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Le nom de BIHOREL


L'origine des noms, la toponymie pour employer un mot savant, a toujours préoccupé les chercheurs. S'il est un domaine où il ne faut pas être affirmatif, c'est bien celui-là ! La fantaisie s'y donne souvent libre cours , au mépris de certaines données fondamentales. C'est le cas pour BIHOREL.

Il existe peu d'écrits sur ce mot de BIHOREL qui nous intéresse. L'écrivain régionaliste Edmond Spalikowski essaya de soulever un coin du voile en latiniste et en littérateur.

Ce qui est certain, c'est que notre commune n'en a pas le privilège et qu'on le retrouve dans la désignation de hameaux, de lieux-dits tant en Seine Maritime que dans l'Eure et le Calvados, peut-être même ailleurs.

Dès 1198, on le note déjà dans les Rôles de l'Echiquier de Normandie. Son étymologie, par contre, est incertaine et contre-versée.

Certains pensent la trouver dans le nom d'un oiseau de la famille des grues, le Bihoreau. Mais si ce genre de héron existe, il est prouvé qu'il ne vécut pas dans notre région.

Certains considérant le mot BIHOREL, y reconnaissent deux éléments : la syllabe "bi" et le mot "horel". "Bi" se retrouve dans d'autres noms de lieux du département, tels Bival, qui s'appela Buyeval, Buyval, Bieval. L'étude des noms porte à penser qu'il ne faut pas considérer ce préfixe comme signifiant deux, mais comme une déformation de buy, buie, bie, boue, qui désignerait tout ce qui est mouillé, détrempé. Un chercheur y rattache même le nom de "buanderie" ; il appuie son hypothèse sur "la Chronique des Abbés de Saint-Ouen", d'après un manuscrit du XIVème siècle où on lit "Biehorel". Certes, le vallon qui descendait sur Rouen était humide.

Reste l'explication du mot "Horel". Un chercheur se réfère à un dictionnaire de l'ancienne langue française du XIème au XVème siècle où l'on retrouve Hourel, Houriel, Horel, Ouriel, signifiant "osier". D'après ses conclusions, BIHOREL pourrait donc signifier "lieu marécageux où se trouvait une oseraie".

Une autre hypothèse semble beaucoup plus plausible. Ce nom de Bihorel apparaît tantôt sous une forme masculine, tantôt féminine. On le rencontre à Fultot, à La Gaillarde, à Gerville, à Neufchâtel-en-Bray, à Saint-Mards, à Ypreville, à Crosville, sous la forme de "la Bihorelle".

Les dictionnaires topographiques du Calvados et de l'Eure mentionnent les hameaux de "la Bihorée". Une ancienne friche dite de "Bihorelle" existe à Grémonville.

Un acte notarial d'Avranches en 1660, donne lieu de penser qu'à cette époque, on attribuait une signification à ce mot qui n'a plus cours aujourd'hui dans le langage rural. Il y est question d'une vente "de 6 vergées de terre, y compris un bihorel sur le bout du pré", c'est-à-dire un endroit rocailleux, en pente, impropre à la culture, terrain où poussent genêts à balais et herbes.

Panorama

Ceci paraissait conforme à notre BIHOREL puisqu'il fut longtemps inhabité, infréquenté, fouillis de broussailles, ronces, joncs, genêts, où venaient s'approvisionner les fabricants de balais de genêts vendus aux boulangers de Rouen pour le nettoyage de leurs fours.

Lorsqu'en 1892, il fallut baptiser la commune qui venait de naître, le "Père Ponchy",  laitier de la Grande-Madeleine qui livrait du lait à l'Hospice Général, aimait à rappeler que c'était dans un café rue Racine, que la délégation préfectorale décida du choix entre : "Notre-Dame-des-Anges", "la Madeleine" et "Bihorel".

BIHOREL l'emporta, ce qui nous permet aujourd'hui d'argumenter sur son origine.


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