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Témoignage de
guerre de Paul Flurin Navigateur et commandant de bord sur avion bombardier Halifax III 1943-1945 |
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Après deux années de formation à l'Ecole de l'Air de Salon, Paul Flurin, sous-lieutenant de l'Armée de l'Air, se trouve à l'entrainement à Bordeaux-Mérignac, quand le 10 mai 1940, on vient lui dire:
"Ca y est; les Allemands ont commencé à bombarder et le 1er train de blessés vient d'arriver à Bordeaux. Ce sont des des tirailleurs sénégalais".
L'offensive allemande n'avait pas du tout été prévue par le haut commandement français, alors que les divisions allemandes manoeuvraient depuis 8 jours. Les Allemands percent à Sedan. Après la débacle de l'Armée Française, le maréchal Pétain chef du gouvernement sollicite un armistice en juin 1940.
Paul est alors envoyé en Afrique sub-saharienne dans l'armée de l'air. Il a ainsi passé deux ans en Afrique Noire, de 1940 à 1942.
La situation était la suivante en Afrique:
Oran: la destruction de la flotte française à
Mers el Kébir
Les Allemands avaient autorisé le gouvernement de Vichy à envoyer des troupes en Afrique
subsaharienne à la suite du drame de Mers el Kébir: les Anlgais avaient détruit toute
la flotte française en rade d'Oran à Mers el Kébir, à la suite du refus du commandant
de cette flotte de gagner les bases maritimes britanniques.
Dakar: tentative de débarquement de de Gaulle et
des Français libres
Paul se trouve d'abord à Dakar. A ce moment eut lien la
tentative de
débarquement de de Gaulle. Le général commandant
à Dakar était prêt à l'accueillir
mais l'amiral commandant la flotte de Dakar s'y opposa: "de toute
façon, je
tirerai" déclara t'il. Le canon du cuirassé Dunkerque se
cassa dès le 1er coup de
feu. De Gaulle renonça à débarquer pour
éviter un combat fratricide.
Il est à noter, que le général Gamelin, commandant en chef de l'armée française lors
de la bataille de France jusqu'à son remplacement par le général Weygand, était prêt
à rejoindre de Gaulle si celui-ci avait réussi son débarquement à Dakar.
Alger: Weygand prépare l'armée d'Afrique du Nord
à reprendre le combat contre Hitler
Lors de la 1ère offensive des Anglo-Saxons en Libye, le général Weygand,
commandant en chef de l'armée d'Afrique du Nord, avait préparé les forces françaises
à rejoindre les alliés, mais Pétain le relève de son commandement.
Afrique Occidentale Française (AOF)
Paul est ensuite nommé à Bamako puis à Gao pour assurer les transports
aériens militaires d'AOF et d'Afrique Equatoriale Française (AEF). Il a assuré
notamment le transport du gouverneur du Niger à Niamey avec un avion Goéland.
Rapatriement sanitaire en France et débarquement
allié en Afrique du Nord
En 1942, Paul ayant contracté la dengue, une maladie tropicale transmise par les
moustiques, est rapatrié sanitaire en France. C'est à ce moment qui survient le
débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942. Paul décide alors d'y rejoindre
les forces françaises libres.
Retour en Afrique du Nord par les Pyrénées.
Emprisonnement en Espagne
Paul réussit à rejoindre l'Afrique du Nord par l'Espagne en traversant la
frontière espagnole par Cauterets (via la vallée du Lutour, le col d'Araillé, le col
des Oulettes et le rio Ara en Espagne) avec l'aide d'un guide, François Boyrie et de sa
sœur Monique Flurin, au printemps 1943. D'abord emprisonné à Huesca puis à
Barbastro en Aragon dans des prisons de droit commun surpeuplées et à l'hygiène
déplorable, il est ensuite envoyé au camp de Miranda où le gouvernement de Franco
rassemblait les évadés de France. Au début 1944, le gouvernement espagnol autorise le
départ vers l'Afrique du Nord des combattants français, notamment des pilotes en
échange de livraisons de blé et de pétrole par les alliés. Paul peut ainsi être
libéré et rejoindre Alger.
