Page d'accueil du site



A propos

de la prénomination

 

Riadh Ben Rejeb

Psychopathologie transculturelle

30/07/08

 




espacePrésentation du texte et de son auteur par Patrick Fermi

espaceA propos de prénomination est la seconde partie d'un chapitre intitulé Contes, prénoms et culture au Maghreb. Ce chapitre est lui-même le premier du livre : Psychopathologie transculturelle de l'enfant et de l'adolescent, sous titré Cliniques maghrébines. Cet ouvrage publié par les éditions In press en 2003 est un ensemble de textes dans lequel le lecteur pourra trouver des sujets aussi variés que l'abandon, l'adoption et les secrets de famille, les métamorphoses sexuelles en milieu musulman, l'analyse d'une hadra, la violence sacrificielle dans la culture arabo-musulmane, ou l'épilepsie de l'enfant.

espacePour des raisons pratiques d'accessibilité au plus grand nombre d'internautes, le texte intégral s'affiche sur deux pages électroniques. La partie ci-dessous traite de l'histoire, des relations des prénoms au Coran, à la Sunna, au Prophète, aux traditions extérieures, pré-islamiques, islamiques, de l'onomastique maghrébine etc. La seconde page commence par Croyances et pratiques maghrébines relatives aux prénoms (lien à la fin de la première partie).

espaceRiadh Ben Rejeb est clinicien et professeur de psychopathologie clinique à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis. Il est aussi l'auteur de plusieurs livres consacrés à l'adaptation de tests au contexte tunisien. Nous le remercions de sa coopération, en accord avec M. Serge Perrot représentant les Editions In Press, 12 Rue du Texel, 75014 Paris.



espaceÀ propos de prénomination

espaceLors de nos investigations psychologiques en clinique infantile ou adulte, nous avons été intrigué d'une part par la valeur sémantique de la nomination mais surtout par une certaine association quasi permanente entre prénom ou nom de famille et le tableau clinique du sujet qui consulte. Nous nous sommes rappelé alors que ce n'est certainement pas par hasard que les Daggaza ou meddebs demandent systématiquement le prénom du sujet, celui de sa mère, etc. Ils savent pertinemment qu'il y a une relation directe entre prénom et personne.
espaceNous avons décidé alors d'analyser ce phénomène afin de mieux comprendre la clinique tunisienne et mieux la situer par rapport à la dimension culturelle. L'étude des noms constitue l'objet d'une spécialité qui s'appelle l'onomastique ou encore l'anthroponymie. L'onomastique offre un grand intérêt psychologique, social voire historique. Elle reflète un des aspects sociolinguistiques du Maghreb.
espaceLa lecture historique de ce phénomène nous apprend que le prénom tunisien, et par extension maghrébin, a un fond traditionnel et une histoire très ancienne. Ce fond traditionnel est à la fois berbère, noir africain, arabe, musulman mais aussi hébraïque et chrétien. Cet héritage a été souvent enrichi de l'apport de l'influence étrangère, notamment turque mais aussi andalouse.
espaceLes prénoms attestent et soulignent les infiltrations historiques et politiques, la fusion des sangs et le contact des civilisations. Les prénoms maghrébins illustrent donc d'une manière parfaite ce carrefour dynamique de races et de peuples qui a marqué ces pays. Ce travail se limite à l'étude des prénoms. Nous laissons délibérément de côté le nom de famille qui constitue à lui seul l'objet d'une étude indépendante.[4]
espaceNotre étude sur les prénoms est d'ordre sémantique. C'est en effet la recherche du sens et de la signification des prénoms qui constitue le pivot de ce travail.

