EMI: Expérience de Mort Imminente
L'Expérience de Mort Imminente (EMI ou NDE) est, au sens strict, un "symptôme" repéré et associé à la "mort clinique" (arrêt cardiaque, coma, anesthésie…). Leurs récits, largement médiatisés, ont permis de dégager des constantes: décorporation et phase autoscopique, "effet de tunnel", rencontre et communication avec LA lumière et/ou des entités, visions diverses… jusqu'à une limite de "non-retour". Malgré la diversité des récits, leurs contenus sont indépendants des conditionnements socio-culturels ou personnels de l'Expérienceur et, en France, on estime que 3% de la population auraient vécu ce type d'expérience.
Vannina Schirinski
Ma première expérience, je l'ai vécue à l'âge de 14 ans. C'était le soir, ma grand-mère voulut allumer un lampadaire en fonte,mais celui-ci ne marchait pas, comme je voulais l'aider, elle me demanda de regarder ce qui ne marchait pas. Comme c'était l'été j'étais pieds-nus, je me suis approchée du lampadaire et je l'ai saisi au niveau de la collerette qui entoure l'emplacement de l'ampoule, mais il n'y en avait plus et malheureusement la personne qui avait retiré l'ampoule n'avait pas retiré la prise, d'un coup mon index de la main gauche fut attiré de façon incontrôlable par l'éléctricité,et il fut littéralement collé dans le logement de l'ampoule.
Au même moment je me mis à hurler d'un cri effroyable,mais en même temps j'entendis et sentis mon coeur cesser de battre dans un ultime grand coup, j'étais toujours collée au lampadaire, mon corps était secoué de spasmes electriques, et c'est alors que je me retrouvai en dehors de celui-ci, très tranquille, j'étais d'un calme absolu. Là il faudrait lire cette description de plusieurs choses que je vivais comme un seul et même instant, une fraction de seconde ; donc tout en même temps, je pensais: -"Bien, si je dois mourir aujourd'hui ce n'est pas grave, c'est juste dommage, je n'ai que 14 ans, mais bon "
Je me sentais emplie d'un calme et d'un amour inconditionnel comme on n'en ressent jamais sur terre, et surtout je me sentais comme plus dense dans ma sagesse de pensée comme si je réintégrais un état complet de savoir, je ressentais une profondeur d'être-pensée infinie, comme si mon corps avait été trop petit pour accueillir tout le savoir le plus profond de mon âme.
En même temps que cela je pouvais voir avec tout mon corps qui n'avait aucune matière tangible et qui flottait un peu à 1 mètre du sol à côté de mon corps qui continuait de hurler et de trembler, je pouvais donc voir à 360 degrés, tout en même temps,j'englobais tout dans ma vision et je voyais non pas avec des yeus fixés à un endroit précis en haut du corps, mais comme si chaque cellule qui me composait avait des yeux et j'étais capable d'analyser tout en même temps ce que je pensais , ce que je voyais devant derrière, et ce qui se passait pour mon corps.
Je n'entendais pas le son, je le "ressentais" avec toutes mes cellules de la même façon qu'elles voyaient, celles-ci semblaient pouvoir tout faire, voir et entendre.
Je n'avais aucun intérêt pour mon corps, et je ne ressentais plus la douleur qu'il semblait ressentir pourtant. je voyais ma grand-mère tenter désespérement de trouver un moyen de me sauver, puis je la vis saisir la main de mon corps et tirer d'un coup sec, là d'un coup moi aussi je réintègre mon corps.
Le reste de ma famille réveillé par mon cri se met autour de moi pour me secourir et me réveiller car je semblais évanouie, en fait j'étais parfaitement consciente mais je n'avais plus la sensation de mon corps , il me semblait être enfermée dans une boite trop serrée pour moi et toute noire, je ne voyais plus rien, il me semblais que j'avais enfilé une cagoule mais que je n'avais pas trouvé les trous des yeux pour voir. Au bout d'un moment j'ai entendu mon frère me dire: -"reste calme n'essaye pas de te relever" je n'avais pas conscience de me relever, je me sentais très bien car je restais dans la sensation de mon âme en dehors du corps qui allait très bien. je lui ai d'ailleurs dit de façon un peu agressive: -" mais non ça va ! Je vais très bien, laissez moi me relever." Mon frère me dit: "Doucement tu es très mal en point".