Paul affecté au Bomber Command à Elvington: 1944
- 1945
Après quelques jours passés à Alger, Paul est affecté en Grande Bretagne dans
le Bomber Command de la Royale Air Force (RAF) dans l'escadron de bombardier lourds n°346
Sqn alias GB II/23 "Guyenne" basé à Elvington près de York.
Voici son récit recueilli par son frère René:
Récit de Paul Flurin
recueilli par son frère René Flurin (30 septembre
1999)
"Nous avons suivi en Ecosse une période
d'entraînement au combat aérien, caractérisé par sa rigueur et son exigence de
perfection. Pour cet entraînement, nous volions sur des appareils réformés, c'est à
dire devenu inaptes aux missions aériennes...
L'un des exercices consistait à apprendre à échapper à la chasse ennemie en laissant
l'appareil descendre en "tire bouchon", afin de supprimer l'angle de tir des
chasseurs. Les pertes à l'entraînement étaient sévères: environ 10% des équipages
ont trouvé la mort au cours de ces exercices, effectués dans des conditions aussi
proches que possible du combat réel.
Par la suite, au cours des missions que nous avons effectuées, nous avons pu apprécier le caractère indispensable de cet entraînement. L'expérience acquise grâce à lui nous a sauvé la vie à plusieurs reprises au cours des opérations.
Ainsi, lors d'un vol de nuit au dessus des Ardennes, notre appareil Halifax fut pris chasse par les chasseurs ennemis. Nous ne pûmes leur échapper que par l'exécution de cette descente en vrille apprise à l'entraînement. Nos mitrailleurs réussirent même à descendre le chasseur ennemi.

Au mois de mars 1945, on n'en pouvait plus. Nous
participâmes à une mission au dessus de l'Allemagne à laquelle participaient 1000
appareils. La mission principale était dévolue à 800 appareils dont le but était
d'atteindre des objectifs essentiels à Nuremberg. Le groupe de 200 avions auquel nous
participions avait pour mission de servir " d'appât " sur la Ruhr, c'est à
dire d'attirer la chasse ennemie et de protéger la mission principale. Sur les 200 avions
engagés, nous avons perdu 40 appareils. Les 800 appareils en mission sur Nuremberg
n'avaient pratiquement pas de pertes.
Nous avons failli nous faire descendre à notre avant dernière mission, en mars 1945, au
dessus d'Osnabrück. Je ne sais pas comment nous sommes revenus. Notre appareil, criblé
de projectiles, était bon pour la ferraille !
L'une de nos dernières missions fut effectuée en soutien des troupes russes, à la frontière germano-polonaise. Nous portions au dessus de la combinaison de vol une inscription en langue russe indiquant que nous étions des aviateurs alliés, au cas où notre appareil aurait été descendu et où nous aurions dû sauter en parachute !
A York, où était basée notre escadrille, nous logions dans des chambres de 6 officiers. Il m'est arrivé de me retrouver seul dans cette chambrée. Tous les autres avaient été descendus. Ils étaient tous de bons amis…
J'ai effectué plus de 30 missions de nuit, avec 2 équipages différents.
Entre deux, j'ai dû interrompre les missions en raison d'une congestion pulmonaire contractée en vol, ma combinaison chauffante étant tombée en panne à haute altitude. Après ma convalescence, j'ai repris un équipage en difficulté qui, par la suite, s'est montré un excellent équipage.
La moitié de nos missions ont été effectuées au dessus de la Ruhr : Essen, Cologne etc.
Nous étions deux équipages par avion. Toutes les six semaines, nous avions 10 jours de repos. En novembre 1944, notre escadrille de 8 avions a perdu en mission 5 appareils. Chaque équipage comportait un pilote (1), un navigateur copilote (3), un bombardier (4), un mécanicien (2), deux mitrailleurs dont un mitrailleur arrière (6) et un mitrailleur dans la partie supérieure de l'appareil (7), un opérateur radio (5), soit 7 membres d'équipage. (Paul était navigateur et commandant de bord).

