Pour une réévaluation du concept de déficience intellectuelle légère :
essai de typologie psychologique et pédagogique
.

Thèse de doctorat de l'université de LYON II
Institut des Sciences et Pratiques d'Education et de Formation

Présentée et soutenue publiquement
le 5 janvier 1999 à Lyon
par Dominique BERGER

 

Table des matières

Jury
Résumé en français
Abstract
Exposé
Bibliographie

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Jury…

Directeur de recherche :

Monsieur le professeur Charles GARDOU

Président de jury :

Monsieur le professeur Charles RONCIN

 

Monsieur le professeur Michel DEVELAY

 

Monsieur le professeur François LANG

 

Madame Nadja ACIOLY-REGNIER
Maître de conférence

 

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Résumé

Le flou nosographique du concept de déficience intellectuelle légère a entraîné depuis 1909, une absence de définition notionnelle dans la prise en compte institutionnelle, tant sur le plan du contenu des textes officiels que de l’organisation du système scolaire. Les pratiques pédagogiques qui en découlent, ne réduisent que peu les difficultés des enfants, les amplifient parfois, voire en créent de nouvelles. D’un coté, nous trouvons la psychométrie et la psychopathologie non analytique qui balisent le champ de la déficience avec les bornes statistiquement définies de l’intelligence et de la normalité ; de l’autre, la pédagogie spécialisée, la psychanalyse soulignent la part d’histoire du sujet. Une nouvelle approche de ce concept est donc susceptible de permettre une meilleure compréhension et un traitement éducatif plus adapté. L’étude du développement du concept de déficience intellectuelle légère dans les textes officiels, celle du dispositif de sa prise en charge en Haute-Loire et la description du fonctionnement de la Commission de circonscription du second degré nous permettent d’en esquisser les contours. L’analyse de contenu des dossiers pédagogiques et psychologiques des enfants orientés en SES/SEGPA affine cette représentation en dégageant les principales lignes de force que nous vérifions à l’aide de trois études de cas. Elles rendent compte du développement d’une structuration déficitaire et mettent l’accent sur un fonctionnement psychologique s’inscrit fortement dans une relation de dépendance. Le modèle de la communication nous autorise à dépasser la dialectique du normal et du pathologique. La déficience intellectuelle légère devient alors différence et l’approche de l’autre ne peut plus être l’objectivation d’une catégorie ou d’une pathologie simple mais se situe maintenant au niveau de l’investigation des altérités et de leur retentissement global et inter-relationnel.

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Abstract

The nosographical vagueness of the concept of slight intellectual deficiency has entailed the absence of a notional definition in every aspect of institutional consideration since 1909, as can be seen through official texts, as well as through the organisation of the school system. The ensuing teaching methods have not proved really efficient in helping children decrease their difficulties; they sometimes may add to them, or, even, create new ones. On the one hand, we find psychometry and non-analytic psychopathology, which mark out the field of deficiency, with the statistically defined milestones of intelligence and normality ; on the other hand, specialized educational methods and psychoanalysis free us from them, to give the subject’s own history more importance. A new approach to this concept is therefore likely to provide a better understanding and a more suitable educational treatment. Studying the concept of slight intellectual deficiency through official texts, the way it is dealt with in the Haute Loire, as well as the description of the way the District Commission for Secondary Schools works, enables us to grasp the concept. An analysis of the school and psychological records of children directed to a special educational section, provides a more accurate approach, as it singles out the strong points which are examined through three case studies. These examples clearly demonstrate the development of a deficient structuring and point out a psychological process which strongly fits in with a relation of dependency. The model of communication allows us to go beyond the dialectics of normality and pathology. Slight intellectual deficiency must then be regarded as a difference and our approach towards others, can no longer be the mere objectification of a category or of a simple pathology, but, rather, a thorough search for the significance of this otherness and of its global and inter-relational effect.

Traduction Michèle DALOZ

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Exposé

Présentation
La problématique
L'hypothèse
La démarche
Les résultats

             Y a-t-il une typologie pédagogique ?

