les ailes de
la réalité
Le Moulin, Marseille
20 janvier 99
Première Partie
Marseille, St Charles, 18h15...

La nuit est tombée, la lune dévoile le tiers d’un quart de la moitié d’un demi-croissant, une fiat rouge minuscule arrive. Jacques, costardé à l’extrême me fait signe d’entrer, ce que je fais dans la seconde bien que j’eusse préféré les sièges en cuir forcément plus confortables d’une BMW Z3 couleur prune décapotable. L’intérieur est aussi luxueux que celui de la cabine d’un Sherman M4 débarquant tout droit d’une plage normande un matin brumeux de l’année 1944. Heureusement, le char d’assaut dans lequel je me trouve possède un autoradio à défaut d’un canon 120 mm, ce qui est plus utile pour nous autre, aficionados de bonne musique et plus particulièrement de progressif un chouïa hard pour la circonstance. Eh bien, que diffuse-t-il cet autoradio ? Arena, Stratovarius, Angra, Vanden Plas ou Dream Theater ? Rien de tout cela, bien mieux, Pascal Obispo... D’accord, on repassera. A présent, il est grand temps pour nous de partir. Non pas que l’on fût en retard mais tout simplement parce que nous ne connaissions pas du tout l’emplacement du Moulin et encore moins le nom de sa rue. Seul renseignement, Le Moulin ne se trouve pas sur ma carte. Il est donc au préalable nécessaire de sortir de la carte avant de réellement se demander où se trouve cette salle de concert. Mais avant de sortir de la carte, nous devons sortir de cette maudite rue du 141ème RIA dont le A est aussi loin d’Angra que mon studio est proche de la fac, soit inversement proportionnel à la courbe exponentielle de la partie du calcul infinitésimal qui recherche la fonction F(x) dont la fonction f(x) est la dérivée. Tout s’explique.
On descend la rue, premier feu prit au rouge (il y en aura une dizaine au total). On continue en direction de la rue Belle de Mai (joli nom) au milieu de laquelle nous nous retrouvons bloqué dans un mini embouteillage. C’est étrange que je reste bloqué sur les routes chaque fois que je dois me rendre quelque part à une heure précise (« There’s a time to live, there’s a time to die but no one can escape the Destiny »). L’ensemble se débloque finalement après nous avoir fait perdre quelques précieuses minutes. A présent, il faut bifurquer à gauche pour suivre la rue du docteur Léon Perrin (un illustre inconnu) puis reprendre à droite pour suivre le boulevard Alexandre Fleming (le biologiste ?) pour finalement atteindre un gigantesque rond point. De l’autre côté de cet îlot directionnel, l’inconnu. Jamais personne n’a pensé à y aller, jamais personne n’en a fait une carte. C’est peut-être la fin du monde, des abysses sans fin, the point of know return. Aucun panneau d’indication ne mérite son nom, ils ne nous disent rien, c’est à croire qu’ils n’en savent pas plus que nous. Seule solution, demander sa route à un autochtone, un indigène, un concessionnaire auto qui vend peut-être des BMW Z3 couleur prune décapotable. Notre boîte à sucre rouge arrive étonnement à monter sur le trottoir sans perdre la moindre tôle malgré sa taille impressionnante (la taille du trottoir, pas celle des tôles). Et voilà Jacques qui sort en courant et se dirige vers notre dernier espoir. Celui ci, dégarni et ventru, montre approximativement du doigt Le Moulin qui devrait se trouver, d’après ce que je vois de loin (ayant été incapable d’ouvrir la portière pour sortir), derrière la grande route, derrière les immeubles, perdus sur les ailes d’une nuit plus sombre qu’un album de Roger Waters. Jacques revient à grands pas, ce n’est pas le moment de perdre du temps. Il me fait un léger résumé de la situation et à la suite d’un rapide brainstorming, nous en concluons qu’il n’est pas nécessaire de nous presser, Le Moulin étant particulièrement proche et facilement accessible depuis notre position actuelle. Le brainstorming ayant été absolument inutile et superflu dans le cas de figure que je viens de vous présenter. Jacques à l’instar d’un Michael Schumacher sortant des stands du grand prix de Montréal, se faufile au milieu de la circulation et se dirige prudemment vers la route qui nous conduira à Angra. On passe devant un club de gym nommé le California Gym (ça m’a marqué) avec une enseigne au néon minable et nous nous engageons dans une rue transversale, Victor Hugo, Arthur Rimbaud ou Emile Zola et nous continuons notre chemin, serein, le sourire au