| La préparation de chaque vol de nuit était
minutieuse et demandait des heures de travail rigoureux. Nous étions d'abord répartis
selon nos poste : navigateurs, bombardiers, pilotes, radios etc.Le travail principal
incombait au groupe des navigateurs. Il y avait ensuite un " briefing " général au cours duquel nous recevions les consignes de vol. Tout cela était très bien fait. Avant chaque mission, nous laissions dans notre chambrée 2 sacs contenant nos affaires personnelles : un sac rouge contenant les affaires à détruire et un autre sac contenant les affaires à garder. Au cours des missions, on ne tolérait pas la moindre faute… |
L'ambiance entre nous était très sympathique. Il existait une solidarité totale entre les aviateurs alliés, venant de nombreuses nations : anglais, canadiens, australiens, néo-zélandais, polonais, tchèques, français etc. Il existait entre nous une vraie camaraderie, une fraternité entre aviateurs alliés, quelle que soit leur nationalité.
Sur 1000 avions, 32 étaient confiés à des équipages français."
Le débarquement du 6 juin 1945 en Normandie fut la plus grande opération militaire de tous les temps. En survolant le sud de l'Angleterre au cours de nos missions, nous observions cet amas prodigieux de matériel.

Citation à l'ordre de l'armée aérienne
Sur proposition du ministre de l'air, le président du Gouvernement de la République Française, Chef des Armées, cite à l'ordre de l'Armée Aérienne,
le Capitaine FLURIN (Paul, Pierre, René) du GB 2/23 " Guyenne "
" Officier navigateur commandant d'avion, de grande valeur,
dont les qualités de calme et de courage alliées à une profonde connaissance de son
métier ont été un facteur primordial dans les succés remportés par son équipage au
cours de 14 missions de guerre auxquelles il a participé.
Termine la guerre par une nouvelle série d'attaque de jour sur des objectifs de
l'Allemagne du Nord, où, en dépit de réactions de défenses ennemis, il obtint de très
brillants résultats, contrôlés par photographie aérienne.
S'est particulièrement distingué le 25 mars 1945 au cours d'une attaque sur un centre
ennemi particulièrement défendu par une DCA lourde, dense et précise. "
Cette citation comporte l'attribution de la CROIX de GUERRE avec PALME.
Paris, le 6 décembre 1945
Signé : DE GAULLE
Médaille des évadés
Citation du 18 décembre 1943, médaille remise le 18
septembre 1944
Le général d'armée Giraud, commandant en chef,
adresse ses félicitations au lieutenant Flurin Paul de l'armée de l'air qui a quitté
volontairement la France occupée par l'armée allemande pour venir combattre dans les
rangs de l'armée française en Afrique et libérer la Patrie.
A rejoint l'Afrique du nord malgré de graves difficultés qu'il a su surmonter grâce à
ses qualités de courage et d'énergie.
Le 18 décembre 1943, Alger
Citations de la RAF obtenues par le lieutenant Paul Flurin et son équipage
Citation obtenue par le lieutenant P.Flurin et
son équipage en janvier 1945:
"Bon équipage de bombardement lourd, actuellement engagé sur Halifax III dans la
lutte menée par le Bomber Command contre des objectifs de l'Allemagne occidentale. A
obtenu de bons résultats grâce à sa cohésion et à son calme; en particulier le 6
décembre 1944 au cours de l'attaque d'un objectif situé en Westphalie, a poursuivi
l'exécution d'une mission de nuit rendue délicate par une réaction de Flak intense et
très ajustée".
Citation obtenue par le lieutenant P. Flurin du Groupe
Guyenne en mars 1945:
"Officier navigateur, Commandant d'avion, d'un excellent équipage de bombardement
lourd qui dans le cadre du Bomber Command vient de commencer brillamment son 2ème tour
d'opération. Animé des plus belles qualités d'allant, de courage et de sang froid a
donné les preuves, notamment le 15 mars 1945 alors que l'avion fut attaqué à deux
reprises par une chasse ennemis particulièrement agressive, de rares qualités de
maîtrise de soi, inspirant le plus haute confiance à tout son équipage".
Organisation de la Royal Air Force (RAF)
La RAF était l'ensemble de la force aérienne "terrestre"
militaire britannique (l'aviation militaire navale, la Fleet Air Arm, dépendait de la
Royal Navy)
La Royal Air Force était organisée en grands commandements (Commands). Le Home Command
regroupant les unités basées au Royaume-Uni ou en dépendant et l'Overseas Command pour
les autres.
Le Home Command se décompose en divers Commands composés de forces ayant le même rôle.