espaceDéfinitions et historique

espaceLes premières études sur les noms en milieu musulman ont vu le jour au VIe s. de l'hégire (XIIe après J. C.). À cette époque, les historiens et biographes du Proche-orient se sont mis à recenser l'ensemble des informations qui leur sont parvenues pour reconstituer l'histoire de l'Islam depuis ses débuts. Cette période (le VIe siècle) correspond à l'époque médiévale et à la dynastie des Mamelouks.
espaceCes premiers encyclopédistes se sont essentiellement basés sur l'étude des traditions du Prophète, les Hadiths. Et ils se sont attaqués directement à la « chaîne de transmetteurs » des paroles du Prophète : « Un tel a entendu d'Un tel qui le tenait d'Un tel, etc. » (Sublet, 1991).
espaceIl ressort de ces études que, dans l'usage arabo-islamique, l'appellatif complet d'une personne est normalement constitué des éléments suivants :

  1. kunya ;

  2. ism ;

  3. nasab ;

  4. nisba (Encyclopédie de l'Islam, 1960)

espacea) La kunya est un surnom généralement composé d'Abû (père de) ou Umm (mère de) suivis d'un nom propre: Abû Hurayra, Umm Salama.
espaceb) Le ism est appelé aussi álam, 'ism álam. C'est le nom distinctif de l'individu, le véritable nom propre, le nom de naissance tels Muhammad, Ibrahîm, etc. C'est l'équivalent du mot prénom dans la culture française (Encyclopédie de l'Islam, 1960).
espacec) Le nasab est une liste de noms d'ancêtres précédés du mot Ibn ou Bint (fils, fille), exemple : Ali Ibn Abî Tâlib.
espaced) La nisba est un adjectif en -i formé à l'origine sur le nom de la tribu ou du clan de l'individu, puis sur celui du lieu de naissance, d'origine ou de résidence, parfois d'une secte, d'un métier ou d'une profession. Un homme peut avoir ainsi plusieurs nisab qui sont énoncés en allant du général au particulier et en suivant l'ordre chronologique des résidences, ex: al-Qurasî al-Bagdâdî Tumma al-Mawsilî, etc.
espacee) Peut s'ajouter à cela le laqab, c'est-à-dire un surnom, un titre, une épithète honorifique ou descriptive, ex. : at-Tawîl (le grand), al-'Atrash (le sourd), al-Rashîd (le bien guidé). Ces surnoms ont vu leur apparition historique surtout à partir du IVe siècle. Ils ont été donnés aux princes et hommes d'État, exemples : Sayf Ad-Dawla (l'épée de l'État), Al-Qahir Billâh (le conquérant par la puissance de Dieu), réservés aux hommes d'états; Qutb Al-Arifîn (le pôle des savants), pour les chercheurs dans la casuistique et le fikh ; Al-Imâm, pour les fondateurs des quatre écoles théologiques orthodoxes : Hanîfa, Mâlik, Hambal et Safi'î (Garcin De Tassy, 1878).

espaceDe tous ces éléments, le ism est le véritable élément arabe qu'on doit recevoir à la naissance et les autres éléments que portera le sujet suivant les circonstances peuvent jouer un rôle d'écran ou de « voile » du nom (Sublet, 1991).
espaceDans une étude intitulée Mémoire sur les noms propres et les titres musulmans, Garcin De Tassy distingue en matière de désignation de personnes dans le monde musulman sept sortes de noms (Garcin De Tassy, 1878) :

  • des noms propres,

  • les surnoms,

  • les sobriquets,

  • les titres honorifiques,

  • les noms de relation,

  • les titres de fonction ou de dignité et enfin

  • les surnoms poétiques.

espaceLe même auteur propose de classer cette liste dans l'ordre généralement utilisé dans la nomination :

  • Nous trouvons d'abord le surnom honorifique, le laqab, comme par exemple Tâg-uddîn (la couronne de la religion) ;

  • Ensuite vient le surnom de paternité, la kunya, comme Abu-Tayyib (le père de Taïeb) ;

  • En troisième lieu, nous trouvons le nom propre, le ism ou álam. C'est le prénom. II est souvent peu indiqué. Ainsi, on dit Abû Tammâm, Tabarî, et Mutanabbi et on ne dit pas Habib, Muhammad, et Ahmad qui sont pourtant leurs prénoms.

  • En quatrième lieu, nous trouvons un ou plusieurs surnoms distinctifs de descendance, comme Ibn Ahmad. En cinquième lieu, il y a le sobriquet : laqab tel Attawîl (le grand), ou le nom de relation : nisba tel al-Basrî (de Bassorah).

