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suivi de La Mort , l' Euthanasie et des litanies pour une bonne mort
et aussi l'Enfer et punition
Ô mon DIEU, que Ta volonté soit faite et non celle des hommes.....
Fais cesser tous les outrages au Corps et au Sang du SEIGNEUR....
Je me permets de relater ce témoignage par lequel DIEU m'a amené à prendre conscience de la mort et de la vie, selon Sa volonté.
Il y a quelques années, en début d'après-midi, ma mère âgée qui demeurait chez moi et qui se reposait dans sa chambre, nous a appelés, mon épouse, mes deux enfants et moi-même. Elle ne pouvait pas dormir du fait de ses très fortes douleurs rhumatismales et reposait simplement son corps. Elle sanglotait et je ne l'avais jamais vue dans un tel état. Elle avait des difficultés à s'exprimer et à respirer. Elle nous a expliqué qu'elle "s'était vue" à la sortie de l'église de notre village, après la messe d'enterrement de mon fils et me demandant d'aller lui chercher un verre d'eau au café situé en face, car elle n'en pouvait plus.
Ma mère a mis tout l'après-midi à se remettre, et j'ai été tout de suite certain qu'il s'agissait d'une "vision". C'était la première fois que cela se produisait et cela a été la seule.
J'ai donc pris cette vision très au sérieux, ayant compris qu'il s'agissait d'un avertissement de DIEU, mais je ne savais pas si cela était inéluctable ou non.
Alors pendant des semaines le soir j'ai prié à genoux le SEIGNEUR. Je lui disais que je savais que mon fils ne m'appartenait pas, mais lui appartenait, qu'il pouvait le reprendre quand il voulait, selon sa volonté et même, qu'il n'avait pas de compte à me rendre ni d'explication à me donner. Je me suis engagé à essayer de me donner encore plus à DIEU et j'implorais le SEIGNEUR de me laisser mon fils, si sa sainte justice le permettait, mais que je m'inclinerais humblement si ce n'était pas sa volonté.
Quelques mois après, le soir, une dame et son fils m'ont ramené mon fiston, alors âgé de 13 ans. Celui-ci rentrait de chez un camarade et a, malgré tout, enfourché son vélo de course sans éclairage. La dame m'a dit qu'avec sa voiture elle ne l'a pas vu et n'a pu l'éviter. Mon fils m'a relaté qu'il n'avait rien compris, que circulant sur la chaussée il avait été projeté brutalement et s'était retrouvé assis sur le trottoir. Il ne souffrait pas, n'avait pas une égratignure.
J'ai évidemment compris immédiatement que DIEU, par sa sainte miséricorde, avait décidé de me laisser mon fils, qu'il était revenu sur sa volonté première. J'étais tellement heureux de sa décision, que, fort de ma foi et de ma confiance en DIEU, je n'ai même pas établi de constat d'accident, me contentant de noter les coordonnées de cette dame ! Non seulement c'est mon fils qui était gravement en tort en roulant sans lumière la nuit tombée, mais il ne m'est même pas venu à l'esprit d'en vouloir à cette dame ; elle n'a fait qu'accomplir la volonté divine et c'était le moyen que DIEU avait choisi de me répondre. La bicyclette inutilisable a été mise ensuite aux ordures extra-ménagères. Mon fils n'a eu aucune suite de cet accident. Je remercie encore le SEIGNEUR d'avoir bien voulu me le laisser.
Je compatis beaucoup pour les parents qui n'ont pas eu cette grâce et ont perdu un enfant, et je pense à nos voisins d'alors dont le fils unique, du même âge que le mien, a été gravement blessé, dans le village alors qu'il faisait justement de la bicyclette avec mon fils et qui a été emmené par hélicoptère à l'hôpital où le malheureux enfant est décédé.
Evidemment, comme tous les catholiques, je continue à prier quotidiennement, matin et soir, le SEIGNEUR pour mes proches, non seulement pour le salut de leur âme ce qui est primordial, mais, dans ce monde de ténèbres et de folie, pour leur protection quotidienne.
Et je n'oublie pas, bien sûr, que DIEU nous donne la vie et nous la reprend selon sa volonté et sa justice, sans qu'il ait à se justifier ni à fournir d'explication et nous devons, malgré tout, lui rester fidèle. Cela se nomme la Foi. Pourtant la plupart des catholiques (mêmes malheureusement des prêtres !) pensent que DIEU ne peut pas reprendre la vie qu'il a donnée. Et pourquoi donc ? C'est fou tout ce que les catholiques interdisent à DIEU de faire selon sa Parole...!
Elle n'est plus perçue à notre époque d'apostasie, comme par le passé chrétien. En effet dans notre civilisation rebelle à DIEU l'individu a tous les droits, doit être satisfait immédiatement selon toutes ses exigences - je veux, j'exige - et la médecine "peut et doit" faire de grands progrès chaque jour sans faiblir... Pourtant la mort frappe partout, chaque jour, de plus en plus, sous toutes ses formes, même les plus abominables. Peut-être faudrait-il s'interroger ?
Notre vie appartient totalement à DIEU. Le TRES-HAUT nous donne la vie, nous "prête vie" et nous la reprend quand Il juge le moment venu ; c'est la vérité même si, malheureusement, dans l'Eglise Catholique, on nous enseigne depuis quelques années le contraire. Nous avons sur terre un père géniteur pour notre aspect charnel, mais notre vrai père est le Père, comme nous l'a enseigné le Christ. Pour la plupart, nous ne saurons qu'après notre mort, par DIEU, pourquoi nous ou nos proches sommes morts à tel âge et dans telles conditions. Les personnes âgées qui sentent la fin arriver, doivent demander une "bonne mort" dans la paix de DIEU et s'y préparer spirituellement (alors que l'on nous parle de plus en plus "d'euthanasie", la fameuse "mort digne" !). De toute façon une bonne mort se "prépare" tout au long de sa vie par notre union avec DIEU, puisque personne ne sait quel jour DIEU choisira pour cela !
A propos d'euthanasie je ne peux m'empêcher de relater le cas très récent d'une personne âgée très chère et très proche, qui après une semaine d'hospitalisation et étant inopérable pour une gangrène de la jambe est revenue chez elle en hospitalisation à domicile pour mourir. Je l'ai veillée douloureusement nuit et jour. Après un certain temps elle m'a demandé très fermement ainsi qu'à son médecin de famille et aux infirmières de lui donner la mort. Elle nous a tous suppliés plusieurs jours, c'était dramatique, elle nous disait qu'elle ne voulait pas finir comme Louis XV qui puait tellement à la fin de sa vie que les gens de la Cour ne pouvaient plus rester dans sa chambre. Puis cela lui est passé totalement, elle s'est calmée, ne nous l'a plus jamais redemandé ! Elle souffrait beaucoup moralement de sa déchéance physique mais la morphine dont les doses augmentaient l'empêchait de souffrir physiquement, sauf à la fin et uniquement pendant certains soins (escarres) et sa cataracte avancée l'empêchait de voir sa pauvre jambe en putréfaction des orteils au genou. Les derniers jours on lui a branché en plus une pompe injectant de l'hypnovel et l'endormant. Je lui parlais de DIEU, de Ses souffrances pour nous dans Sa Passion, même quand elle n'était qu'à demi-consciente. Un Prêtre est venu la visiter bien sûr pendant qu'elle était encore consciente. Elle a fini par s'éteindre une nuit, sur le matin, sans souffrances, l'infection gagnant, mais dans la paix de l'âme. J'ai ressenti très fort durant cette épreuve terrible qu'il ne fallait pas donner la mort, que DIEU "maîtrisait" la situation, qu'elle était inéluctable selon Sa volonté jusqu'à son terme. Si nous lui avions donné la mort quand elle nous l'a demandé, elle serait partie en grande révolte et non dans la paix et je sais vraiment que DIEU m'en aurait demandé sérieusement compte ; cette mort aurait été un suicide assisté pour la malade et le suicide, même assisté, est une horreur aux yeux de DIEU, un refus des épreuves nécessaires à notre élévation, un gâchis de la vie jusqu'au terme fixé, mais pour moi et le personnel médical, tout simplement une "mise à mort". Cette épreuve était peut être nécessaire pour gagner le Ciel justement car un jour ou deux avant sa mort, le SEIGNEUR m'a dit : "maintenant Je vais pouvoir venir la chercher.....!" Je sais qu'elle est maintenant en paix et heureuse, bien qu'elle ait eu encore malgré tout besoin de prières pendant un certain temps après son décès. Alors que penser de ceux, même des médecins, qui tuent en injectant un poison mortel..... Les malheureux se sont ouvert toutes grandes les portes de l'enfer..... car c'est le démon qui est derrière tout cela bien sûr. Le Tentateur, agissant à ce moment-là sur le malade et son entourage, est presque certain de conduire une, et même plusieurs âmes, à leur perte irrémédiable.....
Bien sûr, faire le volonté de DIEU, ce n'est pas non plus procéder à de l'obstination ou de l'acharnement thérapeutique !
Et sachons que si l'Eglise est contre l'Euthanasie, elle peut délivrer par contre l'Extrême-Onction, ainsi que relaté comme suit dans cet extrait du résumé de la Doctrine de l'Eglise :
22 - L'Extrême-Onction est un Sacrement pour le soulagement spirituel et corporel des malades. Effacer les restes des péchés et quelquefois les péchés mêmes, augmenter la pureté de l'âme, inspirer la soumission à la volonté de Dieu, adoucir les douleurs de la maladie et les craintes de la mort, rendre même la santé du corps, lorsqu'elle peut être plus utile au salut du malade : tels sont les effets de l'Extrême-Onction. C'est une négligence déplorable de ne pas demander à recevoir ce Sacrement lorsqu'on est malade ; c'est manquer à l'affection chrétienne que l'on doit à ses parents et à ses amis, et souvent même à un véritable devoir, que de ne pas leur procurer lorsqu'on est dans l'occasion de le faire, d'aussi puissants secours et d'aussi précieuses consolations.
La mort n'est que la naissance à une vie nouvelle, dans la joie ou malheureusement pour beaucoup la souffrance. Après la mort, c'est-à-dire le passage à travers le voile, nous gardons notre conscience, notre âme continue sa vie...... et les rebelles à DIEU comprennent, trop tard, leur malheur. Là sont "les pleurs et les grincements de dents", et les souffrances réelles et impossibles à modifier, commencent vraiment pour beaucoup. Lire aussi la page Résurrection. N'oublions pas que le Démon veut notre mort, notre perdition éternelle (la seconde mort) et qu'il encourage la rebellion à DIEU. Il lui déplaît fort que nous revenions au SEIGNEUR et la protection Divine nous est alors indispensable. Ignorer superbement DIEU tout au long de sa vie (donc le combattre) ne peut guère amener à une mort douce dans la paix, entouré des siens et nous amène ensuite beaucoup d'autres souffrances bien plus terrribles. Il nous faut prier beaucoup les uns pour les autres quotidiennement, en famille, et, c'est très important, "être à DIEU de cœur et d'âme" pour demander et obtenir la protection divine sur nous et nos proches. Cette protection est d'autant plus nécessaire de nos jours quand on voit les atrocités commises un peu partout et les familles douloureusement dans le deuil.
D'où, si je puis me permettre, la formule suivante : Pas la plus grande place pour DIEU chaque jour dans notre cœur = pas de protection = grands risques de malheurs. C'est très simple à comprendre, mais vital.... Chaque petit enfant devrait déja le savoir....... Mais quel bonheur quand on aime DIEU de tout son cœur, plus que tout et qu'alors, Il nous protége....
Il nous faut savoir que, lorsqu'un malheur se prépare et va frapper quelqu'un ou une famille, DIEU, bien sûr, le sait sinon Il ne serait pas DIEU..... ! Il sait tout, Il est Omniscient et possède bien sûr la Prescience. Il laissera faire ou non selon sa volonté et sa justice et selon nos mérites, notre amour et nos efforts pour Lui, et sans que, parfois, nous ne puissions le comprendre ou l'admettre. Et que l'on cesse enfin de nous enseigner que la mort est systématiquement et immédiatement "une naissance dans la félicité et la joie du Ciel" ! Beaucoup n'iront pas et d'autres après un très, très long chemin douloureux....
Le Seigneur, par Sa Parole, nous indique comment garder sa vie au mieux et il nous explique qu'il peut nous la reprendre selon notre conduite, sa volonté ou sa justice. Il peut reprendre un bon et un juste de bonne heure et laisser un mauvais longtemps sur terre avant de le juger, aussi bien que le contraire. C'est un mystère qu'il ne nous dévoile pas, ou rarement, de notre vivant sur Terre, tout comme la maladie d'ailleurs. Les résurrections opérées par le Christ nous montrent bien aussi que DIEU a tout pouvoir sur la Vie et la Mort des Créatures. Dans la Bible, DIEU nous parle de la Mort....
Que le malade, celui qui souffre, voire le mourant, n'oublie pas que le SEIGNEUR, le SAUVEUR, pour nous tous et donc pour lui, n'a pas eu affaire à des médecins, des infirmières attentionnées, des traitements qui soulagent, mais à des tourmenteurs, des tortionnaires et qu'il en est mort dans des souffrances effroyables librement consenties. (il n'y a qu'à voir le film de Mel Gibson "La PASSION du CHRIST" d'après les visions de saintes Mystiques). Et pour lui, pas de suicide pour une "belle mort dans la dignité". Il n'a pas repoussé et rejeté la volonté divine, Il a bu la coupe jusqu'à la lie, Lui........
ANCIEN TESTAMENT
Deuteronome, V, v. 32 et 33 ...Vous veillerez à agir comme vous l'a ordonné le SEIGNEUR votre Dieu, sans vous écarter ni à droite ni à gauche. Vous marcherez toujours sur le chemin que le SEIGNEUR votre Dieu vous a prescrit, afin que vous restiez en vie, que vous soyez heureux et que vous prolongiez vos jours....
XXV, v. 13 à 16 ...Tu n'auras pas dans ton sac deux poids différents, un grand et un petit ..... pour que tes jours se prolongent sur la terre que le SEIGNEUR ton Dieu te donne. Car tout homme qui fait cela, tout homme qui commet l'injustice, est une abomination pour le SEIGNEUR ton Dieu.....
XXX, v 15 et 16 ...Vois : je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur, moi qui te commande d'aimer le SEIGNEUR ton Dieu, de suivre ses chemins, de garder ses commandements, ses lois et ses coutumes. Alors tu vivras.... v. 19 ...J'en prends à témoin aujourd'hui contre vous le ciel et la terre ; c'est la vie et la mort que j'ai mises devant vous, c'est la bénédiction et la malédiction. Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance, en aimant le SEIGNEUR ton Dieu, en écoutant sa voix et en t'attachant à lui.....
XXXII, v. 39 ...Eh bien ! maintenant, voyez : c'est moi, rien que moi, sans aucun dieu auprès de moi, c'est moi qui fait mourir et qui fait vivre, quand j'ai brisé, c'est moi qui guéris, personne ne délivre de ma main..... v. 48 à 51 ...Le jour même, le SEIGNEUR dit à Moïse : "Monte sur cette montagne de la chaîne des Avarim, au mont Nébo qui est au pays de Moab, en face de Jéricho, et regarde le pays de Canaan que je donne en propriété aux fils d'Israël. Puis meurs sur la montagne où tu seras monté, sois réuni à ta parenté - comme ton frère Aaron est mort à Hor-la-montagne et a été réuni à sa parenté - puisque vous avez commis une infidélité contre moi au milieu des fils d'Israël, aux eaux de Mériba de Qadesh dans le désert de Cîn, lorsque vous n'avez pas reconnu ma sainteté au milieu des fils d'Israël."
DIEU tient chaque minute notre vie dans sa main, même si beaucoup de nos prêtres, sans aucun discernement, le nient farouchement. Il peut aussi donner pouvoir à certains de nous la reprendre, quelques fois pour sa glorification........
Exode, XIV, v. 4 ..."J'endurcirai le cœur du Pharaon et il les poursuivra. Mais je me glorifierai aux dépens du Pharaon et de toutes ses forces, et les Egyptiens connaîtront que c'est moi le SEIGNEUR" ...... Pharaon prit six cents chars d'élite, et tous les chars d'Egypte, chacun avec des écuyers. Le SEIGNEUR endurcit le coeur du Pharaon, roi d'Egypte, qui poursuivit les fils d'Israêl .... Le SEIGNEUR dit à Moïse : "Qu'as-tu à crier vers moi ? Parle aux fils d'Israël : Qu'on se mette en route ! Et toi, lève ton bâton, étends la main sur la mer, fends-la : et que les fils d'Israël pénètrent au milieu de la mer à pied sec. Et moi, je vais endurcir le coeur des Egyptiens pour qu'ils y pénètrent derrière eux et que je me glorifie aux dépens du Pharaon et de toutes ses forces, de ses chars et de ses cavaliers" ..... et le Seigneur se débarrassa des Egyptiens au milieu de la mer. Les eaux revinrent et recouvrir les chars et les cavaliers ; de toutes les forces du pharaon qui avaient pénétré dans la mer derrière Israël, il ne resta personne.......
Ezechiel, XVIII, v. 1 et 2 ...Il y eut une parole du SEIGNEUR pour moi : "Qu'avez-vous à répéter ce dicton sur la terre d'Israël : "Les pères ont mangé du raisin vert et les dents des fils ont été agacées ? Par ma vie -oracle du Seigneur Dieu- vous ne répèterez plus ce dicton en Israël Oui ! Toutes les vies sont à moi ; la vie du père comme la vie du fils, toutes deux sont à moi ; celui qui pèche, c'est lui qui mourra....."
XXIV, v. 15 à 18 ...Il y eut une parole du SEIGNEUR pour moi : "Fils d'homme, je vais t'enlever brutalement la joie de tes yeux. Tu ne célèbreras pas le deuil ; tu ne feras pas de lamentations et tu ne pleureras pas. Soupire en silence ; tu n'accompliras pas les rites funèbres ; noue ton turban, mets tes sandales, ne te voile pas la moustache et n'accepte pas le pain des voisins." Je parlai au peuple le matin et ma femme mourut dans la soirée ; le lendemain j'exécutai les ordres reçus.
Génèse, IV, v. 15b ...Le SEIGNEUR mit un signe sur Caïn pour que personne en le rencontrant ne le frappe. (et donc ne le tue...... Oui, seul DIEU peut protéger notre vie, et bien sûr, selon sa volonté.....)
Psaume 89 ...Jusqu'à quand SEIGNEUR ? Te cacheras-tu constamment ? Laisseras-tu flamber ta colère ? Pense à ce que dure ma vie : tu as créé l'homme pour une fin si dérisoire ! Quel homme vivrait sans voir la mort, échappant à l'emprise des enfers ?
Psaume 118, v. 18 ...Certes le SEIGNEUR m'a corrigé, mais il ne m'a pas livré à la mort... il aurait donc pu le faire .....
Sagesse, II, v. 23 et 24 ...Or Dieu a créé l'homme pour qu'il soit incorruptible et il l'a fait image de ce qu'il possède en propre. Mais par la jalousie du diable la mort est entrée dans le monde : ils la subissent ceux qui se rangent de son parti.
XVI, v. 13 ...Tu as pouvoir sur la vie et la mort, tu fais descendre aux portes de l'Hadès et en fais remonter.
Siracide, IX, v. 11 à 13 ...N'envie pas le succès du pécheur : tu ne sais pas quelle triste fin l'attend. N'approuve pas la réussite des impies, souviens-toi qu'ils ne resteront pas impunis jusqu'à la mort. Tiens-toi éloigné de l'homme qui a le pouvoir de tuer et tu n'éprouveras pas la crainte de la mort. Mais si tu viens à lui, évite tout faux pas, de peur qu'il ne t'enlève la vie. Sache que tu marches au milieu des pièges.... on peut aussi être atteint par des personnes qui donnent la mort spirituelle, celle de l'âme, la pire des morts....
XI, v. 14 ...Les biens et les maux, la vie et la mort, la pauvreté et la richesse viennent du Seigneur..... v. 23 à 28 ...Ne dis pas : "de quoi ais-je besoin ? Quels biens me manquent encore ?" Ne dis pas : "J'ai tout ce qu'il me faut, quel malheur pourrait désormais m'atteindre ?" Au jour du bonheur on oublie les maux, au jour du malheur on oublie le bonheur ; car il est aisé au Seigneur au jour de la mort de rendre à l'homme selon ses voies. Une mauvaise heure apporte l'oubli du bien-être et la fin d'un homme dévoile ses œuvres. Avant la mort ne proclame personne heureux, c'est à sa mort qu'on reconnaît un homme.
