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Etre Chevalier au Moyen Age Le mot « chevalier » nous évoque des personnages comme Lancelot ou Arthur. Notre imaginaire est aussitôt transporté dans cette période fabuleuse qu’est le moyen âge, à travers lequel on voit surgir de fiers guerriers avec leur monture, brandissant lances et épées. Néanmoins, il faut parfois revenir à la réalité de cette époque pour comprendre qui était réellement ces preux cavaliers que l’imaginaire collectif à tendance à trop magnifier. Les bellatores : ceux qui combattent Depuis l’Antiquité existe, au sein de l’armée romaine, des soldats professionnels possédant un cheval : les equites. Issus de la noblesse, ces guerriers avaient pour rôle d’encadrer militairement les troupes de piétons. A la chute de l’empire romain au IVème siècle, l’Europe occidentale est submergée par les invasions barbares. Une des tribus les plus puissantes est celle des Francs, qui s’installe dans le Nord de la France et sur la rive Est du Rhin. Ces populations claniques fonctionnent selon le système de la féodalité.
Ainsi, cette nouvelle caste de guerriers intégra peu à peu l’ancienne noblesse, et elles s’assemblèrent pour former un nouvel ordre : la chevalerie. Mais cette classe aristocratique est assez restreinte à cause du caractère héréditaire des titres de noblesse, car seul un fils de chevalier peu devenir chevalier. Devenir un chevalier : un long apprentissage La formation du futur chevalier se fait des l’âge de 7 ans. Le jeune garçon noble quitte sa famille pour devenir page auprès de son nouveau seigneur. Le page est avant tout un serviteur auquel on enseigne les règles de la politesse, à servir à table, mais aussi à travailler à la forge et aux écuries. Les pages d’une même mesnie (le personnel d’un seigneur) vivent ensemble. Ils sont initiés à l’équitation et participent aux chasses, apprenant de ce fait à manier le javelot. Souvent, un clerc vient parfaire l’éducation des futurs chevaliers en leur enseignant le latin et parfois à lire et à écrire. Vers l’âge de 14 ans, étant considéré comme adulte, le page devient écuyer, c'est-à-dire « celui qui porte l’écu ». Désormais, le garçon est attaché au service d’un unique chevalier, qu’il suit sur les champs de bataille. Son rôle est de s’occuper des armes et du cheval de son maître. Néanmoins, il poursuit son éducation en apprenant les règles de la courtoisie tout en continuant son apprentissage militaire.
Le lendemain se déroule l’adoubement. Après une messe célébrant les vertus chevaleresques, le prêtre bénit l’épée du futur chevalier. Ensuite, le seigneur donne au jeune homme la paumée, c'est-à-dire un coup violent de la paume droite sur l’épaule ou la joue. Le futur chevalier ne doit ni vaciller, ni protester en signe de force et de maturité. Par la suite, la paumée sera remplacée par la colée, le seigneur plaçant alors le plat de l’épée sur l’épaule droite du bachelier. Enfin, celui-ci reçoit les éperons et son écu. La cérémonie se termine lorsque le chevalier à prêter serment de mettre ses armes au service de l’Eglise et des faibles. Le harnois : l’équipement du chevalier Les armes et les armures n’ont eu de cesse d’évoluer durant tout le Moyen Age. Au XIème, les chevaliers portent pour se protéger le corps un haubert, c'est-à-dire une cotte de mailles. Il est composé d’environ 30 000 anneaux et pèse de 10 à 14 kg. En dessous, le guerrier a enfilé un gambison, sorte de veste matelassée dont le rôle est d’amortir les chocs.
A partir du XIVème, on ajoute à l’armure initiale des pièces de métal articulées : les plates. Ce nouveau type d’équipement avait l’avantage de protéger tout le corps des cavaliers lors des assauts. Une armure pèse de 20 à 25 kg, mais le poids étant répartis sur l’ensemble du corps, un chevalier bien entraîné pouvait courir, se relever et monter sur son cheval sans aide. Cependant, l’armure présente des défauts. En effet, à l’intérieur il y fait très chaud, et selon les casques la visibilité est largement diminuée. De même, face à certaines armes comme les arbalètes ou les long bows (grand arc anglais), la protection de l’armure devient vulnérable. Les armes des chevaliers Les chevaliers possédaient plusieurs types d’armes : celles dites offensives, qui servaient à l’attaque, et les défensives, pour parer les coups adverses. L’arme représentant indéniablement la chevalerie est l’épée. Celle-ci est divisée en plusieurs parties : l’allumelle (la lame), les quillons (la garde), la fusée et le plommel (le pommeau). L’épée se range dans le feurre (le fourreau), suspendu au baudrier. On trouve différentes sortes d’épées : il y a celles d’estoc, assez courtes, qui servent à percer, et celles de tailles, qui permettent d’asséner des coups sur les côtés. De là, on parle aussi de brancs, qui sont les lourdes épées à deux mains, ou d’espadons, nom donné aux grandes épées de guerres.