lèvre, la mine béate, écoutant les envolées guitaristiques de Mike Weikath et Roland Grapow dans l’incontournable Music d’Helloween. La carte de Jacques (qui va plus loin que la mienne) nous dit d’aller à gauche mais étrangement, la route à gauche est bloquée. Nous comptons prendre la suivante mais celle ci est en sens unique. Un sens unique qui n’est pas le nôtre. Le prochain feu rouge est le bienvenu, il nous faut analyser la situation. Solution la plus logique : Se garer, sortir et chercher à pied. Chercher quoi ? Me direz vous. Eh bien chercher des chevelus, des t-shirts de Sepultura, des hard-rockeurs, des vrais, des durs, ceux qui boivent de la bière en gueulant des insanités dont ils ne comprennent pas le sens. Nous faisons donc un tour gratuit (chose fort amusante) et Jacques, en grand professionnel, effectue un créneau avec brio, la taille relativement ridicule de sa voiture lui ayant rendu la tâche plus facile qu’elle ne l’aurait été au volant d’une BMW Z3 couleur prune décapotable.
Nous quittons tout objet qui pourrait éventuellement intéresser un voleur potentiel et nous prenons en chasse un individu aux cheveux longs avec de drôles d’objets métalliques incrustés dans sa sale gueu... Euh, dans son doux visage. Résultat de cette filature, le Moulin était cinquante mètres plus loin et nous étions passé devant sans le voir. Quelques hard-rockeurs, des vrais de vrais s’agglutinent déjà devant l’entrée, attendant probablement l’ouverture depuis trois heures de l’après-midi. Jacques, la chemise soyeuse et le regard décidé me propose de se siffler un petit verre, chose que je ne refuse pas. Un demi chacun et par conséquent un entier à nous deux et nous pouvons aller nous ranger gentiment au milieu de la meute des tatoués. Là, l’individu lambda cité un peu plus haut dit une chose absolument sensée, ce qui est étonnant venant de quelqu’un qui porte sur ses sourcils des objets qui sont habituellement attachés aux oreilles. Il dit qu’Angra, c’est trop extrême pour le public de base et trop commercial pour le public extrême. Encore une fois, tout s’explique.
Derrière nous, d’autres lookés sont arrivés. Des chauves avec des barbes, des chevelus sans barbe, des non chevelus avec rien et même des gens que l’ont pourrait croiser dans la rue sans avoir peur. Malgré une température avoisinant les 10 ou au mieux, les 15, la plupart des hardos portent des t-shirt Dream Theater, Iron Maiden avec des slogans du style « Angra pour toujours », « Stratovarius, je t’aime », « Hard-rockeur jusqu’à la mort » mais aussi « Je beugle et j’en suis fier » ou « Je suis laid, et alors ? ». Un crâne rasé ventripotent à la barbe naissante dit à son ami hard-rockeur que si tu as entendu Angra une fois dans ta vie, tu es obligé d’aller au concert. Je cherche Stéphane autour de moi mais rien à faire, il n’est pas là. Le chauve avait tort. Jacques y va aussi de sa remarque personnelle (il fallait bien faire passer le temps d’une façon où d’une autre) en me disant fort justement d’ailleurs qu’il n’y a pas de blonds. C’est vrai. Le heavy-métal est une musique de bruns, de créatures de la nuit. Il ajoute même qu’il y une belle lune ce soir, je confirme. Au-dessus d’un vieux grillage rouillé, elle dévoile le tiers d’un quart de la moitié d’un demi-croissant. C’est à ce moment précis que je m’interroge sur le logo du Moulin qui représente un indien. Jacques me répond que c’était peut-être Le Moulin de Géronimo... Passons.
Les grilles s’ouvrent, la meute est lâchée. On commence à avancer, on monte. L’écoulement se fait difficilement, le passage ne faisant qu’un mètre de largeur alors que les chevelus s’étendent sur dix bons mètres. On finit tout de même par arriver au sommet. Un gros gars costaud regarde si on ne porte pas un fusil sur nous et nous laisse entrer. A l’intérieur, on peut acheter des chemises Angra à 220 francs ou encore des t-shirts Stratovarius Destiny Tour 98-99 à un prix tout aussi exorbitant. Rien de bien intéressant, tout est trop cher. Un petit tour aux toilettes sans doute décorées par une bande de rapeurs fous avant de se hâter vers la salle pour ne pas être trop loin. Sur la scène (minuscule), le décor de Stratovarius est déjà monté. Au fond, le logo du groupe et au milieu de la scène (minuscule), la pochette de Destiny sur deux étoffes sans doute en soie, brodée à la main. Les lumières s’éteignent, le concert peu commencer.