XIV, v. 17 à 19 ...Toute chair vieillit comme un vêtement ; c'est la loi éternelle : "Tu dois mourir." Comme le feuillage verdoyant sur un arbre touffu tantôt tombe et tantôt repousse, ainsi les générations de chair et de sang : l'une meurt et une autre apparaît. Toute oeuvre corruptible disparaît et celui qui l'a produite s'en va avec elle.
XVII, v. 25 à 28 ...Retourne au Seigneur et quitte le péché, prie devant sa face et ainsi diminue ton offense. Reviens au Très-Haut et détourne-toi de l'injustice, déteste vigoureusement l'abomination. Qui louera le Très-Haut dans le séjour des morts, à la place des vivants qui lui rendent grâce ? Quand un homme meurt et cesse d'être, disparaît l'action de grâce ; c'est quand il vit, en bonne santé, qu'il peut louer le Seigneur. Il nous faut donc prier de notre vivant et ne pas oublier nos défunts et les âmes du purgatoire qui ne le peuvent plus....
XXXVII, v 27 à 31 ...Mon fils, pendant ta vie éprouve-toi toi-même, vois ce qui est mauvais pour toi et ne te l'accorde pas, car tout ne convient pas à tous et tous ne trouvent pas en tout leur agrément. Ne sois pas insatiable de toute jouissance et ne te jette pas sur les aliments, car l'abondance de nourriture est une cause de maladie et la goinfrerie est proche de la colique. Beaucoup sont morts des suites de leur goinfrerie, mais celui qui fait attention allonge sa vie.
XXXXI, v 1 à 4 ...O mort, que ton évocation est amère à l'homme qui vit tranquille au milieu de ses biens, à l'homme qui n'a pas de soucis, à qui tout réussit et encore assez vigoureux pour s'adonner au plaisir. O mort, ta sentence est bienvenue pour l'homme dans le besoin, dont les forces diminuent, dont l'extrême vieillesse est accablée de toutes sortes de soucis, qui se révolte et qui a perdu patience. Ne crains pas la sentence de mort, souviens-toi de ceux qui t'ont précédé et de ceux qui te suivront. Telle est la sentence du Seigneur à l'égard de tout être de chair. Pourquoi discuter sur le bon plaisir du Très-Haut ? Que tu vives dix, cent ou mille ans, au séjour des morts on ne te chicanera pas sur ta vie.
NOUVEAU TESTAMENT
Actes, IV, v. 27 et 28 ...Oui, ils se sont vraiment assemblés en cette ville, Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et les peuples d'Israël, contre Jésus, ton saint serviteur, que tu avais oint. Ils ont ainsi réalisé tous les desseins que ta main et ta volonté avaient établis....
XVII, v. 21 à 23....Au jour convenu, Hérode, portant son vêtement royal, avait pris place à la tribune et prononçait la harangue officielle, tandis que le peuple l'acclamait : "c'est la voix d'un dieu, pas celle d'un homme !" Mais soudain, l'ange du Seigneur frappa Hérode, pour n'avoir pas rendu à Dieu la gloire et, dévoré par les vers, il expira.
XVIII, v. 9 et 10....Une nuit le Seigneur dit à Paul dans une vision : "Sois sans crainte, continue de parler, ne te tais pas. Je suis en effet avec toi et personne ne mettra la main sur toi pour te maltraiter, car, dans cette ville un peuple nombreux m'est destiné." DIEU a décidé de protéger St Paul dans cette mission et il ne peut rien lui arriver. Pour quelqu'un qui n'est pas protégé par DIEU ou qui n'a pas de mission à accomplir, tout peut arriver.
XXVII, v. 18 à 24 ....Le lendemain, comme nous étions toujours violemment secoués par la tempête, on jetait du fret et, le troisième jour, de leurs propres mains, les matelots ont affalé le gréement. Ni le soleil ni les étoiles ne se montraient depuis plusieurs jours ; la tempête, d'une violence peu commune, demeurait dangereuse ; tout espoir d'être sauvés nous échappait désormais..... Quand Paul leur dit : " Mais à présent je vous invite à garder courage : car aucun d'entre nous n'y laissera la vie ; seul le bateau sera perdu. Cette nuit-même en effet, un ange du Dieu auquel j'appartiens et que je sers s'est présenté à moi et m'a dit : "Sois sans crainte, Paul ; il faut que tu comparaisses devant l'empereur et Dieu t'accorde aussi la vie de tous tes compagnons de traversée !" C'est donc uniquement sur le bon vouloir de DIEU que tous les compagnons de Paul sont restés en vie et non pas par "hasard" ou par "chance" ...comme pour le texte ci-dessus, Paul, de toute façon ne pouvait pas mourir, devant comparaître et servir DIEU pour sa mission.
Apocalypse, I, v. 17 et 18 ...A sa vue, je tombais comme mort à ses pieds, mais il posa sur moi sa droite et dis : "Ne crains pas, je suis le Premier et le Dernier et le Vivant ; je fus mort, et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles, et je tiens les clefs de la mort et de l'Hadès."
II, v. 10 et 11 "...Ne crains pas ce qu'il te faudra souffrir. Voici, le diable va jeter des vôtres en prison pour vous tenter et vous aurez dix jours d'épreuves. Sois fidèle jusqu'à la mort et je te donnerai la couronne de vie. Celui qui a des oreilles qu'il entende ce que l'Esprit dit aux Eglises. Le vainqueur ne souffrira nullement de la seconde mort." La seconde mort, la mort définitive après la mort terrestre et le Jugement dernier. C'est la mort la plus horrible qui soit, puisqu'à ce moment l'âme aura conscience du bonheur incommensurable qui est réservé aux justes qui vont rester dans la Lumière de DIEU pour l'Eternité et qui va lui être refusé à tout jamais !
VI, v. 9 à 11 ....Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu'ils avaient porté. Ils criaient d'une voix forte: Jusques à quand, maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice et à venger notre sang sur les habitants de la terre ? Alors il leur fut donné à chacun une robe blanche et il leur fut dit de patienter encore un peu, jusqu'à ce que fût au complet le nombre de leurs compagnons de service et de leur frères, qui doivent être mis à mort comme eux.....
XIV, v. 13b ...Heureux dès à présent ceux qui sont morts dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs labeurs, car leurs oeuvres les suivent...
XX, v. 4b à 6a ...Je vis aussi les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et de la parole de Dieu, et ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image et n'avaient pas reçu la marque sur le front ni sur la main. Ils revinrent à la vie et régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent pas à la vie avant l'accomplissement des mille ans. C'est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection. Sur eux la seconde mort n'a pas d'emprise. v. 12 à 14 ...Et je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône, et des livres furent ouverts. Un autre livre fut ouvert : le livre de la vie, et les morts furent jugés selon leurs oeuvres, d'après ce qui était écrit dans les livres. La mer rendit ses morts, la mort et l'Hadès rendirent leurs morts, et chacun fut jugé selon ses œuvres. Alors la mort et l'Hadès furent précipités dans l'étang de feu. L'étang de feu, voilà la seconde mort !
XXI, v. 6 à 8 ...Et il me dit : "C'en est fait. Je suis l'Alpha et l'Oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif, je donnerai de la source d'eau vive, gratuitement. Le vainqueur recevra cet héritage et je serai son Dieu et lui sera mon fils. Quant aux lâches, aux infidèles, aux dépravés, aux meurtriers, aux impudiques, aux magiciens, aux idolâtres et à tous les menteurs, leur part se trouve dans l'étang embrasé de feu et de soufre : c'est la seconde mort." Pour tous ces pécheurs et rebelles, pas de pardon ni de salut malgré la Passion.... sauf si la personne, repentante, s'humilie et se donne à DIEU avant sa mort sur Terre.... mais quand viendra-t-elle notre mort ?
Epître aux Romains, VI, v. 3 à 5 ...Ou bien ignorez-vous que nous tous, baptisés en Jesus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés ? Par le baptême, en sa mort, nous avons donc été ensevelis avec lui, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous menions, nous aussi, une vie nouvelle. Car si nous avons été totalement unis, assimilés à sa mort, nous le serons aussi à sa Résurrection.
Evangile de st Jean, XI, v. 1 à 44 résumés ...Il y avait un homme malade ; c'était Lazare de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe. Il s'agit de cette même Marie qui avait oint le Seigneur d'une huile parfumée et lui avait essuyé les pieds avec ses cheveux ... dès qu'il l'apprit, Jésus dit : " Cette maladie n'aboutira pas à la mort, elle servira à la gloire de Dieu : c'est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié. " Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare. Cependant, alors qu'il savait Lazare malade, il demeura deux jours encore à l'endroit où il se trouvait. (DIEU a décidé la mort de Lazare, ce n'est pas un hasard bien entendu, et il fallait que cela fut pour que le Fils puisse être glorifié et enseigner qu'il est, Lui seul, la Résurrection et la Vie ; de même que DIEU a décidé de la mort du Fils pour que les hommes puissent être sauvés, enfin ....certains) ... Après avoir prononcé ces paroles, il ajouta : "Notre ami Lazare est endormi mais je vais aller le réveiller" En fait Jésus parlait de la mort de Lazare, alors qu'ils se figuraient, eux, qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil .... A son arrivée Jésus trouva Lazare au tombeau ; il y était depuis quatre jours déjà .... Jésus lui dit : "Ton frère ressuscitera" Je sais, répondit-elle qu'il ressuscitera lors de la résurrection au dernier jour " Jésus lui dit : " je suis la Résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s'il meurt vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais " (Jésus nous montre qu'il est déjà la Résurrection dès la mort et pas obligatoirement à la fin des temps, au "dernier jour") On ota donc la pierre du tombeau Alors Jésus leva les yeux et dit : " Père, je te rends grâce de ce que tu m'as exaucé " (c'est à dire, le temps étant venu, provoquer la mort de son ami Lazare pour montrer à la foule présente la gloire de DIEU dans la résurrection de son corps. De plus Jésus, fort peiné de la douleur des proches de Lazare jusqu'à en pleurer lui-même, puisqu'uni à notre humanité, était heureux de leur rendre leur frère) Ayant ainsi parlé, il cria d'une voix forte : " Lazare, sors ! " Et celui qui avait été mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandes, et le visage enveloppé d'un linge..... Il s'agit bien, grâce à la brève mort de Lazare, de l'annonce pour les disciples de la Résurrection du SEIGNEUR après la Passion, qu'ils ne pouvaient encore connaître mais qu'ils devraient espérer avec certitude et confiance, le moment venu.
XI, v. 45 à 52 ...Beaucoup de ces juifs qui étaient venus auprès de Marie et qui avaient vu ce que Jésus avait fait crurent en lui. Mais d'autres s'en allèrent trouver les Pharisiens et leur racontèrent ce que Jésus avait fait. Les grands prêtres et les Pharisiens réunirent alors un conseil et dirent : " Que faisons-nous ? Cet homme opère beaucoup de signes. Si nous le laissons continuer ainsi, tous croiront en lui, les Romains interviendront et ils détruiront et notre saint Lieu et notre nation. L'un d'entre eux, Caïphe, qui était Grand Prêtre en cette année-là, dit : " Vous n'y comprenez rien et vous ne percevez même pas que c'est votre avantage qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière. " Ce n'est pas de lui-même qu'il prononça ces paroles, mais comme il était Grand Prêtre en cette année-là, il fit cette prophétie qu'il fallait que Jésus meure pour la nation et non seulement pour elle, mais pour réunir dans l'unité les enfants de Dieu qui sont dispersés....C'est l'Esprit Saint qui a parlé par la bouche du Grand Prêtre Caïphe. Le Père avait décidé du sacrifice terrible du SEIGNEUR pour nous, dans sa Passion, suivi de la Résurrection.Cela a aussi été la naissance dans le sang divin de l'Eglise, de notre salut et une nouvelle ère qui commençait. Sans la très douloureuse Passion de N.S Jésus-Christ décidée par le Père et acceptée par le Fils, personne n'aurait eu le salut sur terre...... Alors si le Père a décidé pour nous de la mort effroyable de son Fils, pourquoi nous enseigne-t-on de nos jours cette ineptie que DIEU ne peut faire mourir personne sur terre et que ce n'est pas Lui qui nous rappelle ? Sommes-nous plus importants et intouchables que le Christ, DIEU au sein de DIEU ? Quel orgueil !
XIX, v. 10 et 11a ...Pilate lui dit alors : "C'est à moi que tu refuses de parler ! Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher comme j'ai le pouvoir de te faire crucifier !" Mais Jésus lui répondit : " Tu n'aurais sur moi aucun pouvoir s'il ne t'avait été donné d'en haut ."
XXI, v.18 et 19a "...En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais jeune, tu nouais ta ceinture et tu allais où tu voulais ; lorsque tu seras devenu vieux, tu étendras les mains et c'est un autre qui nouera ta ceinture et qui te conduira là où tu ne voudrais pas." JESUS parla ainsi pour indiquer de quelle mort Pierre devait mourir et glorifier Dieu....
Evangile de st Luc, IV, v. 13 ...Ayant alors épuisé toute tentation possible, le diable s'écarta de lui (Jésus) jusqu'au moment fixé......
XII, v. 4 et 5 "....Je vous le dis à vous mes amis ; Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et qui, après celà, ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la gehenne. Oui je vous le déclare, c'est celui-là que vous devez craindre." Il s'agit bien de DIEU ! Ces paroles du SEIGNEUR, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, ne sont bien sûr jamais expliquées par nos prêtres modernes puisqu'ils nous enseignent justement que DIEU "ne peut pas punir" ....! Etrange ce reniement des paroles du Christ, non ?
XVI, v. 22 à 26 " ...Or le pauvre (Lazare) mourut et fut emporté par les anges au coté d'Abraham ; le riche aussi mourut et fut enterré. Au séjour des morts, comme il était à la torture, il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare à ses cotés. Alors il s'écria : "Abraham, mon père, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue car je souffre le supplice dans ces flammes." Abraham lui dit : "mon enfant, souviens-toi que tu as reçu ton bonheur durant ta vie, comme Lazare le malheur ; et maintenant il trouve ici la consolation et toi la souffrance. De plus, entre vous et nous, il a été disposé un grand abîme pour ceux qui voudraient passer d'ici vers vous ne le puissent pas et que, de là non plus, on ne traverse pas vers nous."
XXI, v. 16 ....Vous serez livrés même par vos pères et mères, par vos frères, vos parents et vos amis, et ils feront condamner à mort plusieurs d'entre vous... DIEU sait déjà qui sera tué, comment, par qui...... Selon sa volonté, cela se fera ou non....
Evangile de st Matthieu, VIII, v. 21 et 22 ....un autre des disciples lui dit : "Seigneur, permets-moi d'aller d'abort enterrer mon père." Mais Jésus lui dit : "Suis-moi, et laisse les morts enterrer les morts."Jésus nous dit que la mort autour de nous ne doit pas nous éloigner de Lui.... DIEU prime sur tout et tous....
X, v. 14 et 15 "....Si l'on ne vous accueille pas et si l'on écoute pas vos paroles, en quittant cette maison ou cette ville, secouez la poussière de vos pieds. En vérité, je vous le déclare : au jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité avec moins de rigueur que cette ville." Le SEIGNEUR, après avoir puni et détruit une première fois les villes de Sodome et Gomorrhe entièrement, et tué tous ses habitants (Genèse, XIX, v. 23 à 29), nous apprend qu'en plus, elle passeront en jugement au dernier jour et qu'elles pourront être de nouveau punies. Par conséquent la punition sur terre est indépendante et en plus du Jugement qui suit la mort et de ses suites. X, v. 28 à 30 " Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez bien plutôt celui qui peut faire périr âme et corps dans la géhenne (DIEU !). Est-ce que l'on ne vend pas deux moineaux pour un sous ? Pourtant pas un d'entre eux ne tombe à terre indépendemment de votre Père. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés" Rien ne meure et ne tombe à terre sans la volonté du Père et même chacun de nos cheveux ! La maladie et la mort sont donc tributaires de la volonté divine, même si l'on nous enseigne constamment le contraire !
XIII, v. 1 à 5 ...A ce moment survinrent des gens qui lui rapportèrent l'affaire des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs sacrifices. Il leur répondit : "Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens pour avoir subi un tel sort ? Non, je vous le dis, mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Et ces dix-huit personnes sur lesquelles est tombée la tour à Siloé, et qu'elle a tuées, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Non je vous le dis, mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière." Il s'agit bien d'une terrible mise en garde et punition de DIEU dans ces deux affaires et d'un exemple pour les autres. Ces personnes n'étaient pas "de plus grands pécheurs" que les autres ni "plus coupables" que les autres donc "autant coupables" que les autres et non pas innocentes. On ne peut s'empêcher de penser à de nombreux drames semblables dont on parle de plus en plus de nos jours....
XX, v. 20 à 23a ...Alors la mère des fils de Zébédée s'approcha de lui avec ses fils, et se prosterna pour lui faire une demande. Il lui dit : "Que veux-tu ?" "Ordonne, lui dit-elle, que dans ton royaume mes deux fils que voici siègent l'un à ta droite et l'autre à ta gauche." Jésus répondit : "Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ?" Ils lui disent : "Nous le pouvons." Il leur dit : "Ma coupe, vous la boirez"...... Effectivement, Saint Jacques le Majeur fut le premier Apôtre a être mis à mort et il périt par le glaive.....
XXIV, v. 37 à 42 ...Tels furent les jours de Noé, tel sera l'avènement du Fils de l'homme ; car de même qu'en ces jours d'avant le déluge, on mangeait et on buvait, l'on se mariait ou l'on donnait en mariage, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche, et on ne se doutait de rien jusqu'à ce que vint le déluge, qui les emporta tous. Tel sera aussi l'avènement du Fils de l'homme. Alors deux hommes seront aux champs : l'un est pris, l'autre laissé ; deux femmes en train de moudre à la meule : l'une est prise, l'autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur va venir. Ceci est valable tout au long de notre vie sur terre comme au Jour du retour de DIEU ; on ne sait pas quel jour le SEIGNEUR viendra nous chercher (nous prendre par la mort terrestre).
Litanies des Saints .....de la mort subite et imprévue, délivre-nous Seigneur ....c'est une grâce de DIEU de pouvoir préparer son âme à la mort !
Paul VI ....La mort sans DIEU n'est pas du repos .....et il faut ajouter, c'est même tout le contraire.
Alors je me répète, comment peut-on donc entendre de nos jours, par nos "enseignants" catholiques et nos Prêtres, que DIEU ne peut pas reprendre la vie qu'Il nous a donnée, alors qu'Il a reprise celle de son Fils dans les conditions que l'on connaît ? Sommes-nous donc totalement intouchables, nous ? Sommes-nous plus que le Fils, nous ? Pourquoi nous mentir ainsi, dénaturer notre foi et nous éloigner de la Parole Divine ? Beaucoup auront des comptes à rendre et de premiers seront derniers....
Par contre la Mort ne sera plus dans la nouvelle Jérusalem : Esaïe, LXV, v. 17 à 20 ...En effet, voici que je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle .... en effet l'exultation que je vais créer, ce sera Jérusalem ..... Désormais on n'y entendra plus retentir ni pleurs, ni cris. Il n'y aura plus là de nourrisson emporté en quelques jours, ni de vieillard qui n'accomplisse pas ses jours ; le plus jeune, en effet, mourra centenaire..... Apocalypse, XXI, v. 1 à 4 ...Alors je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre ont disparu et la mer n'est plus. Et la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, je la vis qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu, comme une épouse qui s'est parée pour son époux. Et j'entendis, venant du trône, une voix forte qui disait : Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il demeurera avec eux. Il seront ses peuples et lui sera le Dieu qui est avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus. Il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance, car le monde ancien a disparu.
