Qui est Gabi Mouesca

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Journal intime de Gabi

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Gabi est né en 1961. Il a 38 ans.

Il a mené une scolarité sans problème dans le secteur technique et une jeunesse active, au sein d’organisations de jeunesse enracinées dans le peuple Basque.

À 18 ans, il a été engagé comme ouvrier qualifié chez Chikitoys, fabricant de jeu d’enfants en bois (jokari). Il va découvrir le " rapport de force " de l’entreprise ce qui va le conduire à adhérer à la CGT et à militer activement. Comme tout ce qu’il fait il le fait " à fond ". La gestion de Chikitoys est désastreuse. On découvre magouilles et escroqueries qu’il sera amené à dénoncer. Gabi et ses camarades ne peuvent sauver leur outil de travail. C’est le dépôt de bilan, le licenciement collectif pour raison économique et l’inculpation d’un directeur indélicat.

Dans les années 1980, les coopératives sont très prisées au Pays basque, Gabi avec quelques amis va tenter d’en monter une…Mais sans succès.
À vingt ans, Gabi a pris pleinement conscience que pour modifier l’état des rapports dans la société basque aussi bien que dans les entreprises, l’engagement dans les associations ou dans le syndicalisme ne suffit pas, il faut lui donner une dimension politique.
Il est abertzale (patriote). Il est syndicaliste. Il devient militant d’Iparretarrak.

C’est en 1984 que commencent les seize années de détention.
Le 1er mars 1984, Gabi et Didier Laffite -abattu d’une balle dans le dos par un inspecteur de la PJ- sont tombés dans une sourcière tendue par la police qui rechercher les clandestins d’Iparretarrak. Commence la première période d’incarcération en maison d’arrêt qui va durer deux ans et dix mois.
Le 13 décembre 1986, Gabi et Maddi Heggy, militante également et détenue à la Maison d’arrêt de Pau seront libérés de cette prison par un commando d’Iparretarrak et Gabi sera clandestin jusqu’au 11 juillet 1987 où il est arrêté à Argelès-gazost.

Après trois jour de garde à vue, il est incarcéré à la Maison d’arrêt de la Santé à Paris et mis au mitard (quartier disciplinaire) pendant 45 jours.
Il subira ensuite 11 mois d’isolement carcéral total, véritable " torture blanche " (comme le disent Amnesty international et le ministère de la justice de l’époque) destinée à briser le détenu par des conditions de détentions inhumaines.
11 ans et demi de détention en Maison d’arrêt.

Puis ce sont les années de détention en Maison d’arrêt (en principe réservée aux courtes peines) successivement à la Santé, Fleury-Mérogis, Fresnes, Bois d’Arcy et à nouveau à Fresnes.
Il faut souligner, qu’au cours de ces années Gabi et d’autres détenus politiques et de droit commun, ne cessent de se battre contre l’arbitraire le manque de respect, l’absence totale d’humanité qui sont la règle dans les prisons.

- Deux grève de la faim de 32 et 34 jours pour lutter contre l’isolement total et les conditions de détention
- Grève de parloir de près d’un an pour obtenir pour tous les détenus des conditions de visites des familles plus humaines à Bois d’Arcy.
- Condamnation au parloir d’hygiaphone à Fresnes parce qu’il refusait de se soumettre à la fouille à corps humiliante pratiquée à Fresnes.

Pour ne citer que quelques exemples de luttes menées.

Jusqu’en juillet 1996 où il est transféré à la centrale de Moulins, Gabi connaîtra donc le triste record avec 11 ans et demi de détention en Maison d’arrêt, c’est-à-dire plus de 20 heures par jour en cellule, des visites de famille d’une demi-heure et souvent dans des conditions déplorables, aucune possibilité d’activité sportive.
En décembre 1997, il est transféré à la centrale de Lannemezan où il est détenu à ce jour.
En septembre 1999 il a entamé sa 16e année de détention et selon les autorités judiciaires sa date de libération, compte tenu des remises de peines acquises à ce jour, interviendra en mai 2006 soit après plus de 22 ans de détention.
La France condamnée persiste et signe.

Alors qu’il est proposable à la libération conditionnelle depuis début 1996, Gabi s’est vu refuser à deux reprises, par le juge d’application des peines de Tarbes, la liberté conditionnelle malgré toutes garanties de réinsertion (travail, hébergement vérifiés par enquête ; conclusion favorable à deux expertises psychiatriques, etc.).

Le motif avancé pour justifier ces refus est que la situation judiciaire de Gabi Mouesca n’est pas définitive puisqu’il n’est pas encore jugé sur le dossier de Léon.
Or, il faut savoir que sur ce dossier Gabi ne peut plus être détenu puisque le mandat de dépôt n’a pas été renouvelé depuis 1990 et que l’ordonnance de prise de corps n’a pas été exécutée.
Compte tenu de l’attitude du ministère de la justice dans ce dossier, Gabi Mouesca avait en 1995, porté plainte contre la France pour Violation du droit à être jugé dans un délai raisonnable (droit garanti par la Convention des Droits de l’Homme).

En janvier 1998, à l’unanimité de ses membres, la Commission européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg a condamné la France pour ne pas juger Gabi dans un dossier judiciaire ouvert depuis 1983 (rapport de la Commission n° 27873/95 en date du 14 janvier 1998).
Malgré cette condamnation, la France continue à violer ce principe et à utiliser ce prétexte pour maintenir Gabi en prison alors qu’il remplit toutes les conditions exigées pour bénéficier d’une libération conditionnelle.

Situation judiciaire de Gabi Mouesca.

De 1984 à 1996, Gabi Mouesca a été présenté à 4 reprises devant le Tribunal correctionnel. Il a été condamné à des peines allant de 2 à 5 ans.
Le cumul de ces peines est de treize ans.

Le 4 mars 1991, Gabi a été condamné à 5 ans de détention assortis de 5 ans d’interdiction de séjour par le tribunal correctionnel de Paris, pour appartenance à l’organisation Iparretarrak.

Puis, le 10 novembre 1992 à 15 ans de réclusion criminelle pour l’évasion et un hold-up, par la cour d’assises spéciale de Paris.
D’habitude une telle peine (d’assises) couvre les peines de correctionnelles donc Gabi serait globalement condamné à 15 ans (confusions des peines).
Par contre, les peines prononcées dans un dossier judiciaire d’évasion sont exclues du bénéfice de la confusion des peines.

Le 31 mars 2000, Gabi est condamné à 15 ans de détention pour l'affaire dite de léon, devant la Cour d'Assises Spéciale de Paris.

Donc Gabi Mouesca est condamné à ce jour à 13 ans + 15 ans+15 ans = 43 ans de détention. A ce jour sa date de libération définitive est fixée à l'an 2021. Il a déjà effectué à ce jour plus de 16 ans de privation de liberté

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