            Y a-t-il une typologie psychologique ?

En conclusion

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Présentation

Nous avons voulu approfondir la question de l’enfant réputé déficient intellectuel dans son histoire, sa réalité contemporaine et son potentiel supposé pour demain.

Notre démarche repose sur un postulat social.

L’étude des mécanismes sociaux et économiques souligne que c’est à travers  l’échec scolaire qu’apparaît la déficience intellectuelle. Bernard CHARLOT nous a montré comment les structures du système éducatif s’articulent selon la nature des rapports entre les classes sociales. L’école joue le rôle ambivalent d’espérance de promotion sociale, tout en justifiant par une idéologie implicite de l’intelligence les échecs rencontrés.

Cependant dans cette logique, définir la déficience intellectuelle légère par l’échec scolaire véhicule une grande ambiguïté. L’inadaptation intellectuelle ne peut se comprendre par simple référence aux seules normes de l’école, ni en omettant de poser la question sociologique de ces normes. Il faut toutefois souligner que le sens du concept de déficience intellectuelle légère a son origine dans l’histoire même de ses conditions historico-sociales d’apparition. Mais poser a priori l’interrelation de cette notion avec la structure sociale risque de conduire à en nier la dimension proprement pathologique pour ne voir en elle qu’un simple phénomène social ?

La déficience intellectuelle légère n’appartient pas qu’au champ de la sociologie. Ce concept se saisit principalement en référence à l’école mais prend des acceptions médicales et psychopathologiques. La pathologie de l’intelligence et c’est là, sa caractéristique fondamentale, est en permanence investie par une signification éducative.

Une pratique professionnelle, nous a permis de rencontrer des enfants réputés déficients intellectuels légers. Nous avons pu à leur contact faire les observations suivantes :

- l’absence dans la plupart des cas d’une étiologie organique déterminante,

-  tous présentent des perturbations relationnelles parfois très précoces,

-  une majorité d’enfants échappe au cadre strict de la débilité réputée " simple, harmonique et sans troubles associés ", nous constatons la permanence de troubles associés, de dysharmonies évolutives ou fixées, de pseudo-débilité,

-  l’échec global et l’inappétence scolaire que ces enfants présentent ne semblent avoir que peu d’incidence sur leur vie extra-scolaire.

Ces éléments nous permettent de penser que nous ne sommes pas face à une entité définie. Il s’ensuit alors que l’approche traditionnelle avec ses critères usuels en référence à l’étiologie, dans une logique défectologique, est donc insuffisante pour rendre compte de ce que l’on peut repérer chez certains enfants. En tout cas, elle s’avérait insatisfaisante dans ma pratique professionnelle à la fois sur le plan de la compréhension de la spécificité de cette population comme sur le plan éthique.

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La problématique

Notre thèse se déploie autour de la problématique suivante :

En quoi l’imprécision notionnelle et nosographique du concept de déficience intellectuelle légère peut-elle contribuer à faire obstacle à la prise en charge pédagogique de l’enfant réputé déficient intellectuel léger et en conséquence entraver, voire altérer son développement ? 

 

Les enfants réputés déficients intellectuels légers que nous avons eu l’occasion de rencontrer, nous ont toujours laissé une impression particulière et une profonde insatisfaction personnelle qui éveillent en écho des questions fondamentales.

-  Comment ces enfants, exclus scolaires qui parfois présentent un tableau réel de souffrance, se construisent-ils autour de leur symptôme ?

-  En quoi l’institution qui les rejette, en créant des classes ghettos et en prônant une intégration impossible, en a dans le même temps besoin pour maintenir l’homéostasie de son fonctionnement ?

-  A l’issue de nombreuses prises en charge, dans le cadre des GAPP et des RASED ensuite, que s’est-il passé pour que ces enfants " déficients intellectuels " soient en déficience ? Ne serait ce pas par un exercice raté et peut-être inopportun de leur intelligence, mais qui demeure cependant une expression de leurs capacités ?