Je rappelle ici également un passage du Manuel des Dames de la Charité de Saint Vincent de Paul qui donne des conseils aux personnes qui s'occupent des pauvres et des malades et même des mourants (lire Charité chrétienne). "S'il n'y a pas de crucifix dans la demeure des pauvres, elle se fera un plaisir d'en offrir un, en demandant qu'on le fixe au mur à une place honorable afin que sa vue réveille une foi peut-être endormie et réconforte ceux qui peinent. Quand ses pauvres seront malades, la Dame de Charité les exhortera à supporter chrétiennement leurs souffrances. Elle leur rappellera que celles-ci sont d'un grand prix devant Dieu et qu'elles sont une occasion d'imiter Notre Seigneur Jésus-Christ qui a voulu souffrir et mourir pour nous, un moyen d'expier pour soi et pour les autres, une cause de mérites pour le ciel. Elle leur suggérera quelques bonnes oraisons jaculatoires et les aidera à faire des actes de foi, d'espérance, de charité et de contrition. Si l'état du malade s'aggravait sérieusement, il faudrait, avec prudence et discrétion sans doute, mais aussi avec zèle, le porter à désirer la visite du prêtre et à recevoir les Sacrements ....S'il y avait lieu de craindre que le malade ne meure sans avoir le temps de se confesser, il faudrait surtout l'exciter à la confiance en Dieu et à la contrition parfaite, après lui avoir rappelé sommairement l'énoncé des mystères qu'il faut croire pour être sauvé et l'avoir disposé à faire des actes de foi, d'espérance et de charité et, au besoin, l'avoir encouragé à pardonner à ses ennemis......"
Et s'il y a une mort glorieuse c'est bien celle des martyrs qui glorifient DIEU et lui rendent témoignage dans Sa Plénitude. C'est la seule mort d'ailleurs qui permet de rejoindre la Félicité Céleste immédiatement. Un martyr est celui à qui, par la violence et dans son sang, on ote la vie, pour sa Foi en Christ, en imitation au Maître, à l'Agneau immolé ; un Martyr évidemment n'a d'autre sang sur les mains que le sien, celui que d'autres font couler.
De même que lorsque nous naissons notre mort est déjà programmée dans notre chair, de même pour notre Terre dont la mort est déjà fixée par le TRES-HAUT et très proche maintenant.......
Vous pouvez lire maintenant un extrait des visions de Marie d'Agreda au très catholique roi d'Espagne.....
...Il n'y a rien dans cette vie qui ne nous annonce sans cesse que nous devons mourir. Nous voyons le soleil se lever et se coucher, le jour poindre et disparaître, nous avons sous les yeux la terre sous laquelle nous devons échouer. La campagne naguère verte est dénudée de sa moisson, les belles fleurs fanées, les arbres dépouillés de leur parure, toutes les créatures assujetties à des changements perpétuels nous répètent la même vérité que l'on abandonne une forme pour en revêtir une autre et que rien ne dure jamais dans le même état... De l'enfance à la jeunesse et de celles-ci à l'âge mûr, de celui-ci à la vieillesse, ce ne sont que pas précipités vers la mort...
Et aussi concernant la défunte et très catholique reine d'Espagne ...Je vis bientôt que l'âme de la Reine était là, prête pour aller contempler Dieu. Elle me demanda de l'aider ... Je m'étonnais de ce qu'après tant de suppliques et de messes dites pour elle (pendant un an !) elle soit encore au Purgatoire. Elle me répondit : "Ne t'étonne pas. Apprend que Dieu, bien qu'il accepte devant son juste tribunal les sacrifices et les bonnes œuvres, il fait justice de manière différente des hommes" ....alors, quand le moment sera venu, que vont devenir les âmes de nos chefs d'état européens actuels qui renient DIEU, la chrétienté et même ses racines...... Il va y avoir des pleurs et des grincements de dents, messe d'enterrement médiatique ou pas ! Et comme je l'ai déjà dit, que l'on cesse de nous dire que nous allons directement au Ciel à notre mort ; nous voyons ici que c'est inexact même pour un fervent catholique et même avec de très nombreuses messes de très saintes religieuses ....cela ne suffit pas ! Et ne joignons pas systématiquement "être sauvé" et être heureux près de DIEU face à face avec Lui ! DIEU ne prendra près de Lui que ceux qu'Il aime, c'est-à-dire ceux qui L'auront aimé par le Christ plus que tout jusqu'à leur mort..... Et selon Anne Catherine Emmerich, il y a le Paradis et au-dessus, pour certains, les Elus, la Jérusalem Céleste.
Maria Coronel y Arana (Maria de Jésus d'Agreda, ou Marie de Jésus d'Agreda, ou Madre Agreda) est née en 1602 à Agreda en Espagne près de Soria. Elle devint sœur Conceptioniste franciscaine en 1620 au couvent d'Agreda (sa maison familiale) dont elle devint la Mère Abbesse. Elle reçut de nombreux dons comme la lévitation et la bilocation et fut une grande épistolière. Elle est décédée en 1665. (lire le livre résumant sa vie," MARIE D'AGREDA et la Cité Mystique de DIEU " par François-Géraud de Cambolas chez France Europe Editions. 2003
Et pensons à ce qui suit la Mort :
St Marc, XII, v. 23 à 27 ...A la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d'entre eux sera-t-elle la femme, puisque les sept l'ont eue pour femme ? Jésus leur dit : "N'est-ce point parce que vous ne connaissez ni les Ecritures ni la puissance de DIEU que vous êtes dans l'erreur ? En effet, quand on ressuscite d'entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans les cieux. Quant au fait que les morts doivent ressusciter, n'avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment DIEU lui a dit : "Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ?" Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes complètement dans l'erreur." Paroles très importantes de Notre SEIGNEUR !
1) Dès notre mort terrestre, immédiatement après notre dernier souffle ici-bas, nous ne sommes pas mort mais toujours bien vivants.
2) Etant toujours bien vivants, nous le sommes avec toutes nos facultés intellectuelles, mais comme le corps de chair devenu inutile est resté et livré à la pourriture et que nous en sommes enfin débarrassé, nous sommes "comme des anges dans les cieux", sous forme d'esprits, l'esprit contenant l'âme. De plus, il n'y a plus de famille humaine terrestre, ni femmes ni maris ni enfants et encore moins de sexualité. Le SEIGNEUR n'en dit pas plus sur notre position qui suit le Jugement personnel jusqu'au Jugement dernier, mais nous ne sommes plus "en famille" comme sur terre, c'est la vérité. Nous sommes alors dans l'Univers invisible, le monde de l'esprit et chacun dans "sa sphère", celle que sa conduite lui a réservée.
Dès le Jugement personnel qui suit de peu la mort, nous sommes donc placés dans un état et un lieu en rapport avec nos mérites et notre élévation vers DIEU durant notre incarnation. Rien à voir avec notre situation d'ici-bas ! Alors il peut y avoir de grandes joies, mais aussi et surtout pour beaucoup, des "pleurs et des grincements de dents"...... C'est seulement après le Jugement dernier, à la Fin des Temps, que sera prononcée ou non par DIEU, la seconde mort, la mort définitive et irrémédiable. Cette seconde mort est terrible, car les âmes condamnées connaîtrons le bonheur inouï et la divine Félicité céleste réservés aux bienheureux et aux saints, ce sera affreux pour elles......
Et je me permets de copier justement ici un texte de cette page Résurrection, "méditation sur mon expérience" : ...Je croyais auparavant à la résurrection en la vie éternelle, imprégné des paroles de notre SEIGNEUR, mais maintenant je sais en plus comment cela se passe et donc comment cela se passera vraisemblablement à mon trépas (1) ; si j'étais mort pendant ma sieste, par une crise cardiaque par exemple, je sais que cela se serait déroulé ainsi et je me serais retrouvé " ressuscité en esprit à une vie nouvelle ", dans l'Univers invisible, immédiatement après mon dernier souffle. Ensuite, évidemment, je ne puis préciser comment les choses se seraient déroulées en attente du jugement de ma vie présente, mais je suppose que pour beaucoup, immobilisés dans le noir et le silence, dans cet "au-delà" qui en fait rire beaucoup, doit déja commencer une réflexion intense et peut-être même les pleurs et les grincements de dents, dont nous a parlé plusieurs fois le SEIGNEUR. L'esprit doit alors "" ruminer" atrocement sans arrêt. Ce doit être effectivement terrible pour un rebelle à DIEU, de se retrouver dans cette situation de "Mort-Vie" que l'on a toujours niée, de ressasser son passé, ses erreurs, ses ignominies à DIEU et savoir en plus, que vos proches incroyants vous considèrent déja comme n'étant plus rien du tout, inexistant pour toujours..... Et dans cette situation, quelque soit notre position sociale auparavant, plus de pouvoir, pas d'avocat, pas de copinage et de magouilles, pas de passe-droit, pas de coup de téléphone à passer ...rien ....le silence et l'attente ! Pour quelqu'un décédé de mort brutale et inattendue, soustrait à sa vie frivole, profane et rebelle à DIEU, trépidante et minutée, avec des tas de choses "très importantes à faire absolument", soustrait à sa vie de famille, au conjoint, aux enfants, aux amis, c'est une situation tout simplement et absolument effroyable. Le SEIGNEUR m'a dit, en ce qui concerne ces personnes : "Tu n'imagines même pas leurs souffrances.....! " C'est pour cela qu'il est dit avec raison que la mort bien préparée spirituellement et connue à son terme est une grâce de DIEU...... Alors cessons de dire naïvement le jour de l'enterrement (même si ces défunts passent malgré tout par l'Eglise) qu'ils sont "maintenant en paix et heureux là-haut", comme on le fait systématiquement..... Surtout que, rebelles à DIEU, dans une famille rebelle à DIEU, censés être devenu "plus rien du tout" ils n'auront pas la moindre prière d'aide, et aucune bonne pensée ne leur sera adressée d'ici-bas pour leur esprit. L'horreur !
(1) Toute cette expérience me concernant s'est déroulée alors que je n'étais pas mort ni mourant ; mais d'autres personnes ont relaté, alors qu'elles étaient mourantes, être parties dans une espèce de tunel. Effectivement c'est arrivé à la personne dont j'ai parlé ci-dessus dans "l'euthanasie". Elle s'est vue partir dans un tunel noir et gris, allongée et les bras en avant, et, ce qui l'a surpris le plus, c'est qu'elle était devenue toute fine et que ses mains, avant-bras, bras et coudes se touchaient parfaitement !
L'Enfer
selon le message de la Très Ste Vierge
à Fatima, les visions de Ste Catherine de Sienne, Ste
Françoise Romaine, Ste
Thérèse de
Jésus d'Avila et aussi Mère
Yvonne-Aimée de Jésus
Actuellement
la Très
Sainte Vierge est immensément
triste devant l'égarement et la perte
de beaucoup d'âmes, et, en novembre 2008, Elle nous
dit :
"Si
vous saviez combien d'âmes sont
précipitées chaque jour en
Enfer..."
Avec
Elle, on ne peut
donc tous qu'être des catholiques très
tristes et compatissants
Il
est bien évident que DIEU (et la Très Ste Vierge)
ne montre pas à ces
Saintes,
dont certaines Dr de l'Eglise, des visions pour faire simplement
et naïvement ou bêtement peur, mais
bien pour prouver l'existence réelle de l'Enfer que nous
devons craindre plus que tout, et quelle que soit son apparence ;
l'Enfer est en rapport avec nos péchés et leur
gravité et à notre non-soumission à
l'Amour et la Miséricorde de DIEU.
Après la Passion dans la Nouvelle Alliance,
DIEU ne
pardonne pas à ceux qui rejettent Son
Fils, Dieu au sein de
Dieu, leur Sauveur et
ne
supplient pas Sa miséricorde divine à l'heure de
leur
mort. C'est un péché irrémissible....
Malgré toutes ces mises en garde, l'Enfer, dans l'Eglise
moderniste de Vatican II avec ses funestes suites, n'existe
plus
! Il a été relégué au rang
des niaiseries du passé réservé aux
attardés mentaux.... Il n'est plus enseigné au
catéchisme évidemment ! La
chute et les grandes
souffrances pour beaucoup
n'en seront que plus dramatiques....
Lire également la page "descente
aux enfers"
Mais avant de prendre connaissance de ce qui nous a été dit de l'Enfer, peut-être nous faut-il auparavant nous imprégner de ce qu'est la crainte de DIEU, la Colère de DIEU et l'Enfer. Pour cela le Père Faber, Anglican converti, s'est parfaitement exprimé. Voici un passage traduit de l'anglais à partir de ce site :
Extrait de" Notes on doctrinal and spiritual subjects" par le Père Frederick William FABER, de l'Oratoire de St Philippe Néri.
Traduction par la Mésange, depuis l'original, pages 177 sq, édition de 1866.
Pouvons-nous parler de ces choses sans crainte ? Si toute la création repose et vit dans l'attente de la justice divine, sa vie peut-elle être autre chose qu'une vie de crainte ? Tout jugement est une chose à craindre. Il y a quelque chose dans notre nature qui est particulièrement sensible au jugement, et même au simple fait d'être jugé. Qu'est-ce que cela doit être lorsqu'il s'agit du jugement divin !? Que pourrait-il causer d'autre qu'une crainte dont les raisonnables excès ne peuvent être apaisés par nulle révélation, aucun pouvoir tranquillisant ? Considérons cette matière plus à fond. Il n'y a rien à dire que nous ne sachions déjà, et que nous n'embrassions d'un simple regard. Mais la méditation nous fera nous attarder sur ces choses, et la grâce suivra la méditation. L'adoration de Dieu est une adoration de crainte, en raison de Ses récompenses et châtiments. Ceci est la proposition obvie dont nous allons nous occuper, et nous commencerons par parler du châtiment, non qu'il soit prioritaire dans le plan de Dieu ou plus naturel pour Lui, mais simplement parce que nous voulons éviter de terminer avec une considération que nous n'entreprendrions point du tout si elle n'était absolument nécessaire à la santé des âmes.
Il nous faut aimer Dieu très tendrement pour être capables de penser à Lui dans Sa colère. Nous ne saurions supporter une telle pensée, si notre foi ne reposait pas sur l'immensité de Son amour. Mais afin de comprendre en vérité combien les châtiments divins sont à craindre, nous devons d'abord acquérir une idée de ce qu'est la colère dans un Dieu tout-saint, tout-parfait. Que ne feraient pas les créatures dans leur colère si elles en avaient le pouvoir ? C'est seulement leur faiblesse qui les freine. la colère mettrait le monde en pièces, si elle le pouvait. Quelle horreur alors que la colère de Dieu, qui est en elle-même bien plus terrible que celle d'une créature, soit en possession d'un pouvoir infini. Il n'y a rien pour la restreindre, nulle limite à son énergie. La colère, la colère de Dieu, une colère toute-puissante, il n'est pas aisé de penser à de telles choses sans tomber à genoux, cacher nos visages dans nos mains et prier du fond de nos cœurs d'une prière qui ne peut être mise en mots. Cependant la colère de Dieu n'est pas seulement infinie en puissance, elle l'est aussi en sagesse. Elle n'admet aucun aveuglement, aucune ignorance, ni passion, ni obscurité. Elle n'est rien moins que la Sagesse infinie. Elle n'est jamais non plus soudaine ni précipitée. Nous sommes surpris de sa lenteur, de sa patience, de son apparente délibération qui semble laisser faire sans agir. Néanmoins tout cela la rend mille fois plus terrible quand elle s'abat. Elle se rassemble avant d'éclater, comme pour rendre la fin plus certaine, pour acquérir de la vitesse et de la force lorsqu'elle jaillira. Mais si elle est lente dans sa croissance, elle est aussi continue : toujours elle avance et augmente. Sans contradiction avec sa lenteur caractéristique, la colère de Dieu est aussi marquée par une indescriptible véhémence, qui n'est pas passionnée, parce que son impétuosité est incomparablement au-delà de toute énergie possible d'une passion créée. (...) Combien Dieu est merveilleux dans ces deux abîmes : l'abîme de pouvoir et celui de sagesse ! Ils sont les puits d'où jaillit les eaux éternelles de la Divine colère. Cependant il y a un troisième abîme, un abîme d'amour ; et hélas! C'est dans ses profondeurs que la colère de Dieu puise surtout son ineffable perfection. L'amour blessé, l'amour déconsidéré, la compassion méprisée, la grâce négligée, la froideur qui refuse d'être réchauffée, la dureté qui refuse d'être adoucie dans les fournaises de l'amour divin, même lorsque les flammes sont nourries à Gethsemani et au Calvaire : voici les sources de la fureur écrasante de Dieu, les provocations faites à Son infinie, insatiable et infatigable justice. Sa colère est la sœur de Son amour. Voici donc ces trois abîmes, les abîmes de puissance, de sagesse, et d'amour. Considérez-les dans votre âme par une respectueuse méditation. Mesurez-les avec soin, mesurez-les plusieurs fois, ne serait-ce que pour vous convaincre de leur incommensurabilité. Puis essayez de concevoir les insondables ressources de la colère de Dieu. Hélas! Nous pouvons seulement adorer dans un silence frappé de panique les possibilités entrevues de la divine colère. Laissons cette douloureuse vision impregner notre œil intérieur afin que notre très légère nature ne puisse jamais l'oublier. Le salut est dans ce souvenir. (...)
Alors qu'est-ce que l'âme est obligée de se dire ? Cette colère de Dieu, cet incompréhensible mystère, je l'ai en réalité provoqué par mon péché. Cela repose sur moi, cela m'a mérité un éternel châtiment. Je vis en Dieu : je ne puis être hors de Lui. Il est tout en tout pour moi. Pourquoi alors pensè-je à tout sauf à éviter Sa colère et m'assurer Son amour ? Dieu peut être en colère. Dieu est toujours en colère, sans cesse en colère contre certaines de ses créatures. Est-il en colère contre moi ? Oh combien la vie semble une folie du côté de la fureur de Dieu ! Elle prend son temps pour elle, parade de sa liberté, fait beaucoup de bruit autour de ses plaisirs idiots ; et pendant ce temps-là elle est sous le coup de la belle, sainte et éternelle colère du Très-Haut ! Incroyable, stupide et frivole cette vie ! Elle est comme un bébé battant des mains et gazouillant devant le tonnerre et les éclairs.
S'il y a une insanité parmi les fils des hommes, c'est bien cette frivolité. Les hommes ne voient-ils pas que l'absence de réponse de Dieu à leur provocation est l'une des gloires de Sa colère ? Il reste silencieux. Il ne donne aucun signe. Il n'interrompt rien. Plaisir, folie, légèreté et volonté propre vont leur train tout doucement, et cette tranquillité même est prise à tort pour une bénédiction ! La grande rivière des miséricordes coulent de Son trône aussi abondamment que jamais ; et le brillant soleil de la longanimité, presque de la complaisance, éclaire ces eaux incessamment. (...) Père céleste ! Puissions-nous ne jamais oublier pour une seule heure les gloires de Votre colère, ou même que sa plus grande gloire est qu'elle est la colère d'un Père !
La pression d'une telle colère doit être intolérable et les moyens dont elle usera pour sa vengeance infiniment terribles. Ses châtiments doivent être presque incompréhensibles dans l'extrémité de la terreur qu'ils infligent. Toutes choses en Dieu sont si parfaites, si complètes, si triomphantes et si abondantes, que nous tremblons à la pensée de la surprenante sévérité de Ses châtiments, spécialement quand nous L'avons rejeté comme Roi et renié comme Père. Pensons aux caractéristiques des châtiments divins. Il y a, d'abord, leur inexorable sainteté. Ils sont si justes qu'ils ne laissent aucune place pour la plainte, car nous sommes tellement coupables que nous avons perdu tout droit de nous plaindre. La conscience de souffrir injustement est une aide à la fierté de notre endurance. Elle confère une dignité à la souffrance et une force à la volonté humaine qu la rend respectable même au milieu des indignités de la torture. Mais il ne se trouve rien de tel dans les châtiments de Dieu. Notre volonté est énervée et prostrée par la culpabilité, la honte et une crainte immense. L'âme dans son châtiment ne peut se rassembler elle-même, ni se préparer à endurer la souffrance, ni se retrancher un peu en elle-même, ni se concentrer sur elle, ni se distraire. Elle est entièrement cernée par la peur et en proie à une irrésistible panique, défaillante d'une terreur universelle. Cela provient de la sainteté des châtiments divins. La sainteté est exigeante : nous voyons même cela dans nos rapports avec des hommes saints. Il y a quelque chose d'exigeant en eux, quelque chose qui nous empêche d'être à l'aise, quelque chose qui nous irrite presque, comme s'ils ne nous faisaient pas justice. Il s'agit seulement d'une ombre des exigences de la Sainteté de Dieu. Cette sainteté demande un compte précis, elle exige une correspondance exacte entre la souffrance et la faute, qu'elle pèse sur la balance de ses exigences. Elle est insatiable pour la réparation et réclame d'inimaginables restitutions. Qui peut penser à ces choses sans peur ? L'âme perdue a rejeté la Passion de Notre Seigneur Bien-Aimé, et s'est trouvée seule face à la Sainteté incréée et la Justice vengeresse de Dieu. Elle doit affronter ces stupéfiantes perfections de Sa toute-sainte Majesté, et les affronter en endurant son extrême sévérité. Lorsque nous ajoutons le terrible souvenir de la divine justice et le triomphant jubilé de sa vengeance satisfaite, la sainteté des châtiments de Dieu nous fait nous détourner de leur vision comme de quelque chose que nous sommes trop faible pour endurer.