- Le Bomber Command (bombardiers lourds) commandé par l'Air Marschal Sir Arthur Harris à
partir de 1942. Il était directement sous l'autorité du cabinet de guerre de Winston
Churchill
- Le Coastal Command (patrouilles maritimes)
- Le Transport Command liaisons et le convoyage des appareils)
- Le Maintenance Command (le maintien en condition)
- Le Flying Training Command (la formation initiale des navigants)
- Le Technical Training Command ( la formation des personnels techniques)
- Le Balloon Command ( regroupe les unités de ballons)
- Le Fighter Command servait de base à une formation pour appuyer le débarquement de
l'Allied Expeditionary Air Force .
Ces Commands étaient composés de Groups ayant sous ses ordres un certain nombre de Squadrons.
Deux groupes (équivalent en anglais = squadrons) de
bombardiers lourds des Forces Aériennes Françaises Libres (FAFL) furent créés en
Grande Bretagne sur des avions bombardiers Halifax basés à Elvignton près de York.
- Le N°346 Sqn alias GB 2/23 Guyenne
- Le N°347 Sqn alias GB I/25 Tunisie .
Composition de l'équipage commandé par le lieutenant (Flight
Officer) Paul Flurin:
Ss.lt. Bertrande
Ss-lt Bernolle
Sg-ch Denat
Sg Samarcelli
Sg Touron
Sg Gledel
Historique du Groupe de Bombardement Lourd GB 2/23 "Guyenne"
Au début des années 1936, une vaste réorganisation de l'Air Française entraîna la création de nouvelles escadres aériennes françaises parmi lesquelles figuraient la 23ème escadre de bombardement, composée de deux groupes, le 1/23 et le 2/23.
En 1940, doté de Lioré 45, le groupe participe à la bataille de France. Du 6 au 16 juin 1940, 3 missions seront effectuées au cours desquelles le groupe 2/23 perdra le quart de son effectif. Le groupe est obligé de se replier de Oizanville au sud d'Etampes, puis à Tours le 11 juin, puis le 17 juin à Mérignac.
La première partie de la guerre est terminée, les quelques appareils restant font mouvement vers Toulouse avant de traverser la Méditerranée pour se reformer en Afrique du Nord.
A la fin du mois d'août 1940, le groupe 2/23 est reconstitué. Durant deux années, les équipages attendent la reprise des combars. Le 8 novembre 1942, lorsque les Anglo-Américains débarquent sur les plages du Maroc et de l'Algérie, ils savent que l'heure est enfin arrivée de reprendre les armes. A la fin de 1942, le groupe 2/23 est renforcé par des éléments en provenance des doupes 2/32, 1/11 et 1/62.
Le 23 mars 1943, le groupe 2/23 fait mouvement vers Blida en Algérie afin de participer aux opérations contre l'Afrika Corps.
A la fin du premier semestre 1943, la décision est prise de créer deux groupes de bombardement lourd destinés à être intégrés au sein du Bomber Command de la Royal Air Force (RAF). Les groupes 2/23 et 1/25 sont désignés pour servir d'ossature pour la constitution de ces groupes. Le 26 août 1943, les premiers éléments du groupe 2/23 qui a pris la dénomination du groupe Guyenne, s'embarquent sur le paquebot Orbita pour Liverpool. Ils débarquent en Angleterre le 10 septembre 1943. Commence alors le long cycle d'instruction dans les écoles de la RAF.
Les équipages de bombardiers doivent obligatoirement
suivre un stage d'entraînement pour apprendre à mieux se défendre contre les chasseurs
ennemis, grâce à des manoeuvres appropriées sortant vraiment de l'ordinaire. Ce stade
d'adaptation aux chasseurs dit "Fighter Affiliation" se déroule au 1663 HCU
(Heavy Conversion Unit) à Rufforth dans le Yorkshire et à Lossiemouth.
L'avion de chasse figurant l'ennemi est un Hawker "Hurricane" chargé d'attaquer
le bombardier, un Halifax V quadrimoteur.
Le but recherché consistait à ne jamais laisser l'avion dans la même position (cap,
pente, altitude, inclinaison), ce qui rendait impossible au chasseur toute visée
précise. Il s'agissait en somme de jouer les chasseurs avec un quadrimoteur de 30 tonnes.
Les manoeuvres d'évitement des chasseurs comprenaient essentiellement le
"corkscrew" ou tire-bouchon et le "diving-turn" ou virage en piqué.