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L’hypothèse

Nous sommes ainsi conduit à formuler ce qui est notre hypothèse de recherche :

Le flou nosographique du concept de déficience intellectuelle légère a entraîné depuis 1909, une absence de définition notionnelle dans la prise en compte institutionnelle, tant sur le plan du contenu des textes officiels que de l’organisation du système scolaire. Les pratiques pédagogiques qui en découlent, ne réduisent que peu les difficultés des enfants, les amplifient parfois, voire en créent de nouvelles. Une autre approche de ce concept est donc susceptible de permettre une meilleure compréhension et un traitement éducatif plus adapté.

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La démarche

Nous avons souhaité inscrire notre recherche dans un double mouvement, celui de la personne et celui du fonctionnement institutionnel ; dans une double approche groupale et individuelle ; dans une double visée herméneutique et nomothétique, entre comprendre et expliquer.

Ainsi, vise-t-elle à mettre en lumière des relations causales, la caractérisation des fonctionnements, mais également des événements explicatifs d’une situation et des histoires individuelles, grâce à l’éclairage interprétatif d’outils divers, en particulier, historiques, pédagogiques et psychologiques. Nous avons souhaité inscrire cette recherche dans le cadre d’une méthodologie stricte et précise. Un concept aussi flou ne peut être envisagé qu’à ce prix.

Nous avons vérifié l’hypothèse de recherche à travers trois corpus, en l’inscrivant dans la réalité tangible d’un fonctionnement institutionnel.

A cette fin, nous avons d’abord étudié le dispositif de prise en charge des enfants réputés déficients intellectuels légers mis en place dans le département de la Haute-Loire. Nous avons choisi de porter notre attention sur ce département pour des raisons de proximité avec les structures, les institutions et les personnes.

Nous avons ensuite abordé l’évolution du concept de déficience intellectuelle légère dans les textes de l’éducation nationale de puis le début du siècle.

Puis, l’étude du fonctionnement de la Commission de circonscription du second degré, esquisse les grandes lignes de la description de la population.

L’analyse de contenu des dossiers pédagogiques et psychologiques des enfants orientés en SES-SEGPA nous autorise ensuite à dégager des traits marquants.

Enfin, trois études de cas sur les plans pédagogique et psychologique complètent notre dispositif méthodologique. La première, décrit une évolution et rend compte du développement d’une structuration déficitaire. Nous introduisons ainsi une première modélisation en liaison avec l’économie dépressive. Les deux autres études de cas autorisent une compréhension plus approfondie de la construction déficitaire et de son fonctionnement en en dégageant les axes majeurs.

Parce que la déficience intellectuelle légère s’inscrit dialectiquement dans un fonctionnement institutionnel nous avons souhaité délibérément cet effet de zoom qui peut certes surprendre mais qui donne vie à un concept en l’inscrivant dans le quotidien de personnes.

 

Un double effet de zoom

 

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Les résultats

Le concept de déficience intellectuelle est un concept flou.

L’étude des textes officiels successifs, met en exergue l’évolution constante de cette notion et de son inscription sociale. Le législateur intervient comme intermédiaire entre trois pôles :

Le législateur gère ainsi une contradiction permanente entre une compréhension scientifique constamment mouvante, et une mise œuvre institutionnelle, nécessitant du temps pour s’installer et une stabilité pour fonctionner. Les textes proposent alors, en réponse, une représentation floue de l’enfant déficient intellectuel léger, en mêlant constamment des références sociologiques, psychopathologiques et pédagogiques. Nous avons ainsi présenté, dans la première partie de cette thèse, comment le concept de déficience intellectuelle légère s’inscrit, historiquement, dans ce paradoxe dont le législateur que peut sortir qu’au prix de l’absence de définition notionnelle. Sur un plan pragmatique, l’analyse longitudinale du fonctionnement de la CCSD renforce notre thèse. En effet, nous constatons une évolution significative des dossiers soumis à examen avec une modification importante de l’origine scolaire du signalement.

Evolution de l’origine scolaire des signalements à la CCSD

 

Nous retrouvons cette imprécision dans le fonctionnement institutionnel. L’étude du premier corpus souligne l’importance des variables sociales qui priment très largement sur les variables psychologiques.

