons. Terre-Neuve était alors aux prises avec un grave problème de chômage en raison de l'interdiction visant les flottes destructrices de dragage de morue.

Et voilà le même M. Tobin qui change son fusil d'épaule et déclare:
« Il n'existe qu'un joueur important qui continue à pêcher la morue. Son nom est Groenland, et son prénom, phoque. »

La dernière chose que M. Tobin a faite en tant que ministre fédéral des Pêches a été de réouvrir la chasse commerciale au phoque en établissant un quota de 250 000 têtes, conférant au Canada l'insigne honneur de servir d'hôte au plus grand massacre d'une population d'animaux sauvages sur la planète.

La deuxième chose que M. Tobin a faite a été de briguer le poste de premier ministre de Terre-Neuve et, de manière assez prévisible, il a remporté l'élection. Il a dit aux gens ce qu'ils voulaient entendre, notamment qu'eux, les pêcheurs terre-neuviens, n'avaient pas exterminé la morue.
Le vrai coupable, c'était le phoque du Groenland, et tous leurs problèmes seraient résolus si l'on exterminait cet adorable petit voleur.

Paul Watson est né le 2 décembre 1950, à Toronto, au Canada En 1993, en tant que militant de l'océan, j'ai agi pour essayer de résoudre le problème du viol perpétuel des lois sur la pêche à la morue par les chalutiers étrangers. À l'aide de mon bateau et de mon équipage, j'ai ordonné à la flotte cubaine de quitter la queue du Grand banc et j'étais sur le point de faire la même chose avec la flotte espagnole lorsque le gouvernement canadien a procédé à mon arrestation et m'a accusé d'avoir entravé le travail des chalutiers étrangers à qui le gouvernement canadien avait délivré des permis. Voilà qui était nouveau pour la communauté de pêcheurs de Terre-Neuve, mise au chômage par la fermeture de l'industrie morutière canadienne en 1992 par ce même gouvernement.

Deux années plus tard, en 1995, à l'occasion d'un débat entre le ministre et moi-même au réseau de télévision CTV, M. Tobin rejetait ma position que les phoques du Groenland mangeaient très peu de morue avec cette remarque désinvolte : « Et que mangent-ils, Watson, du Poulet Frit Kentucky ? »

« Non », lui ai-je répondu, « Leur goût est plus développé que cela ».

Je lui ai alors dit sérieusement que l'alimentation des phoques du Groenland n'était composée que de 2 à 3 % de morue. Le reste comprenait des espèces prédatrices de morues. J'ai également dit qu'une réduction de la population de phoques entraînerait une hausse des espèces de poissons prédateurs de morue, ce qui contribuerait encore plus à la diminution de la morue.

Je lui ai dit que s'il voulait sérieusement protéger le poisson, il passerait à l'action et refoulerait les chalutiers étrangers au-delà des Bancs au lieu de simplement jouer au dur face aux flottes étrangères devant la caméra. De plus, je lui ai conseillé de rendre les Bancs « à l'épreuve des chalutiers ».
Il n'avait qu'à couler de vieux navires et à y jeter de vieilles voitures pour offrir un abri aux poissons. Les épaves déchireraient n'importe quel chalut qui y serait largué.

Le ministre des Pêches d'alors s'est mis à rire et a demandé comment nous pourrions recommencer à exploiter les chalutiers canadiens quand la morue serait revenue si nos Bancs sont à l'épreuve des chalutiers.

« Mon Dieu », ai-je pensé, « mais c'est qu'il y croit vraiment à sa légende dorée que la morue reviendra, et il n'a strictement rien appris. Il lancera à nouveau ces chalutiers fous furieux, même si la morue fait un retour timide! »

« M. Tobin », lui ai-je dit, « Oubliez les chalutiers. Laissez le poisson aux pêcheurs en doris traditionnels. Ils peuvent gérer une industrie des pêches durable ».

« Soyez adulte, Watson », avait répliqué M. Tobin. « Il n'y a pas d'avenir avec une approche aussi dérisoire. Seuls les chalutiers peuvent offrir aux Terre-neuviens les emplois dont ils ont besoin. »

Il avait oublié ou n'avait jamais réalisé que c'était les chalutiers qui avaient éliminé ces emplois.

Le gouvernement a dépensé l'argent des contribuables pour apaiser les chômeurs, pendant que les importants bénéfices engrangés par les barons du poisson étaient ramassés et réinvestis dans d'autres industries par les entreprises qui contrôlent le ministre et son gouvernement.

Peu de choses ont changé au cours des années qui ont suivi. Les chalutiers étrangers continuent à labourer les bancs hors de la limite de 200 milles et les sociétés canadiennes continuent d'acheter la morue des dragueurs étrangers pendant que les Terre-neuviens continuent de recevoir des subventions parce qu'ils ne peuvent plus pêcher.

« Le National Post Phoque ! la riposte vient de nos poches ! »

Compte tenu du temps et de l'argent (des contribuables) qui ont été consacrés au bien-être des pêcheurs, ces derniers auraient tous pu être envoyés sur les bancs de l'école pour recevoir une formation pour acquérir de nouvelles compétences. Mais dans ce cas, ils n'auraient pas été aussi mécontents, et les citoyens insatisfaits sont plus facilement manipulables que les citoyens satisfaits. De plus, s'ils faisaient des études, il se pourrait fort bien qu'ils parviennent à voir clair à travers les desseins de leurs élus. Pire encore, ils pourraient même remettre en question leur mandat.
Les politiciens n'aiment pas que leurs électeurs soient trop scolarisés. L'éducation est la plate-forme de la réforme et du changement, et cela, ils n'en veulent pas.

Le 25 avril 1999, Max Short, conseiller principal du ministre fédéral des Pêches et des Océans de l'époque, David Anderson, était présent à une conférence sur la grande pêche tenue à Marystown, à Terre-Neuve, et - sans nommer de noms - a exprimé aux participants toute l'admiration qu'il éprouvait pour les personnes qui avaient été responsables du déclenchement de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale : Gavrilo Princip (l'assassin de l'archiduc Ferdinand d'Autriche en 1914) et Adolph Hitler, respectivement.

Short faisait remarquer qu'il « avait fallu un fou » pour provoquer ces conflits, et qu'il rêvait de quelqu'un « possédant un sang-froid comparable » (comme l'a rapporté discrètement l'Evening Telegram de Terre-Neuve) qui pourrait mettre en œuvre la solution finale au problème des phoques.

John Efford s'empressa de répondre à l'appel en demandant au ministre canadien des Pêches et Océans d'augmenter le quota de phoques à plus de 275 000 et d'autoriser « l'abattage » de deux millions de phoques pour l'année 2000.

« L'extermination massive est notre seul espoir de voir la morue se rétablir », a-t'il déclaré.