Le tire-bouchon: l'avion descend, plonge en virant à gauche, remonte en virant à droite
et ainsi de suite dans une spirale infernale.
Le virage en piqué est un peu moins remuant mais tout aussi efficace.
Pratiquer ces figures en vol était très éprouvant: l'équipage subissait des
accélérations et décélérations de plusieurs G. La position la moins enviable était
celle du mitrailleur arrière, placé tout au bout de ce long bras de levier de 13
mètres.
Au cours de ces entraînements périlleux, il y eut 20 morts à Ruttforth et 12 à
Lossiemouth parmi les Français.
Le groupe 2/23 "Guyenne est commandé par le lieutenant Colonel Venot et son adjoint, le capitaire Puget. Le 4 mai 1944, Venot rejoint la base d'Elvington près de York dans le nord de l'Angleterre, et le 15 mai 1944, les premiers équipages du Guyenne arrivent sur la base et y effectuent les ultimes entraînements. Le Groupe Guyenne prend alors la dénomination de "squadron 346". Il est rattaché à la Base 42 commandée par l'Air Commodore Walker. La base 42 comprend 4 squadrons: les deux squadrons français 346 (Guyenne) et 347 (Tunisie) ainsi que le squadron anglais 77 stationné à Full Sutton et le squadron 102 stationné à Pocklington. La base 42 était rattaché directement à l'Etat Major du Bomber Command.
Dans la nuit du 1er au 2 juin 1944, le groupe Guyenne
effectue sa première mission contre une station radar situé à "La ferme
d'Urville" près de Cherbourg.
Pendant 11 mois, les squadrons 346 et 347 participeront successivement à la bataille de
Normandie, à la bataille des Armes Secrètes et à la bataille d'Allemagne.
La dernière mission est effectuée le 25 avril 1945 sur Wangerooge une des îles de la
Frise.
Pendant toute cette période, les groupes Guyenne et
Tunisie ont effectué 123 missions représentant 2467 sortie, 9438 tonnes de bombes
larguées. Il y eut 239 victimes soit près de la moitié des hommes. 36 Halifax ont été
détruits en opération, 44% par la chasse, 31% par la Flack (DCA allemande), 8% par
collision, 14% par crash, 3% disparus.
Les pertes de l'ensemble du Bomber Command ont été de 55 000 hommes au cours de la
deuxième guerre mondiale.
Les destructions causées par l'ensemble des missions du Bomber Command fut la cause principale de la défaite du Troisième Reich selon les principaux dirigeants allemands de l'époque.
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Malgré l'impact décisif des bombardements dans la défaite du 3ème Reich par la destruction de son potentiel industriel et militaire, les pertes civiles infligées lors de la bataille d'Allemagne par le Bomber Command, et notamment le bombarement massif de Dresde le 13 février 1945, furent reprochées, par certains dirigeants britanniques (dont le leader travailliste Sir Clement Attlee) à son dirigeant l'Air Marschal Sir Arthur Harris. Celui-ci joua un rôle de bouc émissaire dans cette polémique, alors qu'il était directement sous l'autorité du cabinet de guerre de Winston Churchill. Selon les propos de Sir Arthur Harris: "L'attaque de Dresde fut, à l'époque, considérée comme une nécessité militaire par des personnages plus importants que moi." Ce qui veut dire que le bombardement de Dresde qui faisait partie de l'opération "Thunderclap" ("coup de tonnerre"), était une stratégie voulue par Churchill. En détruisant la ville symbole de l'héritage culturel allemand, l'ancienne ville-résidence des rois de Saxe, celui-ci adressait ainsi un «message» qui briserait les dernières forces du 3ème Reich et préparerait la capitulation; c'était le "coup de grâce donné à l'Allemagne hittlérienne". |
D'autre part, il souhaitait faire une démonstration de
force à l'égard de l'allié soviétique qui n'était plus qu'à 130km de la ville ce
jour du 13 février 1945. Selon certains historiens, Dresde n'était qu'un élément de la
stratégie plus globale de la guerre froide en train de naître. L'état d'esprit du
premier ministre britannique était déjà à l'époque de "rétablir l'équilibre
avec les Russes" et "être en mesure de dicter ses volontés à Staline".