Est-il besoin d'ajouter que la sainteté des châtiments de Dieu impose la plus transcendante sévérité ? Cependant nous n'avons pas d'images par lesquelles nous puissions même vaguement nous représenter la nature et le degré de cette sévérité. Rien chez l'homme déchu n'a été plus imaginatif que sa cruauté ; et quelque connaissance de l'Histoire nous permet de mettre à jour une telle somme de barbarie, de tourments, de misère et de diverses agonies, qu'il nous est intolérable d'y songer. Pourtant la sévérité des châtiments divins est très loin au-delà de tout ceci. La cruauté des hommes est limitée par les puissances d'endurance propres à la nature mortelle ; et aussi vastes que soient ces puissances, ils ont néanmoins des limites et la mort offre une échappatoire. Mais l'indestructible immortalité d'une âme perdue au prise avec une colère toute-puissante, cela nous donne une autre mesure de la sévérité des châtiments de Dieu. Il s'agit d'une sévérité non seulement au-delà de toute référence humaine de cruauté, mais au-delà de toutes nos imaginations d'inconcevables tortures. Je crois que les châtiments de Dieu expérimentés par-delà la tombe jetteront Ses créatures dans l'effarement par leur extrême sévérité.
La
variété des châtiments divins est une
autre de
leurs caractéristiques. Puisque Dieu, l'unique souverain
bien, contient
tous les biens en Lui-même dans leur diversité et
leur plénitude, la
perte de Dieu, qui est le souverain mal, contient tous les maux dans
leur diversité et leur plénitude. Combien divers
sont les souffrances
que peuvent sentir la chair et les nerfs ! Combien nombreuses les
maladies dont les souffrances peuvent jouer sur notre corps comme s'il
était un instrument de musique ! Ce sont des images des
châtiments
divins. Dieu peut trouver d'inimaginables capacités de
souffrance dans
un corps immortel, et encore davantage dans l'âme. Sa Justice
exploitera ces capacité à leur extremum et
épuisera leur ressources
quasi insondables. Des châtiments
insoupçonnés après la mort, un monde
où la colère est autant la règle que
l'amour l'est ici-bas, et la
sévérité que la miséricorde
sur terre : Oh Majesté de Dieu ! Qui peut
endurer cette pensée ? Il y a l'infinie
variété de ces châtiments, mais
aussi la monotonie de leur insupportable intensité.
Cependant c'est une
monotonie qui, constituant un châtiment en
elle-même, ne fondra jamais
entre eux les diverses sortes de supplices, ni n'émoussera
par sa durée
les sens qui les subissent. L'âme entière
éprouvera pleinement et
simultanément chacun de ces milliers de supplices
particuliers, pour
l'éternité. Hélas ! si les hommes
voulaient méditer au sujet de Dieu,
quelle compréhension ils acquéreraient de la
gravité du péché ! (.....)
Les tourments de l'enfer rendraient nos sensibilités malades si nous les connaissions tels qu'ils sont. Probablement qu'ils offenseraient, à cause de notre peu de grâce, notre sens de la justice et de la modération. Les saints, qui ont eu des visions de l'enfer, semblent avoir joui d'aides miraculeuses pour leur survivre. Les châtiments de Dieu sont très au-delà de la modération dans leur variété, et dans leur intensité. Ils ne diminuent pas. Ils sont toujours à leur maximum. Ces divines extrémités sont toujours égales à elles-mêmes. La toute-puissance est à l'œuvre des deux côtés. D'un côté elle maintient constante la torture dans son atrocité non mitigée et son impétueuse fureur. De l'autre elle soutient l'immortalité du coupable afin que le feu ne le détruise pas, le poids ne l'écrase pas, les coups ne le brisent pas, ni l'agonie n'ait raison de lui.
Quelle leçon tirerons-nous de l'excès des Châtiments Divins ? Certains théologiens disent que la Passion de Notre Seigneur Bien-Aimé fut une souffrance moins grande que les peines de l'enfer. Pouvons-nous imaginer une Passion éternelle, et y ajouter la privation de la Grâce, l'infériorité de nos âmes, la conscience de notre péché, et la tempête contre Dieu dans le cœur ? Assurément personne ne le peut. C'est l'une de ces rares choses qui peuvent être dites avec des mots, mais non pensées. Cependant cela nous donnerait quelque idée de l'excès des châtiments de Dieu. Une âme qui fut un jour belle, façonnée à l'image de Dieu, ornée de grâces, irradiée par le Précieux Sang... et la voici, seule, tombée aux mains de la colère éternelle de Dieu, entourée par la mer grondante des flammes et des torrents de fureur des Châtiments Divins. N'est-ce pas une épouvantable vision ? (.....)
En raison de textes variés et en apparence contradictoires des Ecritures il y a une controverse parmi les théologiens pour savoir s'il est facile ou difficile de se sauver. Néanmoins il n'y a pas de controverse concernant la facilité à se perdre. Dieu nous enveloppe tellement de Son amour, et nous fortifie tant par sa Grâce, qu'il faut pour nous séparer de Lui, qu'à un moment de notre vie nous ayons fait un effort en ce sens, et que nous ayons étouffé volontairement le remords de nos péchés. Mais si c'est un effort, ce n'est pas un effort très difficile; et une fois ce premier pas franchi, la facilité de se perdre est telle que nous en aurions le souffle coupé si nous en avions une claire conscience.
Enfer
est un mot bien
court, qui contient une
science bien grande. Le fait seul que l'enfer existe devrait
être une
des réalités majeures du monde. Il y a une part
de la création qui se
dispose expressément au châtiment. Ces
châtiments sont au-delà de toute
conception humaine. L'enfer est très vaste, et
très peuplé. Les
tourments n'y sont pas seulement atroces, mais encore
éternels. Sa
population augmente chaque jour. Les révélations
des saints nous
enseignent que ses plus brûlants abîmes y sont
préparés pour les
mauvais Catholiques, qui ayant connu Jésus ont
méprisé Sa Passion.
Selon toute probabilité il y a là des personnes
que nous avons connues,
près de qui nous avons vécu, et que nous avons
aimées. Nous croyons
cela...
et pourtant nous restons frivoles !
Voici le chemin ! Pensons-y bien. On n'y rencontre
pas grande difficulté : ne résister à
aucune tentation, ne mortifier
aucune passion. Nous avons juste à faire ce qui nous
plaît. Nous avons
juste à omettre ce qui nous ennuie. Nous avons seulement
à plaire au
monde, et faire comme le monde fait. En réalité,
il nous suffit de
prendre la vie comme elle vient et c'est parti ! La route est faite et
nous voici arrivés !
Et cependant, nous restons frivoles !
Que faut-il pour perdre une âme pour
l'éternité ?
Laisser non-accomplies des choses qui semblent difficiles. Un seul
péché, même une pensée d'un
instant, est suffisant, si le moment était
suffisant pour la délibération. il est
aisé de se perdre à cause de
péchés véniels qui glissent
insensiblement vers le péché mortel, parce
que les habitudes de péché sont vite
formées, et, quand elles sont
formées, si obstinées, parce que les tentations
sont si variées,
continuelles, et violentes, parce que nous pouvons uniquement nous
raccrocher à Dieu par des moyens surnaturels, parce que nous
nous
contentons trop facilement de notre petit repentir pour nos
péchés,
parce que nous en usons trop librement avec Dieu, à cause du
mauvais
exemple des autres, parce que la vigilance nous est durement
à charge,
parce que nous avons tous notre péché d'habitude
qui cause notre ruine
par le peu de crédit que nous lui accordons, et enfin
à cause des
péchés cachés de la
mondanité. Qui peut nier une seule de ces
propositions ?
Et cependant nous restons frivoles !
L'Enfer dans le message de Fatima
En ce
13 juillet 1917,
quatre mille à cinq mille personnes s'étaient
déplacées à la Cova da Iria. Tous
récitaient le chapelet ; puis lorsqu'il fut
terminé, Lucie regarda vers le Levant et dit : «
Notre-Dame arrive ! »
La lumière du jour diminua, comme au
moment d'une
éclipse ; la température, qui était
très chaude, diminua ; la teinte de la lumière se
modifia, devenant jaune d'or. Il se forma alors, autour des trois
petits voyants, une nuée blanchâtre
très agréable à voir.
Quelques instants plus tard, la petite Jacinthe,
voyant que sa cousine
regardait la Notre-Dame sans oser lui parler, dit : «
Parle-lui donc ! Tu vois bien qu'Elle est déjà
là ! ». Lucie se décida donc :
« Que veut de moi Votre Grâce ?
»
« Je veux que vous veniez ici le 13 du
mois qui vient ; que
vous continuiez à réciter le chapelet tous les
jours en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du
monde et la fin de la guerre, parce qu'Elle seule pourra vous secourir
»
« Je voudrais Vous demander de nous dire
qui Vous
êtes, et de faire un miracle afin que tout le monde croit que
Votre Grâce nous apparaît ».
« Continuez à venir ici tous
les mois. En octobre,
je vous dirai qui Je suis, ce que Je veux, et Je ferai un miracle que
tous pourront voir pour croire.
Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et
dites souvent
à Jésus, spécialement lorsque vous
ferez un sacrifice :
"Ô Jésus, c'est par amour pour
Vous, pour la
conversion des pécheurs, et en réparation pour
les péchés commis contre le Cœur
Immaculé de Marie" »
Disant ces paroles, Elle ouvrit les mains. Le
reflet de la
lumière qui s'en dégageait parut
pénétrer la terre. Les enfants virent alors comme
un océan de feu, où étaient
plongé les démons et les âmes des
damnés. Celles-ci étaient comme des braises
transparentes, noires ou presque, ayant formes humaines. Elles
flottaient dans cet océan de fumée. Les cris et
les gémissements de douleur et de désespoir
horrifiaient et étaient effrayants !
Les démons se distinguaient des
âmes des
damnés par des formes horribles et répugnantes
d'animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme de noirs
charbons embrasés.
Effrayés, et comme pour demander
secours, les enfants
levèrent les yeux vers Notre-Dame qui dit :
« Vous avez vu l'enfer où vont
les âmes
des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut
établir dans le monde la dévotion de mon
Cœur Immaculé. Si l'on fait ce
que Je vais vous
dire, beaucoup d'âmes se sauveront et l'on aura la paix.....
L'Enfer dans les visions de Ste Catherine de Sienne
DIEU dans son "Dialogue" avec Sainte Catherine de Sienne, Docteur de l'Eglise, au cours de ses extases, lui parlait de la mort, de la miséricorde divine, du péché, du repentir, de l'éternelle damnation, de l'horreur du démon et de l'Enfer avec ses supplices et tourments. Il lui affirmait, entre autre :
"Les hommes sont donc sans excuse, puisque mes réprimandes n'ont point de relâche et que continuellement je leur fais voir la vérité. S'ils ne se corrigent pas pendant qu'il en est encore temps, ils seront condamnés dans la seconde accusation que je lancerai contre eux, au dernier instant de la mort, quand ma justice leur criera : Morts, levez-vous et venez au jugement ! C'est-à-dire : Toi qui es mort à la grâce et vas mourir à la vie corporelle, lève-toi, viens comparaître devant le souverain Juge avec ton injustice, avec ton faux jugement, avec la lumière éteinte de la foi, cette lumière que tu as reçue toute allumée dans le saint baptème et que tu as étouffée par le vent de l'orgueil et de la vanité du cœur. Ton cœur, tu l'as tendu comme une voile à tous les souffles contraire à ton salut ! Oui, la voile de l'amour-propre, largement ouverte à tous les vents de la flatterie, tu as descendu le fleuve des délices et des grandeurs du monde, t'abandonnant, bien volontairement, aux séductions de la chair fragile, aux artifices et aux pièges du démon. En soufflant dans la voile de ta volonté propre, le démon t'a conduit par le chemin d'en dessous, dans le torrent qui ne s'arrête plus et il t'a entraîné avec lui dans l'éternelle damnation. Cette seconde réprimande, ma très chère fille, se fait entendre au dernier moment, alors qu'il n'y a plus de remède. L'homme est aux portes de la mort et là, il retrouve le ver de la conscience qu'il ne sentait plus, aveuglé qu'il était par l'amour-propre ; mais, à cet instant de la mort, quand l'homme s'aperçoit qu'il va tomber entre mes mains, ce ver commence à se réveiller et à ronger la conscience de ses reproches à la vue des grands maux où il a été conduit par sa faute. Si cette âme alors avait la lumière qu'il faut pour connaître son péché et en concevoir du repentir, non à cause de la peine de l'enfer qui en est la suite, mais pour moi qu'elle a offensé et qui suis la souveraine et éternelle Bonté, elle trouverait encore miséricorde. Mais elle franchit cet instant de la mort sans une lumière, avec le seul remord dans sa conscience, sans l'espérance dans le Sang, tout entière à sa propre souffrance, se lamentant de sa perte, sans un regret de mon offense : elle tombe ainsi dans l'éternelle damnation. C'est alors que ma justice intervient pour l'accuser en toute rigueur de son injustice et de son faux jugement et surtout de l'injustice particulière qu'elle a commise à ce dernier instant et du faux jugement qu'elle a porté, en estimant que sa misère était plus grande que ma miséricorde. Voila le péché irrémissible, qui n'est pardonné ni en ce monde ni dans l'autre. Elle a repoussé, elle a méprisé ma miséricorde et ce péché est plus grave à mes yeux que tous les autres péchés dont elle s'est rendue coupable. Aussi le désespoir de Judas fut-il plus offensant pour Moi et plus douloureux pour mon Fils que sa trahison elle-même. Ainsi l'âme pécheresse est accusée de ce faux jugement qui lui a fait estimer son péché plus grand que ma miséricorde et, pour cette raison, elle est punie avec les démons et tourmentée éternellement avec eux. Elle est aussi accusée de l'injustice qu'elle a commise en se montrant plus sensible à sa perte qu'à mon offense. Il y a là vraiment une injustice, car elle ne m'a pas accordé à moi ce à quoi j'avais droit, et à elle-même ce qui lui était dû. Elle me devait à Moi l'amour ! Quant à elle, elle ne pouvait prétendre qu'à la douleur et au repentir du cœur, qu'elle devait offrir en ma présence, pour l'offense qu'elle m'avait faite. Bien au contraire, c'est à elle qu'elle donne tout son amour, elle n'a de compassion que pour elle-même, de douleur que pour la peine que lui a attirée son péché. Tu vois donc bien quelle double injustice elle commet. Voilà pourquoi elle est punie tout à la fois de l'une et de l'autre. Puisqu'elle a méprisé ma miséricorde, Moi, par ma justice, je la condamne, en même temps que sa servante cruelle la sensualité, et avec le diable cet impitoyable tyran dont elle s'est fait l'esclave en consacrant à son service sa propre sensualité et je les livre tous ensemble aux supplices et aux tourments, comme c'est ensemble aussi qu'ils m'ont offensé. Elles sera tourmentée par mes ministres, les démons, chargés par ma justice de châtier ceux qui ont fait le mal. Ma Fille, ta langue est impuissante à dire la peine qu'endurent ces âmes dégradées. Il y a, tu les sais, trois vices principaux ; le premier est l'amour-propre, d'où procède le second, l'estime de soi-même, qui a son tour enfante le troisième qui est l'orgueil, avec l'injustice, la cruauté et tous les autres péchés iniques et grossiers qui en dérivent. Il y a aussi dans l'enfer quatre supplices principaux, d'où découlent tous les autres tourments. Le premier, c'est que les damnés sont privés de ma vision. Cela leur est une si grande peine que, s'il leur était possible, ils choisiraient d'endurer le feu, les tortures et les tourments en jouissant de ma vue, plutôt que d'être délivrés de leurs souffrances sans me voir. Cette peine est encore aggravée par la seconde, celle du ver de la conscience qui les ronge sans cesse, et sans cesse leur fait entendre que c'est par leur faute qu'ils sont privés de ma vue et de la société des anges et qu'ils ont mérité d'être placés dans la compagnie des démons pour se repaître de leur vision. Cette vue du démon, qui est la troisième peine, redouble toutes leurs souffrances. Dans la vision qu'ils ont de moi, les saints sont toujours en exultation et renouvellent incessamment, par leur allégresse, la récompense de leurs travaux supportés pour moi avec une si grande abondance d'amour et un si grand mépris d'eux-mêmes. Tout au contraire, ces malheureux sentent leurs tourments toujours renouvelés par la vue du démon. Car en le voyant, ils se connaissent mieux eux-mêmes et comprennent mieux que c'est par leur faute qu'ils ont mérités ces châtiments. Alors le ver de la conscience les ronge davantage et les brûle comme un feu qui ne s'éteint jamais. Ce qui fait encore leur peine plus grande, c'est qu'ils le voient dans sa propre figure qui est si horrible qu'il n'est pas un cœur d'homme qui la puisse imaginer. Tu dois te souvenir que je t'ai fait voir un tout petit instant, tel qu'il est dans sa propre forme, et, une fois revenue à toi, tu aurais préféré marcher dans un chemin de feu jusqu'au dernier jour du jugement plutôt que de le revoir encore. Malgré tout ce que tu as pu en apercevoir, tu ne sais pas complètement à quel point il est affreux ; car, par divine justice, il se découvre plus horrible encore à l'âme qui est séparée de moi, et plus ou moins suivant la gravité des fautes de chacun. Le quatrième tourment qu'endurent les damnés est le feu. Ce feu brûle et ne consume pas. L'être de l'âme ne se peut consumer, parce qu'elle n'est pas une chose matérielle qui puisse être détruite par le feu. Mais moi, par divine justice, je permets que ce feu les brûle douloureusement, qu'il les afflige sans les détruire, qu'il les châtie de peines très grandes et de différentes manière, suivant la diversité de leurs péchés, et plus ou moins, suivant la gravité de la faute. A ces quatres supplices s'ajoutent tous les autres tourments, le froid, le chaud, le grincements de dents et d'autres encore. Ainsi sont punis misérablement tous ceux qui, après avoir été repris une première fois au cours de leur vie, de leur injustice et de leur faux jugement, sans se corriger, ont entendu, à l'heure de la mort, la seconde réprimande, sans vouloir espérer en moi, sans vouloir se repentir de l'offense qu'ils m'ont faite, sans concevoir d'autre regret que celui de la peine qui les menace. Ils ont reçu la mort éternelle..........."