Deuxième partie :
Marseille, Le Moulin, 20h00...

L’intro de Destiny résonne dans la salle. Au premier accord de guitare, les membres de Stratovarius surgissent de derrière leurs étoffes. Une entrée en matière pas vraiment terrible en définitive. Ils enchaînent ensuite les morceaux, s’arrêtant parfois pour nous dire des choses sans doute inintéressantes mais que nous ne comprenons pas de toute façon. Ce n’est pas grave, on applaudit quand même. La dizaine de morceaux est expédiée en tout juste une heure. Le groupe a surtout joué ses compositions les plus rapides hormis la seconde partie de Destiny dans le plus pur style Stratovarius avec envolées de guitare, une guimauve de Episode à la sèche et même si Timo Kotipelto nous a dit que 4000 Rainy Nights était une ballade, je n’en crois pas un mot.
Une bonne prestation en définitive avec des musiciens démoniaques. Seul Jari Kainulainen est resté un peu en retrait, sa basse n’étant pas vraiment audible au milieu de cette bouillie sonore. La sono quasi déplorable ne l’a pas aidé. De leur côté, Timo Tolkki (photo), Jorg Michael et Jens Johansson ont prouvé qu’il était nécessaire d’avoir une concentration extrêmement poussée pour pouvoir distinguer leurs mains qui vont à une vitesse fulgurante (Surtout en ce qui concerne le premier). Quant à Timo Kotipelto, il a fait son boulot de leader/chanteur même si on aurait préféré un peu plus de spectacle.
Un petit reproche en ce qui concerne les morceaux joués. On aurait préféré une meilleure alternance rapide/lent et surtout, j’aurai aimé entendre Coming Home ou Before The Winter. Mais une première partie n’est pas un concert donc...
Finissons par quelques étrangetés de cette première partie. Tout d’abord, Timo Kotipelto qui se met à genoux pour prendre un spectateur en photo avec son appareil. Plus tard dans le concert, il lancera ses chaussures sur le public. Jorg Michael dans sa fosse, lance ses baguettes au-dessus de lui et, incapable de les rattraper, il en prend d’autres. Original.
Pour finir, au moment de saluer, Jorg Michael jette l’eau de sa bouteille sur le public puis balance la bouteille elle-même qui tombe - je vous le donne en mille - sur Jacques.