Nous nous retrouvons ensuite en 2005. Efford a obtenu ce qu'il souhaitait et le quota pour cette année est de 350 000 phoques, soit le même que pour 2004 et 2003. Encore une fois les politiciens essaient de résoudre le problème de l'extermination des animaux sauvages, je vous le donne en mille, en exterminant encore plus d'animaux sauvages.

Nous n'entendons plus Efford aujourd'hui et Geoff Regan est devenu le porte-parole des partisans du massacre.

Les phoques empêchent-ils le rétablissement de la morue ?

Tout à fait, a déclaré Efford en 1999. Sans l'ombre d'un doute, a dit Tobin la même année.

« Tout le monde sait que les phoques sont les coupables » a répété un pêcheur terre-neuvien à qui j'ai parlé sur le quai à Petty Harbor, à Terre-Neuve.

Vraiment !

« Il est certain qu'aucun scientifique du ministère des Pêches ne croit que le phoque du Groenland a quoi que ce soit à voir avec l'effondrement de la pêche », a déclaré Jeffrey Hutchings, biologiste des pêches de l'University of Dalhousie qui a travaillé au sein du ministère. « La question est donc de savoir si les phoques empêchent le rétablissement de la morue », a-t'il dit, ajoutant : « Je ne sais pas. Personne ne sait. Nous ne possédons pas les données nécessaires. Et cela m'irrite que Tobin donne au public l'impression qu'eux le savent et que des décisions soient prises sous le couvert de la science. »

L'International Society for Marine Mammalogists, dans le cadre d'une pétition présentée en 1996, condamnait le gouvernement canadien pour avoir réouvert la chasse au phoque. La pétition, signée par 97 biologistes venant de 15 pays, énonçait :

« Tous les efforts scientifiques cherchant à établir un lien de cause à effet entre la prédation des phoques et les stocks de poissons de fond canadiens ont échoué. La surpêche demeure le seul problème démontré scientifiquement. Si l'interdiction de la pêche est maintenue, les faits indiquent que les stocks vont se rétablir, et l'abattage des phoques n'accélérera pas le processus. »

Malheureusement, ce ne sont pas les scientifiques qui parlent pour le MPO.

Jean-Eudes Haché, le conseiller principal à la Gestion des pêches du MPO a défendu la réouverture de la chasse et la hausse des quotas annuels depuis 1996. « Il est inexact de dire que la science est absente, mais c'est une question délicate, et qui l'a toujours été, parce que les phoques sont mignons et qu'ils obtiennent plus d'attention. Cela suscite toutes sortes d'émotions - plus d'émotions que de faits. »

Les « faits », d'après Haché, figurent dans une étude du MPO « évaluée par des pairs » en 1994 et publiée en 1996. Celle-ci indiquait une forte augmentation de la population de phoques et une consommation calculée de 142 000 tonnes ou de 300 millions de jeunes morues par an.
Les conclusions formulées dans cette étude étaient fondées sur l'abattage de 5 000 phoques et l'examen de leur contenu stomacal.

Selon David Lavigne, export en phoque du Groenland et zoologiste spécialisé dans l'étude des mammifères marins, le rapport ne résiste pas à l'analyse. « Le nombre de morues qu'ils disent être mangées est fondé sur une population de phoques qu'ils avouent n'être qu'approximative.
Cette étude, qu'ils décrivent eux-mêmes comme étant préliminaire et avoir été » évaluée ou vérifiée par des pairs « uniquement au sein du MPO, n'a pas du tout été effectuée par des pairs. S'ils veulent une véritable évaluation par des pairs, qu'ils viennent à la Society for Marine Mammalogy. »

Lavigne a créé une charte de la chaîne alimentaire qui illustre l'interaction complexe entre plus de 80 animaux et plantes qui existent sur les Grands Bancs de Terre-Neuve. Le phoque du Groenland et la morue ne sont que deux de ces espèces. Selon Lavigne, oui, la jeune morue constitue 3 % de l'alimentation des phoques du Groenland. Il faudrait toutefois s'inquiéter beaucoup plus du fait qu'un bon nombre des autres poissons qui composent les 97 % restants de l'alimentation des phoques sont eux-mêmes des prédateurs de jeunes morues. Éliminons le phoque du Groenland et le rétablissement de la morue pourrait être compromis, non pas aidé par une augmentation significative des poissons prédateurs de morue.

Cela m'a paru logique. Je ne suis pas un zoologiste spécialisé dans l'étude des mammifères marins, mais je suis un historien maritime. J'ai lu les journaux de bord des premiers explorateurs et des premiers chasseurs de phoques.

Le capitaine Jacques Cartier, à qui l'on attribue le mérite d'avoir été le premier Européen à fouler le sol de ce qui est maintenant le Canada, décrit les Grands Bancs et le golfe du Saint-Laurent comme regorgeant de vie. La population de morue était tellement abondante que, selon Cartier, le sol des Bancs était tapissé de morues géantes. Il n'était même pas nécessaire d'utiliser un filet, écrivait Cartier. Un simple panier en osier suffisait. On le jetait à l'eau et on le remontait plein de poissons.

À cette époque, en 1535, il y avait trente millions de phoques, d'après les estimations, et pourtant, miraculeusement, il n'y avait pas de pénurie de poissons. Une population incroyablement importante de phoques et un nombre de morues inégalé coexistaient en même temps.

Comment cela aurait-il été possible si le phoque du Groenland, comme le décrit Efford, avait été un tel consommateur vorace de morues ? La réponse, bien entendu, est que la nature avait établi un équilibre qui protégeait la diversité grâce à l'interdépendance de toutes les espèces qui cohabitaient sur les Grands Bancs et dans le golfe.

Les trois lois fondamentales de l'écologie étaient en harmonie. La loi de l'interdépendance, la loi de la biodiversité et la loi des ressources limitées.
L'écosystème était tellement sain que le pêcheur en doris à la ligne de même que les goélettes des Grands Bancs ont eu un impact minimal sur le nombre de poissons pendant quatre cent ans.

Ce qui a changé a été l'introduction d'équipement lourd pour la pêche au cours des trente dernières années.

Les chalutiers géants, munis de filets gargantuesques, ont commencé à ratisser les Bancs, avalant tout sur leur passage et écrasant couverture protectrice, roches, plantes et fragiles paysages marins des bas-fonds. La morue était remontée à la surface à la tonne. Les entreprises de pêche ont réalisé des profits astronomiques, ce qui les a conduits à en exiger avidement toujours encore plus.

Les chalutiers ont ensuite commencé à laisser tomber leurs portes à travers la glace hivernale. Ils ont découvert les frayères, remontant le poisson avant qu'il ait eu le temps de se reproduire, sans aucune pensée pour le lendemain.

Les gouvernements du Canada et de Terre-Neuve ont collaboré avec ces entreprises. L'argent des contribuables affluait dans les coffres du gouvernement. Il y avait de l'emploi, les usines de traitement fonctionnaient nuit et jour et c'était tout ce qui comptait jusqu'à la prochaine élection.