  • Enfin, certains titres de fonctions ou de dignités : mansib.

espaceCet auteur remarque que ces désignations multiples et l'emploi simultané d'une suite de noms et de titres poussent à des confusions des noms propres avec des sobriquets et les surnoms honorifiques etc. En effet, les noms de relation, de résidence et honorifiques se succèdent et peuvent s'exclure mutuellement.

espacePlus récemment, l'institution de code d'État civil dans les pays arabes a généralisé l'adoption d'un système beaucoup plus simple qui comprend en général deux noms :
espacea) le premier est le prénom, en arabe ism, ou ism âlam.
espaceb) le deuxième est en général le nom du père, du grand-père ou d'un ancêtre plus éloigné ou encore un nom reçu par la famille indiquant un métier ou autre, c'est le nom de famille, le patronyme, laqab familial. Le nom de famille est donc d'apparition tardive par rapport au prénom.

espacePrénom et Coran

espaceIl est dit dans le Coran qu'Adam a été désigné par Dieu pour être son successeur, son calife : « Je vais établir un vicaire sur la terre [5], et que pour être calife, Dieu lui a enseigné les noms, tous les noms : « Dieu a appris à Adam les noms de tous les êtres »'[6]. Deux questions nous interpellent à ce niveau: D'abord, pourquoi ce premier nom Adam? Ensuite, quels sont les noms qui ont été appris par Adam ?
espaceIl semble, selon Ibn Achour, que le nom Adam vient de adîmu-al-ardh, c'est-à-dire la terre. Adam porte ainsi le nom de la matière avec laquelle il a été façonné (Ibn Achour, 1984).
espaceToujours selon Ibn Achour, les premiers noms ont été ceux des espèces animales, végétales, des matières, objets, astres, et de tout ce que Adam pouvait voir. Ainsi, parmi ces premiers mots, il y avait les mots Adam, Eve, paradis, Iblîs (le diable), arbre, fruit, etc.
espaceC'est comme si, pour qu'il y ait succession, il fallait qu'il y ait d'abord transmission du savoir. Le Père de l'humanité devait disposer de noms pour traiter et communiquer avec ce qui l'entourait (Ibn Achour, 1984).

espacePrénom et Sunna

espaceSelon un hadith du Prophète, tout nouveau-né est tributaire de sa aqiqa (sacrifice) qui lui est sacrifié le 7e jour (généralement un mouton), de sa première coupe de cheveux et de sa nomination [7] (Sâbiq, 1971).
espace
Selon un deuxième hadith, la prénomination est un droit que l'enfant a sur son père[8] (Jouili, 1992).
espaceLe Prophète conseille les ism : Abd-Allâh et Abd-Arrahmân et déconseille les prénoms Yasâr (gauche), Rabâh (gain), Nâjih (réussi), Baraka (bénédiction) et autres, car ils peuvent soit être de mauvais augure et à connotation funeste (Yasâr = gaucherie), soit avoir un sens opposé à la réalité (Rabâh peut être en fait quelqu'un de toujours perdant) (At­Tirmidhî, 1968). Nous sommes là dans ce qui s'appelle « les prénoms opposés » (asmâ-ul-adhdâd) ou les prénoms à effet inverse.
espaceLe Prophète était sensible à cette dimension sémantique des prénoms et n'hésitait pas à changer certains d'entre eux. Ainsi, Zaynib Bint Jahch, une de ses épouses, avait pour prénom Barrata. Il l'a renommée Zaynab. Une seconde épouse Bint al-Hârith avait aussi pour prénom Barrata. Il l'a renommée Juwayriya. II disait qu'il ne voulait pas entendre qu'on dise de lui qu'il vient de quitter Barrata (du birr) c'est-à-dire la piété (Sabiq, 1971).
espaceDès les débuts de l'islamisation, l'attitude du Prophète a été d'intervenir directement au niveau du choix du ism pour nommer les nouveau-nés et renommer les nouveaux convertis. Il disposait là d'une arme onomastique indéniable. Ainsi, il a changé le nom de trois personnes qui s'appelaient al-As (le rebelle) en les nommant Abdallâh (esclave de Dieu). Il s'agissait de : Abdallâh Ibn Amr Ibn al-As, de Abdallâh Ibn Omar Ibn al­Khattâb, et de Abdallâh Ibn al-Hârith (Ibn Ahmad, s.d.).
espaceLes nouveaux ism ont été choisis par le Prophète et, plus tard, entre les années 13-24 de l'Hégire/634-644 de l'ère chrétienne, par le calife Omar, son second successeur. Le choix du ism doit répondre à deux principes :
espace- d'abord la structure du nom, le Prophète disait à ce propos : « si vous donnez des noms, que ce soient des ism composés avec abd (esclave, servi­teur [de Dieu]) » (Sublet, 1991).[9]
espace- ensuite l'aspect purement esthétique. À ce propos, le Prophète disait : « Au Jour de la Résurrection, vous serez appelés par votre nom et celui de vos ancêtres, prenez des noms gracieux » (id.).