Ainsi la logique de recrutement des SES-SEGPA s’appuie plus sur une proximité géographique et l’existence de structures, sur l’éventuelle origine étrangère du chef de famille, sur le sexe ou le type de scolarisation (enseignement public ou confessionnel) que sur une entité nosographique déterminée ou des difficultés scolaires particulières.

De la même manière, il n’existe pas de corrélation probante entre le parcours scolaire, le nombre de signalements et les difficultés constatées sur les plans psychologiques et pédagogiques. Ainsi des enfants ayant suivi une scolarité dans l’enseignement ordinaire présentent des quotients intellectuels très faibles mais n’ont jamais été signalés a une commission. A contrario, d’autres avec une efficience intellectuelle très proche de la moyenne sont pris en charge très tôt et orientés dans des classes spécialisées.

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Y a-t-il une typologie pédagogique ?

Nous soulignons d’abord que quelle que soit la discipline d’enseignement observée, les enfants réputés déficients intellectuels se caractérisent par une hétérogénéité importante des résultats obtenus et par leur absence de corrélation avec les capacités intellectuelles des enfants.

Par contre, nous notons une symétrie entre les résultats et les conceptions pédagogiques des maîtres traduites par les situations pédagogiques mises en place.

Les enfants en difficultés se voient proposer des activités appauvries dans lesquelles les maîtres se positionnent dans une démarche de décomposition du savoir en unités de plus en plus simples, de plus en plus fragmentaires excluant toute approche globale et toute perception des finalités et des buts à atteindre. Les exercices proposés sont rarement liés à des projets pédagogiques ou à des situations problèmes mais se situent dans une logique behavioriste de renforcement.

Dans leur rapport au savoir, les enfants déficients intellectuels présentent une caractéristique fondamentale. En effet, leur difficulté structurelle à mettre en œuvre des compétences métacognitives est patente. Ils " adhèrent " à l’activité et ne peuvent s’en détacher pour prendre du recul, analyser la tâche et évaluer les stratégies à mettre en œuvre pour la réaliser. Fortement carencés dans le champ de la maîtrise de la langue, ils ne disposent pas d’un langage explicite et de compétences énonciatives permettant l’abstraction. Nous avons mis en évidence qu’ils utilisent un langage à code restreint et vivent de manière très immédiate le rapport au savoir dans une relation très peu distanciée du réel.

Cette carence en révèle une autre plus globale dans la construction de la pensée. Nous démontrons le rapport étroit entre les difficultés des enfants réputés déficients intellectuels légers et la maîtrise de la langue orale. Ceux qui montrent les carences les plus importantes dans les compétences énonciatives sont ceux qui connaissent les difficultés les plus grandes. Ces enfants sont engoncés dans la gangue contextuelle où les englue l’activité pédagogique réifiée qui leur est proposée. Ils ne peuvent mettre en mots leurs stratégies et procédures.

De la même manière, leurs difficultés langagières signent l’absence d’un lieu d’élaboration de la pensée, d’un espace transitionnel qui permet la mise à distance du réel et de l’immédiateté de l’action. L’importance du sentiment d’échec, la fragilité qui en découle, conduise l’enfant à une recherche continuelle d’étayage révélant une autonomie défaillante et un mal-être dysphorique certain.

Cette particularité comportementale face aux apprentissages et ces difficultés dans les compétences métalinguistiques et énonciatives sont renforcées par des pratiques pédagogiques fondées sur des conceptions linéaires de l’apprentissage et de la psychologie. Ces dernières accroissent chez l’enfant un sentiment toujours aigu de différence, la douleur psychologique de ne pas être comme les autres et une image dévalorisée de ses capacités et de lui-même. Les difficultés constatées augmentent et par un mouvement spiralaire se renforcent. Nous démontrons ainsi que la structuration déficitaire légère est intimement liée à la pratique pédagogique.

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Y a-t-il alors une typologie psychologique de l’enfant déficient intellectuel léger ?