Les pêcheurs côtiers terre-neuviens ont lancé un avertissement aux gouvernements une décennie à l'avance. Personne ne les a écoutés. Ils n'étaient que pêcheurs en doris - de simples paysans comparativement aux chefs de chalutiers. On n'aurait pas besoin d'eux, du moins pas avant que le gouvernement n'ait besoin de symboles dont le monde entier puisse avoir pitié.

Pourquoi ? Parce qu'en 1992, les chalutiers sont revenus vides et que la pêche à la morue sur les Grands Bancs, la plus grande pêche de toute l'histoire du monde, était arrivée à sa fin. C'était terminé, il n'y avait plus rien, et nous ne reverrons jamais rien de comparable.

Les politiciens sont assurément versatiles et ils se sont empressés de remplacer l'argent généré par la pêche à la morue par des subventions gouvernementales en promettant que la morue reviendrait - si seulement le véritable coupable ayant causé son déclin pouvait être exterminé.

Pour que le blâme puisse être transféré de ceux qui étaient vraiment responsables, les entreprises cupides, les politiciens complices, les bureaucrates incompétents, les médias paresseux et le public ignorant, à une autre cible, le phoque du Groenland est devenu le bouc émissaire, l'animal qui devait mourir.

Aucune tactique n'a précédé les réflexions d'Efford. Il a publié en 1999 des séquences vidéo de centaines de morues jonchant le fond d'une baie de Terre-Neuve. Leurs estomacs avaient été the arrachés et les carcasses abandonnées pourrissaient. On montrait des plongeurs examinant les poissons.

« C'est toute la preuve dont nous avons besoin », a rugi Efford. « Les phoques ont gaspillé ces poissons ».

Selon David Lavigne, dont la compétence en matière de phoque du Groenland dépasse de loin l'ancien ministre des pêches de Terre-Neuve, personne n'a jamais observé un phoque du Groenland avoir un tel comportement, ne mangeant que les estomacs des poissons et abandonnant les carcasses.

Selon Lavigne, pas la moindre preuve démontrant la présence de phoques du Groenland dans cette région n'a été produite. Aucun n'a été vu.

« La politique, a déclaré Lavigne, est le père du mensonge. Tout ce que Tobin a dit (lorsqu'il a ressuscité la chasse au phoque) ne correspond pas à ce que ses propres scientifiques ont dit. Ils font du bon travail mais ils sont bâillonnés. L'un d'eux, que je connais, a eu la témérité de dire à la presse que ce qui était arrivé aux poissons n'avait strictement rien à voir avec les phoques, car il s'agissait simplement de surpêche. Il a été réprimandé et a démissionné du ministère.

« Qui l'a fait, alors ? » avait été la réponse d'Efford à cette époque.

Ma réplique à Efford avait été la suivante : « C'est à vous de nous le dire, Monsieur Efford. Cela a toutes les apparences d'un coup monté. »

J'étais tellement convaincu que les phoques ne pouvaient pas avoir causé un tel dommage que j'ai autorisé la Sea Shepherd Conservation Society à offrir une récompense de 25 000 $ pour tout film ou vidéo montrant un phoque du Groenland arrachant l'estomac d'une morue.

Je n'ai jamais eu à payer cette récompense.

Il y a cinq ans, Peter Meisenheimer, chercheur à l'International Marine Mammal Association, s'est montré sérieusement préoccupé par le fait que la politique déterminait la « science » au MPO.

On avait pu en voir un bref exemple au début des années 90 quand l'ancien ministre des pêches John Crosbie avait accusé les scientifiques du MPO de « démence ».

« Eux n'ont pas à s'occuper des effets économiques, sociaux et culturels causés par la réduction des quotas. Moi oui. » Avait déclaré Crosbie.

Quand on parle d'idéaux politiques, la science et les aspects pratiques prennent rapidement le bord dans l'intérêt de l'opportunisme politique. Le fait est que pour être politicien à Terre-Neuve, il faut croire que les phoques sont responsables du déclin de la morue.

En juillet 1999, un groupe de Verts de Terre-Neuve, sous la direction de Jason Crummey, qui transpirait sous un manteau en peau de phoque, a organisé une manifestation à St. John's, à Terre-Neuve.

Crummey, suant à grosses gouttes sous le chaud soleil d'été, a dit : « Nous ne faisons pas cela uniquement pour narguer le Parti Vert du Canada qui n'appuie pas la chasse au phoque. À moins que le Parti Vert du Canada ne nous écoute et qu'il n'appuie la chasse, nous n'avons aucune chance de faire élire un seul candidat à Terre-Neuve - sans compter que personne ne nous prendra au sérieux ».

En conséquence, même le Parti Vert de Terre-Neuve a fini par appuyer le massacre.

Les phoques doivent-ils mourir pour que les politiciens, même les Verts, soient pris « au sérieux » ?

Il semble que oui. Les milliers de Terre-Neuviens qui se retrouvent sans travail ont besoin qu'on leur jette sans arrêt des os politiques pour entretenir l'illusion qu'un jour ils pourront recommencer à pêcher.

Ce ne sont pas tous les Terre-Neuviens qui sont dupés par les machinations politiques. Un chasseur de phoques de Twillingate, Gary Troake, connaît la vérité et l'a exprimée lors d'une interview accordée à la journaliste du Toronto Star Lynda Hurst en 1999. « Tobin veut sortir les phoques du système à cause des pressions exercées par les pays qui pratiquent la pêche et les collectivités de pêcheurs d'ici. Ce ne sont pas tous les Terre-Neuviens qui sont des chasseurs de phoque, vous savez. Nous sommes principalement au nord, et un grand nombre d'entre eux qui sont plus au sud vont croire l'énorme mensonge. »

Troake a poursuivi : « Le mensonge que les phoques ont détruit la morue. C'est notre surpêche, notre propre cupidité, qui l'a tuée. On ne peut pas régler la mauvaise gestion du poisson par la mauvaise gestion des phoques. J'ai envoyé une lettre à Tobin exigeant que les stocks de phoques soient traités avec le même respect que les stocks de morue. J'ai alors réalisé ce que je venais de dire et j'ai ajouté entre guillemets "mauvais exemple" »

Le naturaliste canadien Farley Mowat, qui a étudié l'histoire des phoques, croit que le compte de phoques tué en réalité est toujours de trois phoques pour chaque phoque répertorié. Cela signifie deux pertes sous la glace pour chaque phoque officiellement pris en compte dans le quota.

Si cela est exact, un quota de 300 000 signifie plus de 900 000 phoques tués.
Un massacre de presque un million de phoques. Même chose en 2001 et en 2002.
D'une façon ou d'une autre, Efford est en train d'obtenir ce qu'il voulait en 1999.

Chaque politicien en devenir souhaite trouver son bouc émissaire et chaque politicien accompli a trouvé le sien.
John Efford et Geoff Regan ont trouvé les leurs.