Et aussi : "...Tu vois donc bien que les démons sont à mon service pour tourmenter les damnés de l'enfer et, en cette vie, pour exercer et procurer la vertu dans les âmes...... Aussi le veux que tu saches ce qui arrive, au moment de la mort, à ceux qui se sont mis pendant leur vie sous la domination du démon. Ce n'est pas pare contrainte, car nul ne peut les y forcer, c'est volontairement qu'ils se sont livrés entre ses mains et qu'ils ont porté jusqu'aux approche de la mort, le joug honteux de cet esclavage. A ces derniers instants ils n'ont pas besoin d'une jugement étranger, leur conscience est à eux-mêmes leur propre juge, et c'est en désespérés qu'ils se jettent dans l'éternelle damnation. Aux portes de la mort, ils se cramponnent à l'enfer par la haine, avant même d'y pénétrer. Il en va de même pour les justes qui ont vécu dans la charité et meurent dans l'amour. Quand ils arrivent au terme de la vie, s'ils ont bien vécu dans la vertu, éclairés par les lumières de la foi, et soutenus par l'espérance absolue dans le sang de l'Agneau, ils voient le bonheur que je leur ai préparé ; ils l'étreignent avec les bras de leur amour, m'embrassant étroitement et amoureusement, Moi, le Bien souverain et éternel, en cette extrémité de la mort. Ils goûtent ainsi à la vie éternelle, avant qu'ils aient abandonné leur dépouille mortelle, avant que l'âme soit séparée du corps. Pour d'autres qui ont passé leur vie et arrivent à leur dernier instant, avec une charité commune mêlée de beaucoup d'imperfections, ils se jettent dans les bras de ma miséricorde, avec cette même lumière de foi et d'espérance, quoiqu'à un degré moindre, que nous avons rencontrée dans les parfaits. A cause de leur imperfection, ils s'attachent à ma miséricorde, qu'ils estiment bien plus grande que leurs fautes. C'est tout le contraire que font les pécheurs d'iniquité. La vue de la place qui leur est destinée les remplit de désespoir et ils s'y attachent de toute leur haine, comme je t'ai dit. Ainsi ni les uns ni les autres n'attendent leur jugement ; chacun, au sortir de cette vie, reçoit sa place comme je viens de t'expliquer. Ils goûtent à leur destinée, ils en prennent possession avant même de quitter le corps, à l'instant de la mort : les damnés par la haine et le désespoir, les parfaits par l'amour, par la lumière de la foi, par l'espérance du Sang ; les imparfaits, par la miséricorde et la même foi, entrent dans le séjour du purgatoire....."
Et
aussi : ..Tu
vois donc combien sont le jouet de leurs
illusions ! Ils pourraient m'avoir à eux, me
posséder, fuir la
tristesse, trouver la joie et la consolation, c'est le mal cependant
qu'ils choisissent sous couleur de bien, et ils se damnent, en
s'attachant à l'or avec un amour
désordonné. Mais
l'infidélité les
aveugle et ils ne voient pas le venin ; s'ils s'aperçoivent
de leur
empoisonnement, ils ne prennent pas le remède. C'est la
croix du démon
que portent ces malheureux, avec un avant-goût de l'enfer !"
Et
aussi : ...Quand
un jour, étant en
oraison, il me sembla que je me trouvais subitement, sans savoir
comment, transportée tout entière en enfer. Le
Seigneur, je le compris, voulait me montrer la place que les
démons m'y avaient préparée et que
j'avais méritée par mes
péchés. Cette vision dura très peu,
mais alors même que je vivrais de longues années,
il me serait, je crois, impossible d'en perdre jamais le souvenir.
L'entrée me parut semblable à une ruelle
très longue et très étroite ou encore
à un four extrêmement bas, obscur et
resserré. Le fond était comme une eau fangeuse,
très sale, infecte et remplie de reptiles venimeux. A
l'extrémité se trouvait une cavité
creusée dans une muraille en forme d'alcôve
où je me vis placée très à
l'étroit. Tout cela était délicieux
à la vue, en comparaison de ce que je sentis alors ; car je
suis loin d'en avoir fait une description suffisante. Quant
à la souffrance que j'endurai dans ce réduit, il
me semble impossible d'en donner la moindre idée ; on ne
saurait jamais la comprendre. Je sentis dans mon âme un feu
dont je suis impuissante à décrire la nature,
tandis que mon corps passait par des tourments intolérables.
J'avais cependant dans ma vie enduré des
souffrances bien cruelles .... mais tout cela n'est rien en comparaison
de ce que je souffris dans ce cachot. De plus je voyais que ce tourment
devait être sans fin et sans relâche. Et cependant
toutes ces souffrances ne sont rien encore auprès de
l'agonie de l'âme. Elle éprouve une oppression,
une angoisse, une affliction si sensible, une peine si
désespérée et si profonde, que je ne
saurais l'exprimer. Si je dis que l'on vous arrache continuellement
l'âme, c'est peu, car, dans ce cas, c'est un autre qui semble
vous ôter la vie. Mais ici, c'est l'âme
elle-même qui se met en pièces. Je ne saurais, je
l'avoue, donner une idée de ce feu intérieur et
de ce désespoir qui s'ajoutent à des tourments et
à des douleurs si terribles. Je ne voyais pas qui me les
faisait endurer, mais je me sentais, ce semble, brûler et
hacher en morceaux. Je le répète, ce qu'il y a de
plus affreux, c'est ce feu intérieur et ce
désespoir de l'âme. Dans ce lieu si infect
d'où le moindre espoir de consolation est à
jamais banni, il est impossible de s'asseoir ou de se coucher ;
l'espace manque ; j'y était enfermée comme dans
un trou pratiqué dans la muraille ; les parois
elles-mêmes, objet d'horreur pour la vue, vous accablent de
tout leur poids ; là tout vous étouffe ; il n'y a
point de lumière, mais les ténèbres
les plus épaisses. Et cependant, chose que je ne saurais
comprendre, malgré ce manque de lumière, on
aperçoit tout ce qui peut être un tourment pour la
vue. Le Seigneur ne voulut pour lors me montrer rien de plus de
l'enfer. Il m'a donné, depuis, une vision de choses
épouvantables et de châtiments infligés
à certains vices ; ces tortures me paraissaient beaucoup
plus horribles à la vue ..... la
torture du feu de
ce monde
est bien peu de chose en comparaison du feu de l'enfer.
Aussi
je fus
épouvantée ; malgré les six ans
environ écoulés depuis lors, ma terreur est telle
en écrivant ces lignes qu'il me semble que mon sang se glace
dans mes veines ici même où je me trouve. Aussi
chaque fois que je me rappelle ce souvenir au milieu de mes travaux et
de mes peines, toutes les souffrances d'ici-bas ne sont plus rien
à mes yeux ; il me semble même que, sous un
certain rapport, nous nous plaignons sans motif. Je ne crains pas de le
redire, c'est là une des grâces les plus insignes
que le Seigneur m'ait accordées. Elle a produit en moi le
plus grand profit. Elle m'a oté toute la crainte des
tribulations et des contradictions de la vie, elle m'a donné
le courage de les supporter, et elle m'a stimulée
à remercier le Seigneur de m'avoir
délivrée, comme j'ai tout lieu de le croire
maintenant, de ces tourments si longs et si terribles ... Depuis lors,
je le répète, tout me paraît facile en
comparaison d'un seul instant de ces tortures que j'endurai alors ....
O mon Dieu, soyez à jamais béni ! Comme on voit
bien que vous m'aimez beaucoup plus que je ne m'aime moi-même
! Que de fois, O Seigneur, ne m'avez-vous pas
délivrée d'une si horrible prison ! Que de fois
j'y retournais moi-même contre votre volonté
! Cette vision m'a procuré, en outre, une
douleur immense de la perte de tant d'âmes
et en
particulier de ces luthériens qui étaient
déjà par le baptême membres de
l'Eglise. Elle m'a procuré aussi les
désirs les plus ardents d'être utile aux
âmes (c'est la
Mission de l'Eglise, le salut des âmes et non pas des corps).
Il me semble en vérité que, pour en
délivrer une seule de si horribles tourments, je souffrirais
très volontiers mille fois la mort .... la vue d'une
âme condamnée pour
l'éternité au supplice des supplices, qui donc la
pourrait souffrir ? Nous sommes émus de la plus tendre
compassion pour les maux d'ici-bas, et cependant nous savons qu'ils ont
un terme et finissent avec la vie. Ne le serions-nous pas davantage
pour des supplices qui doivent durer toujours ? Je ne sais comment nous
pouvons vivre en repos quand nous voyons tant d'âmes que le
démon entraîne avec lui en enfer.
L'Enfer dans les visions de Ste
Françoise Romaine, Veuve
- Fondatrice des Oblates - 1384-1440
Sainte
Françoise nous a laissé quatre-vingt-treize
visions qu'elle a dictées elle-même à
son confesseur. Le traité de l'enfer, en particulier, est
remarquable.
Dans la treizième vision, elle voit la Sainte Vierge dont la
tête est ornée de trois couronnes : celle de sa
Virginité, celle de son Humilité et celle de sa
Gloire.
Dans la vision quatorzième, elle décrit le ciel :
celui-ci
est divisé en ciel étoilé, ciel
cristallin et ciel empyrée. Le ciel des astres est
très lumineux ; le cristallin l'est encore davantage, mais
ces lumières ne sont rien en comparaison de celle qui
éclaire le ciel empyrée : ce sont les plaies de
Jésus qui illuminent ce troisième ciel.
Dans la dix-septième vision, Dieu lui montre Sa
Divinité : elle voit comme un grand cercle qui n'avait
d'autre soutien que lui-même, et jetait un éclat
si vif que la Sainte ne pouvait le regarder en face : elle lut au
milieu les paroles suivantes : "Principe sans principe et fin sans
fin". Elle vit ensuite comment se fit la création des Anges
: ils furent tous créés à la fois.
Ceux qui ont perdu la gloire du ciel à jamais,
forment le tiers de l'immense multitude de ces esprits.
Dans la vingt et unième
vision, le chœur des vierges, conduit par sainte Madeleine et
sainte Agnès, lui fit entendre le cantique suivant :
«Si quelqu'un désire entrer dans le cœur
de Jésus, il doit se dépouiller de toutes choses
tant intérieures qu’extérieures ; se
mépriser et se juger digne du mépris
éternel ; agir en toute simplicité, n'affecter
rien qui ne soit conforme à ses sentiments, ne point
chercher à paraître meilleur qu'on n'est aux yeux
de Dieu ; ne jamais revenir sur ses sacrifices ; se renoncer
à soi-même et connaître sa
misère au point de ne plus oser lever les yeux pour regarder
son Dieu ; se haïr soi-même au point de demander
vengeance au Seigneur ; rendre au Très-Haut les dons qu'on
en a reçus : mémoire, entendement,
volonté ; regarder les louanges comme un supplice et un
châtiment ; s'il arrive qu'on vous témoigne de
l'aversion, regarder cette peine comme un bain d'eau de rose dans
lequel il faut se plonger avec une vraie humilité ; les
injures doivent résonner aux oreilles de l'âme qui
tend à la perfection comme des sons agréables ;
il faut recevoir les injures, les mauvais traitements comme des
caresses : ce n'est pas assez, il faut en rendre grâces
à Dieu, il faut en remercier ceux de qui on les
reçoit ; l'homme parfait doit se faire si petit qu'on ne
doit pas plus l'apercevoir qu'un grain de millet jeté au
fond d'une rivière profonde».
Il lui fut dit aussi qu'une seule âme s'était
trouvée au monde ornée de toutes les vertus dans
un degré suprême : celle de Marie.
Traité
de l’Enfer
Chapitre 1
Du lieu de l’enfer, de son prince, de l'entrée des
âmes dans ce lieu d'horreur, et des peines qui leur sont
communes.
Un jour que la servante de Dieu était très
souffrante, elle s'enferma dans sa cellule, pour se livrer en toute
liberté à l'exercice de la contemplation,
où elle trouvait sa consolation et toutes ses
délices. Il était environ quatre heures
après midi : elle fut aussitôt ravie en extase, et
l'archange Raphaël, qu’elle ne vit pas alors, vint
la prendre, et la conduisit à la vision de l'enfer.
Arrivée, à la porte de ce royaume effroyable,
elle lut ces paroles écrites en caractères de feu
: «Ce lieu est l'enfer, où il n'y a ni repos, ni
consolation, ni espérance». Cette porte
étant ouverte, elle regarda et vit un abîme si
profond et si épouvantable, que depuis elle n'en pouvait
parler sans que son sang se glaçât d'effroi. De
cet abîme sortaient des cris affreux et des exhalaisons
insupportables ; alors elle fut saisie d'une horreur extrême
; mais elle entendit la voix de son conducteur invisible, qui lui
disait d'avoir bon courage, parce qu'il ne lui arriverait aucun mal. Un
peu rassurée par cette voix amie, elle observa plus
attentivement cette porte, et vit que déjà fort
large à son entrée, elle allait en
s'élargissant toujours davantage dans son
épaisseur ; mais dans cet affreux corridor
régnaient des ténèbres inimaginables ;
cependant il se fit pour elle une lumière, et elle vit que
l'enfer était composé de trois régions
: l'une supérieure, l'autre inférieure, et
l'autre intermédiaire. Dans la région
supérieure, tout annonçait de graves tourments ;
dans celle du milieu, l'appareil des tortures était encore
plus effrayant ; mais, dans la plus basse région, la
souffrance était incompréhensible. Ces trois
régions étaient séparées
par de longs espaces, où les ténèbres
étaient épaisses, et les instruments de tortures
en nombre prodigieux et extraordinairement variés.
Dans cet abîme effroyable, vivait un immense dragon qui en
occupait toute la longueur : il avait sa queue dans l'enfer
inférieur, son corps dans l’enfer
intermédiaire et sa tête dans l'enfer
supérieur. Sa gueule était béante dans
l'ouverture de la porte qu'il remplissait tout entière ; sa
langue sortait d'une longueur démesurée ; ses
yeux et ses oreilles lançaient des flammes sans
clarté, mais d'une chaleur insupportable ; sa gorge
vomissait une lave brûlante et d'une odeur
empestée. Françoise entendit dans cet
abîme un bruit effroyable : c'étaient des cris,
des hurlements, des blasphèmes, des lamentations
déchirantes, et tout cela mêlé
à une chaleur étouffante, et à une
odeur insoutenable, lui faisait un tel mal, qu'elle crut que sa vie
allait s'anéantir ; cependant son guide invisible la rassura
par ses inspirations, et lui rendit un peu de courage : elle en avait
besoin pour soutenir la vision dont nous allons parler.
Elle aperçut Satan sous la forme la plus terrifiante qu'il
soit possible d'imaginer. Il était assis sur un
siège qui ressemblait à une longue poutre, dans
l'enfer du milieu, et cependant sa tête atteignait le haut de
l'abîme, et ses pieds descendaient jusqu'au fond ; il tenait
ses jambes écartées, et ses bras
étendus, mais non en forme de croix. Une de ses mains
menaçait le ciel, et l'autre semblait indiquer le fond du
précipice. Deux immenses cornes de cerf couronnaient son
front; elles étaient fort rameuses, et les innombrables
petites cornes qui en sortaient, comme autant de rameaux, semblaient
autant de cheminées par où
s'échappaient des colonnes de flammes et de
fumée. Son visage était d'une laideur repoussante
et d'un aspect terrible. Sa bouche, comme celle du dragon, vomissait un
fleuve de feu très ardent ; mais sans clarté et
d'une puanteur affreuse. Il portait au cou un carcan de fer rouge. Une
chaîne brûlante le liait par le milieu du corps, et
ses pieds et ses mains étaient également
enchaînés. Les fers de ses mains
étaient fortement cramponnés dans la
voûte de l'abîme ; ceux de ses pieds tenaient
à un anneau fixé au fond du gouffre, et la
chaîne qui lui liait les reins, liait aussi le dragon dont
nous avons parlé.
A cette vision en succéda une autre. La servante de Dieu
aperçut de tous côtes des âmes que les
esprits qui les avaient tentées ramenaient dans cette
affreuse demeure : elles portaient leurs péchés
écrits sur leurs fronts en caractères si
intelligibles, que la sainte comprenait pour quels crimes chacune
d'elles était damnée. Ces lettres, du reste,
n'étaient que pour elle seule ; car ces âmes
malheureuses ne connaissaient réciproquement leurs
péchés que par la pensée. Les
démons qui les conduisaient, les accablaient de
plaisanteries, de reproches amers et de mauvais traitements, qu'il
serait difficile de raconter, tant la rage de ces monstres
était inventive. A mesure que ces âmes arrivaient
à l'entrée du gouffre, les démons les
renversaient et les précipitaient, la tête la
première, dans la gueule toujours ouverte du dragon. Ainsi
englouties, elles glissaient rapidement dans ses entrailles, et
à l'ouverture inférieure, elles
étaient reçues par d'autres démons qui
les conduisaient aussitôt à leur prince, ce
monstre enchaîné, dont nous venons de parler. Il
les jugeait sur-le-champ, et après avoir assigné
le lieu qu'elles devaient occuper selon leurs crimes, il les livrait
à dés démons qui lui servaient de
satellites pour les y conduire. La sainte remarqua que cette
translation ne se faisait pas de la même manière
que celle des âmes qui passent du purgatoire au paradis.
Quoique la distance que ces dernières ont à
parcourir soit incomparablement plus grande que celle d'un enfer
à l'autre, puisqu'il leur faut traverser la terre, le ciel
des astres et le cristallin, pour arriver à
l'empyrée ; cependant ce voyage se fait dans un clin
d'œil. La marche des âmes que Françoise
voyait emporter par les gardes du tyran infernal, était au
contraire fort lente, tant à cause des
ténèbres épaisses, qu'il leur fallait
traverser avec une sorte de violence, que des tortures qu'ils leur
faisaient souffrir dans les espaces intermédiaires dont nous
avons parlé. Ce n'était donc qu'après
un certain temps que les démons finissaient par les
déposer au fond de l'abîme.
Françoise vit aussi arriver d'autres âmes moins
coupables que les premières, et cependant
réprouvées ; elles étaient
précipitées dans la gueule du dragon,
présentées à Lucifer,
jugées et transférées par les
démons, comme les autres ; mais, au lieu de descendre au
fond du gouffre, elles montaient dans l'enfer supérieur,
avec la même lenteur néanmoins, et en subissant
des tourments proportionnés à leurs
péchés. Arrivées dans leur prison,
elles y trouvaient une multitude de démons en forme de
serpents et de bêtes féroces, dont la vue les
terrorisait. Les regards de Satan les épouvantaient encore
davantage, et, sans parler de l'incendie général
dans lequel elles étaient enveloppées, le feu qui
sortait du prince des ténèbres leur faisait
cruellement sentir son ardeur dévorante. Autour d'elles
régnait une nuit éternelle ; en sorte que rien ne
pouvait faire diversion aux peines qu'elles enduraient. Là,
comme dans les autres parties de l'enfer, chacune des âmes
réprouvées était livrée
à deux démons principaux, exécuteurs
des arrêts de la justice divine. La fonction du premier
était de la frapper, de la déchirer et de la
tourmenter sans cesse ; celle du second était de se moquer
de son malheur, en lui reprochant de se l'être
attiré par sa faute ; de lui rappeler continuellement le
souvenir de ses péchés, mais de la
ma-nière la plus accablante, en lui demandant comment elle
avait pu céder aux tentations, et consentir à
offenser son Créa-teur ; de lui reprocher enfin, tous les
moyens qu'elle avait eus de se sauver, et toutes les occasions de faire
le bien, qu'elle avait perdues par sa faute. De là des
remords déchirants, qui, joints aux tourments que l'autre
bourreau lui faisait éprouver, la mettaient dans un
état de rage et de désespoir, qu'elle exprimait
par des hurlements et des blasphèmes. La charge
confiée à ces deux démons
n'était pourtant pas exclusive : tous les autres avaient
également droit de l'insulter et de la tourmenter, et ils ne
manquaient pas d'en user. La servante de Dieu ayant
désiré savoir quelle différence il y
avait entre les habitants des trois provinces de ce royaume effroyable,
il lui fut dit que, dans la région inférieure,
étaient placés les plus grands criminels ; dans
celle du milieu les criminels médiocres et dans la
région supérieure les moins coupables des
réprouvés. Les âmes que vous voyez dans
ce lieu le plus haut, ajouta la voix qui l'instruisait, sont celles des
Juifs qui, à leur opiniâtreté
près, vécurent exempts de grands crimes, celles
des chrétiens qui négligèrent la
confession pendant la vie, et en furent privés à
la mort, etc. Tout ce que la bienheureuse voyait et entendait la
remplissait d'épouvante ; mais son guide avait grand soin de
la rassurer et de la fortifier.
Chapitre II
Tourments particuliers exercés sur neuf sortes de coupables.
- 1 Supplices de ceux qui outragèrent la
nature par
leurs impuretés.
