FISH

Interviewé par Poet's
News
(Poet's News / numéro 2 / Juin
1996 / Interview téléphonique du 06/06/1996)
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Writing the f***ing album... |
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Le 6 juin, l’équipe de Poet’s News, était réunie autour du téléphone. Et pour cause nous avions rendez-vous avec le Poisson à 12h30, heure écossaise (13h30 pour nous). Bip, bip, c’est Shona, sa charmante assistante qui décroche, elle nous indique que Fish prend sa tasse de café et vient discuter avec nous. L’entretien est détendu et souriant, les souvenirs de la Bosnie sont encore chauds, mais un seul thème occupe aujourd’hui l’esprit du Poisson : l’écriture de Sunsets On Empire, son nouvel album (comptez le nombre de fois ou Fish évoque cela ! Et encore nous en avons peut-être enlevé deux ou trois !). Allez, c’est parti !
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La Bosnie : « C’était une tournée formidable ». |
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Poet’s
News : Bonjour,
comment vas-tu ?
Fish
: Salut ! Pas mal,
mais je suis un peu fatigué parce que en ce moment je suis en
train d’écrire.
La Bosnie était vraiment usante, avec 11 concerts en 12 jours.
Et on a même fait un concert au sommet d’une montagne qui
s’appelle le mont Brijeg, située à 2.000 mètres
d’altitude. C’est à cet endroit qu’ont eu lieu les
épreuves des Jeux Olympiques de Sarajevo en 1980. Incroyable !
Il y avait des hélicoptères, des tanks, ... Ah oui,
c’était amusant ! Au cours de l’avant dernier concert, les
musulmans du coin ont décidé de faire une blague en
tirant 30 salves de balles traçantes au-dessus de la
scène... Ah c’était cool !
Oui c’était vraiment super. Un truc qui peut vous
intéresser : au concert de Brijeg il y avait un tas de
légionnaires français, nous avons même fait une
interview pour la radio de la légion française. Il y
avait, bien sûr, beaucoup de militaires dans l’assistance. Pour
les 11 concerts, nous avons totalisé un public d’à peu
près 7.000 personnes.
C’était intéressant de faire cela. Nous avons
rencontré des soldats malais, des Ghurkas (un régiment
de l’armée britannique d’origine indienne), des
américains, mais l’assistance était majoritairement
britannique. C’était formidable ! Au niveau de ma
carrière, je pense que c’était bien de jouer devant une
assistance plutôt « captive », qui n’a pas vu de
concert depuis longtemps. Ils sont en Bosnie depuis au moins six
mois. L’accueil que l’on nous a accordé était
incroyable... trois rappels ! On avait un très bon contact
avec un public cool, des gens qui ne seraient pas venu autrement
à un de mes concerts. Sans cette opportunité, je
n’aurais jamais eu l’occasion de jouer devant eux. Et ils
étaient vraiment impressionnés par ce que l’on faisait
sur scène.
P.N. : Nous supposons que la plupart des gens
ne te connaissaient pas du tout ?
F : C’était du 50/50, mais à
la fin du tour, c’était sans doute du 100%. Mais je peux vous
dire que l’on a fait éclater des endroits. On jouait dans des
garages, des gymnases, des hangars d’avions. On a fait aussi deux
concerts en plein air. Un à Sarajevo et l’autre à
Sanski Most (?), là ou il y a eu un massacre.
Franky
et moi, on
déconnait un jour avec quelques pilotes britanniques. On a
essayé de les convaincre de nous faire faire un petit tour en
hélicoptère... (il réfléchit) maintenant
que je suis rentré, j’ennuie les gens avec mes histoires sur
la Bosnie et la Croatie. J’attends avec impatience le
développement des diapos et les fanzines vont recevoir de
nombreuses photos de blindés avec les membres du groupe tout
autour.
C’était une tournée formidable !
P.N. : Quelle était la set-list de cette
tournée ?
F : C’était le concert acoustique.
C’était trop compliqué, avec tout le matériel
qu’il nous aurait fallu, de faire le concert électrique et en
plus, le courant n’était pas du tout sûr. Nous avons
donc fait le concert acoustique avec : Somebody Special, Lady Let
It Lie, Out Of My Life, Kayleigh, The
Company, Sugar Mice, Internal
Exile, Lucky, Lavender,
Roadhouse
Blues et Jeepster.