Petit à petit j'ai retrouvé la vue, et les sensations du corps. Et j'ai vu que mon index était très profondément brulé et coupé. J'en garde à vie la cicatrice mais aussi une très grande sensibilité à l'électricité. Ce qui m'est arrivé ce soir là a changé toute ma vie.
Une autre fois , je délirais de fièvre, j'avais 15 ans, je faisais des cauchemars atroces et je me sentais comme dans un édredon, tout était très confus dans mon esprit. Mais tout à coup, le cauchemar que je faisais a cessé d'un coup, et un grand calme s'est fait en moi, j'avais une clarté d'esprit incroyable, et c'est alors que j'ai senti que je pivotais sur moi même pour sortir de mon corps et au même moment j'ai ressenti la présence d'un être qui me communiquait beaucoup d'amour et de douceur, cet être me dit par télépathie: -"Vannina, si tu veux partir tu peux le faire quand tu veux, tu es libre" Je sentais que je partais, mais comme ma chambre était dans une totale obscurité j'ai pris peur du noir et j'ai refusé de partir, j'ai paniqué au moment où j'allais quitter totalement mon corps. Je l'ai réintégré d'un coup et la confusion de la fièvre m'à reprise tout de suite. Je ne sentais plus la présence.
La dernière fois, c'est à cause de ma propre bêtise que j'ai failli mourir, je venais de rentrer dans une nouvelle école, j'avais 16 ans,et je participais à une semaine de stage en pleine nature avec mes nouveaux camarades. Cela faisait peu de temps que nous nous connaissions mais je faisais un peu tache dans le groupe car depuis mes expériences je suis devenue quelqu'un de très raisonnable. Mais ce soir là nous étions tous ensemble et l'un d'entre eux a dit : "Moi je sais provoquer un évanouissement."
Il nous montre ,c'est à dire qu'il expire plusieurs fois violemment en étant accroupi et d'un coup il se redresse et bloque sa respiration ce qui entraine l'évanouissement immédiat. Il revient à lui dans les secondes qui suivent. D'autres essayent, et puis au bout d'un moment un de mes camarades me dit: -"je suppose que toi évidemment tu ne vas pas le faire." j'ai dit : -"En effet je n'en vois absolument pas l'intérêt" Ils ont tous commencé à se moquer gentiment de moi et puis ensuite à me dire que j'étais une trouillarde. Comme je ne voulais pas être encore mise à l'écart et que j'avais de l'orgueil mal placé, j'ai fini par dire que je m'en fichais et que si cela pouvait leur faire plaisir je le ferais.
Je fis donc tout ce qu'il fallait, mais au moment de l'évanouissement, je me suis retrouvée tout de suite à côté de mon corps, je voyais tout autour de moi comme lors de mon electrocution, mais là j'ai commencé à monter dans les airs, je m'étais "évanouie au pied d'un grand pin" et je me trouvais à la cime de l'arbre, je continuais à fixer mon attention sur mon corps, je voyais celui-ci gisant au pied de l'arbre et tous mes camarades autour de moi en cercle, au début je ne ressentais rien et puis j'ai ressenti comme des nuages qui sortaient d'eux, des nuages d'émotions, certain commençaient à avoir peur et à secouer mon corps.
C'est le fait de ressentir leur peur qui m'a réattirée vers mon corps, je suis redescendue à côté de celui-ci et je pouvais entendre tout ce que disaient mes camarades en plus de la sensation de panique qui les envahissait. -"bon sang secoue-là disait l'un", d'autres par peur faisaient des blagues de mauvais goût à mon encontre, je m'en fichais, mais à un moment l'un d'entre eux s'est penché vers moi et a commencé à me secouer assez violemment, et là d'un coup j'ai réintégré mon corps, quand ils ont vu que je reprenais connaissance, ils ont tous plus ou moins fui.
Ils m'ont laissé là par terre, j'avais du mal à reprendre mes esprit, mon corps semblait en pierre, il me semblait froid et dur, c'était une sensation horrible et jamais je n'ai eu si mal au corps, des milliards de fourmillements me parcouraient et je sentais les battements de mon coeur augmenter, comme si j'étais dans chacune de mes cellulles qui revivaient, c'était vraiment une douleur insoutenable.Voilà ce fut ma dernière expérience..pas la meilleure.
