Les Larris
Vieux mot Gaulois qui signifie terre inculte, aride. terme Picard désignant les coteaux calcaires non boisés |
| * En picard, les pâtis à moutons sont des Larris ( nombreuses variantes orthographiques: Larris; Larri; Larriz etc.). le mot, souvent écrit 'Lariz' est en usage dans les textes classiques du Moyen-Age en picard ancien [ainsi les chevaux vont 'par chans et par larris' dans les plaines, les terres et les larris']. La chanson de Roland nous rapporte qu'un chevalier a couvert en sunt li val et li montaigne et li lariz et trestutes les plaignes. Le terme provient de la racine germanique "lar" [ ou "ler"] qui signifie "clairière, lande" à rapprocher du préindoeuropéen "ar" désigne "pierre". Le mot Larris prend bien ici une valeur de toponyme écologique. |
| * les larris sont le résultat d'une érosion fluviatile. Boisés il y a environ 3000 ans, les coteaux furent défrichés par l'homme. trop en pente, avec un sol stérile, donc inaptes à la culture, ceux-ci furent utilisés pour y faire paître les moutons. C'est donc grâce aux bergers que se développa la flore si caractéristique des larris. |
Malgré leur embroussaillement, les larris de Bouchon, demeurent un site exceptionnel d'un point de vue paysager et en raison de la flore qu'ils abritent. |
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| Les coteaux calcaires de Picardie ou "larris",
bénéficient d'une flore et d'une faune remarquable. Résultat de l'érosion fluviale,
ils ont en effet, le privilége d'abriter de nombreuses espèces thermophiles et
calcicoles dont beaucoup atteignent là, leur limite nord. En effet, les rivières ont profondément creusé leurs lits en de larges vallées aux versants abrupts. Elles ont donc créé le paysage si caractérisque de la région picarde, à savoir de plates et vastes étendues entaillées par de nombreuses vallées encaissées. |
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Berger Roussel 1960 |
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| Certains larris furent utilisés par les Gaulois comme
défense contre les envahisseurs oppida ou "camps de césar". Ils furent
réoccupés par les Romains, et servirent souvent pendant les périodes troublées. En
1940 encore, certains furent pourvus de batteries et de nids de mitrailleuses. Boisés, il y a 3.000 ans, les coteaux furent défrichés par l'homme. Etant impropres à la culture, ces vastes étendues furent pendant des siècles voués à l'élevage intensif, principalement celui du mouton. la présence de ces bêtes pâturant à la bonne saison a empêché l'évolution du milieu vers la pousse d'arbustes, puis d'arbres, là où se trouvait une pelouse. Or c'est sur ces pelouses qui constituent le premier stade du larris que l'on trouve les plantes les plus remarquables de ce milieu. En effet, le sol calcaire et l'exposition au sud dans la plupart des cas ont permis l'implantation d'une flore xerophile et thermophile. Cell-ci est surtout représentée par une important famille de plantes: les orchidées dont on trouve 30 espèces en Picardie (la plupart poussent sur les larris). Citons parmi elles, la plus commune, l'Orchis pourpre [Orchis purpurea], l'Orchis moustique [Gymnadenia conoposia] est assez abondante et peut teinter le rose les pelouses de certains coteaux, l'Epactis rouge [Epactis atrorubens] est localisée aux lisières des bois au sommet des coteaux. |
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| Une autre merveille florale des Larris qui éclot en avril, est l'Anémone pulsatille d'un superbe violet qui reste rare en France mais peut fournir sur les larris un tapis de plusieurs centaines de pieds. |
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| Les autres plantes des larris sont: la petite Gentiane, la
Gentiane germanique, la Gentiane croisette, la Digitale jaune [petite Digitale rare en
Picardie, c'est une plante pionnière qui colonise les éboulis calcaires, de même que
