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Mon ouvrage :

Structure et mécanique de l’atome

Est paru aux Editions Bénévent

530 pages, 35€

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 Onde ou photon

 

  Le grand débat sur la nature du rayonnement électromagnétique est-il défi­nitivement clos depuis que Louis de Broglie a montré la dualité d'état onde-corpuscule de toutes les particules élémentaires. Le rayonnement électroma­gnétique est-il composé, comme le supposaient Newton puis Einstein, de grains de lumière que Lewis nomma les photons ou bien n'est-il fait que d'ondes selon l'hypothèse de Huygens, de Fresnel et de Young ?

  Le fait marquant qui a conduit Einstein à réintroduire l'idée primitive de Newton fut d'expliquer l'émission photoélectrique qui échappait à toute ten­tative de description par la théorie ondulatoire. Mais il était évident qu'une explication purement mécanique de tous les effets lumineux était insuffisante et de Broglie eu la géniale idée de faire la synthèse des deux théories appa­remment contradictoires.

  Cependant l'hypothèse des photons est, malgré les apparences actuelles, difficilement défendable quand on y regarde de plus près. Nous verrons au cours de ce chapitre qu'une explication purement ondulatoire est mieux adaptée à rendre compte de tous les phénomènes observés, y compris l'effet photoélectrique. Les difficultés qu'ont rencontré, dans cette voie, les initia­teurs des théories quantiques et ondulatoires reposent essentiellement sur une conception erronée de la nature du rayonnement électromagnétique. Nous aurons l'occasion de voir que les fronts d'onde ne sont pas de simples ondu­lations de l'espace comme semblent le croire nombre de physiciens, mais qu'ils sont constitués d'une substance réelle et pondérable. Cette différence d'avec les conceptions actuelles conduit à rendre compte d'une façon simple, et sans hypothèse ad hoc, d'un grand nombre de phénomènes, tant dans le domaine de l'optique géométrique comme nous le verrons ci-dessous qu'en Thermodynamique.

  Tout d’abord, il nous faut nous rendre compte que la théorie des photons est incompatible avec l’effet Doppler-Fizeau. En effet, cet effet, qui résulte de la variation de la distance apparente entre deux fronts d’onde successifs lorsque la source et l’observateur sont en mouvement relatif, est parfaitement et naturellement expliqué dans le cadre d’une théorie purement ondulatoire. Elle ne l’est que d’une façon tirée par les cheveux lorsque l’on invoque le changement de fréquence d’un photon qui a perdu de l’énergie. En effet, il ne s’agit pas, dans les thèses admises actuellement, d’une diminution de la fréquence, d’une diminution du nombre de photons d’un rayonnement mais bien de la perte de l’énergie de chaque photon lorsque la distance entre la source et l’observateur augmente. Nous reviendrons sur ce problème §-

 

  Avant d'en venir à l'exposé de la structure des fronts d'onde, examinons à nouveau une des difficultés que provoque le concept du photon.  Supposons un atome excité par un rayonnement extérieur de fréquence n. Supposons que cet atome soit seul, isolé de toutes parts, en suspension  dans le vide. Cet atome émettra un rayonnement de fréquence identique à la fréquence du rayonnement incident si cette fréquence est compatible avec les modes de pulsation de l'atome. Le rayonnement émis sera-t-il visible dans toutes les directions de l'espace ?

  On suppose, bien sûr, que la fréquence n se situe dans le domaine des ondes lumineuses. La question est donc de savoir si un observateur percevra, en un point quelconque de l'espace autour de l'atome émetteur, la totalité de l'émis­sion ou seulement quelques photons de-ci de-là au hasard de la direction que chaque photon voudra bien prendre au moment de l'émission.

  La réponse évidente devrait  être que le rayonnement serait visible à la même fréquence que celle de l'émission, sinon les atomes ne pourraient être identifiés par leur spectre d'émission ou d'absorption. Les fréquences obser­vées seraient quelconques et sur un grand nombre d'émissions simultanées provenant d'un grand nombre d'atomes émettant ensemble à la même fré­quence, un observateur, dans une direction quelconque percevrait un rayon­nement statistiquement uniforme sans raies caractéristiques. Il n'y aurait aucune raison pour qu'une fréquence de photons soit plus probable dans toutes les directions de l'espace simultanément. Car il est évident que la position de cet observateur est quelconque, nullement privilégiée, et qu'en se déplaçant au­tour des atomes émetteurs, il continuerait à observer les mêmes fréquences de rayonnement. Si, au lieu de l'observateur en mouvement, il y avait une infinité d'observateurs différents, chacun d'eux devrait percevoir également les mêmes fréquences. Ce qui nous amène à supposer que les photons émis à chaque émission partent dans toutes les directions de l'espace autour du point source sans privilégier aucune direction. Les photons se répartissent donc sur un front sphérique, les fronts d'onde de Fresnel et de Young. Chaque front d'onde sphérique serait séparé du front émis une période auparavant et du front émis une période après, d'une distance égale à la longueur d'onde. On remarque que l'hypothèse des photons n'est pas nécessaire, les fronts d'onde pouvant se concevoir comme n'étant pas composés d'éléments corpusculaires mais comme des membranes ou des pellicules, ce que nous justifierons ci-dessous.