Set List de Stratovarius :

1. Destiny (Destiny)
2. No Turning Back (Destiny)
3. Paradise (Vision)
4. 4000 Rainy Nights (Destiny)
5. Speed Of Light (Episode)
6. The Kiss Of Judas (Vision)
     7. Will The Sun Rise ? (Episode)
8. Forever (Episode)
9. SOS  (Destiny)
10. Black Diamond (Vision)
11. Father Time (Episode)

Troisième partie
Marseille, Le Moulin, 21h00...

La foule en délire commence à fatiguer. La salle se vide rapidement. La plupart s’assoient n’importe où, le reste va se soulager chez les rapeurs et les dingues du premier rang ne veulent pas lâcher leur place. Jacques s’assoit sur les marches d’un minuscule escalier, l’ouragan Stratovarius l’a littéralement balayé... Et mouillé. Nous décidons d’aller visiter pour la dernière fois les toilettes du Moulin à l’intérieur desquelles mes sifflements de l’intro de Lisbon sont continués par une tierce personne dont j’ignore l’identité. Un petit quart d’heure plus tard, retour dans la salle. Le logo géant d’Angra a remplacé celui (qui était plus grand car plus long) de Stratovarius. Quelques gonzes aux cheveux longs s’affairent sur la scène pour régler guitares, batterie, basse, micro et claviers. Jacques et moi essayons de nous faufiler entre les Angraiens (ne pas confondre avec les acariens) pour retrouver nos places respectives. Il faut trouver l’endroit idéal, pas trop loin pour voir suffisamment la scène mais pas trop près pour ne pas être pris dans les vagues démentielles crées par les malades du premier rang. Cette remarque fait d’ailleurs rire une nymphette étrangement aux cheveux courts (et rouges), je ne comprends pas, ce n’était pas drôle. Les fans d’Angra sont bon public les soirs de concert. On s’installe finalement plus ou moins à la même place. Jacques m’annonce qu’il commence à fatiguer sérieusement, plus que 2h30 à tenir. Le temps passe et les accordeurs anonymes ne semblent pas décidés à partir. Le hard-rockeur n’étant pas patient, quelques insultes fusent dans la salle mais rien de bien méchant. Le hard-rockeur est impatient mais pas méchant. Il gueule beaucoup, c’est tout. Ou devrais-je plutôt dire qu’il beugle, le beuglement étant le plus connu des cris de ralliement de la communauté hard-rockeuse. Apparemment, un portugais à la moumoute disproportionnée n’arrive pas à obtenir un son de batterie satisfaisant, le problème est là. Cinq minutes passent encore et les premières notes d’une musique sortent des baffles. Angra ? Non, AC/DC. For Those About To Rock, le public scande « We Salute You ! » Yes we do. Le son baisse, la scène s’éteint, les choses sérieuses peuvent commencer.

Quatrième partie
Marseille, Le Moulin, 21h20...