Mais à chaque fois j'avais cette clarté "d'être" et de pensée avec un calme incroyable et beaucoup d'amour en moi et une totale indifférence pour mon corps.Cette clarté je ne l'ai jamais ressentie dans ma vie de tous les jours, c'est comme si le fait d'être hors de mon corps me faisait vivre dans la VRAIE réalité. Celle du corps est comme tronquée, floue et confuse, pas hors du corps. Hors de celui-ci tout est si clair et si parfait, sans peur ni angoisse, seulement une quiètude parfaite.
Pendant l'électrocution, le peu de vie que j'avais vécue est remonté comme une bande vidéo, et j'ai eu la nette sensation que cela n'avait pas vraiment de consistence profonde, en tout cas pas assez pour m'y pencher, j'avais la conscience que si je partais maintenant je partais trop tôt pour avoir créé une vraie expérience de vie, mon enfance n'était que le canevas de mes choix futurs.
Mais après, j'ai eu une conscience extrême de l'importance de dire à ceux que l'on aime qu'on les aime et de ne plus jamais laisser des non-dits me séparer de ceux qui me sont chers. D'autre part je n'ai plus du tout eu peur de la mort, au contraire une immense nostalgie de "l'autre côté " m'a habitée pendant de nombreuses années. D'autre part j'ai eu la sensation que j'avais repris avec moi une partie de la totalité de ma conscience telle qu'elle était hors de mon corps, c'est à dire comme si j'étais emplie sans cesse de cette conscience et de cette responsabilité qu'est une expérience de vie humaine.
Lors de l'electrocution aussi, mon corps ne pouvait pas à la fois trembler sous le coup de l'électricité et en même temps voir le reste de la pièce et en même temps voir ma grand-mère dans ses tentatives désespérées de me décoller du lampadaire. Je le lui ai dit ensuite, en détails, elle m'a dit que tout était vrai, même si elle ne savait pas comment je pouvais l'avoir vu, car soit elle se trouvait dans mon dos, soit elle se trouvait dans la pièce à côté dans la semi-obscurité en train de chercher la prise. Et la troisième fois lors du stage avec mes camarades de classe, je leur ai dit et raconté ce qu'ils avaient fait pour me faire revenir, d'abord ils ne m'ont pas crue, et quand j'ai raconté exactement avec les mêmes mots la blague idiote à mon propos qu'avait fait l'un d'entre eux pendant que mon corps était immobile et inconscient pour eux, ils ont pris peur, et m'ont demandé comment je faisais pour savoir ça, alors que j'étais blanche comme un linge et totalement dans les pommes. Il ont d'ailleurs eu beaucoup de mal à me réveiller.
Ce qui marque le plus dans cette expérience, c'est l' amour inconditionnel. Depuis l'amour entre deux personnes tel que nous le pratiquons au quotidien de nos vie me semble terriblement mesquin, j'ai en moi toujours cet amour inconditionnel pour mes frères et soeurs humains qui m'habite, mais je doit faire attention car je sais qu'ils et elles n'ont pas cette perception que d'habitude ont accorde volontiers aux personnes religieuses. Je ne suis pas religieuse, je n'adhère à aucune religion ni philosophie, seule cette expérience et la "réintégration " du savoir profond de mon âme guide mes pas dans cette vie. J'ai acquis un respect immense pour l'amour et pour les experiences de vie de mon prochain. Je juge beaucoup moins et je trouve une raison à toutes choses même négatives. L'Amour c'est la seule chose fondamentale qui me reste de cette expérience, c'est la chose qui est resté la plus fraîche, comme intacte malgrès le temps qui a passé. A vrai dire l'expérience est un tout , puisque j'ai récupéré toute ma conscience de vie et d'âme d'un bloc.
Mes relations ne sont plus vécues de façon instinctives, par l'amour ou la haine, c'est depuis toujours à la base de l'amour inconditionnel, pour tous les êtres vivants.
