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Taguemount-Azouz est l’un des plus gros villages de crêtes entre les plaines de Tizi-Ouzou et des Ouadhias. À la fin du 19ème siècle, sa population était équivalente à celle de Tizi-Ouzou ( environ 1300 habitants ). En 1967, les choses avaient bien changé ( 1650 habitants seulement au village ! ). | |
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Rue montante. |
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Ces rustiques agoras servaient de portes au village. Les vieillards et les désœuvrés qui y passaient le plus clair de leur temps, assis à palabrer, assuraient une garde vigilante et peu coûteuse. Au nord-ouest se trouvait l'agora des At-Chemloul, vaste place entourée de galeries couvertes avec banquettes de pierre. Au sud, il y avait la tajmaât oufella ( du haut ) ainsi nommée quand elle fut doublée par la tajmaât bouadda ( du bas ). | |
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Tajmaât AT-CHEMLOUL |
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"Dans les années 70, l'extension du village a pris un rythme accéléré, sous des formes nouvelles. L'habitation traditionnelle ne convient plus à la vie moderne à laquelle chacun aspire plus ou moins, en fonction de ses moyens. Voitures particulières, taxis, camions pour le transport des matériaux de construction et du ravitaillement se sont multipliés; il faut des garages. Si l'on a un terrain en bordure de route, ou si l'on peut s'en procurer un, même à prix d'or, on y construit sa demeure, une maison avec étage. Au rez-de-chaussée on installe garage, boutique ou entrepôt. L'étage est réservé au logement. On le partage en plusieurs pièces, chambres, cuisine, toilettes et, plus rarement, salle d'eau. Tout récemment, on a pu y introduire l'eau et l'électricité : autant de nouveautés qui ont déjà entraîné de profondes modifications dans le mode de vie traditionnel, tout particulièrement chez les femmes." | |
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Père Henri GENEVOIS |
Monographie de Henri GENEVOIS P.B. 1972 |
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" Les
sources ne manquaient pas. … A heures déterminées, les femmes s'y
rendaient, en files bigarrées et bavardes, faire la provision d'eau pour
les besoins familiaux. Elles y allaient aussi faire la lessive de la
pauvre lingerie de la maison. Quand il fallait presser l'huile, elles s'y
rendaient encore pour séparer de la pâte déjà triturée le précieux
liquide. Elles la versaient dans les petits bassins emplis d'eau chaude
creusés à cet effet. L'éloignement des sources, par ailleurs desservies
par des sentiers "montants, malaisés", devait enlever beaucoup de charme à
la corvée d'eau quotidienne. L'une ou l'autre source était considérée
comme dotée d'un merveilleux pouvoir, pas toujours bénéfique. | |
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Carte postale ( IDIR ) |
Monographie de Henri GENEVOIS P.B. 1972 |
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Les terrains de
culture, inégalement répartis entre la quasi- totalité des familles,
dégringolent des hauteurs où est bâti le village jusqu'au fond des ravins
qui les découpent en profonds sillons. Aux abords immédiats du
village se trouvent les jardinets ( timizar ) qui, au printemps,
lui font une couronne de verdure. Ils sont cultivés uniquement par les
femmes qui y font pousser des légumes, notamment le « navet des At-Aïssi
», si réputé sur le marché. À mi-pente des champs d’oliviers disputent la
place à des arbres disséminés mais utiles par temps de disette : les
frênes et les chênes à glands doux. | |
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La description d’un village kabyle , donnée par Mouloud FERAOUN dans son livre La Terre et le sang, s’applique parfaitement à celui de Taguemount-Azouz. Peut-être est-ce à lui qu’il pensait en écrivant : « Le village est un ensemble de
maisons et les maisons sont faites d’un assemblage de pierres, de terre et
de bois. C’est à peine si elles laissent soupçonner la naïve intervention
de l’homme-maçon. Elles auraient poussé toutes seules, telles qu’elles
s’offrent à leurs occupants, que cela ne serait pas un miracle sur cette
terre ingrate avec laquelle elles se confondent, sur laquelle chacun
végète et où l’on finit par se coucher sous une dalle de schiste
… » « Les plus vieilles
maisons , qui semblent porter la patine des siècles avec leurs tuiles
noircies, leurs jointures de mortier qui lâchent, toutes ventrues et dont
la toiture s’affaissent n’ont pour la plupart abrité que le grand-père. Il
faut déjà reconstruire… (et
ainsi) le village change peu à peu d’aspect. Les nouvelles maisons
reprennent le tracé des vieilles ; quelquefois on arrange un peu
l’intérieur, mais, si l’on ne tente pas de gagner sur la ruelle, inutile
d’espérer qu’on acceptera de laisser à cette dernière plus de largeur.
Elle est condamnée à rester telle. Quelques maisons toutes récentes se
donnent de l’allure ; des habitations agréables s’édifient en dehors
de l’agglomération. » | |
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Dessin de Charles BROUTY |
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Gérard LAMBERT 2 Av. des Genêts 35220 CHÂTEAUBOURG (France) |
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