espaceTraditionnellement, la cérémonie de l'imposition du prénom à l'enfant passe par deux étapes. À la naissance, on prononce à l'oreille du nouveau-né les paroles de l'adhân (appel à la prière). C'est une sorte d'initiation à la religion, une réception officielle dans l'Islam. Mais c'est aussi une occasion pour que le premier nom entendu par l'enfant soit celui de Dieu. Quelques jours plus tard, on donne à l'enfant son prénom. De nos jours, le prénom peut être choisi bien avant la naissance du bébé.

espaceL'onomastique maghrébine: essai de classification

espacePrénom masculin et prénom féminin

espaceL'usage de la prénomination maghrébine et arabe en général fait que la différence est généralement assez nette entre le genre masculin et le genre féminin. La frontière entre les sexes est plus ou moins bien gardée par une couverture nette : le prénom. Le prénom masculin a toujours cherché à se différencier de celui féminin par le fait que ce dernier comprend générale­ment la désinence, la terminaison en a, exemples : Châdli / Châdliya, HabîblHabîba, etc. Cependant, il nous suffit de penser aux prénoms Talha, Usâma, Hamza, etc. qui sont des prénoms d'hommes et qui se terminent en a pour réaliser que ce critère n'est pas toujours valable.
espacePar ailleurs, nous avons de nos jours de plus en plus de prénoms « unisexe » tels Rajâ qui est aussi bien un prénom féminin que masculin, mais aussi Wi'âm, Sabâh, etc.

espacePar rapport à l'histoire

espace- Le patrimoine extérieur à l'Islam

espaceLes prénoms maghrébins attestent de l'existence d'un patrimoine exté­rieur à l'Islam. On trouve encore des survivances :

  • berbères : Qsîla (de Kusayla),

  • gréco-byzantines, carthaginoises, romaines : Ellyssa (Reine Didon), Hannabal (Hannibal), SkandarlSkandra (de Alexandre), Dalenda.

  • juives, anglaises, russes, iraniennes etc. : Sonia, Linda, Nûrchâne, Shahnâz.

espace- Le patrimoine pré-islamique

espacePrénoms arabes anciens : Hasan, Ahmad, Asad, Muhammad, Yâzîd, 'Amr, Zubayr, Zaynab.
espacePrénoms bibliques : Ce sont à l'origine des prénoms cités dans la Bible et qui ont été par la suite repris dans le Coran non sans modifications. Ce sont surtout : Ibrâhîm (Abraham), Ishâq (Isaac), Mûsâ (Moïse), 'Isma'îl (Ismaël), 'Isâ (Jésus), Yûsuf (Joseph), Maryam (Marie, unique prénom féminin dans le Coran).