Et ensuite, je suis incapable d'entretenir une relation superficielle et fausse. Je ne suis bien que dans des relations de totale franchise de ce que je suis, et si j'apprécie quelqu'un je n'attends pas des années pour le lui dire.J'ai depuis l'urgence de dire aux autres que je les aime. Je n'ai plus de haine véritable envers mon prochain. Si un être me nuit sciemment , je décide de le mettre à l'écart de ma vie sans violence et sans haine. Et toujours je lui souhaite le meilleur... La haine me semble désormais une perte de temps et d'énergie. D'autre part je ne vis plus en faisant les choses par simple instinct. Je réfléchis beaucoup aux conséquences de mes actes, je les assume tous, même ceux dont je ne suis pas toujours fière. Et, dernière chose, je compare chacun de mes rapports avec les autres, ou mes actes de vie à l'aune du dernier jour de ma vie quand je devrai faire le bilan, pour n'avoir aucun regret.
Je suis quelqu'un qui a une grande foi , mais je suis totalement allergique à tout ce qui oblige à croire d'une façon particulière et qui ne correspond pas à mon ressenti interne. Je respecte les croyances des autres, et des religions établies, pour moi elles parlent du même Dieu mais de façons différentes, je ne vois plus quel est l'intérêt de vivre la foi dans des milliers de détails tel que les prières avec des façons précises de les faire ou des gestes mécaniques qui ne veulent rien dire pour moi.Ma religion est dans chacune de mes cellules et tout autour de moi , ma religion c'est le grand TOUT. Les guerres de religions me font d'ailleurs beaucoup de peine car elles n'ont plus aucun sens pour moi, elles n'ont que un bout de la vérité, pas tout.Je ne vis plus la religion, je suis la foi.Mais je ne veux convertir personne, j'y suis aussi très allergique.
Cette expérience m'a complètement façonnée, ce que je suis aujourd'hui c'est le résultat de ces expériences et surtout de la première. Elle m'apporte beaucoup de nostalgie de "l'autre côté" et de sa paix, mais aussi de tristesse de ce monde si laid, si froid et si violent. Beaucoup de joies profondes et D'Amour m'habitent, car j'en suis emplie depuis. Et surtout ma vie à pris tout son sens véritable. Cela me complique aussi l'existence, car je ne m'intègre plus dans les schémas classiques humains. Désormais pour moi tout aun sens et je tente à chaque minute de me rapprocher le plus possible de cet état de profonde sagesse et conscience calme que j'ai ressenti au cours de ces expériences hors du corps. J'ai aussi une grande exigence morale vis-à-vis de moi-même, je ne me laisse rien passer, et je ne me considère jamais assez compréhensive , ni aimante comme je voudrais l'être tel que je l'ai ressenti en étant hors du corps dans ce calme profond de mon âme. Je voudrais ajouter que depuis que j'assume et que j'incarne la totalité de mes croyances face à la mort, je me sens extrêmement bien dans ma peau, et que cela se voit car la chose que tous le monde dit de moi, c'est que je suis quelqu'un de lumineux et de passionné, dans le bon sens du terme.
J'ai noté que nos expériences vis-à-vis de la mort pouvaient soulager certaines personnes, mais qu'elles en effrayaient d'autres qui du coup avaient des réactions très négatives à notre encontre (ceux qui ont eu des EMI). Malheureusement rien n'est plus convaincant que de vivre soi-même une telle expérience. Mais je pense que si les gens lisent ou entendent les diverses témoignages d'EMI, ils se rendront compte que des centaines de personnes n'ayant rien à voir entre elles ont des expériences très similaires.. Ils faut aussi que les personnes qui ont vécu des EMI soient très rigoureuses, et très crédibles quant à leurs récits, c'est important, et qu'elles n'en tirent aucun profit quel qu'il soit!! Et surtout, que ces EMI restent des témoignages et pas un mode pour convertir les gens à une nouvelle vision de la foi ou de la mort. Personnellement c'est ce qui est resté très fortement imprimé dans ma conscience, de ne pas convertir les gens à ma conviction intime, mais seulement de témoigner et offrir un peu de cette lumière que l'on a eu ou été hors de son corps, de l'autre côté.
Pierre Roulet
Circonstances : je déclare une varicelle ( contractée auprès de mes enfants.), mauvaise pioche, cela tourne très mal. 1er Juillet 1999, au cours d'une visite d'un médecin à mon domicile, celui ci me trouve à 2 doigts de la catastrophe ( pneumopathie avec syndrome de détresse respiratoire aiguë ). Samu et réanimation ou l'on me plonge dans le coma si je n'y étais déjà. Merci l'hôpital de proximité car 20' de plus et je ne pourrais vous l'écrire ( enfin merci ? ) . .
