LES PORTES MARINIERES OU PERTUIS
La rivière a une pente trop rapide pour être naturellement navigable. Des chaussées établies de distance en distance rachètent cette pente.
On commença à pratiquer la navigation dite par éclusée qui consistait à retenir l’eau de la rivière par des barrages rustiques dénommés pertuis. Un pertuis ou porte marinière établi sur chaque barrage permettait aux bateaux de passer d’un bief a l’autre.
Le passage d’une porte est une manœuvre pénible et dangereuse, et avec le temps perdu en retards, fausses manœuvres et préparatifs il ne dure pas moins d’une heure et demie.
Les pertuis ou portes marinières étaient constitués de vannes mobiles de divers types, souvent accolés à des moulins pour lesquels ils assuraient la retenue d’eau nécessaire à la récupération de l’énergie hydraulique.
Les meuniers s’occupaient de la fermeture des portes marinières et de leur entretien. De surcroît, ils ne touchaient aucune rétribution et étaient tenus de procéder aux réparations des portes marinières. Ils ne voyaient donc pas d’un bon oeil l’arrivée d’un bateau.
Les lâchés d’eau occasionnés par l’ouverture de la porte marinière libéraient un flot dont profitaient les bateaux. Le passage d’un bief à l’autre exigeait des écourues massives de 50 000m3, (cela correspondait au débit de la rivière pendant 14 heures) et faisait perdre à la batellerie un temps précieux en raison des fausses manœuvres. Cette crue artificielle les portaient au fil du courant, seulement guidés par les mariniers convoyeurs, à l’aide de perches en guise de gouvernail.
Fonctionnement de la porte marinière
Pour démonter la porte marinière, il fallait commencer par enlever les appareils, rangées par rangées, afin d’équilibrer la pression et le niveau d’eau, en général il y avait 5 rangées, ensuite on démontait les aiguilles et on ouvrait le barreau.
Pour monter la porte marinière, il fallait commencer par fermer le barreau,puis on mettait en place les aiguilles qui s’encastrait dans la plate fonçeure et on faisait coulisser les appareils par rangées (en équilibrant le niveau de pression ) le long des aiguilles jusque dans la plate fonceur.
Le mécanisme de cette porte était certainement fort compliqué et demandait semble t–il beaucoup d’adresse, de force et d’habitude. C’était particulièrement dangereux, car une fausse manœuvre et toute la porte pouvait céder.
Les appareils (n°16 ) : Sorte de planche de bois munie d’une tige de bois. La tige aide à positionner l’appareil entre les aiguilles et a descendre jusqu'au bas de la porte.
Les aiguilles (n°15) : Madriers de bois possédant des encoches pour faire coulisser les appareils.
Le barreau (n° 14) : Grande traverse de bois servant d’appui aux aiguilles et aux appareils.
La plate fonçeure (n°11) : Plaque de bois découpée, posée sur le seuil de la porte, destinée à recevoir les aiguilles dans les encoches.
1 : Pieu de rang 7 : Seuil gravier 13 : Etappe 2 : Pieu de barreau 8 : Faux seuil sur lequel la plate fonçeure 14 : Barreau 3 : Pieu de rencontre 9 : Grands tirants qui lient les chapeaux des pieux de rencontre d'amont et d'aval 15 : Aiguilles 4 : Pieu de tirant 10 : Petits tirants qui empêchent le devers des longères 16 : Appareils 5 : Longères sur les pieux de rang 11 : Plate fonçeure 17 Chaussée 6 : Chapeau des pieux de rencontre 12 : Vannage
Des Aiguilles
Passage de la porte marinière
Pour descendre, les mariniers attendaient en amont assez loin de la porte, et s’assuraient qu’il n’y avait personne en aval, quand le marinier avait ouvert la porte marinière, on attendait qu’un courant régulier s’établisse, le flot généré par l’ouverture emportait le bateau, et le seul moyen de diriger le bateau était assuré par les mariniers à l’aide de perches et du pieu de liage. Le meunier assurait la fermeture de la porte, ce qui générait souvent des tensions entre lui et les mariniers.
Pour remonter, le bateau s’approchait de la porte, le nez face au courant, s’amarrait au pieu de rencontre. Puis un marinier descendait du bateau, fixait l’amarre au pieu de liage qui en général était sur la rive. Sachant que les portes étaient souvent de biais par rapport au courant, après l’ouverture de la porte par les mariniers, ils faisaient avancer leur bateau à l’aide d’un treuil appelé guindas. Qu’un seul marinier lâcha prise et le reste de l’équipage ainsi que le bateau finissait dans l’eau, car le treuil n’avait pas de cliquet. Ils étaient 8 hommes, un par brin pour actionner le guindas.
Il fallait compter 1.30 h pour le passage d’une porte avec un équipage de 12 hommes.
Il existe différent type de barrage, là nous avons un barrage à aiguilles sur le Cher, il y a une écluse, mais le barrage est encore à aiguilles.Il sert à réguler le débit de l’eau, mais ne sert pas au passage des bateaux.