espace- Le patrimoine religieux arabo-musulman

espace* Les prénoms liés à Dieu, le Coran et la Sunna

espaceDieu : Il est dit dans le Coran que Dieu a les plus beaux noms : « Les plus beaux noms appartiennent à Dieu. Invoquez-le par ces noms ». [10]
espacePar ailleurs, tout bon musulman prononce la formule indispensable bismillâh (au Nom de Dieu) avant d'entamer une activité quelconque, le sujet se plaçant ainsi sous son égide et sous sa protection.
espacePar rapport à cela, nous relevons la fréquence des prénoms composés à valeur mystique : Ces prénoms sont formés : de Abd, vocable de piété signifiant « adorateur », « serviteur » , « esclave » suivi :

  • soit du mot Allah : Abdallâh,

  • soit de l'un des 99 noms divins qui marquent les qualités infinies de Dieu (Gimaret, 1989) : Abd al-Qâdir (serviteur du puissant), Abd al-Magîd (serviteur du glorieux), Abd al-Rahmân (serviteur du miséricordieux), etc.

espaceLe Coran : Des prénoms sont directement puisés des titres de sourates du Coran. C'est le cas pour Imrân (titre de la 3e sourate), An'âm (altéré en In'âm), (6e sourate), Tahâ (20e sourate), Nûr (24e sourate), Yâsîn, titre de la 36e Sourate), Najm (« l'étoile » , 53e sourate), Tarek (86e sourate), Chams (« le soleil » , 91e sourate), Dhuhâ (93e sourate), Quraych (nom de la tribu du prophète, 106e sourate), Kaouthar (« le paradis » , 108e sourate), Nasr (« la victoire » , 110e sourate). Mais nous trouvons également le prénom Âya (verset). Tous ces « choix » (conscients ou inconscients) témoignent du poids de la dimension religieuse dans la sélection des prénoms de nos enfants.

espaceLa religion : Des prénoms peuvent être composés du mot dîn (reli­gion) précédé par un substantif, exemple : Nûr al-dîn (la lumière de la religion), Sayf al-dîn (l'épée de la religion), Chams al-dîn (le soleil de la religion), etc. D'autres prénoms relèvent du découpage (calendrier) reli­gieux du temps : ils sont tirés des noms des mois lunaires sacrés de l'Islam essentiellement : Rajab, Cha'bân et Romdhân. L'usage de ces prénoms est encouragé indirectement par un hadith du Prophète selon lequel Rajab est le mois de Dieu, Cha'bân le mois du Prophète et Romdhân (Ramadan) le mois du peuple.[11]
espaceEn ce qui concerne les noms des anges, seul celui de Radhwân est conservé par la tradition locale. Les quatre principaux noms des anges (Jibrîl, Mikâ'îl, Isrâfil et 'Azra'îl) sont extrêmement rares. Par contre, on trouve le mot « ange » lui-même en tant que prénom : Malâk et Malak qui signifie également « roi ».

espaceLe Prophète : Les prénoms les plus utilisés sont ceux du Prophète : Muhammad, Bilgâsim (tiré de sa kunya : Abu l-qâsim « père de Kasem ») et Mustafâ (élu), et les équivalents du premier : Mhammid, 'Ahmid, Hmid, Hmîda, Hammâdi, Hammûda, Hamda et Hamdi, prénoms qui renvoient au hamd, c'est-à-dire à la louange et à la gratitude. Mais d'autres prénoms sont également utilisés. Ce sont des prénoms composés de Muhammad suivi par un autre prénom, ex : Muhammad-Hâdi, Muhammad-Sâdiq, Muhammad-Riadh, etc. On note également l'usage du prénom Arbi / Arbia (l'arabe), adjectif du Prophète.

espaceLes Califes : al-Siddiq (le véridique = Abû Bakr ou Bubakr), Omar, Othmân et 'Ali.

espaceLes compagnons du Prophète : (As-sahâba) : Anas, Zubayr, Mu'adh, Bilâl, Khâled, etc.

espaceLes membres de sa famille :

  • son grand-père: Abdel-Mottalib.

  • son père : Abdallah.

  • sa mère génitrice : Amîna, altéré en Amna.

  • sa mère nourricière: Halîma, altéré en Hlîma.