Françoise aperçut dans la partie la plus basse et
la plus horrible de l'enfer des hommes et des femmes qui enduraient des
tortures effroyables. Les démons qui leur servaient de
bourreaux les faisaient asseoir sur des barres de fer rougies au feu,
qui pénétraient le corps dans toute sa longueur,
et sortaient par le sommet de la tête, et pendant que l'un
d'entre eux retirait cette barre, et la renfonçait de
nouveau, les autres, avec des tenailles ardentes, leur
déchiraient les chairs depuis la tète jusqu'aux
pieds. Or ces tourments étaient continuels et cela sans
exclusion des peines générales je veux dire, du
feu, du froid glacial, des épaisses
ténèbres, des blasphèmes et des
grincements de dents.
- 2 Supplices des usuriers.
Non loin du cachot des premiers, Françoise en vit un autre
où les criminels étaient torturés
d'une manière différente, et il lui fut dit que
c'étaient les usuriers. Or, ces malheureux
étaient couchés et cloués sur une
table de feu, les bras étendus, mais non en forme de croix,
et le guide de Françoise lui dit à ce sujet, que
tout signe de la croix était banni de ces demeures
infernales. Chacun d’eux avait un cercle de fer rouge sur la
tête. Les démons prenaient dans des
chaudières de l'or et de l'argent fondus qu'ils versaient
dans leurs bouches ; ils en faisaient couler aussi dans une ouverture
qu’ils avaient pratiquée à l'endroit du
cœur, en disant : souvenez-vous, âmes
misérables de l’affection que vous aviez pour ces
métaux pendant la vie ; c'est elle qui, vous a conduites
où vous êtes. Ils les plongeaient ensuite dans une
cuve pleine d'or et d'argent liquéfiés ; en
sorte, qu'elles ne faisaient que passer d'un tourment à un
autre, sans obtenir un moment de repos. Elles souffraient en outre, les
peines communes à toutes les autres âmes
réprouvées ; ce qui les réduisait
à un affreux désespoir : aussi ne cessaient-elles
de blasphémer le nom sacré de Celui qui
exerçait sur elles ses justes vengeances.
- 3 Supplices des blasphémateurs.
Françoise vit, dans la même région, les
profanateurs obstinés de Dieu, de la sainte Vierge et des
saints. Or, ils étaient soumis à des tortures
effroyables. Les démons, armés de pinces
brûlantes, tiraient leurs langues, et les appliquaient sur
des charbons embrasés, ou bien ils prenaient de ces
charbons, et les leur mettaient dans la bouche ; ensuite ils les
plongeaient dans des chaudières d'huile bouillante, ou bien
ils leur en faisaient avaler, en disant : «Comment osiez-vous
blasphémer ce que les cieux révèrent,
âmes maudites et
désespérées? Non loin de ceux-ci
étaient les lâches qui renoncèrent
Jésus-Christ par la crainte des supplices ; mais leurs
tourments n'étaient pas aussi rigoureux, Dieu ayant
égard à la faiblesse humaine qui les fit
succomber.
- 4 Supplices des traîtres.
Françoise vit dans le même quartier, les tortures
qu’exerçaient les démons impitoyables
sur les hommes infidèles à leurs
maîtres, et surtout sur les chrétiens qui ne
prirent des engagements sur les fonts sacrés du
baptême que pour les profaner. Ces cruels bourreaux leur
arrachaient le cœur avec des tenailles ardentes, et le leur
rendaient ensuite pour l'arracher de nouveau. Ils les descendaient
aussi de temps en temps dans des cuves pleines de poix bouillante, et
leur disaient en les y tenant submergés :
«Âmes fausses et perfides, sans cœur et
sans fidélité, non contents de trahir vos
maîtres temporels, vous avez osé trahir votre Dieu
Lui-même ; car vous prîtes sur les fonts du
baptême, l'engagement solennel de renoncer à
Satan, à ses pompes et à ses œuvres, et
vous avez fait tout l'opposé. N'oubliez pas ces promesses,
et recevez le châtiment que leur violation vous a
mérité». A ces reproches amers
succédaient les hurlements des victimes ; elles
blasphémaient aussi les sacrements, surtout le saint
baptême et maudissaient leur divin auteur.
- 5 Supplices des homicides.
Un peu plus loin elle vit des hommes à figures
féroces, plongés dans une immense
chaudière remplie de sang en ébullition. Or, les
démons venaient les prendre dans cette chaudière
bouillante et les jetaient dans une autre pleine d'eau à
moitié glacée ; puis les retiraient de celle-ci
pour les submerger dans la première. Mais ce
n'était pas là leur unique tourment, d'autres
démons armés de poignards enflammés
leur perçaient le cœur et ne retiraient le fer de
la plaie que pour l'y plonger encore. Auprès de ces hommes
sanguinaires, étaient placées ces
mères qui se dénaturèrent au point
d'ôter la vie à leurs propres enfants, et leurs
tortures étaient à peu près les
mêmes.
- 6 Supplices des apostats qui
abandonnèrent la foi
catholique non par faiblesse mais par corruption.
Les démons les sciaient par le milieu du corps, avec des
scies de fer rouge, trempées dans du plomb fondu. Or, la
re-prise des chairs s'opérait subitement après
l'opération, et permettait aux bourreaux de recommencer sans
cesse.
- 7 Supplice des incestueux.
Il y eut dans tous les temps des hommes et des femmes qui,
emportés par une passion aveugle, commirent des
impuretés avec des personnes qui leur étaient
unies par les liens du sang ou par des liens spirituels Or, la Servante
de Dieu les vit dans un cachot voisin de celui des habitants de Sodome.
Or, les démons les plongeaient dans une fosse pleine de
matières infectes en ébullition ; puis les
retirant de là, ils les coupaient par quartiers, et lorsque
ces quartiers s'étaient réunis, ce qui se faisait
aussitôt, ils les replongeaient dans le cloaque
brûlant et fétide.
- 8 Supplices des magiciens.
Dans l'enfer du milieu, la bienheureuse vit ceux qui, pendant leur vie,
étaient en commerce avec le démon, et ceux qui
les consultaient et leur donnaient confiance. Ils étaient
enveloppés dans des ténèbres
effroyables, et les bourreaux les lapidaient avec des pavés
de fer rougis au feu. Il y avait là un gril
carré, au milieu duquel, brûlait un feu terrible.
Or, de temps en temps les démons couchaient leurs victimes
sur ce gril, et les y tenaient fortement
enchaînés; puis ils les retiraient de
là pour les lapider encore.
- 9 Supplices des excommuniés.
La servante de Dieu remarqua que toutes les âmes
précipitées dans la gueule du démon ne
sortaient pas de son corps. Ayant eu le désir de savoir
quelles étaient les âmes qu'elle ne voyait pas
reparaître, il lui fut dit que c'étaient les
âmes de ceux qui étaient morts dans
l'excommunication. Elles descendent ajouta la voix qui l'instruisait,
dans la queue du dragon, qui se prolonge jusqu'au fond de
l'abîme, et est un vaste foyer où brûle
un feu dévorant. Elles étaient donc
renfermées dans cette affreuse prison, et les
démons qui rôdaient autour, leur criaient d'une
voix insultante : «C'est donc vous» qui,
aveuglées par vos passions et
hébétées par la sensualité,
avez méprisé les foudres de l'Eglise ? Eh bien !
bouillez maintenant dans la queue du dragon. hélas !
hélas ! répondaient du dedans des voix
plaintives, quelle infortune est la nôtre, et quels maux
affreux nous endurons !»
Chapitre III
Comment les péchés capitaux sont punis dans
l’enfer inférieur.
- 1 Tourments des orgueilleux.
La bienheureuse aperçut une vaste prison dont les habitants
étaient fort nombreux, et on lui dit que
c'étaient les superbes. Cette prison était
divisée en plusieurs pièces, où les
victimes étaient classées selon les diverses
espèces de ce péché. Les ambitieux
étaient ceux que les démons paraissaient
mépriser davantage. Autant ces misérables avaient
été affamés des honneurs pendant leur
vie, autant ils étaient rassasiés d'opprobres et
de confusion. En punissant ceux-ci, ils n'oubliaient pourtant pas les
autres. Chaque famille d'orgueilleux, si je puis parler ainsi, avait sa
peine propre et particulière ; mais il y avait un
châtiment horrible qui leur était commun
à tous.
Au milieu de cette prison spéciale était
posé un lion énorme d'airain rougi par le feu. Sa
gueule était levée en l'air et largement ouverte,
et ses mâchoires, en guise de dents, étaient
armées d'un grand nombre de rasoirs affilés. Son
ventre était un repaire de serpents et d'autres
bêtes venimeuses, et l'ouverture postérieure
était comme l'entrée du corps de ce monstre,
garnie de lames brûlantes et horriblement
acérées. Or, les démons
chargés de tourmenter ces tristes victimes, les
lançaient en l'air de manière à les
faire retomber dans la gueule du lion. Toutes tranchées et
presque divisées par les rasoirs, elles passaient par la
gorge de ce monstre et tombaient dans ses larges entrailles, au milieu
des reptiles qui fourmillaient dans ce lieu infect, et
exerçaient sur elles leur rage infernale. Elles gravitaient
ensuite vers la partie postérieure où des
démons les saisissaient avec des pinces ardentes, et les
tiraient violemment à eux, à travers les rasoirs
dont l'ouverture était bordée, et ce jeu cruel
les bourreaux le recommençaient sans cesse. Ces
âmes, irritées et enragées par d'aussi
horribles tourments, hurlaient d'une manière affreuse et
proféraient des blasphèmes effroyables.
«Hurlez, leur disaient les esprits infernaux ; hurlez,
superbes maudits, qui fîtes si longtemps la guerre au
Créateur sur la terre. Vous avez bien raison de vous
désespérer, car vos malheurs ne finiront
jamais».
- 2 Tourments des réprouvés
qui furent
sujets à la colère.
Françoise remarqua qu'ils étaient punis selon
leurs divers degrés de culpabilité ; mais voici
une peine qui leur était commune. Il y avait dans leur
prison un serpent d'airain, que le feu de l'enfer maintenait
continuellement embrasé. Sa poitrine était large,
son cou élevé comme une colonne et sa gueule
béante. Dans cette horrible gueule étaient
plantés en forme de croissant de longues et fortes
aiguilles, dont les pointes étaient dirigées vers
la gorge de l'animal. Or, les démons, prenant ces
âmes dont nous parlons les lançaient par cette
ouverture dans le corps du monstre ; puis ils les en re-tiraient avec
des tenailles ardentes toutes déchirées par les
pointes qu'elles rencontraient à leur sortie. Or, elles
souffraient continuellement ce supplice, qui les réduisait
à un affreux désespoir, et leur arrachait les
plus effroyables blasphèmes.
- 3 Tourments des avares.
La bienheureuse vit ensuite les avares dans une fosse remplie de gros
serpents qui avaient des bras. Chacun de ces hideux reptiles
s'attachait à un de ces coupables, que la justice divine
leur avait abandonnés. Il lui frappait la bouche de sa
queue, lui déchirait le cœur avec les dents, et
l'étreignait dans ses bras, de manière
à l'étouffer, si cela eût
été possible ; mais d'autres démons
venaient les arracher à leurs affreux embrassements, avec
des tenailles de fer, qui les déchiraient d'une
manière horrible, et allaient les plonger dans une seconde
fosse remplie d'or et d'argent liquéfiés, les
accablant de leurs dérisions et de leurs sarcasmes.
- 4 Tourments des envieux.
Chacun de ces malheureux était couvert d'un manteau de
flammes, avait un ver venimeux qui lui rongeait le cœur,
pénétrait dans sa poitrine, et, remontant par la
gorge se présentait à la bouche, qu'il
forçait à ouvrir convulsivement ; mais un
démon l'empêchait de sortir, en serrant avec la
main le cou de la victime, ce qui lui causait d'insupportables
étouffements ; et tandis qu'il l'étouffait ainsi
d'une main, il tenait de l'autre une épée dont il
lui perçait le cœur. Un second démon
venait ensuite, qui lui arrachait le cœur de la poitrine, le
trempait dans des immondices, et le lui remettait, pour l'arracher de
nouveau, et ainsi sans fin ; et ces traitements barbares
étaient accompagnés de dérisions et de
reproches, qui réduisaient ces infortunés
à la rage et au désespoir
- 5 Tourments des paresseux.
Françoise les vit assis au milieu d'un grand feu, les bras
croisés, et la tête inclinée sur les
genoux. Leurs sièges étaient de pierres ; ces
pierres étaient cannelées
profondément, et leurs cavités remplies de
charbons embrasés : les bancs eux-mêmes
étaient tout rouges et la flamme qui sortait du brasier
s'attachait à ces tristes victimes, et les couvrait comme un
vêtement. Or, les démons, les prenant avec des
pinces ardentes, les renversaient violemment sur ces lits affreux, et
les y traînaient en les tournant et les retournant en toutes
manières ; c'était pour les punir d'avoir perdu
le temps. A côté de chacune d'elles
était un démon qui, avec un coutelas, lui fendait
la poitrine, et y versait. de l'huile bouillante, et cela pour les
punir d'avoir trop présumé de la
miséricorde de Dieu. Il mettait encore des vers dans leurs
plaies, en punition des mauvaises pensées auxquelles leur
oisiveté laissait le champ libre.
- 6 Tourments des gourmands.
Françoise pu contempler aussi les châtiments de la
gourmandise. Chaque malheureux, réprouvé pour ce
vice avait un démon qui le prenait par la tête et
le traînait sur des charbons ardents, tandis qu'un autre
démon, debout sur lui, le foulait aux pieds avec violence.
Ils lui liaient ensuite les pieds et les mains, et le
précipitaient dans une chaudière pleine de poix
fondue ; puis, le retirant de là, ils le jetaient dans une
autre remplie d'une eau presque réduite en glace. Ils lui
versaient aussi du vin brûlant dans la bouche, pour le punir
des coupables excès qu'il en avait fait pendant la vie.
Pendant ce temps-là, ses bourreaux lui disaient d'un ton
ironique : «La peine des gourmands, dans cette demeure, est
le superflu chaud et froid. Voici donc où vous ont conduit
vos intempérances, lui disaient d'autres esprits infernaux.
Désormais vous aurez pour nourriture des serpents, et du feu
pour breuvage. »
- 7 Tourments des luxurieux.
Françoise cherchait des yeux les esclaves de cette passion
honteuse ; on les lui montra. Ils étaient liés
à des poteaux de fer embrasé, et les bourreaux,
avec leurs langues ardentes, léchaient toutes les parties de
leurs corps, ce qui les faisait souffrir horriblement. D'autres
démons, avec des tenailles, déchiraient leurs
chairs par lambeaux, en punition de la bonne chère qu'ils
faisaient dans le monde, ce qui servait à alimenter toujours
davantage leur funeste passion. Sous leurs poteaux étaient
des grils ardents et armés de pointes de fer,
auprès desquels étaient couchés
d'horribles serpents. Les démons, attirant brusquement leurs
victimes, les faisaient tomber à la renverse sur ces lits
affreux, et les serpents se jetant sur eux, les mordaient avec une rage
inconcevable. Ce supplice était particulier aux
adultères.
Chapitre IV
Supplices particuliers à sept espèces de
pécheurs.
- 1 Tourments des voleurs.
La servante de Dieu vit des hommes qui étaient
liés avec des cordes noires, par le moyen desquelles les
démons les attiraient en haut ; après quoi ils
les laissaient retomber dans le feu. Ensuite ils les descendaient dans
un puits d'eau glacée ; de là ils les faisaient
passer dans un lac de plomb fondu, où ils les
forçaient de boire une horrible fusion de fiel, de poix et
de soufre ; ils les jetaient enfin dans un repaire de bêtes
féroces. Or, il fut dit à la sainte que ces
tristes victimes étaient les voleurs.
- 2 Tourments des enfants
dénaturés.
Il y eut toujours sur la terre des enfants détestables, qui,
au lieu d'honorer leurs parents, n'eurent pour eux que de
l'éloignement et du mépris, les rendant
excessivement malheureux par leur insubordination, leur mauvais
caractère et leurs violences. Or, Françoise les
vit dans un immense tonneau, garni de rasoirs, et où se
trouvaient des serpents féroces. Les démons
roulaient cette effroyable machine, et les pauvres victimes qu'elle
renfermait étaient mordues par les serpents, et
déchirées par les rasoirs. On fit remarquer
à la bienheureuse que ces coupables et les autres ne
demeuraient pas toujours dans l'enfer qui leur était
assigné. De l'enfer inférieur ils passaient
quelquefois dans l'enfer supérieur ou dans
l'intermédiaires, ou de ceux-ci dans le plus bas. Ayant
désiré en savoir la raison, il lui fut dit que
c'était pour subir le supplément de peines
dû aux circonstances plus ou moins aggravantes de leurs
péchés.
- 3 Tourments de ceux qui furent
infidèles
à leur vœu de chasteté.
La position de ces malheureux était effroyable. Les
démons les plongeaient tantôt dans un feu ardent,
où coulaient en fusion la poix et le soufre, et
tantôt dans un bain d’eau glacée ;
d'autres fois ils les serraient entre deux planches de fer,
armées de clous aigus, et leur perçaient les
flancs avec des fourches. Enfin, pour ajouter l'insulte à
leurs supplices, ils ne cessaient de leur reprocher les crimes qu'ils
avaient commis. «Souvenez-vous, leur disaient-ils, de vos
impuretés sacrilèges : ces plaisirs,
sitôt passés, vous coûtent cher
maintenant. Souvenez-vous de tant de sacrements que vous avez
profanés, et qui n'ont servi qu'à rendre votre
condamnation plus terrible».
- 4 Tourments des parjures.
Ils avaient des bonnets de feu sur la tête ; leurs langues
étaient arrachées, et leurs mains
coupées.
- 5 Tourments des détracteurs.
Chacun d'eux était livré à une
vipère à sept tètes. Je parle de la
forme qu'avait prise le démon spécialement
chargé de le tourmenter. Or, voici à quoi lui
servaient ses sept gueules. Avec la première il arrachait la
langue du patient ; avec la seconde il la mangeait ; avec la
troisième il la crachait dans le feu ; avec la
quatrième il la reprenait et la rendait au coupable ; avec
la cinquième il lui crevait les yeux ; avec la
sixième il lui arrachait la cervelle par une oreille, et
avec la sep-tième enfin, il dévorait ses narines.
En outre, avec les ongles de ses mains il lui déchirait le
corps.
- 6 Tourments des vierges folles.
Françoise vit ces âmes qui, fort jalouses de
conserver leur virginité corporelle, prenaient peu de soin
de la pureté de leur cœur. Les démons
les flagellaient cruellement avec des chaînes de fer rouge.
- 7 Tourments des veuves vicieuses.
Elles étaient liées aux branches d'un
énorme pommier, la tête renversée en
arrière, et les démons leur faisaient manger des
pommes pleines de vers. En outre, des dragons terribles,
s’enlaçant à elles, leur
déchiraient le cœur et les entrailles, tandis que
la foule des démons ne cessait dé leur reprocher
leur mauvaise vie.
- 8 Tourments des femmes idolâtres de
leur
beauté.
Elles avaient pour chevelure des serpents qui leur mordaient
cruellement le visage, tandis que d'autres démons
enfonçaient des épingles rougies au feu dans
toutes les parties de leur corps ; et, pour aiguiser les remords de la
conscience, ils ne cessaient de leur dire : Vous fîtes notre
métier sur la terre, il est juste que vous nous soyez
associées pendant l'éternité. Faites
maintenant votre toilette dans ces flammes. Ces âmes
répondaient par des blasphèmes horribles
à ces insultes de leurs ennemis.
