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Histoires de plaques à Toulon

  « Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur des hommes. »

Albert Camus

De juin 1995 à mars 2001, Toulon a été "gouverné" par une municipalité d'extrême droite. Le 21 décembre 2000, le conseil municipal a attribué le nom de "général Raoul Salan" au carrefour Sainte Anne/Faron. A cette occasion, le maire, Jean-Marie Le Chevallier, devait déclarer:

« Nous ne recherchons pas à refaire la guerre d'Algérie, pas du tout, nous ne cherchons pas du tout à vouloir insulter les populations d'origine algérienne qui sont ici sur le territoire toulonnais et qui se comportent d'une façon normale, civilisée. »

 

 

Rappelons que, le 16 mai 1962, lors de son procès, Raoul Salan, général putschiste à Alger en 1961, a lu une longue déclaration qui commençait par ces mots :

« Je suis le chef de l'OAS. Ma responsabilité est donc entière. »

 

 

 

 

 

 Le carrefour Salan a été inauguré le 3 mars 2001, une semaine avant les élections municipales.

Ces élections devaient voir l'échec de la municipalité sortante d'extrême droite et l'élection de Hubert Falco comme nouveau maire de Toulon.

 

 

 

 

 « Toulon s'honorait déjà d'être la seule ville de France à avoir, depuis 1980, un monument "à la mémoire des martyrs de l'Algérie française". Ce monument, à l'effigie de Roger Degueldre - lieutenant du premier régiment étranger de parachutistes, créateur des commandos Delta de l'OAS, condamné à mort et fusillé en 1962 -, avait été endommagé par une explosion, une semaine avant son inauguration. Une plaque y glorifie "ceux qui voulaient conserver un empire à la France". Le 25 mars, au lendemain de son élection et pour sa première sortie officielle, Hubert Falco s'était recueilli devant ce monument avant de déposer une gerbe à la mémoire des victimes de la fusillade du 26 mars 1962, rue d'Isly, à Alger. »

[ Le Monde, le 23 octobre 2001 ]

 

 

 En réponse à un courrier que nous lui avions adressé le 23 décembre 2000, Hubert Falco, alors candidat à la mairie de Toulon, nous avait répondu le 4 janvier 2001 :

" L'attribution du nom de "Raoul Salan" à un carrefour toulonnais a déclenché dans la population une vive polémique et je souhaite, pour retrouver la concorde, que cette dénomination fasse l'objet d'une décision collégiale du futur conseil municipal."

 

 

Depuis lors, le conseil municipal de Toulon a eu à débattre d'un problème de plaque : le 19 juillet 2002, Hubert Falco, maire de Toulon, a proposé au conseil municipal la pose d'une plaque sur l'immeuble où est né Gilbert Bécaud, au 1 rue d'Antrechaus ; cette plaque a été inaugurée le 16 décembre 2002, à l'occasion du premier anniversaire de la mort du chanteur. 

 

Cela fait maintenant jours que les Toulonnais attendent la disparition de cette plaque :

" La persistance d'une telle plaque est un outrage aux traditions françaises les plus généreuses et un affront fait au peuple algérien. "

Alain Ruscio - historien

Une précision : Raoul Salan a effectivement participé à la libération de Toulon en août 1944 - il était colonel, sous les ordres du Général de Lattre de Tassigny.