Je me demande quelle excuse les politiciens trouveront lorsque le phoque du Groenland sera exterminé et quel sera leur bouc émissaire à ce moment-là ? Peut-être les baleines. Peut-être les dauphins. Nous pouvons compter sur un futur politicien pour en découvrir la nécessité.
Quant à Efford et à Regan, ils n'y accorderont même pas une pensée. Ils auront assouvi leurs ambitions par le sacrifice sanglant du phoque du Groenland.

Sources : Citation d'introduction par John Efford, assemblée législative de Terre-Neuve (4 mai 1998). Citations provenant d'un débat entre Paul Watson et Brian Tobin, de CTV. Réf. Sea of Slaughter par Farley Mowat. Citations de Jason Crummey, membre du Parti Vert, de l'Evening Telegram de St. John's (11 Juillet 1999). Citations de Max Short de l'Evening Telegram de St. John's (26 avril 1999). Citations attribuées à David Lavigne, Gary Troake, Peter Meisenheimer, Jean-Eudes Haché, Brian Tobin et Jeffrey Hutching, Toronto Star, article de Lynda Hurst (1999). Interviews entre Paul Watson et Farley Mowat, David Lavigne et des pêcheurs de Terre-Neuve, par Paul Watson.
Source du document type (Doc)

Autres sources :

Why the Government of Canada Supports the Commercial Seal Hunt
     By Rebecca Aldworth, Humane Society of the United States

La Biodiversité au sens large
Quand on parle biodiversité, on pense aux espèces menacées, plantes, animaux... Mais le problème est plus complexe : la plupart des espèces qui disparaissent le font parce qu’on a détruit leurs milieux de vie. Qu’elles ne trouvent plus suffisamment à manger et d’espace de tranquillité pour se reproduire.

Évolution de la calotte glaciaire du Groenland (1992-2002)

« Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci » Paul ELUARD

« Toute société, pour se maintenir et vivre, a besoin absolument de respecter quelqu'un et quelque chose, et surtout que ce soit le fait de tout le monde et non de chacun selon sa fantaisie ».
Fiodor DOSTOIEVSKI


Le 'National Post' expose la vérité

au sujet des paramètres économiques de la chasse au phoque

18/04/2008

Enfin, au moins un journal a les tripes d'imprimer la vérité en ce qui concerne les enjeux économiques de la Chasse au Phoque par le Canada.

La plupart des media canadiens a été forcés à reprendre les déclarations du parti du gouvernement comme quoi le massacre des phoques est raisonnable, pratiqué de façon humaine, et bon pour l'économie. Mike Duffy de CTV a tellement manqué d'objectivité dans son soutien à cette position ridicule, qu'il a perdu toute crédibilité en tant que journaliste. Et bien sûr le CBC (NDT : sigle désignant la haute autorité pour les media canadiens) est depuis des années désigné comme " Controlled By Canada " (NDT : contrôlé par le Canada) par les associations de protection des phoques.

Depuis des années, Sea Shepherd Conservation Society dit que le massacre des phoques est un fardeau pour le contribuable canadien et rien d'autre qu'une allocation chômage déguisée.

Enfin, le 'National Post' a publié un article sur les enjeux économiques liés au massacre des phoques au Canada, et cet article détaille des fonds que le gouvernement canadien dépense pour garder les chasseurs de phoques dans le style barbare auquel ils sont habitués.
Source de l'article : The millions Ottawa spends subsidizing the seal hunt

Les millions dépensés par Ottawa pour subventionner la chasse au phoque

Par Murray Teitel - 17 avril 2008

Que vous pensiez que tuer un phoque est une bonne ou une mauvaise chose, que vous pensiez que c'est barbare ou pratiqué de façon humaine, vous devriez vous opposez à la chasse au phoque annuelle par le Canada. Selon le département des Pêches et des Océans (DFO) la justification de la chasse est de proposer des opportunités économiques aux communautés côtières du Canada. L'an dernier, selon son site Internet, l'opportunité économique tout entière s'est élevée à 12 millions de dollars canadiens (CD), la valeur des peaux de phoques récoltées. Ils ont compté environ 51 CD par peau. Selon les preuves présentées devant le comité pour les pêches et les océans au Parlement le 6 novembre 2006, la moitié est mangée par les dépenses, donc nous parlons au mieux de 6 millions CD qui sont allées aux chasseurs de phoques : 1 % de la population de Terre-neuve. (Cette année ce sera encore moins, parce que les peaux des phoques de trois à quatre semaines qui constituent 95% des prises, se vendent entre 6 et 33 CD.)

Ces 6 millions coûtent aux Canadiens au moins dix fois plus, et cela année après année.

D'abord, il y a le coût du déploiement des Gardes-côtes canadiens (CGC) sur le terrain de la chasse au phoque pendant 7 semaines chaque année. L'an dernier, cela impliqua 10 navires, la plupart des brise-glace, des hélicoptères, et des avions de patrouille. Personne au gouvernement ne sait, et encore moins ne veut savoir combien tout cela coûte. Le DFO prétend que cela ne coûte rien parce que les navires et les avions sont leur propriété et les équipages salariés. Est-ce que cela ne coûte rien de combattre les incendies à Toronto parce que la ville possède les camions et que les pompiers ne sont pas payés à l'intervention ? Toronto engage des pompiers et achète des camions selon le nombre et la sévérité des incendies anticipés. Une part importante de ce que font les Gardes-côtes est de secourir les chasseurs de phoques. 24 % des secours de navires de pêche l'ont été pendant cette chasse. Sans cela, le budget annuel des Gardes-côtes serait considérablement réduit.
Un brise-glace déployé pour la chasse, l'Amundsen coûte 50.000 CD par jour en hiver. Du fait du manque de transparence du DFO, on peut seulement estimer le coût annuel des Gardes-côtes à 5 millions de dollars.
De plus, chaque année, un désastre se produit. L'an dernier les chasseurs furent bloqués par la glace pendant des jours.

Certains n'avaient même plus de cigarettes ! Le DFO a calculé des coûts supplémentaires des Gardes-côtes à 3,41 millions de dollars. Le DFO a aussi payé 7,9 millions de dollars aux propriétaires des navires endommagés par la glace. Cette année, c'est la mort de quatre chasseurs et la presque noyade de deux alors qu'ils étaient secourus par les Gardes-côtes. Cela se traduisit par une coûteuse semaine de recherche sur 2.800 miles nautiques carrés pour les deux disparus et le navire coulé, impliquant des avions de patrouille, des hélicoptères, et trois brise-glace. Les procès inévitables et la facture légale coûteront facilement plus de 6 millions de dollars.

Troisièmement, des millions sont dépensés chaque année en tentant de s'opposer aux mesures d'interdiction de l'importation des produits du phoque. Nos partenaires NAFTA et quatre pays européens ont déjà imposé des interdictions. 4 pays ont annonce leur intention d'interdire. L'Italie et le Luxembourg ont suspendu les importations. Le Parlement Européen a pris une résolution pour imposer une interdiction dans l'Union Européenne.
Le Conseil Européen a demandé à ses 46 membres de l'appliquer.