  Si les fronts d'onde sont constitués de photons, ces photons doivent être en quantités finies et seront serrés les uns contre les autres sur les fronts voisins de l'atome émetteur puis au fur et à mesure où les fronts d'onde se propagent et s'éloignent du lieu d'émission, leurs surfaces s'agrandissent et les photons devraient se trouver de plus en plus éloignés les uns des autres. Ce qui ferait qu'à une certaine distance de l'atome émetteur, et selon la position d'observa­tion, on ne devrait plus pouvoir observer la fréquence d'émission et on se retrouverait dans le même cas de figure que celui évoqué ci-dessus. Le fait que la fréquence observée ne dépende pas de la distance entre l'émetteur et l'observateur, infirme à nouveau l'hypothèse de l'existence des photons au bénéfice de celui des fronts d'onde de structure continue sans singularités locales. Enfin, un petit calcul va nous permettre de mieux évaluer le bien-fondé des raisons qui nous poussent à douter de l'existence des photons.

 Supposons qu'à une certaine distance de l'atome émetteur, disons 5 mètres, chaque élément de surface l2 des fronts d'onde qui parviennent à un ou plusieurs observateurs contient au moins un photon d'énergie hn de façon que n'importe quel observateur, quelle que soit sa position, perçoive l'émis­sion à sa fréquence initiale. La sphère de rayon R à une surface  S = 4pR2  et devra recevoir n=S/l2  photons à chaque période d'émission. En une seconde l'atome émet n fronts d'onde, soit N=nn  photons d'énergie hn. Prenons un atome d'hydrogène émettant la raie caractéristique Ha à 656,3 nm. La puis­sance d'émission de cet atome sera  :

 

 P = Nhn = 4pR2 n4 h/c2 = 1011 Watts,

 

soit 100 millions de kilowatts ! Que le lecteur sceptique refasse ce calcul. Il pourra vérifier que s'il y a une erreur, elle ne peut résider que dans le concept du photon lui-même. Sinon quelle source prodigieuse d'énergie serait un simple atome d'hydrogène émettant une pâle lueur rouge.

 Remarquons que nous avons supposé qu'à la distance de 5 mètres, il n'arri­vait plus qu'un photon par aire égale à celle du carré de la longueur d'onde du rayonnement émis. Ce qui fait que seulement 1 atome de la surface réceptrice sur 10 millions environ se trouve éclairé, ce qui est la condition minimale imposée en mécanique quantique par l'incertitude sur la position du photon dans l'onde qui l'accompagne.

 Mais il n'est pas évident que l'émission d'un seul atome excité puisse être visible à cette distance de 5 mètres. Prenons donc une ampoule de 1 cm3 contenant 2,65 1019 molécules d'hydrogène à la pression atmosphérique et à 15° centigrades. Les spectroscopistes savent qu'un tel échantillon de gaz excité émettra suffisamment de photons pour être visible à cette distance de 5 mètres dans toutes les directions de l'espace autour de l'ampoule. Non seulement l'on observera la longueur d'onde de 656,3 nm, mais on observera également d'autres raies caractéristiques de l'hydrogène, de longueurs d'onde plus courtes et donc d'énergie plus grande que celle sur laquelle nous avons basé ce calcul.

 Appliquons la loi de Stéfan-Boltzmann après avoir calculé la surface S de cette ampoule, soit 4,8 cm2 et en l'assimilant à un corps noir de température T = 288 K. La puissance totale rayonnée sera :

 

 Pnoir =  S Cnoir     (avec Cnoir  =  5,65 10-8  W/m2 T4)

 

 La puissance de cette ampoule ne sera donc que de 0,187 W  sur l'ensemble du spectre, ce qui est très loin du résultat précédent, mais conforme à l'expé­rience.

 Pourtant, l'expérience confirme également que l'ampoule d'hydrogène excité sera visible dans toutes les directions de l'espace à la distance admise dans ce calcul, et bien au-delà encore, et que l'on observera toujours les fréquences d'émission quelles que soient la distance et la position de l'observateur. Cette expérience ne peut donc que confirmer notre premier calcul dans la mesure où l'on persiste à croire à l'existence des photons. Nous pouvons maintenant admettre que ce n'est pas un atome mais les 2,65 1019 molécules d'hydrogène que contient l'ampoule qui émettent toutes ensemble les N photons. Le pro­blème revient à expliquer comment une ampoule qui émet un rayonnement avec une puissance de quelques dixièmes de watt peut produire un effet de plus de 100 millions de kilowatts.