P.N. : La réaction a été
bonne ? Les gens ont-ils aimé ?
F : C’était formidable, impeccable !
Mieux qu’en Grande Bretagne ! J’ai beaucoup de respect pour
l’armée, pour ce qu’ils font là-bas. C’était le
genre d’assistance que l’on avait à l’époque de
Marillion, et que j’ai perdu quand le groupe s’est
divisé, pour cela je crois que c’est très bon pour ma
carrière, ça va ressusciter ma popularité en
Grande Bretagne qui a diminué de façon dramatique. Je
crois que même les légionnaires français ont
été assez impressionnés pour... en fait je crois
que l’on va jouer plus souvent à Toulon et Toulouse !
(Rires)
P.N. : Dans quel état d’esprit es-tu
allé là-bas ? Tu avais peur ? Qu’est-ce que tu
attendais ?
F
: J’étais
nerveux, nous partions dans l’inconnu. Nous ne savions pas grand
chose. La première nuit que nous avons passé
là-bas, on jouait devant des mecs en uniformes avec les
gradés aux premiers rangs. Cette première nuit, j’ai
dansé avec un général croate sur
Internal
Exile. On passait dans
l’assistance, pour se balader un peu. Ils se comportaient très
bien la plupart du temps, mais en fin de compte ce sont des soldats
et si tu leur dis de frapper dans les mains, de s’amuser un peu, ils
le feront. Mais en tant que mecs, ils sont un peu gênés
en pensant que le gars d’à côté va se moquer
d’eux. Donc les premiers concerts étaient un peu
coincés. Mais une fois que nous nous en sommes rendu compte,
c’était beaucoup mieux, tout le monde était debout
à danser le boogie. Les mecs du C.S.E. (organisme de
divertissement de l’armée), ceux qui organisaient ces
spectacles, nous ont dit qu’ils n’ont jamais vu une réaction
comme celle-là, depuis 50 ans que le C.S.E. organise des
festivités.
P.N. : Et ça a dû te faire du bien
autant qu’à eux.
F : Oh mais oui, oui ! On s’est vraiment
amusé. On s’est dit qu’après cela toutes les
tournées vont être ennuyeuses. On te réveille le
matin pour te dire : « ça te dit de faire un petit tour en
hélicoptère ? » C’est comme dans le film Good Morning Vietnam. Nous avons dormi dans des tentes, sur des
lits superposés, à côté des pistes
d’atterrissage des hélicoptères avec les chars qui
passaient. Tout ce remue-ménage militaire autour de nous, ...
Pendant la journée on nous faisait visiter un peu
l’équipement, les chars, on te faisait faire des petits tours
en char, jouer avec des détecteurs antimines que l’on place
sur les chenilles, les trucs comme ça. Il y avait de quoi
s’occuper tout le temps, ce n’est pas comme rester assis dans un
hôtel. Et quand on t’amène dans les concerts en
hélicoptère, tu te sens vraiment comme le membre d’un
très grand groupe.
P.N. : C’était vraiment quelque chose
que tu voulais faire ?
F : Oui, j’ai toujours eu la théorie
que s’il y a un concert à faire, il faut y aller. Et plus
c’est intéressant, plus c’est différent, mieux
c’est.
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Pendant les concerts en Amérique du Sud « nous avons eu une réaction incroyable ». |
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P.N. : Comment s’est passé la
tournée en Amérique du Sud ?
F : C’était formidable aussi. Deux
nuits sold-out au Chili, devant à peu près 3.000
personnes. En Argentine, la même chose, 1.800 personnes la
première nuit, 1.700 la deuxième. Au Brésil nous
avons fait un sold-out la première nuit à Curtiba. A
Rio ce n’était pas sold-out parce que les tickets
coûtaient 60$ US, c’est-à-dire à peu près
30£ (ndlr entre 250 et 300 Francs). C’est leur façon de
procéder au Brésil. Pour payer cette première
tournée il fallait mettre des prix très chers pour les
tickets, et nous n’avons appris cela qu’au milieu de la
tournée.
P.N. : Par Internet, nous avons eu des
commentaires très favorables sur cette tournée, de gens
du Brésil, Chili, Argentine qui ont beaucoup aimé les
concerts. Même le soir d’un match de foot...
