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Le
6 mai 2007
Barrer
la route à Sarkozy !
Avec 11,5 millions
de voix, le candidat de la droite dure arrive en tête du premier
tour de l'élection présidentielle. Avec 9,5 millions
de voix la candidate du PS sera présente au second tour.
Ce duel sera arbitré par les 6,8 millions d'électeurs
qui ont voté pour le candidat de la droite molle qui ne sait
toujours pas, à ce jour, s'il doit rester à droite
ou pencher à gauche comme le lui conseillent ses amis italiens
et européens. Le FN perd un million de voix car une partie
de son programme a été vampirisée par l'ancien
ministre de l'intérieur, toutefois il continue de tromper
encore trop de travailleurs. 3,3 millions d'électeurs et
d'électrices ont voté pour les candidats à
la gauche du PS dont pratiquement la moitié d'entre eux pour
celui de la LCR dont la campagne est entrée en résonance
avec les luttes sociales, la victoire du non le 29 mai 2005 et celle
contre le CPE en 2006.
Le
MEDEF a besoin d'un Thatcher français
Si le bilan du second mandat présidentiel de Jacques Chirac
est globalement positif pour le grand patronat, ce dernier - par
la voix du MEDEF - a fait savoir que c'était encore insuffisant.
Le capital aspire au pouvoir absolu, il ne supporte pas d'être
en permanence sous la menace de puissants mouvements sociaux susceptibles
de contrecarrer ses projets. Pour cela il a besoin d'un gouvernement
à la Thatcher. Cette perspective est incarnée par
Nicolas Sarkozy. Ce dernier réaffirme sa politique de casse
sociale dans Le Monde du 26 avril. S'il est élu, ses premières
mesures avant l'été seront : la " flexisécurité
", mot barbare qui signifie un contrat de travail unique basé
sur le CNE-CPE associé à la liberté de licenciement
; le service minimum dans les services publics et l'encadrement
du droit de grève avec ou sans l'accord des syndicats selon
ses propres paroles.
Voilà les travailleurs avertis avant de voter !
A ce programme antisocial à 100% s'ajoute une orientation
profondément antidémocratique. C'est ainsi qu'il a
décidé d'imposer par la force le traité constitutionnel
européen rejeté en 2005. Cette politique réactionnaire,
se fondant à la fois sur un culte chauvin de l'identité
nationale et un intégrisme chrétien, possède
tous les attributs de la guerre sociale. Pour que le tableau soit
complet, il faut avoir présent à l'esprit que le candidat
de l'UMP est servilement aligné sur la pire des politiques
de l'impérialisme états-unien.
Dans leur grande majorité les travailleurs et la jeunesse,
comme l'attestent les luttes sociales et les mouvements de grèves
actuels, feront tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher
la prise de l'Elysée par un croisement entre Margaret Thatcher
et George W. Bush.
Mettre un bulletin " Ségolène
Royal " dans l'urne
Ce réflexe de classe ne signifie nullement la signature d'un
chèque en blanc à la candidate de l'ordre juste, à
son orientation social-libérale et à son ouverture
en direction de François Bayrou.
Malgré les choix politiques de Ségolène Royal,
le 6 mai, les travailleurs et la jeunesse exprimeront :
a) Leur rejet de la dictature de la concurrence libre et
non faussée comme ils l'ont fait le 29 mai 2005 ; ce qui
implique une rupture avec l'échafaudage capitaliste qu'est
l'Union européenne.
b) Leur volonté d'abroger toutes les mesures antisociales
prises depuis 1983 lors du fameux tournant de la rigueur impulsé
par un certain
Jacques Delors.
c) Leur aspiration à disposer d'un pouvoir politique capable
de résister à l'hégémonie des capitalistes
parasitaires et assistés (65 milliards d'euros de cadeaux
fiscaux plus 20 milliards d'exonération de cotisations sociales
par an).
d) Leur refus d'un gouvernement d'alliance avec le prétendu
centre. L'exemple italien du gouvernement Prodi, allant des amis
de François Bayrou à Rifondazione Comunista montre
qu'une telle approche est une impasse pour les exploités
et les opprimés.
Quel que soit le résultat du 6 mai les travailleurs et la
jeunesse n'auront pas d'autre choix que de résister à
la politique gouvernementale. Pour être efficace, c'est-à-dire
à terme parvenir à un gouvernement dont l'action sera
la mise en oeuvre des revendications politiques de la classe ouvrière,
cette dernière devra s'atteler à la construction d'une
force politique réellement indépendante.
Cette perspective n'est pas une vue de l'esprit. Elle s'appuie sur
les luttes qui ont marquées ses cinq dernières années
contre la casse des retraites, les licenciements à répétition,
contre le CPE, etc. Elle dispose d'une base populaire d'un peu plus
de 3 millions de personnes.
Plus vite ce chantier sera ouvert, mieux ce sera.
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