Chapitre V
Blasphèmes des réprouvés
Tout cet affreux séjour retentissait d'horribles
blasphèmes. Ses infortunes habitants maudissaient Dieu,
comme s'il ne leur eût fait que du mal, et jamais aucun bien
; ils maudissaient l'humanité sacrée de
Notre-Seigneur Jésus-Christ ; ils maudissaient tous Ses
mystères, dont le souvenir ne leur rappelait que de
criminelles ingratitudes ; ils maudissaient toutes les grâces
qu'ils avaient obtenues par Ses mérites, et dont l'abus leur
avait attiré de si horribles châtiments. Toute la
sainte vie de ce Dieu sauveur provoquait leurs blasphèmes ;
mais chacun s'attachait à profaner d'une manière
spéciale la circonstance qui lui déplaisait le
plus. Celui-ci maudissait Son Incarnation, celui-là Sa
Naissance ; celui-ci Sa Circoncision et celui-là Son
Baptême ; celui-ci Sa Pénitence,
celui-là Sa Passion ; un autre Sa Résurrection,
un autre Son Ascension glorieuse. Rien de ce qu'a fait notre aimable
Sauveur, pour le salut de nos âmes, n'était
respecté, parce que tous ces bienfaits ne furent pour eux
que des objets d'ingratitude. Ils maudissaient et
blasphémaient le doux nom de Marie, ses
prérogatives, ses vertus, mais surtout sa
maternité divine ; parce que si elle n'eût pas mis
le fils de Dieu au monde, ils eussent été moins
coupables, et n'auraient pas à supporter d'aussi horribles
tourments. Ainsi donc leur éternité est tout
employée à blasphémer et à
maudire, mais avec une telle rage et un si profond
désespoir, que, n'eussent-ils point d'autres supplices, cela
suffirait pour les rendre infiniment malheureux. Cependant ils
souffrent les autres peines communes à tous les
réprouvés, et en outre, les peines qui leur sont
particulières, ainsi que je viens de le dire.
Chapitre VI
Nombre des démons, leurs noms et leurs emplois
Dans la vision XVII, où la création des anges et
leur classification furent manifestées à la
servante de Dieu, Dieu lui fit discerner ceux qui devaient
pécher de ceux qui demeureraient fidèles. Elle
fut ensuite témoin de leur révolte et de la chute
horrible qu'elle leur mérita. Or, elle ne fut pourtant pas
aussi profonde pour les uns que pour les autres : un tiers de ces
infortunés demeura dans les airs, un autre tiers
s'arrêta sur la terre et le dernier tiers tomba jusque dans
l'enfer. Cette différence dans les châtiments
correspondit à celles que Dieu remarqua dans les
circonstances de leur faute commune. Parmi ces esprits rebelles, il y
en eut qui embrassèrent de gaieté de
cœur, si je puis parler de la sorte, la cause de Lucifer; et
d'autres qui virent avec indifférence ce
soulèvement contre le Créateur, et
demeurèrent neutres. Les premiers furent
précipités sur le champ dans l'enfer,
d'où ils ne sortent jamais, à moins que Dieu ne
les déchaîne quand Il veut frapper la terre de
quelque grande calamité, pour punir les
péchés des hommes. Les seconds furent
jetés partie dans les airs, et partie sur la terre ; et ce
sont ces derniers qui nous tentent, comme je le dirai plus tard.
Lucifer, qui voulut être l'égal de Dieu dans le
ciel, est le monarque des enfers, mais monarque
enchaîné et plus malheureux que tous les autres.
Il a sous lui trois princes auxquels tous les démons,
divisés en trois corps, sont assujettis par la
volonté de Dieu ; de même que dans le ciel, les
bons anges sont divisés en trois hiérarchies
présidées par trois esprits d'une gloire
supérieure. Ces trois princes de la milice
céleste furent pris dans les trois premiers
chœurs, où ils étaient les plus nobles
et les plus excellents ; ainsi, les trois princes de la milice
infernale furent choisis comme les plus méchants des esprits
des mêmes chœurs, qui arborèrent
l'étendard de la révolte.
Lucifer était dans le ciel le plus noble des anges qui se
révoltèrent, et son orgueil en fit le plus
méchant de tous les démons. C'est pour cela que
la justice de Dieu l'a donné pour roi à tous ses
compagnons et aux réprouvés, avec puissance de
les gouverner et de les punir, selon ses caprices ; ce qui fait qu'on
l'appelle le tyran des enfers. Outre cette présidence
générale, il est encore établi sur le
vice de l'orgueil. Le premier des trois princes qui commandent sous ses
or-dres, se nomme Asmodée : c'était dans le ciel
un chérubin, et il est aujourd'hui l'esprit impur qui
préside à tous les péchés
déshonnêtes. Le deuxième prince
s'appelle Mammon : c'était autrefois un trône, et
maintenant il préside aux divers
péchés que fait commettre l'amour de l'argent. Le
troisième prince porte le nom de Belzébuth ; il
appartenait à l'origine au chœur des dominations,
et maintenant il est établi sur tous les crimes qu'enfante
l’idolâtrie, et préside aux
ténèbres infernales. C'est aussi de lui que
viennent celles qui aveuglent les esprits des humains. Ces trois chefs
ainsi que leur monarque, ne sortent jamais de leurs prisons infernales
; lorsque la justice de Dieu veut exercer sur la terre quelque
vengeance éclatante, ces princes maudits députent
à cet effet un nombre suffisant de leurs démons
subordonnés ; car il arrive quelquefois que les
fléaux dont Dieu veut frapper les peuples, demandent plus de
forces ou plus de malices que n'en ont les mauvais esprits
répandus sur la terre et dans l'air. Alors les infernaux
plus méchants et plus enragés, deviennent des
auxiliaires indispensables. Mais hors de ces cas rares, ces grands
coupables ne peuvent sortir des prisons où ils sont
renfermés.
Tous ces esprits infortunés sont classés dans
l'abîme selon leur ordre hiérarchique. La
première hiérarchie, composée de
séraphins, de chérubins et de trônes,
habite l'enfer le plus bas ; ils endurent des tourments plus cruels que
les autres, et exercent les vengeances célestes sur les plus
grands pécheurs. Lucifer qui fut un séraphin,
exerce sur eux une spéciale autorité, en vertu de
l'orgueil dont il a la haute présidence. Les
démons de cette hiérarchie ne sont
envoyés sur terre, que, lorsque la colère de Dieu
permet que l'orgueil prévale pour punir les nations.
La deuxième hiérarchie formée de
dominations, de principautés et de puissances, demeure dans
l'enfer du milieu. Elle a pour prince Asmodée qui, comme je
l'ai déjà dit, préside aux
péchés de la luxure. On peut deviner que, les
démons de cette hiérarchie sont sur terre,
lorsque les peuples s'abandonnent au vice infâme de
l'impureté.
La troisième hiérarchie qui se compose de vertus,
d'archanges et d'anges, a pour chef Mammon, et habite l'enfer
supérieur. Lorsque ces démons sont
lâchés sur la terre, la soif des richesses y
prévaut de toutes parts, et il n'est plus question que d'or
ou d'argent. Quant à Belzébuth, il est le prince
des ténèbres, et les répand, quand
Dieu le permet, dans les intelligences, pour étouffer la
lumière de la conscience et celle de la véritable
foi. Tel est l'ordre qui règne parmi les démons
dans les enfers ; quant à leur nombre, il est innombrable.
On retrouve ces mêmes hiérarchies parmi les
démons qui demeurent dans l'air et sur la terre, mais ils
n'ont point de chefs, et par conséquent vivent dans
l'indépendance et une sorte
d’égalité. Ce sont les
démons aériens qui, la plupart du temps,
déchaînent les vents, excitent les
tempêtes, produisent les orages, les grêles et les
inondations. Leur intention en cela est de faire du mal aux hommes,
surtout en diminuant leur confiance en la divine Providence, et les
faisant murmurer contre la volonté de Dieu.
Les démons de la première hiérarchie,
qui vivent sur la terre, ne manquent pas de profiter aussi de ces
occasions favorables à leur malice ; trouvant les hommes
irrités par ces calamités et fort affaiblis dans
leur soumission et leur confiance, ils les font tomber beaucoup plus
facilement dans le vice de l'orgueil. Ceux de la deuxième
hiérarchie ne manquent pas à leur tour de les
précipiter de. leur hauteur superbe dans le cloaque impur,
ce qui donne ensuite toute facilité aux démons de
la troisième hiérarchie, de les faire tomber dans
les péchés qu'enfante l'amour de l'argent.
Alors les anges qui président aux
ténèbres les aveuglent, leur font quitter la voie
de la vérité, et rendent leur retour
extrêmement difficile. C'est ainsi que tous les
démons, malgré la différence de leurs
emplois, se concertent et s'aident mutuellement à perdre les
âmes. Les uns affaiblissent leur foi, les autres les poussent
à l'orgueil, ceux-ci à l'impureté,
ceux-là à l'amour des richesses, d'autres enfin
leur jettent un voile sur les yeux et les écartent si fort
de la voie du salut, que la plupart ne la retrouvent plus. Le seul
moyen d'échapper à ce complot infernal, serait de
se relever promptement de la première chute, et c'est
précisément ce que ces pauvres âmes ne
font pas. De là, cette chaîne de tentations, qui
de chute en chute les conduit au fond du précipice.
Lorsque j'ai dit que les démons qui sont dans l'air et sur
la terre n'ont pas de chefs, j'ai voulu dire seulement qu'ils n'ont pas
d'officiers subalternes ; car tous sont soumis à Lucifer, et
obéissent à ses commandements, parce que telle
est la volonté de la justice divine. Malgré la
haine qu'ils portent aux hommes, aucun d'eux n'oserait les tenter sans
l'ordre de Lucifer, et Lucifer lui-même ne peut prescrire, en
ce genre que ce que lui permet le Seigneur plein de bonté et
de compassion pour nous.
Lucifer voit tous ses démons, non seulement ceux qui sont
autour de lui dans l'enfer, mais encore ceux qui sont dans l'air et sur
la terre. Tous aussi le voient sans aucun obstacle, et comprennent
parfaitement toutes ses volontés. Ils se voient
également et se comprennent fort bien les uns les autres.
Les malins esprits, répandus dans l'air et sur la terre, ne
ressentent pas les atteintes du feu de l'enfer ; ils n'en sont pas
moins excessivement malheureux, tant parce qu'ils se maltraitent et se
frappent sans cesse les uns les autres, que parce que les
opérations des bons anges dans ce monde leur causent un
dépit qui les tourmente cruellement. Les peines de ceux qui
appartiennent à la première hiérarchie
sont plus acerbes que celles des esprits de la seconde, et ceux-ci sont
plus malheureux que les esprits de la troisième. La
même justice distributive préside aux tourments
des esprits infernaux; mais ceux-ci sont tous en proie à
l'ardeur des flammes infernales.
Les démons qui demeurent au milieu de nous, et ont
reçu le pouvoir de nous tenter, sont tous des esprits
tombés du dernier chœur. Les anges commis
à notre garde sont aussi de simples anges. Ces esprits
tentateurs sont sans cesse occupés à
préparer notre perte. Les moyens qu'ils emploient pour cela
sont si subtils et si variés, qu'une âme qui leur
échappe est fort heureuse, et ne saurait trop
témoigner sa reconnaissance au Seigneur. Il n'est pas un
instant du jour et de la nuit, où ces cruels ennemis
n'essayent d'une tentation ou d'une autre, afin de lasser ceux qu'ils
ne peuvent vaincre par la ruse ou la violence. La patience est donc
l'arme défensive par excellence. Malheur à qui la
laisse tomber de ses mains ! Lorsque ces tentateurs ordinaires
rencontrent des âmes fortes et patientes, qu'ils ne peuvent
entamer, ils appellent à leur secours des compagnons plus
astucieux et plus malins, non pour combattre avec eux ou à
leur place, car Dieu ne le permet pas ; mais pour leur
suggérer des stratagèmes plus efficaces.
Françoise savait tout cela par expérience : il
était rare qu'elle fût tentée par son
démon seul. D'ordinaire il s'en associait d'autres ; et trop
faibles encore, ils recouraient à la malice des esprits
supérieurs qui demeuraient dans l'air. Elle était
devenue si habile dans cette guerre, qu'en soutenant une attaque, elle
savait à quel chœur avait appartenu celui dont le
conseil la dirigeait, et qui il était.
Lorsque les démons veulent livrer un assaut à une
âme habile et forte, les uns l'attaquent de front, et les
autres se placent derrière elle. C'est de cette sorte
qu’ils combattaient ordinairement contre notre bienheureuse,
et elle les voyait se faire des signes pour concerter leurs moyens.
Lorsqu'une âme, vaincue par les tentations, meurt dans son
péché, son tentateur habituel l'emporte avec
promptitude, suivi de beaucoup d'autres qui lui prodiguent des
outrages, et ne cessent de la tourmenter jusqu'à ce qu'elle
soit précipitée dans l'enfer. Ces
détestables esprits se livrent ensuite à une joie
féroce. Son ange gardien, après l'avoir suivie
jusqu'à l'entrée de l'abîme, se retire
aussitôt qu’elle a disparu, et remonte au ciel.
Lorsqu'une âme, au contraire, est condamnée au
purgatoire, son tentateur est cruellement battu par l'ordre de Lucifer
pour avoir laisse échapper sa proie. Il reste pourtant
là, en dehors du purgatoire, mais assez près pour
que l'âme le voie et entende, les reproches qu'il lui fait
sur les causes de ses tourments. Lorsqu'elle quitte le purgatoire pour
monter au ciel, ce démon revient sur la terre se
mêler à ceux qui nous tentent ; mais il est pour
eux un objet de moqueries, pour avoir mal rempli la mission dont il
était chargé.
Tous ceux qui laissent ainsi échapper les âmes ne
peuvent plus remplir l'office de tentateurs. Ils vont, errant
çà et là, réduits
à rendre aux hommes d'autres mauvais offices, quand ils
peuvent. Quelquefois Lucifer, pour les punir, les loge honteusement
dans des corps d'animaux, ou bien il s'en sert, avec la permission de
Dieu, pour exercer des possessions qui leur attirent souvent de
nouveaux châtiments et de nouvelles hontes. Les
démons, au contraire, qui ont réussi à
perdre les âmes auxquelles Lucifer les avait
attachés, après les avoir portées dans
les enfers, reparaissent sur la terre, couverts de gloire parmi leurs
semblables, et jouent un plus grand rôle que jamais dans la
guerre qu'ils font aux enfants de Dieu. Ce sont eux que les autres
appellent à leur secours, comme plus
expérimentés et plus habiles, quand ils ont
affaire à des âmes fortes et
généreuses qui se rient de leurs vains efforts.
Tout démon chargé de la mission de perdre une
âme ne s'occupe point des autres ; il n'en veut
qu’à celle-là, et emploie tous ses
soins à la faire pécher ou à troubler
sa paix. Cependant, quand il l'a vaincue, il la pousse, autant qu'il
peut, à tenter, à molester ou à
scandaliser d'autres âmes.
Il y a d'autres démons du même chœur que
ceux qui nous tentent, qui vivent au milieu de nous sans nous attaquer.
Leur mission est de surveiller ceux qui nous tentent, et de les
châtier chaque fois qu'ils ne réussissent pas
à nous faire pécher.
Chaque fois qu'ils entendent prononcer dévotement le saint
Nom de Jésus, ils se prosternent spirituellement, non de bon
cœur, mais par force. Françoise en vit une fois
plusieurs en forme humaine, qui à ce Nom sacré
qu'elle prononçait en conversant avec son confesseur,
inclinèrent leur front avec un profond respect, jusque dans
la poussière. Ce Nom sacré est pour eux un
nouveau supplice, qui les fait souffrir d'autant plus cruellement, que
la personne qui le prononce est plus avancée dans l'amour,
et plus parfaite. Lorsque les impies profanent ce nom adorable, ces
esprits réprouvés ne s'en attristent pas ; mais
ils sont forcés de s'incliner, comme pour réparer
l'injure qui Lui est faite. Ils en agissent de même lorsqu'on
le prend en vain. Sans cette adoration forcée, ils seraient
bien contents d'entendre blasphémer ce saint Nom. Les bons
anges, au contraire, en pareilles occasions, l'adorent
profondément, le louent et le bénissent avec un
amour incomparable. Lorsqu'il est prononcé avec un vrai
sentiment de dévotion, ils lui rendent les mêmes
hommages, mais avec un vif sentiment de joie. Chaque fois que notre
bienheureuse proférait ce très saint Nom, elle
voyait son archange prendre un air extraordinairement joyeux, et
s'incliner d'une manière si gracieuse, qu'elle en
était tout embrasée d'amour.
Lorsque les âmes vivent dans l'habitude du
péché mortel, les démons entrent en
elles, et les dominent en plusieurs façons, qui varient
selon la qualité et la quantité de leurs crimes ;
mais quand elles reçoivent l'absolution avec un
cœur contrit, ils perdent leur domination,
délogent au plus vite, et se remettent auprès
d'elles pour les tenter de nouveau ; mais leurs attaques sont moins
vives, parce que la confession a diminué leurs forces.
Chapitre VII
Des limbes.
Lorsque la servante de Dieu fut transportée à
l'entrée de l'enfer, elle vit tout près un ange
debout à une autre porte : c'était la porte des
limbes, de cette prison où toutes les âmes justes
de la terre attendirent si longtemps la venue du Libérateur.
Ce lieu, quoique contigu à l'enfer, n'a aucune communication
avec lui. Son élévation est à l'enfer
ce qu'est celle d'une maison aux caves de la maison voisine ;
c'est-à-dire, que sa plus basse partie est
supérieure à la plus élevée
de l'enfer. Il n'y a dans ce lieu ni feu, ni glace, ni serpents, ni
démons, ni odeur empestée ; on n'y entend ni
hurlements, ni blasphèmes ; on n'y souffre aucune autre
peine que la privation de la lumière ; car il y fait
toujours nuit. C'est là que se trouve la demeure
éternelle des enfants morts sans baptême. Sa
distribution est la même que celle de l'enfer. Il y a une
partie supérieure, une inférieure et une
intermédiaire. La partie supérieure est
habitée par les enfants nés ou conçus
de parents chrétiens. Dans la partie
intermédiaire sont renfermés les enfants des
Juifs, morts avant d'avoir péché. leur position
est la même que celle des premiers, excepté que
leur prison est encore plus ténébreuse. Dans la
partie inférieure se trouvent les enfants nés ou
conçus par l'effet d'un crime contraire au vœu
solennel de chasteté ou à l'affinité
spirituelle. Là règne une nuit plus profonde que
dans les deux parties plus élevées.
Chapitre VIII
Du purgatoire.
Après les visions susdites, la servante de Dieu fut conduite
à celle du purgatoire dont la distribution est la
même que celle de l'enfer. En approchant de ce triste lieu,
elle lut ces paroles écrites sur la porte : «C'est
ici le purgatoire, lieu d'espérance, où les
âmes attendent l’accomplissement de leur
désir». L’Ange Raphaël lui fit
voir les trois parties de cette demeure ; et voici ce qu'elle y vit :
Dans la partie la plus basse brûle un feu qui donne de la
lumière, dissemblable en cela à celui de l'enfer,
qui est noir et sans aucune clarté. Ce feu est
très ardent et d'une couleur rouge. C'est là que
sont punies les âmes redevables à la justice
divine de la peine temporelle qu'elles méritèrent
par de grands péchés ; et le feu les tourmente
plus ou moins rigoureusement, selon la qualité et la
quantité de leurs dettes. L'ange lui dit que, sept
années de souffrances dans cette partie
intérieure, correspondent à celle temporelle
méritée par un seul péché
mortel.
A la gauche de ces âmes, mais hors du purgatoire,
Françoise vit les démons qui les tentaient
pendant la vie, et elle observa que ces pauvres âmes
souffraient beaucoup de leur vision, et des reproches qu'ils ne
cessaient de leur faire entendre. «Vous avez mieux
aimé, leur disaient-ils, suivre nos illusions et nos
persuasions, que les préceptes de
l’Évangile. Vous avez eu la folie d'offenser Celui
à qui vous étiez redevable de votre
création et rédemption. Demeurez ici maintenant
pour expier vos ingratitudes». Du reste, le pouvoir des
démons sur ces âmes se borne à ces deux
choses : à les affliger par leurs reproches et par leur
horrible aspect.
Ces âmes, placées dans le feu du purgatoire
inférieur, acquiescent humblement à la justice
divine ; néanmoins, la rigueur des peines qu'elles endurent
leur arrache des gémissements que personne en cette vie ne
saurait comprendre. Elles acquiescent à la
volonté de leur juge, parce qu'elles comprennent
parfaitement l'équité des tourments qu'elles
endurent. Or, cet acquiescement, est cause que Dieu prête
l'oreille à leurs plaintes, qu'Il en est touché
et leur donne quelques consolations. Il ne les arrache pas pour cela
aux flammes qui les brûlent, mais Il leur fait trouver dans
leur soumission même, une sorte de
rafraîchissement, ainsi que dans la pensée
qu’elles arriveront bientôt à la gloire
éternelle. Elles connaissent non seulement leurs propres
péchés, mais encore ceux des autres
âmes qui souffrent avec elles, et toutes sont contentes de la
justice punitive de Dieu, qui s'exerce avec tant
d'équité.