Les photographies aériennes prises par les Mosquito de la RAF montrèrent que la
destruction de la ville de Dresde n'avait pas une justification militaire de première
importance. C'est seulement après le raid que les équipages des bombardiers s'en
rendirent compte. Le nombre de victimes civiles fut estimé entre 70 000 et 130 000.
Dans ce climat hostile d'après guerre, les Anciens décidèrent de ne jamais parler de leurs souvenirs, si ce n'est entre eux. Ils prirent le parti d'oublier ce passé rempli de tant de larmes, de deuils et de sang.
Louis Bourgain dans son ouvrage "Sarabande
Nocturne" (la plupart des missions se faisaient de nuit), publié en 1951, relate le
récit de son ami P.O. Jules.
Jules Roy disait de lui: "Héros sans le savoir, il était un héros sans le
vouloir". Voici les dernières lignes du livre:
"Lecteur, si un jour tu rencontres mon
ami, ne lui demande jamais ce qu'il a fait pendant la guerre, il te répondra qu'il ne
s'en souvient pas, que c'est de l'Histoire passée et que la page est définitivement
tournée.
Et si ce livre a été écrit, c'est pour que tu n'aies pas à le lui demander".
Après la guerre, Arthur Harris avouera sans détour: “ils étaient virtuellement - et ils ne le savaient que trop - des condamnés à mort en sursis”.
Aujourd'hui sur la base d'Elvington se situe le Yorkshire Air Museum et le Mémorial des Forces Aériennes Alliées. Ce musée est unique par sa bi-nationalité. La première action des organisateurs du musée, en 1981, fut de se procurer un Halifax dont il ne restait aucun exemplaire. Il fut alors décidé d'en reconstruire un à partir des plan qui avaient été précieusement sauvegardés dans les usines de fabrication. La base d'Elvington fut également reconstituée. Le dimanche 15 septembre 2002 a lieu "Halifax Day" (celebration du fameux Handley-Page Halifax bomber représentant l'unique avion reconstruit et une démonstration aérienne par des Lancaster, Hurricane et Spitfire).
Tous les deux ans des Britaniques et des Français du
Group 4 (Group = Division aérienne) dont dépendaient les Squadrons 346 Guyenne et 347
Tunisie, se retrouvent pour un office célébré dans l'immense nef de la cathédral
d'York.
Une stèle en mémoire des quadrons 346 et 347 a été construite en plein coeur du
village d'Elvington en 1957. Quand il a été question de la transférer pour l'installer
dans l'enceinte du musée, les habitants s'y opposèrent violemment. Ce moment était
aussi le leur, témoin d'un passé vécu ensemble, symbole de l'amitié qui unit nos deux
peuples.
Bibliographie
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Titre : Les groupes
"lourds" au combat - Aéro Journal - Hors Série n° 1 |
![]() |
Titre : The bomber
command war diaries |
Titre: La victoire après l'enfer
Auteur: Louis Bourgoin
Editeur: Imprimerie Panda, 4 chemin Notre Dame des Anges, 93130 Noisy-le-sec. 15 décembre
1993
ISBN 2-909199-01-0
Dans la nuit du 1er au 2 juin 1944, le groupe Guyenne effectue sa première mission de
guerre dans le cadre de l''Aviation de bombardement britannique (le Bomber Command de la
Royal Air Force). 15 jours plus tard les premiers éléments du groupe Tunisie effectuent
à leur tour leur première mission. Pendant les onze mois qui suivirent, ils effectuent,
123 missions, soient 2467 sorties, en participant successivement à la bataille de
Normandie, à la bataille des armes secrètes et à la bataille d'Allemagne contribuant
ainsi à la destruction du potentiel industriel et militaire de l'Allemagne.
Ces destructions, d'après tous les dirigeants allemands fut la cause principale de la
défaire du troisième Reich. Pendant onze mois, de jour et de nuit, chaque fois que les
circontances atmosphériques le permettaient, ils accompliront leurs missions, faisant
preuve d'une volonté inébranlable. Jamais aucun d'eux ne renonça et cela leur valut
l'estime et parfois l'admiration de leurs camarades britaniques.