Le Canada a pris la Hollande et la Belgique à l'Organisation Mondiale du Commerce à Genève. En plus d'être terriblement cher, cela met en danger des relations commerciales entre le Canada et deux nations avec lesquelles le Canada a une balance commerciale excédentaire. 5,2 millions de dollars de produits de phoques bruts représentent moins de 1/1000e de ce que nous exportons en Europe.

Depuis l'an dernier, le DFO a envoyé des délégations en Europe pour négocier contre l'interdiction. L'an dernier, il y avait au moins 6 délégations.
Par exemple le 27 mars 2007, une délégation de 17 personnes fut envoyée au Parlement Britannique pour une réunion qui n'intéressa seulement que 5 parlementaires britanniques. Le mois dernier, sept Canadiens, dont Loyola Sullican, ambassadeur pour la protection de la pêche, le gouverneur de Nuvanut, et un Ministre de Terre-neuve, partirent pour 4 capitales européennes pendant une semaine.

Malheureusement, il semble qu'ils font appel à une agence de voyage qui fait les prix les plus élevés du marché. Lorsque M. Sullivan partit vers 5 capitales européennes en janvier dernier pour discuter des phoques, les billets d'avion seuls coûtèrent 10.270,80 dollars. Kevin Stringer du DFO alla à Paris pour 4.459,65 dollars le 7 septembre 2007. Bien sûr, cela n'est rien comparé avec les 16.025,25 dollars du billet pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande dépensés par le Directeur Général de l'Analyse Economique dont je souhaiterais qu'il fasse une analyse économique de ses propres dépenses. En comptant les hôtels, le vin, les repas, et le personnel, cela ne fait que s'ajouter.

Ils ont autant de chances de renverser cette situation que l'Allemagne en avait de stopper les alliés après le débarquement. La bataille est perdue. Mais à cause de fanatisme idéologique, ils continuent de se battre, sûrs dans l'illusion que le contribuable canadien, comme le cabillaud, est une ressource inépuisable qui subventionnera à jamais cette folie qui ne profite qu'à l'industrie européenne du tourisme de haut niveau.

Quatrièmement, il y a le boycott appelé par la Humane Society of the United States (HSUS) qui est largement responsable de la chute ajustée au taux d'inflation, de 465 millions de dollars des exportations canadiennes de crabe arctique - la plus grande exportation de fruits de mer vers les Etats-Unis des provinces du Canada qui chassent le phoque - depuis avril 2005. La valeur des exportations de crabe arctique de 2007 est en diminution de 44% par rapport à ce qu'elles étaient en 2007, l'année précédant le boycott.

HSUS a à ce jour persuadé près de 3.600 entreprises américaines de participer, dont Publix (24 milliards de dollars de ventes annuelles), Wholes Foods (7 milliards de dollars), WinCo foods, Lowe's Foods, Harris Teeter ( 3 milliards chacun), et de plus petites entreprises orientées 'fruits de mer' comme Legal Sea Foods (400 millions de dollars). La chasse au phoque génère moins d'1% de la valeur de la pêche dans les provinces de la chasse au phoque. Sacrifier 99% pour en sauver 1%. Voilà une bonne politique d'entreprise !

Enfin, il y a le coût de la bureaucratie dédiée à la chasse au phoque du DFO, qui à elle seule, coûte plus que ce que gagnent les chasseurs de phoques : les préposés à la délivrance des permis, les comptables, les secrétaires, les préposés aux archives, les inspecteurs, les préposés à l'établissement des quotas, les " scientifiques ", les " statisticiens ", les " analystes économiques ", les préposés à l'écriture des discours, les agents de relations avec les média, les propagandistes anti-boycott, ceux qui écrivent les réponses aux lettres de haine, ceux qui organisent les circuits des journalistes européens (hors saison de chasse), tous au service des prétendus 5 à 6.000 chasseurs (chiffres du DFO - je pense qu'il s'agit plutôt de 2.000) qui gagnent environ 1.000 dollars par an en tuant 275.000 phoques. Il y a un conflit d'intérêts puisque le DFO s'occupe aussi des Gardes-côtes. Si les Gardes-côtes étaient contrôlées par le Ministère de la Défense, il verrait immédiatement qu'avec ce qu'il dépense pour la chasse au phoque, il pourrait équiper un régiment d'artillerie.

Cela suffit. C'est un gaspillage colossal de l'argent du contribuable. Et les chasseurs ? Les chasseurs préféreraient que cet argent soit utilise pour les former à des emplois de l'Economie du 21e siècle, plutôt que de les garder comme des reliques des peuples chasseurs cueilleurs.

L'article National Pos par Jeff White : The millions Ottawa spends subsidizing the seal hunt


Sea Shepherd dans le New York Times

17/04/2008

Le New York Times a publié un article en ligne concernant la campagne réussie de Sea Shepherd dans l'Océan Austral pour la défense des baleines. Source de l'article : Green Pirates Claim Victory on Whaling


Des Pirates Verts clament leur victoire sur la chasse à la baleine

Par Mike Nizza 16 avril 2008

Un jour après notre éditorial, des écologiste cultivant leur propre image de pirates clamaient leur victoire sur le Japon.

La flotte baleinière Japonaise vient de rentrer après une chasse de 5 mois et seulement la moitié de ce qu'ils espéraient prendre, ostensiblement au nom de la science, bien que la viande finisse sur le marché.

Paul Watson Paul Watson et l'équipage du Farley Mowat, un navire de Sea Shepherd Conservation
Society maintenant retenu par les autorités canadiennes
Mais ce ceci n'est pas un conte de pêcheur malchanceux, ainsi que les officiels japonais l'ont déclaré à CNN. « La mission de cette année fut perturbée par Greenpeace et Sea Shepherd, qui utilise des moyens violents de perturbation,» a déclaré Hajime Ishikawa, responsable de la mission de chasse à la baleine du Japon.

Un jour plus tard, le leader de Sea Shepherd, Paul Watson, avait l'air triomphant. « Je pense qu'il est sain de dire que l'équipage de Sea Shepherd a sérieusement affecté leurs profits cette saison, » a-t-il déclaré. « Mon équipage et moi-même sommes ravis que 484 baleines puissent maintenant nager libres, alors qu'elles auraient pu être violemment massacrées. Et nous sommes particulièrement ravis qu'aucun Rorqual Commun ni Mégaptère n'ait été tué, et cela est une grande victoire »

Le Nisshin Maru, un navire usine de la flotte baleinière japonaise, blessa une baleine dans sa première tentative de harponnage en Janvier 2006 (Selon Kate Davison/Greenpeace)

Son adjoint, Peter Hammarstedt, a promis une autre partie: « Nous espérons leur faire encore plus de tort l'an prochain », a-t-il déclaré.