En guise d’introduction, nous avons bizarrement le droit au thème du film Armageddon de Trevor Rabin. Le passage à la sèche a très bien rendu quant à la montée avant le solo de guitare, c’était tubesque. Mais voilà que les tresses de Ricardo Confessori sortent de l’ombre, Leck Filho est déjà penché sur sa machine, c’est l’intro de Wings Of Reality. Les projecteurs se rallument, c’est l’entrée des autres membres du groupe, André Matos en tête.
Plus de deux heures de concert, en voilà du bon boulot. Treize morceaux joués, les plus classiques. Pas forcément les meilleurs (pas l’ombre d’un Deep Blue, ni d’un Holy Land) mais sûrement ceux qui passent le mieux dans un live. Un concert mis en scène par un André Matos superstar qui fait durer les breaks indéfiniment en rejoignant lentement son piano. Charismatique le gars, il sait soulever les foules. Comme il s’exprime dans un français parfois approximatif mais toujours compréhensible, c’est encore plus simple pour lui qui s’amuse comme un gamin sur la scène. Sans oublier Ricardo Confessori qui triture sa batterie en maniant ses baguettes à une vitesse folle et qui frappe sur une sorte de tube étrange dans Carolina IV (chacun tentant d’apercevoir (en vain) sur quoi il tape). Kiko Loureiro, guitariste virtuose accompagné d’un Rafael Bittencourt qui n’a rien à lui envier. Luis Mariutti, le gros bébé barbu et timide avec sa basse au son très gras que l’on entend très bien lorsqu’on fait réellement attention. Reste Leck Filho, le claviériste invité pour les concerts, qui a parfois réussit le pari impossible de nous faire oublier l’orchestre symphonique en appuyant sur une petite touche de son synthé.
Que me reste-t-il à dire ?
Une excellente prestance sur scène, notamment pour André Matos (photo) qui est le chanteur le plus sympathique dans le monde sans pitié du heavy-métal. Il fait sans cesse participer le public en souriant dans toutes les circonstances. Le tout facilité par des morceaux qui semblent avoir été composés pour la circonstance comme Nothing To Say, Carolina IV ou même Lisbon.
Passons aux détails marquant du concert.
André Matos signant des autographes au premier rang pendant les solos. Mais aussi l’arrêt inattendu de la lumière au milieu de Paradise durant lequel André est revenu sur scène faire un petit show avec sa lampe torche (qu’il sortira à nouveau par la suite).
Kiko Loureiro, éclatant de rire chaque fois qu’un déjanté, porté à bout de bras par la foule se crasher lamentablement sur le devant de la scène.
Luis Mariutti qui est resté collé à ses baffles durant la totalité du concert, ne sortant de sa tanière qu’à la fin.
Ricardo Confessori faisant tourner ses baguettes chaque fois qu’elles revenaient des cymbales (impossible à faire).
Pour finir, Leck Filho qui montre du doigt une quinzaine de personne de telle façon que chacune d’entre elle soit persuadée que c’est à elle qu’il fait signe. Je ne pensais pas qu’on pouvait faire une chose pareille et encore moins qu’on pouvait écrire trois fois le mot « elle » dans une même phrase.

Set List d’Angra :

 1. Intro :
  AC/DC – For Those About To Rock
  Trevor Rabin – Theme From Armageddon
2. Wings Of Reality (Fireworks)
3. Lisbon (Fireworks)
4. Nothing To Say (Holy Land)
5. Angels Cry (Angels Cry)
6. Make Believe (Holy Land)
7. Carolina IV (Holy Land) 1ère partie
8. Silence And Distance (Holy Land)
  + Solo de batterie : Ricardo Confessori
  + Solo de basse : Luis Mariutti
9. Paradise (Fireworks)
10. Carolina IV (Holy Land) 2ème partie
11. Stand Away (Angels Cry)
+ Solo de guitare : Kiko Loureiro
+ Solos : K. Loureiro & R. Bittencourt
12. Metal Icarus (Fireworks)
13. Petrified Eyes (Fireworks)
Rappel :
14. Unfinished Allegro (Angels Cry)
15. Carry On (Angels Cry)
16. Fireworks (Fireworks)
   + Solo de piano : André Matos

Cinquième partie
Marseille, Le Moulin, 23h30...

Nous sortons du Moulin, plus ou moins sourds, plus ou moins aphones et plus ou moins frigorifiés. Nous retrouvons notre fiat rouge où nous l’avions laissé et tout en chantonnant Fireworks, Jacques démarre. Sans que l’on ne sache pourquoi, nous avons mis le 1/3 du temps de l’aller pour effectuer le retour. Tant mieux, je vais pouvoir prendre des notes si jamais il me venait à l’esprit de rédiger le résumé de ce concert.

© Mathieu
23.01.99

Petit détail comique. Nous n’avions pas l’adresse du Moulin et pourtant, elle est écrite sur le ticket. Avouez que c’est drôle, non ?