48 heures + tard on demande à ma femme de prévenir la famille que mon cas est désespéré et que je ne survivrai pas. Pour moi tout va bien, je découvre avec stupéfaction l'envers du décor, je vagabonde sans contrainte, sans appréhension, sans souffrance : il me suffit de penser à une personne et je suis en prise directe sur sa conversation ou sur ses pensées. Pourtant j'ai tout de même un corps mais version ligth, soft.
La très nette impression que de ce coté c'est la vérité, l'autre coté semble factice , limité , en prise avec le temps dans une direction unique. De plus les gens d'ici bas ne vous entendent pas, des poissons rouges qui n'entrevoient rien de ce qui entoure réellement le bocal.
Et puis il y a la preuve par 9 : cet examen. Une femme amène le matériel d'échographie, je madresse à elle en vain pour lui dire qu'elle devrait arrêter de me regarder de la cette manière et surtout de *penser* que je ne suis qu'un légume. Pourquoi celui ci porte t' il un logo CHU de Roanne sur sa blouse, alors que nous sommes à Thiers ? - Fais voir sa vésicule, c'est de la boue ... - Fais voir le foie , non mais t'as vu ce foie ! Enorme ! ce n'est qu'un œdème ce type ! - Le cœur ? t'as vu la taille du ventricule ? énorme pfuuuuu. Ouais, he ben c'est peut être pour ça qu'il est encore vivant...
Cette scène ? je ne pouvais pourtant pas en avoir connaissance : Vous n'étiez pas en état de percevoir quoi que ce soit et surtout pas des détails visuels. -Vous êtes de ceux qui on vu le tunnel ? la lumière ? ( goguenard et incrédule malgré le trouble visible.) Et puis il y a le "tribunal "dans une sorte de château médiéval avec cette cacophonie de gens pas d'accord ---> Pas jugé , mais puni quand même : il va faire du rab...
Les visions : sur mes années a venir, elles se réaliseront presque toutes sur 9 ans, il n'en reste qu'une ou deux, mais vu la précision des précédentes je sais qu'elles se vérifieront tôt ou tard. Elles concernaient pour la majorité ma vie à venir. Balade flottante, tranquille autour du CHU et enfin une rencontre avec un type qui me voit, m'entend, me* pense*. Il me donne le choix devant deux portes : Celle là, tu rentres chez toi, mais je te préviens cela va être dur. OK je rentre, je ne peux pas laisser Jeanjean et Jessica seuls avec leur mère. Le retour à mon corps est une horreur de souffrance, j'avais tout simplement oublié que c'était cela la vie, de la souffrance et de l'ignorance à 90%. Plus tard, ballade encore mais réintégration dans un autre corps avec d'autres pensées ( et pas les miennes ) : une femme ! L'expérience est incroyable, déroutante, elles pensent deux mille fois plus qu'un homme. Et ce sentiment de mère ? c'est proprement hors de portée d'un homme. Il me faudra beaucoup de temps pour me ré-accepter en tant qu'homme, y compris physiquement.
L'année de ma renaissance sera celle des changements fondamentaux dans mon comportement, mes valeurs, ma vision de la vie, de l'après vie, des hommes, du respect des autres. Presque dix ans plus tard, il n'y a pas un jour où je ne pense à cette aventure et où je me rassure en me disant que mon tour reviendra, je l'attends sereinement et je profite de ces jours "terrestres" ou tout du moins je les accepte, en essayant d'être meilleur et de faire partager mes certitudes, mais cela est très difficile de convaincre les autres à concevoir l'inconcevable.
Il me restera des capacités accrues au niveau de la perception de notre monde et un niveau d'intuitionnisme tout à fait record ( d'après un cabinet de recrutement suite à un test sur l'intuition ). Les années qui ont suivi cette expérience ne sont en fait que la partie désagréable de cette épisode, une vraie galère liée à ma transformation comportementale, à mes certitudes inutiles et stériles. Aujourd'hui je me demande si je ne me suis pas trop restreint dans cette transformation initiée par l'expérience fondamentale, si je n'ai pas inconsciemment limité ma capacité à percevoir, dans le but de moins souffrir. Je devrais engager un travail sur moi même dans le temps qu'il me reste à passer de ce côté.
Une authentique NDE décrite en 1893
Le document, dont je vous propose ici la traduction française, est tiré de la revue théosophique américaine The Path (juin 1893, pp 82-84).