Cette année, le Japon a rapporté plusieurs attaques sur ses navires alors qu'ils étaient en train de chasser la baleine dans les eaux antarctiques. En mars, le gouvernement a qualifié Sea Shepherd de groupe terroriste après une attaque de plus de 100 bouteilles d'un acide malodorant. L'équipage japonais répondit à une autre attaque par des flash grenades.

Mais les navires japonais ne furent apparemment pas éperonnés par les vaisseaux de Sea Shepherd, la « signature tactique » de M. Watson, selon un portrait excellent du New Yorker. Les déclarations de M. Watson et de M. Ishikawa suggèrent que ce n'était pas faute d'avoir essayé.

Paul Watson Le Nisshin Maru, un bateau-usine dans une flotte japonaise de pêche à la baleine, a blessé une baleine avec sa première tentative d'harpon en janvier 2006. (Crédit : Kate Davison/Greenpeace)
En janvier, M. Watson menaça d'éperonner les baleiniers japonais, mais ne put les rattraper. "Je pense qu'ils avaient la trouille, vraiment," a-t-il déclaré à l'Agence France Presse. "Lorsque nous les avons trouvés ils étaient à la hauteur des icebergs, et nous étions sur eux. Ils ont pris la fuite, et ils sont en fuite depuis."

Aujourd'hui, M. Ishikawa suggéra que les marins japonais n'étaient pas intimidés, mais qu'ils tentaient juste d'éviter que quelqu'un soit blessé: "faisant abstraction de notre propre sécurité, leurs agissements étaient dangereux pour leurs propres vies," a-t-il déclaré au sujet de l'équipage de Sea Shepherd. "Ainsi, nous avons dû cesser de chasser la baleine pour un total de 31 jours."

Dans le passé, le Japon a accusé Sea Shepherd et Greenpeace de piraterie, une accusation qu'a acceptée M. Watson sarcastiquement dans un article du journal Britannique "the Guardian": Je suis en bonne compagnie en tant que pirate moderne, bien que je n'ai tiré sur personne, brûlé aucun navire, pillé aucun cargo, ni kidnappé personne. Nous sommes aussi des pirates avec le sens de l'humour et un code moral de non-violence. En 30 ans d'éco-piraterie, nous n'avons jamais blessé un seul braconnier, bien que nous ayons envoyé 9 baleinières par le fond. Au lieu de balles réelles, nos canons lancent de la crème de coco et de la ganache au chocolat. Nous jetons des bombes puantes au lieu de grenades, et nous sommes tellement non-violents que nous ne mangeons aucune viande ou poisson sur nos navires. Aucun poisson, volaille ou mammifère n'est mort pour la préparation de nos campagnes en haute mer.

Ce que nous faisons c'est défendre les baleines du massacre illégal par des tueurs sans merci. Si les gens veulent nous qualifier de pirates pour cela, nous en sommes fiers. Nous avons des baleines à sauver et des navires japonais à attaquer. Ce sont bien des pirates, a-t-il martelé, mais bien loin des pirates sans merci qui écument les navires au large du Nigeria ou de la Somalie ces jours-ci. "Des pirates de la compassion" serait le terme correct, a-t-il écrit.

Par Mike Nizza 16 avril 2008 : Green Pirates Claim Victory on Whaling
Dernières Nouvelles Sea Shepherd


Chasse aux phoques : d’un côté, les chasseurs avec leurs gourdins,

De l’autre, les opposants avec leurs caméras

21 avril 2008
par Pierre R. Chantelois

Le Canada a souvent été caractérisé par l’inhumanité de sa chasse aux blanchons, ces bébés phoques, appelés loups-marins aux Iles, écorchés sur les banquises. Ces images insupportables, dénoncées par les défenseurs des animaux, ont fait le tour du monde. Le quota autorisé par le Canada, cette année, est de 275.000 phoques, un chiffre supérieur à celui de 2007.
Les produits issus de la chasse aux phoques sont interdits aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Belgique. L’Union européenne pourrait emboîter le pas en interdisant, à son tour, tous les produits issus de cette chasse. En 1983, elle proscrivait la vente des peaux blanches.

Plus d’une quinzaine de bateaux, transportant près de 100 chasseurs, avaient quitté les côtes des Iles-de-la-Madeleine pour se diriger vers le détroit de Cabot, entre la Nouvelle-Ecosse et Terre-Neuve-et-Labrador. Et encore cette année, les opposants à cette chasse, qui peut durer de deux jours à deux semaines par an, ont suivi ces départs. D’un côté, les chasseurs avec leurs gourdins, de l’autre, les opposants avec leurs caméras. Annuellement, c’est la chronique d’une guerre annoncée.

En deux ou trois jours, un chasseur peut gagner, si la chasse est bonne, 2000 $ (1.240,61 €). « David contre Goliath ». C’est ainsi que Denis Longuépée, représentant de l’Association des chasseurs de loups-marins, décrit, au quotidien La Presse, la position des siens face aux groupes contre la cruauté envers les animaux. « Nous n’avons pas leurs moyens ». Les chasseurs madelinots les ont appelés des « animalistes »,
puis des « abolitionnistes ». Cette année, tous se sont passé le mot : les membres de ces groupes sont des « profiteurs ». De son côté, la Humane Society of the United States (HSUS) consacre sa page d’accueil au « pire massacre de mammifères marins sur Terre ». La HSUS dénonce aussi l’interdiction qui est faite par le gouvernement du Canada de filmer sur place la chasse aux phoques.

Comme il fallait s’y attendre, les dénonciations n’ont pas tardé de part et d’autre. Des militants des droits des animaux qui se positionnaient pour observer la chasse ont insisté pour dire qu’au moins quelques chasseurs ne respectaient pas les nouvelles règles vouées à rendre la chasse plus humaine. De l’autre, le gouvernement fédéral s’appuie sur les lois sur la navigation commerciale pour tenter de tenir le Farley Mowat, propriété de la Sea Shepherd Conservation Society, hors des eaux canadiennes. Le Canada n’est pas au bout de ses peines en raison du fait que le Farley Mowat est enregistré comme un bateau de plaisance et non comme un navire commercial aux Pays-Bas. La surveillance ne s’arrête pas là, il va sans dire. Paul Watson a affirmé que le Farley Mowat était « un navire danois comptant sur un équipage international » et a dit croire que l’on ferait face à « un incident international si le Canada essayait de stopper le navire danois ». La Humane Society of the United States (HSUS) et le Fonds international pour la protection des animaux survolent, de leur côté, les chasseurs en hélicoptère pour observer et surveiller la pratique controversée.