Lorsqu'un ange gardien a conduit dans ce purgatoire
inférieur l'àme qui lui était
confiée, il se place en dehors de la prison, au
côté droit de la porte, tandis que le mauvais ange
se place au côté gauche ; et il se tient
là jusqu'à ce que cette âme
entièrement purifiée, devienne libre de monter au
ciel. C'est lui qui recueille les suffrages offerts pour elle sur la
terre, et les présente à la justice de Dieu, qui
les lui rend, afin qu'il les applique à cette pauvre
âme, comme un remède qui adoucit ses maux. Il
présente également à Dieu toutes les
bonnes œuvres qu’elle a faites pendant sa vie
mortelle tandis que le mauvais ange rappelle sans cesse les
péchés qu'elle a commis, à la justice
du Seigneur. Lorsqu'une âme a fait des legs pieux avant son
trépas, Dieu, dans Sa bonté, les accepte
sur-le-champ et les récompense, quand même ils ne
recevraient pas leur exécution par la faute de ceux qui en
étaient chargés. Cependant, si elle a
renvoyé ces bonnes œuvres après sa
mort, par affection pour ses richesses, Dieu ne la
récompense qu'à l'expiration du temps
déterminé par elle pour leur accomplissement.
Ce purgatoire inférieur se divise en trois prisons
séparées, où le feu n'a pas une
égale ardeur ; il est plus brûlant dans la
première que dans la seconde, et dans la seconde que dans la
troisième, Or, la première est
destinée aux religieux et aux prêtres, eussent-ils
commis de moindres péchés que les
séculiers, parce qu'ils ont eu plus de lumières
et n'ont pas honoré leur dignité comme ils le
devaient. Françoise vit dans ce cachot un prêtre
fort pieux, mais qui avait trop contenté son
appétit dans l'usage des aliments. La seconde prison est la
demeure des religieux et des clercs qui ne furent pas
honorés du sacerdoce. Dans la troisième, sont
renfermées les âmes
séculières qui commirent des
péchés mortels et ne les expièrent pas
pendant la vie. Les tourments ne sont pourtant pas égaux
dans chacune de ces prisons ; ils sont plus ou moins cruels selon la
mesure des dettes et la qualité des personnes. Les
supérieurs y souffrent davantage que les
inférieurs ; selon qu'une âme est plus ou moins
coupable, les supplices sont plus ou moins cruels, et leur
durée plus ou moins longue.
Après avoir considéré le purgatoire
inférieur, Françoise fut conduite à la
vision du purgatoire intermédiaire. Or, il se partage, comme
l'autre, en trois parties, dont la première est un lac d'eau
glacée, la seconde un lac de poix fondue,
mêlée d'huile bouillante, et la
troisième un lac de métaux
liquéfiés. C'est dans ce purgatoire que sont
logées les âmes, qui ne commirent pas de
péchés assez graves pour mériter
d'être placées dans le purgatoire
inférieur. Ce sont donc les péchés
véniels qui conduisent à ce purgatoire
intermédiaire. Or, il y a dans cette prison trente-huit
anges qui sont sans cesse occupés à transvaser,
ces pauvres âmes d'un lac dans l'autre, ce qu'ils font avec
des manières très gracieuses et une grande
charité. Ces anges ne sont pas pris parmi leurs anges
gardiens ; ce sont d'autres anges que la bonté de Dieu a
chargés de ce ministère. J'attribue leur mission
à la bonté de Dieu parce que leur
présence est pour ces âmes d'une grande
consolation.
La servante de Dieu reçut dans cette vision plusieurs
lumières sur l'application des suffrages que les vivants
offrent pour les morts, qui méritent bien d'être
communiquées. Elle connut que les messes,
indulgences accordées, et bonnes œuvres offertes
pour certaines âmes par leurs parents et amis, ne leur sont
pas intégralement appliquées ; elles en
reçoivent bien la meilleure part, mais le reste est
réparti entre toutes les âmes du purgatoire.
Françoise connut aussi que ces offrandes, faites par
erreur à des âmes qui sont en paradis, profitent
d'abord à ceux qui les font, et ensuite aux âmes
du purgatoire. Elle connut également que ces mêmes
secours
adressés par les vivants à des âmes
qu'ils croient en voie de salut, et qui sont
réprouvées, entrent intégralement dans
les trésors de leurs auteurs, parce que, ni les
damnés ne peuvent en profiter, ni Dieu ne permet qu'elles
soient appliquées aux âmes du purgatoire. Il est
à remarquer que Françoise, au sortir d'une de ces
visions, qui avait duré environ deux heures, crut y avoir
employé un temps fort considérable. Il
résulte donc de là que le temps qui semble passer
vite sur la terre, parait bien long dans
l'éternité.
En ce qui concerne le
Purgatoire, ajoutons ici un fait constaté qu'a connu Mère Yvonne-Aimée de
Jésus de Malestroit et qu'elle relate dans
l'une de ses lettres en quelques mots :
"La Brardière, 19 septembre 1941 - Au petit bois, j'ai vu
une
âme du Purgatoire qui m'a demandé de la soulager.
J'ai
promis de souffrir pour elle. Elle m'a dit sa soif ardente. J'ai
humecté mon doigt de salive et je l'ai rafraîchie.
Il est
resté une brûlure sur le
doigt..."
Son ami Prêtre, le
Père Labutte, témoin des faits,
déclare :
"Je me souviens parfaitement d'avoir été
témoin de
ce fait devant le double chêne. Mère
Yvonne-Aimée,
penchée vers le sol, dialoguant avec un interlocuteur
invisible.
Elle humecta de salive son doigt et le tendit à celui-ci.
Immédiatement, je vis sur ce doigt la trace d'une brûlure.
Répondant à la question que je lui posais,
Mère
Yvonne-Aimée me dit qu'il s'agissait d'un jeune
prêtre
mort subitement."
Chapitre IX
De la gloire des saints dans le ciel.
Lorsque les âmes bienheureuses font leur entrée
dans le ciel, elles sont conduites aux places qui leur ont
été assignées, selon leurs
mérites. Si, pour s'y rendre, il leur faut traverser
quelques chœurs angéliques, les esprits qui les
composent leur font un accueil extrêmement joyeux ; mais rien
n'égale la réception qui leur est faite dans les
chœurs où elles doivent prendre place. Ce ne sont,
de la part des anges auxquels on les associe, que
démonstrations de joie et d'amitié pour elles,
que cantiques de louanges et de bénédictions pour
rendre grâces à Dieu de leur bonheur, et cette
réjouissance dure beaucoup plus longtemps dans ces
chœurs que dans les autres. Toutes les fois que notre
bienheureuse, interrogée par son confesseur, parlait de
cette joie angélique, causée par la venue de
quelques âmes associées à leur gloire,
le souvenir de leur multitude, de la douceur inexprimable de leurs
chants, de leurs démonstrations, de leurs trans-ports, la
mettait hors d'elle-même ; son visage alors était
tout en feu, et son cœur se fondait comme la cire aux rayons
du soleil. Le père lui demandant un jour quels
étaient les plus parfaits des esprits humains ou
angéliques placés dans la même gloire,
elle répondit que les esprits humains ont une perfection
supérieure, à cause du temps plus long qui leur
fut donné pour mériter ; mais que les anges sont
plus purs et plus beaux, qu'ils pénètrent mieux
dans la compréhension divine, et que leurs chants sont
beaucoup plus mélodieux. Il faut pourtant excepter l'auguste
Marie de cette règle générale.
Chaque fois, ajoutait la servante de Dieu, que je suis
élevée à la vision
béatifique, j'éprouve plusieurs
étonnements.
Je m'étonne de mon défaut de
pénétration dans la compréhension
divine, causée par l'union de mon âme avec mon
corps mortel, et cette incapacité m'humilie beaucoup, et me
donne un grand mépris de moi-même.
Je m'étonne, je demeure toute
stupéfaite, chaque fois que je considère dans le
miroir divin la subtilité pénétrante
des séraphins quant à la compréhension
du grand abîme.
Je m'étonne, mais bien davantage encore, en
considérant la profondeur de la divinité
créatrice et gubernatrice de ces subtiles
intelligences.
Voici, disait encore la bienheureuse quelques remarques que j'ai faites
relativement aux esprits glorieux. 1° Dans l'ordre des
séraphins, les uns pénètrent plus
avant que les autres dans la compréhension divine. Il y a
entre eux une gradation d'intelligence, qui existe également
dans tous les autres chœurs. Ce que je dis des anges, je le
dis également des esprits humains qui leur sont
associés. Tous les esprits d'un même
chœur ne sont pas également proches de la
divinité. Or, plus une intelligence voit de près
cet abîme, et mieux elle y pénètre.
2° Tous les esprits humains, placés dans la gloire,
ne la possèdent pas au même degré.
Quelques-uns, pendant qu’ils vivaient dans leur chair
mortelle, reçurent une intelligence plus subtile, et suivant
leurs opérations intellectuelles selon leur
capacité, ils pénétrèrent
plus avant dans l'abîme de la divinité, en
regardant dans le miroir divin, dont la vision constitue la
béatitude : ils ont donc apporté dans le ciel un
esprit plus capable et plus pénétrant. Or, plus
une âme a de capacité et de subtilité
dans l'entendement, et plus elle est rassasiée dans la
vision béatifique. Il est vrai que dans le ciel toutes les
âmes sont pleinement rassasiées ; mais chacune
l'est selon la mesure de sa capacité et de la
subtilité avec laquelle elle pénètre
dans la compréhension de la volonté divine.
Lorsque les apôtres reçurent le Saint Esprit, tous
n'obtinrent pas la même mesure de grâce. Ceux qui
avaient plus de capacité et de subtilité dans
l'entendement, la reçurent dans un plus haut
degré. Or, ce qui dispose à une plus grande
grâce, dispose également à une plus
grande gloire. Françoise voyait tout cela, pendant ses
extases, dans le miroir divin. Du reste, elle a souvent
déclaré, qu'elle soumettait toutes ses paroles au
jugement de l'Eglise catholique, dans le sein de laquelle elle
désirait vivre et mourir.
L'Enfer dans les visions de Ste Thérèse de Jésus d'Avila
"...Une
autre fois il m'arriva encore une chose qui me causa un indicible
effroi. J'étais dans un endroit où vint
à mourir
une personne qui, comme je l'ai appris, avait très mal
vécu durant de longues années. Mais les deux
dernières années, elle avait
été malade et
semblait s'être amendée en plusieurs points. Elle
mourut
sans se confesser ; cependant il ne me semblait pas, malgré
cela, qu'elle dût être damnée. Pendant
qu'on mettait
son corps dans le cercueil, je vis une foule de démons qui
le
prenaient, semblaient se jouer avec lui, le malmenaient et avec de
grands crocs le traînaient de coté et d'autre ;
j'étais dans l'épouvante. Quand on l'emporta pour
l'enterrer avec les honneurs et les cérémonies
ordinaires, je pensais à la bonté de Dieu qui ne
voulait
pas que cette âme fût diffamée et
passât pour
son ennemie. J'étais à moitié
interdite par tout
ce que j'avais vu. Durant toute la durée de l'office je
n'aperçus aucun autre démon. Mais quand on jeta
le corps
dans la fosse, il y en avait une telle multitude qui étaient
là pour s'emparer de lui, que j'étais hors de moi
à ce spectacle. Et il ne me fallut pas peu de courage pour
ne
point manifester au dehors mes sentiments. Je me demandais comment les
démons devaient traiter l'âme, quand ils
s'emparaient avec
tant d'empire de ce pauvre corps. Plaise à Dieu que tous
ceux
qui sont en mauvais état voient comme moi une
scène aussi
épouvantable ! Ce serait, à mon avis, un moyen
très efficace pour les ramener à une sainte
vie....."
Alors
quel malheur que l'Eglise moderniste et tous nos malheureux
Prêtres qui, de
nos jours,
ont relégué
le démon et l'Enfer aux oubliettes des contes pour enfants
et de la
niaiserie et osent l'enseigner ainsi !
Pensons aussi à la mort
violente et non
attendue puisqu'il devient alors impossible, aux derniers instants,
à
ceux qui ne sont pas prêts, de méditer le repentir
sincère des offenses
qu'ils ont faites à l'amour de DIEU. Il
nous faut
donc tout
au long de la vie, vivre dans la Foi en attendant la mort, et ce, bien
sûr, dans la sérénité, la
paix de l'âme et l'espérance.....
Et Sachons que le rejet de DIEU et même pour les Chrétiens le manque de respect pour le Sang du SEIGNEUR est cause déjà ici-bas de souffrances, de maladies et bien sûr de mort :
I Corinthiens, XI, v.23 à 30 "....En effet, voici ce que moi j'ai reçu du Seigneur, et ce que je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, et après avoir rendu grâce, il le rompit et dit : "Ceci est mon corps qui est pour vous, faites cela en mémoire de moi." Il fit de même pour la coupe ...... Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. C'est pourquoi celui qui mangera le pain ou boira la coupe du Seigneur indignement, se rendra coupable envers le corps et le sang du Seigneur. Que chacun s'éprouve soi-même avant de manger ce pain et de boire cette coupe ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps mange et boit sa propre condamnation. Voilà pourquoi il y a parmi vous tant de malades et d'infirmes et qu'un certain nombre sont morts."
Et DIEU nous explique effectivement que l'Eucharistie indignement reçue peut même "donner la mort" !
ainsi qu'Il l'enseigne, toujours à Ste Catherine de Sienne : "Vois donc quelle ignorance et quelles ténèbres et quelle ingratitude, et par quelles mains souillées sont dispensés le lait et le sang glorieux. Avec quelle présomption et irrévérence ils sont reçus ! Ce qui donne la vie bien des fois, par leur faute, leur donne la mort : je veux parler du précieux Sang de mon Fils unique.... Mais comme il donne la vie à l'âme et l'orne de toute grâce, avec plus ou moins d'abondance, suivant les dispositions et les sentiments de celui qui le reçoit, aussi donne-t-il la mort à qui vit dans l'iniquité, par le fait de celui qui le boit indignement dans les ténèbres du péché mortel. A celui-là il donne la mort et non la vie.... Je dis donc que ce Sang nuit à celui qui le reçoit indignement, non par la faute du Sang, ou par celle du ministre, comme il a été dit, mais à cause de sa mauvaise disposition, par sa propre faute, qui si malheureusement a souillé son esprit et son corps et a pour lui et pour le prochain des conséquences si cruelles...." Actuellement, l'Eucharistie est méprisée et profanée dans la joie et les chants comme un simple morceau de pain !
Bien que notre corps de chair, nécessaire seulement ici-bas à notre âme et à notre esprit, dans l'univers du visible, soit voué, à notre mort terrestre, à la décomposition, DIEU interdit qu'il soit incinéré. Et il est absolument faux d'affirmer que la crémation "libère" l'âme, puisque celle-ci quitte le corps physique instantanément à la mort ! Le corps physique doit obligatoirement retourner tel quel à la terre dont il est issu. L'homme en est arrivé à vouloir maîtriser totalement non seulement sa naissance, sa vie et sa mort mais même maintenant son après-mort ! Narguer ainsi DIEU, le Créateur et le Maître, sera source de grandes souffrances ! Quelles folies qui engendreront bien des souffrances supplémentaires dans l'au-delà.... et ce, mêmes si nos Prêtres modernistes nous enseignent le contraire !
Seigneur Jésus, Dieu de bonté et de miséricorde, je me présente devant Toi avec un cœur humilié et confondu ; je Te recommande ma dernière heure et ce qui doit la suivre.
Quand mes pieds immobiles m'avertiront que ma course en ce monde est près de finir, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand mes yeux obscurcis et troublés des approches de la mort, porteront leurs regards tristes et mourants vers Toi, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand mes lèvres froides et tremblantes prononceront pour la dernière fois Ton adorable Nom, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand mes joues pâles et livides inspireront aux assistants la compassion et la terreur et que mes cheveux, baignés de sueur de la mort, s'élevant sur ma tête, annonceront ma fin prochaine, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand mes oreilles, prêtes à se fermer pour toujours aux discours des hommes, s'ouvriront pour entendre Ta voix qui prononcera l'arrêt irrévocable qui doit fixer mon sort pour l'éternité, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand mon imagination, agitée de fantômes sombres et effrayants, sera plongée dans les tristesses mortelles ; que mon esprit, troublé par la vue de mes iniquités et par la crainte de Ta justice, luttera contre l'ange des ténèbres qui voudrait me dérober la vue de Tes miséricordes et me jeter dans le désespoir, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand mon faible cœur, accablé par la douleur et la maladie, sera saisi des horreurs de la mort et épuisé par les efforts qu'il aura faits contre les ennemis de mon salut, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand je verserai mes dernières larmes, symptômes de ma destruction, reçois-les en sacrifice d'expiation,afin que j'expire comme une victime de la pénitence ; et dans ce terrible moment, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand mes parents et amis assemblés autour de moi s'attendriront sur mon état et T'invoquerons pour moi, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand j'aurai perdu l'usage de tous mes sens, que le monde entier aura disparu autour de moi et que je serai dans les oppressions de ma dernière agonie et dans le travail de la mort, miséricordieux Jésus, aie pitié de moi.
Quand les derniers soupirs de mon cœur presseront mon âme de sortir de mon corps, accepte-les comme venant d'une sainte impatience d'aller à Toi, miséricordieux Jésus.
Quand mon âme sur le bord de mes lèvres sortira pour toujours de ce monde et laissera mon corps glacé, pâle et sans vie, accepte la destruction de mon être comme un hommage que je veux rendre à Ta divine majesté, miséricordieux Jésus.
Enfin, quand mon âme paraîtra devant Toi et qu'elle verra pour la première fois l'éclat de Ta majesté, ne la rejete pas devant Ta Face. Daigne me recevoir dans le sein de Ta miséricorde, afin que je chante éternellement Tes louanges, miséricordieux Jésus.
Oraison
Ô Dieu qui, nous condamnant à la mort, nous en a caché le moment et l'heure, fais que, passant dans la justice et dans la sainteté tous les jours de ma vie, je puisse mériter de sortir de ce monde dans la paix d'une bonne conscience et mourir dans Ton amour. Par Notre Seigneur Jésus-Christ qui vit et règne avec Toi, dans l'unité du Saint-Esprit. Amen

Je rappelle que la page Sommaire de ce site vous expliquera, si vous ne les connaissez pas encore, les raisons de la colère divine et de la punition du Monde, de l'urgence de la conversion et de la prière ; efforcez-vous de la lire entièrement et attentivement, elle résume presque tout et est très importante.
Et si la Miséricorde de DIEU est toujours accordée aux âmes sincèrement repentantes, soumises et aimantes, le Temps de la Miséricorde et de la Patience divines sur le Monde et les nations, sur la planète, lui, est bien terminé....... Et ce n'est plus la planète qu'il nous faut sauver aujourd'hui, mais les âmes !
LE SEIGNEUR demande instamment de prier pour les âmes de tous ceux qui meurent et vont mourir dans toutes les catastrophes et fléaux qui vont frapper maintenant de plus en plus la planète et les nations....
En 2007, le SEIGNEUR nous
dit
: "Si vous saviez comme
les
péchés de l'Eglise sont grands..."
et "Je
ne me donne plus..... ou si peu !"
En
fin 2007, le PERE nous dit : "La
Terre où le Sang de Mon Fils
n'est même pas respecté, est maintenant maudite
!"
Lire
L'Eucharistie
En
juin 2008, le SEIGNEUR
nous dit : "Les
grands fléaux sont maintenant à la porte et ils
vont entrer..."
et en avril
2009 : "Venez
à Moi les bénis de Mon Père..."
Actuellement
la Très
Sainte Vierge est immensément
triste devant l'égarement et la perte
de beaucoup d'âmes, et, en novembre 2008, Elle nous
dit :
"Si
vous saviez combien d'âmes sont
précipitées chaque jour en
Enfer..."
Avec
Elle, on ne peut
donc tous qu'être des catholiques très
tristes et compatissants
.....cela
ne sert donc à rien
de gémir pour le juste châtiment de notre
planète maintenant maudite où tout va
s'anéantir, il nous faut
prier et nous humilier, c'est tout...