l'Ibéris. On rencontre aussi les Globulaires, le Lotier corniculé, le Serpolet, la
Carline commune. Malgré son nom indiquant sa préférence pour les milieux humides, la Parnassie des marais [Parnassia palustrie] peut se rencontrer dans des milieux beaucoup plus secs comme les coteaux calcaires. Au second stade (pelouse et arbustes) la flore commence à se banaliser: le Genévrier [Juniperus communis], conifére acceptant les sols les plus pauvres, est le premier à s'installer sur les coteaux calcaires. Sa prolifération en fermant le milieu, étouffe les plantes rares de la pelouse, en particulier les orchidées. il est souvent accompagné d'espèces plus communes [ Cornouiller, Frêne, Noisetier] qui étouffent progressivement la pelouse et les plantes rares. Arbuste pionier, le Genévrier, se lui-même sera chassé si des arbres plus grands s'installent. Au stade de la forêt, le larris n'a plus rien d'original est devient une forêt comme les autres. La faune des larris est elle aussi caractéristique, notamment les Insectes: les Papillons en particulier, dont l'Argus de la Gentiane dont la chenille se nourrit dans ces premiers stades sur la Gentiane croisette, le Satyre arethuse espèce méridionale pour qui la limite nord de répartition en France est constituée par la vallée de la Somme: différentes espèces Zygénes, la pseudopanthère. On rencontre aussi des Araignées comme l'Argiope, parmi les autres invertébrés, notons l'Escargot de Bourgogne qui est abondant sur les coteaux ou il cherche le calcaire. Les Amphibiens et Reptiles sont représentés par le Crapaud accoucheur [Alytes obstetricans] appelé ainsi à cause de la particularité qu'à le mâle de recueillir les oeufs fécondés par la femelle; la Vipére Péliale [Vipera berus] qui trouve là un milieu à sa convenance; le léard agile [Lacerta Agilis] qui est strictement inféodé aux coteaux calcaires. Les oiseaux, quant à eux ne sont pas en reste, avec le Faucon Crécerelle qui a besoin de végétation basse pour repérer ses proies; la linotte mélodieuse qui est un des oiseaux caractéristiques du milieu ouvert qu'est le larris évolué à Génévrier, enfin le Pipit Farlouse. Malheureusement, les larris sont menacés. Le reboisement naturel , par phénomène d'étouffement, va faire disparaître les espèces rares. Les larris sont, de plus considérés à tort comme des milieux incultes et sans valeur, et sont bien souvent utilisés comme décharges. D'autres utilisations, ludiques, celles-là, sont aussi agressives, notamment la pratique du moto-cross qui met le sol à nu, empêchant toute plante de s'installer. Moins agressif est le delta-plane, mais cette activité pourrait devenir aussi préjudiciable si elle venait à se développer car le milieu est fraglie et une fréquentation importante peut le détruire. Dominique Godet |
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| Un programme de préservation en concertation avec la commune et les usagers Un partenariat a été établi le 13 novembre 1999 entre la commune et le conservatoire pour présever ce milieu unique et qui était menacé de disparition. En effet, comme la plupart des Larris, la propriété communale qui s'étend sur plus de 12 hectares était progressivement envahie par des fourrés d'épineux et des arbustres. A travers un bail d'une durée de 50ans, la commune de Bouchon a confié l'étude et la gestion au Conservatoire. Après un diagnostic du site, le Conservatoire, proposera à la commune, aux usagers et aux partenaires institutionnels et financiers des objectifs de gestion à moyen et à long termes. Ensuite, il déclinera ces grandes orientations en opérations concrétes. Toutes ces actions seront discutées avec la commune et les usagers, et ce, afin que les acteurs locaux se sentent concernés par la préservation de ce patrimoine naturel source: Madame Roussel Geneviéve, maire en 1999. |
| QUELQUES SITES INTERESSANTS POUR CONNAITRE LES LARRIS ET ABORDER LA GESTION DES MILIEUX NATURELS | |
| Le larris d'havenas | |