F
: Au Chili... Oui
c’était con de notre part.
P.N. : Un correspondant nous a dit qu’il
trouvait incroyable qu’il y ait autant de monde à ton concert,
parce que le football là-bas c’est une véritable
religion.
F : Oui, c’était très bien.
D’ailleurs, nous y retournerons au mois de mars 1997, après la
sortie de l’album. Nous irons en Argentine, au Chili, au
Brésil et dans d’autres pays d’Amérique du Sud. C’est
très positif, c’est un nouveau territoire pour nous, et notre
notoriété y est en pleine croissance. Il y a donc
beaucoup d’opportunités pour nous. Il y a deux maisons de
disques importantes qui nous offrent des contrats.
P.N. : C’est signé ou tu discutes
toujours ?
F
: On discute
toujours, et je ne peux donc pas vous en parler trop à
présent. Le problème avec la société aux
Etats-Unis (ndlr Renaissance Records), c’est que c’est une maison de
disques très jeune encore, et ils ont signé un contrat
avec des investisseurs qui devraient donner beaucoup d’argent, et en
fait ils hésitent. Cela a créé des
problèmes là-bas, et maintenant nous devons
réexaminer nos options en Amérique, ce qui fait
vraiment ch*** en ce moment. Mais parce qu’on nous offre un contrat
important en Amérique du Sud, il existe une toute petite
possibilité pour que nous nous liions à l’une des
maisons de disques importantes aux Etats-Unis aussi. De plus, je
pense sérieusement signer un contrat avec une grande
société en Europe.
P.N. : c’est pour cela que tu veux garder un bon
contact en Amérique du Sud ?
F : C’est l’une des raisons. Pour être
tout à fait franc, je trouve que l’un des plus grands
problèmes est lié à ces grandes
sociétés internationales qui dictent les règles.
Pour réussir avec un single, il faut avoir quelqu’un
possédant beaucoup d’influence, beaucoup d’argent et nous,
nous ne l’avons pas. Pourtant, je trouve qu’avec cet album, le
matériel qu’il y a dedans est très fort, il faut lui
accorder les meilleures chances de réussir, ça vaut la
peine de se lier avec une grande société de
distribution. Je suis arrivé au point où, après
les shows en Bosnie et m’étant tellement amusé
là-bas, que ça m'a fait rappeler à quel point
j’aimais être un « performer », un artiste de
scène et je veux, en fait, mettre l’accent sur ce
côté « performer ». Ca fait deux ans que le
dernier album est sorti et je veux me libérer un peu du
côté business pour revenir à mes origines de
chanteur. Bien que l’on gagne beaucoup plus en étant
indépendant, ça demande beaucoup de travail, tu as
rarement du temps libre. Je crois que ce serait mieux de payer
quelqu’un pour faire tout cela. Gagner moins d’argent, mais pouvoir
créer plus de choses.
P.N. : C’est un cercle vicieux.
F : Oui c’est ça. Après tout
ce que j’ai fait dans les trois dernières années, si
jamais j’ai l’occasion de signer avec une major, même si ce
n’est que pour un seul album, si tout tourne mal je peux tout de
suite redevenir indépendant. De toute façon je ferai
tout pour garder l’identité de mon label, parce que j’ai
dû beaucoup travailler pour le créer.
Ce serait une question de distribution et de promotion plutôt
que d’être un artiste tout court qui signe un contrat. On
recherche donc des possibilités à présent.
P.N. : Il nous semble que c’est quelque chose
qui te tient vraiment à coeur...
F : Il y a beaucoup d’ouvertures en ce
moment, on regarde toutes les possibilités. Pendant les trois
derniers mois, on s’est trouvé dans une situation un peu
bloquée, nous nous sommes sentis frustrés, dans
l’impasse, comme si nous nous battions dans une grosse flaque de
boue. Alors qu’aujourd’hui, on a le sentiment qu’il y a une grande
lumière au bout du tunnel, après la tournée en
Bosnie, après avoir joué devant un public international
et les concerts en Amérique du Sud où nous avons
joué devant une assistance complètement
différente, et où nous avons eu une réaction
incroyable. Ca m’a fait prendre conscience de mon identité en
tant qu’artiste et je dois développer beaucoup plus ce
côté de moi-même et pousser le côté
business à l’arrière plan.
