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Présentation:
De ci, de là apparaissent des essais de reconstitution de jardins "médiévaux",
peut-être parce que la représentation que nous avons de ces enclos montre
qu'ils abritent des communautés -plantes, bêtes et gens- vivant en parfaite
harmonie.
Dans le cadre des fêtes médiévales annuelles, le jardin médiéval de Dignac a
été créé en 2000. Il se situe à proximité de l'église romane et de l'ancien
presbytère.
L'association "les amis du patrimoine d'Horte et Tardoire" a été chargée de
la maçonnerie. Une équipe de bénévoles a travaillé d'arrache-pied à la
réalisation du jardin, et poursuit désormais son entretien tout en cherchant
à l'améliorer.
Afin de respecter la disposition des parterres en croix, le jardin est
subdivisé en huit carrés entourant la fontaine centrale; de celle-ci, source
de vie, s'écoulent quatre jets, allégorie des quatre fleuves du paradis dans
le jardin de la Genèse.
Les plantes sont cultivées dans des massifs surélevés, entourés de tressages
en châtaigniers appelés plessis.
Les espaces sont dévolus à des usages précis avec l'Hortus ou potager,
l'Herbularius ou jardin de simples, le verger d'arbres fruitiers et le
jardin bouquetier.
C'est le rapprochement de ces différents thèmes que nous nous sommes
efforcés de reconstituer à Dignac.
- Le POTAGER: trois parterres lui sont consacrés.
Dans le premier, sont rassemblées les potherbes, ou herbes à pot,
celles constituant les potages et potées. Les choux servent de
nourriture de base; l'Epinard n'apparait que vers le XVème
siècle, alors qu'auparavant étaient consommés divers Chénopodes; de
nombreuses herbes des champs participent aussi à ce potage.
Le deuxième est subdivisé en deux, avec d'une part les aromates et
condiments (qui sont parfois aussi médicinaux): la Livèche est la
plus imposante de ces espèces, et d'autre part les légumes,
ou plus précisément les graines contenues dans les légumes (appelés
aujourd'hui gousses): une poignée de Pois Chiches, de Fenugrec, ...
s'ajoute parfois au potage d'herbes; mentionnons également ici la
véritable Mongette, qui sera supplantée bien plus tard par le Haricot venu
d'Amérique et qui ira jusqu'à usurper son nom, la Mongette originelle
étant maintenant cultivée ... aux Etats-Unis!
Dans le troisième, se trouvrent les racines: on consomme
à l'époque le Navet, la Carotte blanche (la Carotte rouge ne sera
introduite que vers le XIVè siècle), le Panais, le Maceron,...
A proximité, sont présentées les espèces consommées en gruau, en galette
ou en pain, tels l'Epeautre, le Millet ou le Sarrasin.
- Les plantes "industrielles"
Dans l'un des parterres, se rencontrent des plantes tinctoriales :
le jaune s'obtient à partir de nombreuses espèces: Safran, Gaude, Carthame,
... ; par contre les sources de rouge (Garance) et de bleu (Pastel) sont
plus rares. Ce parterre est complété par des plantes permettant des usages
divers: le Lin, source de fibre textile, la Saponaire, dont les feuilles
frottées dans l'eau nettoient comme le ferait le savon (... ou presque),
... et l'Aspérule odorante qui est l'un des composants du "vin de mai". La
vigne devrait être présente dans l'un des angles du jardin.
- Les plantes "MAGIQUES"
Magiques, en raison d'une part de leur pouvoir toxique , à partir
d'une certaine dose; ce pouvoir toxique a pu permettre de fabriquer des
poisons d'appâts (Aconit); mais ce pouvoir mystérieux a aussi pu être
utilisé par les "sorcières", auxquelles étaient attribués des pouvoirs
extraordinaires leur permettant d'influer en bien ou en mal sur le cours
des évènements humains (Belladone, Jusquiame, ...).
Magiques, en raison d'autre part de leur pouvoir curatif "universel":
ce sont les panacées, tel le Dompte-Venin, employé contre les poisons et
les venins, et surtout la Sauge officinale, la "Salviam" de Charlemagne,
dont le nom signifie "guérir".
- Les "SIMPLES"
Les simples proprement dits sont répartis en deux parterres.
Quelques thèmes ont été choisis pour les regrouper.
Dans l'un des parterres, se cotoient les plantes soulageant les "maux de
ventre" (l'Aunée, l'Aurone, la Balsamite,...); les évacuants et purges qui
font "sortir le mal", et les "plantes de femmes" destinées aux soins
strictement féminins.
L'autre parterre est consacré à d'autres thèmes: les plantes vulnéraires,
c'est-à-dire aux propriétés cicatrisantes, désinfectantes, astringentes,
... voisinent avec les "herbes des fièvres et refroidissements", ainsi que
les plantes illustrant la "théorie des signatures", théorie selon laquelle
les plantes utilisables en médecine ont été marquées d'un "signe" par la
Nature, tel que la couleur ou la forme de certains de leurs organes, pour
indiquer leur propriété curative: ainsi les taches claires de la feuille
de Pulmonaire rappellent les alvéoles blanches du poumon ...
Ces parterres sont bordés de quelques fruitiers anciens, comme le Néflier
ou le Cormier.
- Les CUCURBITACEES
La Gourde du pélerin, la Coloquinte ou la Bryone, tiennent une place à
part dans les usages médicinaux, et sont regroupés au pied du mur, sous le
parvis de l'église.
- Enfin, le jardin de MARIE
On y trouve les espèces qui sont destinées à parer le jardin du presbytère;
les cueillettes rythment les fêtes lithurgiques de ses offrandes de fleurs:
le Buis au dimanche des Rameaux, les Pivoines à la Pentecôte, les Roses à
l'Assomption...
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