Dans le champ de la psychologie, l’étude des comptes-rendus d’examens démontre également que la déficience intellectuelle légère est une notion floue qui n’est définie pas sur le plan psychopathologique mais sur le plan scolaire.

Les examens psychologiques présentent une hétérogénéité importante dans leur contenu méthodologique comme dans leur outillage conceptuel. Nous n’avons pu déterminer de protocole clair ni de conception établie de la notion. L’approche des enfants réputés déficients intellectuels légers se réalise dans une perspective à dominante défectologique essentiellement sur la base d’évaluations des performances scolaires… soulignant ainsi l’inscription essentiellement scolaire de la notion.

Les psychologues apparaissent prisonniers de l’institution et englués dans une tension permanente entre ce que leur demande explicitement l’institution à savoir : justifier l’exclusion et ce qu’ils perçoivent de l’enfant.

Très peu de rapports s’intéressent à une approche psychopathologique des enfants examinés, et, cela malgré l’évocation de signes cliniques annonçant des problématiques parfois limpides. Ainsi plus des deux tiers des dossiers évoquent des comportement de recherche d’étayage, un tiers des conduites de provocation. Une moitié souligne des attitudes dysphoriques ou a minima dépressives.

Les études de cas que nous avons conduites soulignent l’interaction complexe des fonctionnements psychiques et sociaux. La faille narcissique structurelle que nous avons mise en en évidence génère une angoisse constamment réactivée par l’échec et difficilement métabolisable autrement que par un abrasement pulsionnel et une réduction significative des capacités de mentalisation.

L’importance du sentiment d’échec, la fragilité qui en découle, conduise l’enfant à une recherche continuelle d’étayage révélant une autonomie défaillante et un mal-être dysphorique certain. Nous retrouvons, comme dans l’approche pédagogique, l’absence d’un lieu d’élaboration de la pensée, d’un espace transitionnel.

La déficience intellectuelle légère apparaît alors non plus comme un état structurel à l’origine des difficultés constatées mais bien comme la conséquence, la cicatrice d’un jeu dramatique complexe où interfère simultanément l’histoire scolaire de l’enfant, son vécu familial et son origine sociale.

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En conclusion

Nous aurions souhaité prolonger notre recherche et vérifier à travers la prise en charge pédagogique d’un groupe d’enfant la pertinence de notre thèse, en expérimentant des stratégies pédagogiques articulées autour d’un projet individuel prenant en compte à la fois l’histoire personnelle et scolaire de l’enfant, ses particularités psychologiques et ses acquis scolaires.

Nous n’avons pu le faire, mais nous avons relevé souvent combien le regard porté sur l’enfant en difficulté est important et combien, parfois, une simple lecture positive de ses capacités et de ses réalisations, modifie durablement son comportement scolaire. MAKARENKO et FREINET nous en ont montré l’efficacité.

Travailler sur la déficience intellectuelle, c’est travailler avant tout à la remise en cause simultanée des pratiques pédagogique plus centrées sur le contenu que sur leur polarité éducatives et culturelles et des ghettos de la déficience. Il ne s’agit plus de stigmatiser la différence mais de dépasser l’approche défectologique pour penser l’humain dans son altérité et dans son éventuelle étrangeté.

Nous terminerons par une citation d’Albert THIERRY dans " L’homme en proie aux enfants ", chapitre " Les blessés ", 1909, p.137

" Il apprenait l’héroïque hypocrisie du stoïcisme, il s’avançait jusqu’à ces profondeurs de la vie dont les écoles ne parlent pas, que les écoles veulent par une architecture ignobles de mensonges dissimuler. Mais trop faible encore, il ne goûtait pas la joie du nihilisme à son voyage ; il allait tristement, avec des larmes cachées. "

Bibliographie

La thèse est en dépôt à la bibliothèque de l’IUFM d’Auvergne et à celle de l’IUFM de Lyon

Contacter l'auteur :   dominique.berger@lyon.iufm.fr

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Dernière modification : le 1er août 2007