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Concerts, festivals, convention écossaise et black-out sur Sunsets... ou presque. |
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P.N. : Tu avais le sentiment d’être
à un tournant majeur de ta carrière ? Tu sembles avoir
plus confiance en toi ?
F : Comme je vous l’ai dit ma
priorité des priorités c’est de faire marcher cet
album...
P.N. : Tu veux dire Sunsets
?
F : Oui.
P.N. : Et alors comment ça va ?
F : Ca va bien, à part faire des
interviews avec des français pendant mon boulot (rires). C’est
encore ce côté business, ... ce n’est pas exactement ce
que je veux dire. Mais, quand je reçois des appels d’un
représentant d’un festival belge quand je suis en plein milieu
de l’écriture d’une chanson, ... Il faut que j’essaye
d’éviter tout cela, que je passe les responsabilités
à d’autres personnes. On commence l’album maintenant, donc il
est trop tôt pour vous dire comment ça marche.
P.N. : Quels sont tes projets de scènes
avant la sortie de l’album, par exemple avec le S.A.S.
Band ?
F : Je compte faire un concert avec eux
à Ulm et probablement un à Jérusalem le 9
juillet. Mais avec le nouveau premier ministre, et la situation qui
n’est pas encore stable, je ne sais pas si ça va se faire.
P.N. : C’est donc le seul ?
F : Mais j’essaye de les limiter au minimum
parce que le plus important maintenant c’est ce p*** d’album.
P.N. : Mais il faut le faire...
F : Mais oui c’est ce que je fais, je me
concentre sur cet album, je ne fais rien d’autre en ce moment...
P.N. : Nous avons entendu parler d’une
convention belgo-française, est-ce toujours d’actualité
?
F : Non, la seule convention de
prévue, c’est celle du 25 août à Haddington, et
c’est la seule.
P.N. : A propos de cette convention
écossaise, quel est le programme ?
F
: Je n’en sais rien,
je vous dis que je me concentre sur mon album...
P.N. : Nous savons qu’il y a un concert le
dimanche soir...
F : Oui..., il y a un concert le soir...
pendant la journée il y aura probablement des choses...
peut-être un petit show acoustique, j’espère que l’on va
pouvoir passer l’album, Tam White jouera peut-être le soir, plus
T42
qui feront peut-être un petit concert parce qu’ils enregistrent
le lendemain dans le studio, à part cela je n’ai pas plus de
détails. Mais il y aura beaucoup de choses dans
l’après-midi, les diapos de Bosnie.
Mais c’est trop loin ça, j’essaye de me concentrer sur les
paroles de Sunsets,
pas sur une p*** de convention qui aura lieu dans trois mois...
P.N. : Peux-tu décrire l’ambiance
générale de l’enregistrement ?
F : J’écris en ce moment, les autres
ne sont pas ici, en ce moment je travaille juste avec
Steve
Wilson.
P.N. : Ah oui, tu travailles avec
Steve
Wilson de
Porcupine
Tree, comment l’as-tu
rencontré ?
F : Il n’a été
recommandé par un copain qui travaille pour Hit & Run
Publishing, c’était à l’époque ma maison de
publication. Il m’a fait écouter sa musique, je l’ai
aimé et je l’ai rencontré à Londres. On s’est
très bien entendu ensemble, il est monté jusqu’à
chez moi et nous avons écrit 5 chansons en 4 jours.
Jusqu’à maintenant tout s’est très bien passé.
Maintenant nous cherchons un peu de temps, un peu de calme pour
écrire.
P.N. : Le travail ensemble marche bien ?
F
: Super bien, mais
nous venons de commencer et je ne vais donc plus rien vous raconter
sur cela.
P.N. : Tu peux malgré tout nous en dire
un peu plus long sur le titre ?
F
: Non, je vous en
supplie, pas maintenant ! Avec le plus grand respect que je vous
dois, je ne suis pas dans un état d’esprit pour faire une
interview sérieuse sur Sunsets en ce moment, c’est beaucoup trop tôt.
P.N. : Parce que tu nous avais demandé
de le traduire en français... et nous nous sommes posé
quelques questions quand même.