  • ses épouses : surtout Khadîja et 'A'icha, altérés en Khdîja et 'Ouisha, mais également Safiyya et Zaynab.

  • ses enfants : Ad qâsim, 'Ibrâhîm (et selon d'autres sources : At-Taiéb, At-Tâhir et Abdallah tous garçons décédés en bas âge), Zaynib, Ruqayya, Om Kulthûm et Fâtima (altéré en Fatma, Fâfa, Fafâni).

  • ses petits-enfants : Hasan et Husayn.

  • ses oncles: 'Abbas et Hamza.

  • son fils adoptif : Zayd.

  • espace* Les prénoms liés aux traditions

    espace- Ce sont en premier lieu les prénoms des saints, walis et marabouts : Tijâni, Châdli, Jilâni, Sahbi, des plus importants à valeur mystique aux plus locaux à valeur « terrestre ».
    espace- D'autres prénoms sont donnés en l'honneur de la ville sainte : Makki (de La Mecque), ou de la terre sainte : Tuhâmi (de Tehama, nom d'une tribu de l'Arabie Séoudite), ou encore de quraych (nom de la tribu du Prophète).
    espace- Le patrimoine « naturel » : Les astres : Gamra (lune), Chams (soleil), Nijma (étoile), Zohra (la planète Mars), mais aussi Laylâ (altéré en Leila : nuit), Chihâb (étoile filante), etc. Les pierres précieuses : Jawhir, Jûhir/Jûhrâ (perle), Yaqûta (rubis), etc. Certaines divisions du temps : Jim'a (vendredi), Khmîs (jeudi, 5e enfant, porte-bonheur). La nature : Jnîna (jardin), Kaouther et Ferdaous (paradis).
    espace- Le patrimoine « physique » : Laz'ar, Za'ra (le blond, la blonde).
    espace- Le patrimoine animal : Burni (Faucon, aigle), Ghzâla (gazelle) ou végétal : Tuffâha (pomme), Yasmîn (jasmin), 'Ouarda (rose) et Ourida (petite rose), Zouhayra (petite fleur), etc.
    espace- Le patrimoine « abstrait » : Il s'agit de prénoms à caractère intellectuel et abstrait, exemple : Tawj'iq, Nâjih, Najâh (réussite), Fikrî (« intellectuel »ou « ma pensée » ), Mâhir (intelligent), Nafisa ou Nfisa (précieuse), etc.

    copyright "Editions In Press"

    suite de ce texteespaceCroyances et pratiques maghrébines relatives aux prénoms

    Bibliographie de ce texte

     Voulez-vous être prévenu(e)s de l'évolution de nos pages ? - Oui

    Page d'accueil du site - homepageespaceHaut de pageespaceEthnopsychanalyse - sommaire des textes



    Notes des renvois numérotés


     [4] . Cf. à titre illustratif, le texte Quand le totem n'est plus tabou dans le présent ouvrage. (C'est à dire : Psychopathologie transculturelle de l'enfant et de l'adolescent, sous titré Cliniques maghrébines, Éditions In Press, 2003)

     [5] . [ innî gâilun fil 'ardhi khalîfa ] (Coran, II, La Vache, 29).

     [6] . [ Allama 'adama al-'asma'a kullaha ] (Coran, 11, La Vache, 30).

     [7] . [ kullû mawlûdin rahînatun bi-'aqîqatihi tudhbahu 'anhu yawma sâbi'ihi wa yuhlaqu wa yusamma ]

     [8] . [ min haqqil-waladi ala wâlidihi an yuhsina ismahu wa yuhsina mawdi'ahu wa yuhsina adabahu ]

     [9] . [ idhâ sammaytum fa-'abbidû ]

     [10] [ wa lillahî al-'asma'u al-husnâ fad'ûhu bihâ ] (Coran, VII, al-'a'râf, 179).

     [11] [ Chahru rajab chahrullâh wa chahru cha'bân chahrî wa chahru ramadhân chahru ummatî ]

    espaceVotez pour ce site au WebOrama

    © Association Géza Róheim - Fermi Patrick - 17 septembre 1998