Mais les chevaliers utilisaient aussi des armes d’hast, comme la lance. Il s’agit d’une hampe d’environ 3m 50 au bout de laquelle était emmanchée un fer en forme de losange. Cette arme était utilisée lors des charges et servait à désarçonner son adversaire. Pour se protéger de toutes ses armes offensives, le chevalier était muni d’un écu. C’est un bouclier fait de bois et de métal sur lequel on peignait ses armoiries. On se les fixe au bras par des courroies appelées énarmes, ou dans le dos par le biais de la guige. Les écus prennent eux aussi différentes formes en fonction de leur utilisation et sont alors nommés targes ou pavois. Le cheval : à la base de la chevalerie Le cheval est l’élément de base de la cavalerie. Lors d’une bataille, le rôle des chevaliers était d’écraser l’ennemi par le biais d’une charge violente, aussi le rôle du cheval de guerre prenait là toute son importance. Mais, les guerriers possédaient d’autres montures en fonction des tâches de la vie quotidienne. Ainsi, un chevalier aisé pouvait avoir jusqu’à 6 chevaux. Il y avait tout d’abord le destrier, utilisé lors des batailles et des tournois, qui était généralement un cheval de race au prix élevé. Puis, il y avait le palefroi, destiné à la parade et à la chasse. Le chevalier possédait aussi un roussin, pour les longs voyages, et un sommier qui portait tout l’équipement. L’écuyer chevauchait un coursier, petit cheval rapide et léger.
Le métier de chevalier : vivre par les armes Même si les chevaliers possèdent tous un fief pour assurer leurs revenus, leur activité première est le métier des armes. Les chevaliers se rendent ainsi dans l’ost royale, l’armée du roi, à la tête de leur lance (ensemble des piétons qui accompagnaient un chevalier) pour participer à des expéditions militaires. La guerre était quasi permanente, mais celle-ci prenait alors différents aspects : soit deux armées se livraient bataille sur un vaste terrain vague en alignant ses guerriers dans un ordre bien précis, soit on mettait le siège devant château ou une place forte, ce qui pouvait prendre des mois voire des années. Lors des périodes de trêve on organisait des fêtes d’armes, lors desquels se déroulaient des combats règlementés : les tournois ou les pas d’armes, qui avait lieu dans des champs clos, sous l’œil d’une foule nombreuse et friande de prouesse. A l’origine, les tournois voyaient deux équipes se donner l’assaut dans un simulacre de bataille : la mêlée.
Le siège d’un château fort Lors des guerres, les chevaliers et leurs armées avaient parfois à mener le siège d’un château, position stratégique par excellence. Avant d’attaquer, les assaillants proposaient au seigneur assiégé de se rendre, mais si celui-ci refusait, les hostilités débutaient.
Mais l’inconvénient des assauts est qu’ils coûtent cher en soldat, aussi on préférait attendre que les assiégés aient épuisé leur réserve en nourriture et se rendent d’eux même. Pour démoraliser les défenseurs on n’hésitait pas à envoyer comme projectile les têtes des prisonniers ou des cadavres d’animaux pour propager des épidémies. Les vertus chevaleresques et l’amour courtois
Au tournoi comme à la guerre, un chevalier devait se montrer courtois envers son adversaire. D’ailleurs, le chevalier obéissait à un véritable code d’honneur qui dictait sa conduite et reposait sur trois valeurs : la vaillance, la générosité et la loyauté. L’idéal chevaleresque à atteindre était le statut de preux auquel accédait certains guerriers comme Roland ou Godefroi de Bouillon, et que l’on considérait dès lors comme des héros.
Mais concrètement cet amour courtois, que l’on appelle aussi le fin’amor, reste avant tout littéraire car la réalité était tout autre. Les filles d’aristocrates étaient mariées dès l’âge de 15 ans, ces unions d’intérêt étant arrangées de longue date entre les familles puissantes. Même si la condition de la femme évolue au Moyen Age jusqu’à ce qu’elle soit considérée comme l’égal de l’homme, son rôle premier reste néanmoins de faire des enfants. Aussi, l’amour courtois représente plutôt une recherche de perfection morale de la part du chevalier qu’un réel courant de pensée. |
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