F
: Je ne veux pas
parler du contenu de l’album, de quoi que ce soit sur cet album avant
qu’il soit fini.
P.N. : D’accord ! Pas de problème. Alors
on va changer de thème, parlons de ta nouvelle maison de
distribution en France.
F : Mais, comme je l’ai déjà
dit au début de l'interview, on pourrait peut-être
signer un contrat avec une major, je ne peux donc pas discuter du
tout sur les contrats que nous pourrions faire. Une grande maison de
disques française nous a offert un contrat, mais on a aussi
des possibilités de signer un contrat avec une autre major
européenne, pour toute l’Europe. Il faut déjà se
décider sur cela, ce que l’on fera dans les prochaines trois
ou quatre semaines, alors je ne peux pas vraiment discuter de cela
parce que c’est en pleine négociation.
Mais le premier single, Goldfish & Clowns doit sortir au milieu octobre, c’est tout.
Sunsets est prévu pour la fin janvier,
début février 1997. Mais on ne peut pas prendre des
décisions sur cela car, en fait, on attend un contrat.
P.N. : Tu as déjà testé
quelques morceaux de Sunsets à Vasserlder aux Pays-Bas ?
F
: Oui, deux morceaux
: Goldfish &
Clowns et
Sunsets On
Empire.
P.N. : Et alors ?
F
: De bonnes
réactions.
P.N. : Et toi, étais-tu satisfait ?
F : Je paniquais trop, j’étais trop
nerveux, c’étaient les premières nouvelles chansons que
nous jouions depuis 2 ans. Mais tout le monde nous a dit qu’ils
trouvaient cela super et que Goldfish & Clowns ferait un super single.
P.N. : Et le public a été
étonné par ces morceaux ?
F : Oui, je pense, je me suis senti
très bien après. Un peu, comment dire...
P.N. : Soulagé.
F : Oui soulagé.
P.N. : Quels sont tes objectifs vis-à-vis
du public français ?
F : Et bien tout cela est couvert parce que
j’ai dit plus tôt, je n’ai pas encore de contrat, alors je ne
peux pas vous prévenir des tournées. Mais, de toute
façon on fera un grand tour en France l’année
prochaine.
P.N. : Vraiment ?
F : L’année prochaine en
été ou à l’automne.
P.N. : Nous attendons cela avec impatience.
F : Maintenant je veux tout simplement faire
un album, je veux écrire un album.
P.N. : Oui, nous savons, nous savons ! Parce que
Gérard
Drouot semblait avoir
de nombreux projets pour toi. F :
Gérard nous a cherché des festivals en France, mais
rien ne peut se faire encore, il n’y aura pas de festival
jusqu’à la fin juin parce que tout le monde est
obsédé par l’Euro 96. Il n’y aura pas de promoteur qui
montent des spectacles en juin et probablement pas avant la fin
juillet ou le début août, donc s’il y a des festivals en
France ce sera soit en août, soit en septembre. Mais si on nous
offre quelque chose au bon moment, si nous avons assez d’argent, ...
etc, nous accepterions. Mais on parle d’un festival en Belgique pour
le 5 août, mais vous savez nous n’en sommes qu’à la
discussion, rien n’est décidé.
P.N. : Mais de toute façon, ce n’est pas
facile en ce moment, beaucoup de choses à faire, beaucoup de
choses à trouver.
F : Oui, je sais, c’est pour cela que je
reste au studio pour faire un album.
P.N.: Et oui, et oui, c’est au moins la
centième fois que tu le dis ! (Rires) A ce que nous savons, tu
veux améliorer ton français. Vas-tu écrire une
chanson en français ?
F : Tout d’abord je voudrais réussir
à en écrire une en anglais ! Et puis on verra. Je veux
tout simplement écrire un p*** d’album !
P.N. : A bon, tu vas enregistrer un album
Fish
?
F : Ouais ! (Sec et rires).
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La France ? « Tout le monde veut y retourner ». |
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P.N. : As-tu quelque chose de particulier
à dire aux fans français, parce que nous
préparons une soirée Fish Head Curry le 12 juillet.
F : Dites leur tout simplement que j’essaye
de faire le meilleur album que je peux. C’est tout, j’essaye
d’enregistrer le meilleur album que je peux (ton
désespéré). Comme ça on va pouvoir faire
une grande tournée, parce que si l’album c’est de la merde, la
tournée n’aura pas lieu. J’essaye de me concentrer, je ne
pense à rien d’autre, j’essaye seulement de faire cet album.