Le Canada, qui cherche désespérément à protéger cette activité commerciale et lucrative (la saison 2006 a rapporté quelque 25 millions de dollars, soit près de 16 millions d’euros, contre les atteintes des groupes de pression internationaux, a réglementé cette chasse en fixant trois étapes pour avoir le droit de tuer un phoque : les chasseurs doivent d’abord abattre l’animal à l’aide d’un fusil ou d’un gourdin, puis vérifier qu’il est bien mort avant de le saigner en lui tranchant les artères. Cette nouvelle méthode a été instaurée pour répondre aux critiques disant que certains chasseurs retiraient la peau d’animaux encore vivants. Mais le Canada ne semble pas avoir convaincu les groupes de défense des animaux. Les acheteurs sont toujours prêts à se procurer ces peaux, comme la Norvège, la Russie et la Chine. La graisse sert à fabriquer des cosmétiques.

Un drame humain est venu interrompre cette chasse. Michel Plamondon, porte-parole du ministère canadien de la pêche, a confirmé qu’un bateau transportant des chasseurs canadiens a chaviré dans l’est du Canada, faisant trois morts. Sur les six personnes que transportait le bateau de pêche, L’Acadien, deux seulement ont été sauvées (…) Trois membres d’équipage décédés ont été repêchés de l’eau. Le quatrième est encore porté disparu. Les opérations de recherche pour retrouver l’homme qui manque toujours à l’appel ont été interrompues. Le Centre de coordination de recherche et sauvetage d’Halifax estime que les chances de survie de la personne disparue sont « pratiquement nulles dans les circonstances actuelles et les conditions glaciales de l’eau ». Un malheur n’attend pas l’autre. Par ailleurs, sept chasseurs de phoque ont eu la vie sauve après avoir abandonné leur bateau au large du Cap-Breton. Leur bateau, l’Annie Marie, a coulé dans les mêmes eaux glacées où L’Acadien II avait chaviré. Les sept chasseurs ont attendu sur la banquise l’arrivée de l’hélicoptère qui les a secourus.

À Cap-aux-Meules, qui regroupe la plus importante concentration d’habitants de cet archipel québécois, l’accident est durement ressenti. Et la colère est vive sur l’archipel : l’Acadien a chaviré alors qu’il était remorqué par un brise-glace des garde-côtes. Il a foncé dans un morceau de glace, alors que le brise-glace continuait à accélérer. Les autres bateaux qui mouillaient au large ont rebroussé chemin et sont revenus à bon port. « La Garde côtière fait habituellement du travail exceptionnel, il doit y avoir eu une erreur humaine quelque part », a commenté Claude Deraspe, le capitaine du Santa Christina, revenu de la zone de chasse. Pour sa part, le surintendant de recherche et sauvetage à la Garde côtière canadienne, Mike Voigt, a fait valoir que la Garde côtière remorquait plus de 600 embarcations par année, mais qu’il s’agissait toujours d’une opération à haut risque quand la glace est épaisse. Selon M. Voigt, il revient aux membres de l’équipage de décider s’il reste à bord de leur bateau durant le remorquage.

Une habitante de l’archipel québécois des îles de la Madeleine a confié au quotidien La Presse : « Avec toute la controverse sur la chasse aux phoques, tout ce que je souhaite, c’est qu’il n’y en ait pas qui se réjouissent de ça ». Lise Grenier, directrice du service d’aide à l’emploi de l’archipel, précise que : « Les chasseurs sont fiers, pas d’avoir les mains pleines de sang, mais fiers de ramener du pain ».

Si vous avez le courage de regarder des images d’une cruauté repoussante, voici une vidéo qui circule sur le Net et qui donne au Canada la réputation qu’il mérite. Entre temps, voici une vidéo qui nous réconcilie avec la vie.

Pierre R. Chantelois


Un nouveau regard sur les animaux

Les premiers compagnons que l’on donne aux « petits d’homme » sont à leur image, ils peuplent nos contes et notre imaginaire, remplissent nos assiettes et pourvoient à nombre de nos besoins, vivent à nos côtés dans nos villes et nos foyers (les animaux familiers sont près de 50 millions en France) et, pourtant, nous les connaissons mal et les traitons souvent de même.

Sur la lancée d’une tradition occidentale et judéo-chrétienne faisant de l’Homme un être supérieur légitimé à dominer et exploiter le reste de la « création », nous continuons à considérer le monde animal avec la familiarité de la méconnaissance et la suffisance d’êtres à part, au sommet d’une pyramide du vivant culminant avec notre espèce.

Ce n’est donc pas le moindre des mérites de la Plus Belle Histoire des animaux, que de nous permettre, à la lumière des dernières découvertes, de mieux cerner la nature des animaux, et ce faisant, la place réelle des humains dans la nature, de comprendre à quel point nos sorts ont été liés et le sont encore, de prendre conscience de ce que nous avons en commun et de ce qui nous distingue.

Parue au début de l’année 2000, la Plus Belle Histoire des animaux est le dernier opus d’une série d’ouvrages de vulgarisation scientifique présentant l’état de nos connaissances sur l’univers, l’Homme, les plantes, les religions, sous la forme d’entretiens menés par un journaliste avec de grands spécialistes.

Au carrefour des sciences naturelles et humaines, cet ouvrage, remarquablement réalisé par Karine Lou Matignon, remonte aux origines de la vie et retrace les grandes étapes de l’évolution des espèces animales avec le paléontologue et anthropologue Pascal Picq. Il explore le processus de domestication des animaux tour à tour «  apprivoisés »,« partenaires » ou « objets », avec l’ethnologue Jean-Pierre Digard. Il interroge, enfin, avec le neuropsychiatre Boris Cyrulnik - l’un des pionniers de l’éthologie animale et de la biologie des comportements -, l’évolution du statut des animaux et de nos rapports avec eux.

Accessible et passionnant, cet ouvrage nous propose une relecture étonnante de l’histoire de l’évolution et des civilisations humaines de l’Egypte ancienne aux Aztèques, en passant par les Esquimaux, la Chine impériale et jusqu’à l’Europe de la « vache folle » et des pittbulls.

Comment expliquer dans les sociétés « développées » l’hyperprotection et l’humanisation des uns - les animaux de compagnie - et les conditions de vie et d’abattage brutales réservées, dans l’indifférence quasi générale aux autres - les animaux de consommation -, sinon, selon J.-P. Digard, par un phénomène de compensation visant à calmer notre mauvaise conscience ?

Comment la nageoire a-t-elle donné naissance à la patte, comment des loups sont-ils devenus des chiens, pourquoi a-t-on abandonné la domestication du cerf, quand est-on passé de l’attelage à la monte des chevaux, quand les chats ont-ils cessé d’être diabolisés ? Qu’avons-nous en commun avec la pieuvre, l’albatros, le rat ou le cochon ?

Sommes-nous vraiment les seuls à avoir un langage, une pensée, à être capables d’invention, de solidarité, de diplomatie, d’amour parental ou de fidélité, les seuls à avoir conscience de la mort ?

Au vu des incroyables aptitudes animales et de leurs parfois troublantes ressemblances avec nous autres humains, on en vient bien sûr à reposer la fameuse question : « quel est le propre de l’Homme ? » En quoi ce « représentant de la ligne évolutive des hominidés » se démarque-t-il des autres espèces animales ?