 La physique quantique, qui a pour règle d'or les principes de conservation de la masse et de l'énergie, a-t-elle une explication plausible ou pourra-t-elle démontrer quelque erreur dans le raisonnement qui précède ?

 Pourra-t-on invoquer qu'il n'y a pas de photon sur toute la surface de la sphère d'observation, qu'il n'y a qu'un seul photon par front d'onde sphérique et que c'est l'acte d'observer qui provoque la matérialisation du photon sur l’œil de l'observateur ou sur le dispositif d'observation ? Dans ce cas il faudra trouver une théorie qui tient compte de la présence d'un nombre quelconque d'observateurs faisant simultanément les mêmes mesures.

 Des hypothèses de ce genre ne sont pas étrangères aux démarches intellec­tuelles inspirées par les fondateurs de la mécanique quantique. Il serait sans intérêt de les exposer et d'en discuter ici. Ce qui est intéressant à retenir de l'esprit de ces spéculations, c'est qu'elles reconnaissent implicitement l'exis­tence effective du front d'onde et considèrent le photon comme une singula­rité locale de ce dernier.

  Remarquons cependant que si ce problème n’interroge plus personne, il a été évoqué par certains physiciens, et non des moindres, tel Planck :

 

« Une des questions dont l’élucidation apporterait, à mon avis, beau­coup de clarté à l’ensemble de la théorie est la suivante : que devient l’énergie d’un quantum quand l’émission est terminée ? Est-ce que l’énergie se propage ensuite dans toutes les directions, au sens de la théorie ondulatoire de Huygens en occupant un volume de plus en plus grand ? Ou bien est-ce qu’elle est projetée dans une seule direction comme le voudrait la théorie de l’émanation de Newton ? Dans le pre­mier cas, jamais un quantum ne serait plus en état de concentrer son énergie dans un espace suffisamment petit pour pouvoir détacher un électron de l’atome auquel il appartient. Dans le second cas, il faudrait sacrifier ce qui a le plus contribué au triomphe de la théorie de Max­well : la continuité entre le champ statique et le champ dynamique, continuité qui, seule, a permis d’expliquer les phénomènes d’interférences jusqu’à leurs moindres détails. Comme on le voit, cha­cune de ces deux alternatives entraîne des conséquences aussi peu sa­tisfaisante que possible pour le théoricien de la physique. »[1] 

 

   Ces questions, posées par le père du quantum lui-même, montre combien l’interprétation admise de la notion de quantum de lumière est peu satisfai­sante. S’il y a maintenant près de 60 ans que ces questions ont été formulées, il ne semble pas que la communauté scientifique s’en soit inquiétée. L’optimisme de Planck était-il fondé ? :

 

«  Mais, dans cette question comme dans toutes les autres, il n’est pas douteux que la science finira par trouver la solution et que l’on cessera d’être prisonnier d’un dilemme redoutable. Quand ce moment sera ar­rivé, ce qui ne nous paraît pas satisfaisant aujourd’hui sera regardé comme s’harmonisant d’une façon particulièrement heureuse à l’ensemble parce qu’on aura su trouver un point de vue plus élevé per­mettant de le mieux embrasser . En attendant que ce but soit atteint, le problème du quantum ne cessera de stimuler et de féconder la recherche scientifique. L’importance qu’il aura eue pour l’approfondissement de notre savoir en physique sera mesurée à la grandeur des difficultés qui auront dû  être surmontées pour arriver à la solution. »[2]

 

  La mécanique quantique actuelle n’a su trouver le point de vue plus élevé nécessaire pour dominer ce problème. Il est très probable que ce n’est pas faute de l’avoir tenté mais que, enfermés dans le cadre étroit de leurs postulats, les physiciens quantistes n’ont pu sortir du dilemme posé par Planck. 

  Il était donc nécessaire de chercher ailleurs, par une autre voie que celles définies par Bohr et ses disciples. Il faut remarquer que ce n’est pas la notion de quantum qui doit être remise en cause. C’est uniquement la forme de ce quantum. Doit-on le concevoir comme un corpuscule ponctuel ou comme quantité d’un quelque chose qui s’étale dans le temps et dans l’espace ?

  Comme on le verra dans ce qui suit, une réponse simple est possible[3].

 

  Vos commentaires m’intéressent. Que vous soyez ou non d’accord avec ces textes, faites le moi savoir. Je serais heureux d’en débattre avec vous. Vous pouvez me joindre : ebraw@wanadoo.fr

 

 

 

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[1] - Max PLANCK, Initiations à la physique, Flammarion, 1941, p. 84.

[2] - Ibid.

[3] -Structure et mécanique de l'atome