Qu’ils me fassent confiance et me laisse le temps de faire l’album.
Quand on aura fait cela on pourra en discuter.
P.N.
: OK, on te donne
tout le temps qu’il te faut.
F : Ca m’inquiète un peu d’aller
faire une grande tournée l’année prochaine, ce ne sera
pas seulement Paris, ce sera 9 concerts encore. C’est mon agent qui
fait tout cela, ce n’est pas moi, parce que tout le monde va me
demander, c’est quoi la distribution, c’est quoi la maison de
disques, c’est comment l’album ? Dites aux fans français que
nous nous sommes tellement bien amusés la dernière fois
que tout le monde veut y retourner, mais on veut revenir avec un
album qui marche, qui a la distribution qu’il faut, qui a la
meilleure chance de survivre en France.
Ce que je veux faire c’est m ’enfermer dans une chambre sans
distraction, je ne ferais plus d’interview pendant les prochains
trois mois. Il y a quelques festivals que nous devons faire le
week-end, juste pour gagner le fric pour payer les musiciens, mais en
même temps, j’essaye vraiment de me concentrer sur cet album,
parce que c’est très très très très
très important.
P.N. : Depuis qu’il est parti, as-tu eu des
nouvelles de David
Paton ?
F
: Non, je ne peux pas
en parler, car le procès va avoir lieu.
P.N. : As-tu d’autres anecdotes à nous
raconter ?
F : Rien pour l’instant, pour la Bosnie, il
faut que je m’installe un soir avec Bill et que j’enregistre une
cassette pour qu’il puisse écrire quelque chose, mais
ça ne se fera pas avant quelques semaines. Il y a tant
d’anecdotes sur la Bosnie que ça me prendrait ¾ d’heures
pour vous les raconter et je n’ai pas le temps en ce moment...
P.N. : Oui, oui, nous savons. Et tout le monde
ici tient à te remercier.
F : On vous tiendra au courant par
l’Internet, avec la ligne de téléphone... Bon, je dois
retourner au studio parce que Steve m’attend pour faire ce p*** de pont musical.
P.N. : OK, juste une dernière petite
question. Nous avons entendu parler d’une place disponible dans un
célèbre groupe britannique...
F : Non, ce n’est qu’une rumeur. C’est une
rumeur qui court en ce moment de partout aux Etats-Unis, on en parle
beaucoup mais personne ne m’a contacté, et en fait, ça
m’étonnerait que l’on me contacte.
P.N. : Ce n’est pas quelque chose que tu veux
réellement ?
F
: Il ne s’agit pas du
tout de ce que je veux moi, c’est que personne ne m’a
contacté. C’est juste un rêve qui ne va pas se
réaliser.
P.N. : C’est donc juste un bruit qui court sur
l’Internet ?
F : Personne ne m’a rien dit
(sérieux), les gens ne font rien que déduire ce qu’ils
veulent.
P.N. : Merci beaucoup, on va te laisser
bosser.
F : OK, de toute façon on vous
racontera tout ça quand vous viendrez le 25 à
Haddington. On essaye de diffuser le plus possible sur l’Internet
comme je vous l’ai dit. Vous pouvez prendre là-bas tout ce que
vous voulez.
P.N. : OK, on pensera bien à toi
à cause de l’équipe de foot... (Ecosse-Angleterre le 15
juin).
F : Ouais, je sais je sais, c’est le seul
jour de congé que l’on se permet, le 15 juin, quand on joue
contre l’Angleterre... Si on gagne on va prendre le dimanche aussi
(ndlr. N’oublions pas que Fish a également été
un acteur de cet événement). Mais, pour nous, la France
est un des favoris.
P.N. : La France vraiment ?
F : Oui, oui l’équipe de France est
très bonne. Pourvu que les Anglais ne gagnent pas, je me fous
de savoir qui remportera l’Euro 96. Mais, je ne comprends pas
pourquoi on n’a pas pris Cantona. C'est une décision complètement folle
! C’est un joueur tellement formidable.
Bon, ... Salut à tous !
P.N. : Saluuuuut !!!
F
: Byyyye !!!