Ne serait-il qu’« un singe parmi d’autres » ? Il est vrai que les dernières découvertes, notamment sur les chimpanzés, brouillent la frontière que l’on voulait étanche entre le monde animal et les hommes, et affirment notre appartenance à l’unité du vivant.

L’être humain serait une partie prenante de la nature, devenue agissante, façonnant, créant et sauvant des espèces, en détruisant d’autres, les domestiquant, poussé par une « profonde curiosité intellectuelle »

selon J.-P. Digard. Pour Pascal Picq,
« l’homme n’est pas le seul animal à penser, mais il est le seul à penser qu’il n’est pas un animal »

Cette différence ne semble pas, toutefois, pouvoir nous accorder le droit de détruire, directement ou indirectement, l’innombrable variété des espèces vivantes qui ont fait preuve de « génie » pour s’adapter à leur milieu.

Plaidoyer pour donner aux animaux la place qui leur revient, ni dans une exploitation indifférente à leur souffrance, ni dans une humanisation idolâtre, car ce ne sont « ni des machines, ni des humains, ni des idoles », comme le souligne Boris Cyrulnik, ce livre nous pousse à une prise de conscience des dérives vers lesquelles notre arrogance dominatrice nous conduit (élevage industriel, manipulation génétique, élimination des espèces), et nous invite au « temps de l’échange et de la réconciliation »

Au point que la découverte des « mondes animaux » pourrait être,
selon le neuropsychiatre, la grande révolution du IIIe millénaire.

Anne Rapin



Voilà bien les seules questions qui valent la peine d'être posées. Chacun a cherché la réponse à sa manière, dans le scintillement d'une étoile, le va-et-vient de l'océan, le regard d'une femme, ou le sourire d'un nouveau-né...

Pourquoi vivons-nous ? Pourquoi y a-t-il un monde ? Pourquoi sommes-nous ici ?

Jusqu'à présent, seule la religion, la foi, la croyance offraient une solution. Aujourd'hui, la science, elle aussi, s'est fait une opinion. C'est peut-être l'un des plus grands acquis de ce siècle: elle dispose désormais d'un récit complet de nos origines.
Elle a reconstitué l'histoire du monde.

Qu'a-t-elle découvert de si extraordinaire ?

Ceci: C'est la même aventure qui se poursuit depuis 15 milliards d'années et qui unit l'univers, la vie, l'homme, les animaux comme les chapitres d'une longue épopée.

La même évolution, du Big-Bang à l'intelligence, qui pousse dans le sens d'une complexité croissante: les premières particules, les atomes, les molécules, les étoiles, les cellules, les organismes, les êtres vivants, jusqu'à ces curieux animaux que nous sommes... Tous se succèdent dans une même chaîne, tous sont entraînés par un même mouvement.

Nous descendons des singes et des bactéries, mais aussi des astres et des galaxies. Les éléments qui composent notre corps sont ceux qui naguère fondèrent l'univers. Nous sommes vraiment les enfants des étoiles.

L'idée dérange évidemment, car elle s'en prend aux anciennes certitudes, elle écorche les préjugés : c'est ainsi, depuis l'antiquité les progrès de la connaissance n'ont cessé de remettre l'homme à sa juste place.

Nous nous croyions au centre du monde ?

Galilée, Copernic et les autres sont venus nous détromper : nous habitons en réalité une planète banale, située dans la banlieue d'une modeste galaxie.

Nous pensions être des créations originales, à l'écart des autres espèces vivantes ? Las! Darwin nous a perchés sur l'arbre commun de l'évolution animale... Il va donc nous falloir une fois encore ravaler notre orgueil mal placé : nous sommes les dernières productions de l'organisation universelle.

Le deuxième acte s'ouvre, il y a 4,5 milliards d'années, sur cette planète singulière, située ni trop près ni trop loin d'un Soleil opportun. La matière poursuit son œuvre frénétique d'assemblages. A la surface de la Terre, dans de nouveaux creusets, s'amorce une autre alchimie: les molécules S'associent en structures susceptibles de se reproduire et font naître d'étranges petites gouttes, puis les premières cellules qui se groupent en organismes se diversifient, foisonnent, colonisent la planète, enclenchent l'évolution animale, imposent la force de la vie.

Que cette dernière soit née de l'inanimé, l'idée n'est certes pas facile à admettre. Pendant des siècles, le monde vivant a été considéré comme trop complexe, trop divers, en un mot trop « intelligent », pour avoir pu apparaître sans un petit coup de pouce divin.
Aujourd'hui, la question est tranchée : il résulte de la même évolution de la matière, il n'est pas le fruit du hasard.

Comment alors est-on passé de l'inerte au vivant ?

Comment l'évolution a-t-elle « inventé » la reproduction, le sexe, et la mort, inséparable compagne ?

L'Afrique, sa plus grande épopée. Avec d'autres, il a mis au jour le plus célèbre de nos squelettes: Lucy, la jeune (et jolie ?) australopithèque, âgée de 3,5 millions d'années, morte en pleine force de l'âge.

La naissance de l'humanité ne fut pas un accident, elle participe de ce même cheminement de l'univers dont nous sommes les derniers fleurons.

Que sont nos millénaires de civilisation comparés aux millions d'années…, l'homme et vraiment arrive à se dégager de sont animalité ?

Que valent nos actuelles facéties face aux quinze milliards d'années qui furent nécessaires pour façonner notre complexité ?

Notre histoire n'est pas terminée. Oserait-on dire: elle commence. Car il semble bien que la complexité continue de progresser, et l'évolution de galoper.

On peut se poser cette ultime question: où allons-nous ?

Comment cette longue aventure qui fut cosmique, chimique, biologique et devient maintenant culturelle, va-t-elle se poursuivre ? Quel est l'avenir de l'homme, des animaux, de la vie, de la planète et l'univers ?

Comment le corps va-t-il continuer à évoluer, que sait-on sur l'évolution de l'univers ?

Y a-t-il d'autres formes de vie ?

Notre corps est composé des atomes de l'univers, nos cellules enferment une parcelle de l'océan primitif, nos gènes sont, en majorité, communs à ceux de nos voisins primates, notre cerveau possède les strates de l'évolution de l'intelligence, et quand il se forme dans le ventre maternel, les hommes les animaux fond, en accéléré, le parcours de l'évolution animale.

Mais quelle que soit la vision, mystique ou scientifique, que nous portons sur nos origines, quelle que soit notre conviction, déterministe ou sceptique, religieuse ou agnostique, il n'y a qu'une seule morale qui vaille dans cette histoire, une seule donnée essentielle : nous ne sommes que de dérisoires étincelles au regard de l'univers.

Puissions-nous avoir la sagesse de ne pas l'oublier !

La plus belle histoire du monde
Les secrets de nos origines - éditions du Seuil Paris.

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