Au cours de ces vols en territoire ennemi qui duraient souvent des heures et des heures,
dans une tension nerveuse qui ne peuvent imaginer ceux qui ne l'ont pas vécue, les pires
dangers pouvaient à chaque instant les assaillir. Les qualités qu'on exigeait alors
d'eux s'appelaient: sang-froid, renoncement, abnégation. Cela méritait bien d'être
raconté.
Pendant tous ces mois en opérations, leurs pertes ont été lourdes. Près de la moitié
d'entre eux y trouvèrent la mort. Cet ouvrage veut simplement rendre hommage à leur
courage.
Titre: Sarabande nocturne
Auteur: Louis Bourgoin
Editeur: Imprimerie Georges Thomas. 1951
ISBN?
Ce livre relate le récit de l'ami de l'autre, P.O. Jules.
Jules Roy disait de P.O. Jules "qu'il était un héros sans le savoir, il était un
héros sans le vouloir". Voici les dernières lignes du livre:
"Lecteur, si un jour tu rencontres mon ami, ne lui demande jamais ce qu'il a fait
pendant la guerre, il te répondra qu'il ne s'en souvient pas, que c'est de l'Histoire
passée et que la page est définitivement tournée.
E t si ce livre a été écrit, c'est pour que tu n'aies pas à le lui demander".
Titre: Le retour de l'enfer
Auteur: Jules Roy
Editions Gallimard
Titre: La vallée heureuse
Auteur: Jules Roy
Editions Charlot
Titre: Le navigateur
Auteur: Jules Roy
Editions Gallimard
Titre: Journal de marche du Tunisie
Auteur: Jules Roy
Editions Bergers
Titre: Le groupe Guyenne en Grande-Bretagne
Auteur: Louis Cocho
Editions Victomat
Titre: Bombardiers de nuit, les groupes lourds sur
l'Allemagne
Auteurs: le commandant Jules Roy, Emmanuel Robles, le capitaine Louis Bourgain,
le commandant Wrrier, le lieutenant de Gennes, le capitaine F. I. et le capitaine Ph.
Millet. Avant-propos signé A. G. (André George)
Publication: Paris, A. Michel : (Vanves, Seine, Impr. de Kapp)1946
Description In-4° (250 x 190), 87 p., fig., couv. ill. 200 fr.
Cet exemplaire rare peut être emprunté à la bibliothèque nationale de France (BNF):
Cote et fonds 4-LH12-17, Tolbiac - Rez de jardin - Magasin
Titre: Bomber offensive
Auteur: Sir Arthur Harris
Introduction by Denis Richards
Bomber Offensive is required reading for anyone with an interest in the history of
aviation and the air war of World War II. Sir Arthur Harris charts his rise to the top of
Bomber Command and reveals the difficulties encountered in sustaining and developing the
controversial bomber offensive against Germany in the face of heavy casualties. Harris, as
commander-in-chief of Bomber Command from 1942 to 1945, overturned the improvised policy
of the early years of the War and masterminded strategic bombing of massive and
unprecedented proportions in order to dislocate the German military, industrial and
economic system,. This offensive included the first thousand bomber raid against Cologne
in 1942, the Battle of Berlin and the destruction of Dresden in 1945.
In his own forthright and vigorous style, Sir Arthur Harris takes the reader deep into the
heart of his operational planning and talks frankly about the controversies that dogged
his reputation. Written soon after the close of the war, these revealing memoirs are the
product of an active and energetic man who was classed as one of Britain's most capable
wartime leaders.
April 1998 ISBN 1-85367-314-5
Format: 216 x 138mm Pages: 320
Edition: Greenhill Military Paperback
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Titre: Le "L"
for Love Auteur: Andrée A Vauvry Le livre "L for Love" de Madame Andrée Veauvy, épouse du Capitaine Veauvy, commandant de bord du Halifax "L", vous est ici présenté en quelques extraits. Commande sur internet à l'adresse http://p.v.free.fr/lforlove |
Video
Titre: The French Squadrons 346
and 347 of Bomber Command 1939-1945
The French Heavy Bomber Group filmed in 1945 at their base at Elvington near York
plus film of an exhibition in Paris in 1996. 32 minutes.
Video disponible à la librairie du Yorkshire Air Museum
Liens sur internet
HALIFAX GROUPES LOURDS FRANCAIS SQUADRONS 346 et 347 R.A.FRetour
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Page réalisée par Vincent Flurin
vflurin@yahoo.fr