Il s'agit d'une NDE typique subie par une patiente, lors d'une syncope brutale en la présence de son médecin. On notera avec intérêt l'opposition - ou la complémentarité, entre les observations objectives du praticien et le contenu subjectif de la NDE, vécue par un sujet manifestement doué de clairvoyance active.
Jean-Louis SIEMONS, Docteur ès Sciences
LE RAPPORT DU MEDECIN :
Alors que j'étais debout près de ma patiente, elle me dit tout à coup, très vite, d'une sorte de voix étouffée : "je vais me trouver mal". Je pris le pouls : il était très fort, comme je l'avais toujours observé, la patiente ayant généralement des pulsations régulières et bien marquées. Tandis que je tenais le poignet, je sentis soudain comme une hésitation, un changement de rythme ; le pouls se mit à fluctuer de façon indescriptible et. à ma grande horreur, j'eus l'impression que la patiente était en train de mourir. Les pulsations disparurent, le corps se redressa et se raidit, la mâchoire s'affaissa ; il y eut une expiration violente, puis les traits se détendirent.
Le cœur s'était arrêté et le corps devenait froid comme la mort : tout signe de vie avait disparu. Détail le plus étrange, peut-être : cette personne qui, extérieurement, était d'allure très féminine, semblait maintenant, dans la mort, donner l'apparence d'un homme, bien plus jeune qu'elle ne l'était en réalité. En vain je tentai des moyens de réanimation : la vie avait quitté la forme physique. C'était du moins ma conclusion, face à l'évidence. Pourtant, un sentiment plus fort, qui ne s'arrêtait pas à cette preuve, m'obligeait encore à rester là, à observer et à attendre je ne sais quoi. Bientôt, grande fut ma surprise de voir comme un imperceptible frémissement, une ombre fugitive parcourant le visage.
Aussitôt je plaçai ma main sur le cœur. Tout d'abord il n'y eut aucune réponse : ce qui gisait là était bien une chose morte. Puis, ce fût pour moi un véritable choc : le cœur tressaillit, s'agita, bondit sous ma main : tous les torrents de vie revenaient à flots. Mes sentiments de soulagement étaient indescriptibles. En même temps, je l'avoue, je cédais à une indiscutable curiosité. La patiente ouvrit les yeux et tenta de parler, mais en vain. J'en découvris plus tard la raison : sa langue, noire et gonflée, remplissait la cavité buccale. Au bout d'une heure environ, de grands cernes noirs entouraient ses yeux - ils étaient d'une noirceur rappelant une contusion, et ces cernes demeurèrent quelques jours avant de disparaître graduellement, en passant par toutes les teintes variées de violet, caractéristiques des contusions. En définitive, il s'agit d'une expérience tout à fait particulière. Qu'était-il arrivé à ma patiente, et com-ment?
LE RECIT DE LA PATIENTE :
Pas plus que le médecin, je n'ai idée de ce qui est arrivé à mon corps, mais je sais bien ce qui m'est arrivé, à MOI.
Pour commencer, je dois dire que, pendant toute mon existence, le fait de la vie en soi s'est manifesté à moi sous la forme d'une petite flamme violette, brûlant au centre même de mon cœur. Je veux dire que j'ai toujours vu cette flamme en ce point, grâce à une sorte de vision intérieure. J'ai pu ainsi l'observer, brillant d'un éclat variable, tantôt plus faible - comme dans les périodes de mauvaise santé, tantôt plus lumineux, quand mon corps regagnait de la vitalité et la conservait
Lors de la présente expérience, comme je l'ai dit au médecin, je me suis sentie défaillir mais, en même temps, dans ces brefs instants, mon sens intérieur percevait l'état de faiblesse de mon corps, et les douleurs cardiaques étaient atroces. Aussitôt, j'ai repris ma vieille habitude d'observer mon cœur : je ne tardai pas à voir que les choses tournaient mal de ce côté-là. La flamme violette brûlait d'un faible éclat : elle s'est alors mise à pâlir et à vaciller en même temps. A ce moment, une chose étrange se produisit - appelez cela si vous voulez un changement de conscience.
Par une espèce d'échange, à la place du sentiment d'identité qu'on situe habituellement dans le cerveau, j'avais reçu un sentiment analogue mais cette fois localisé dans le souffle vital intérieur. En d'autres termes, j'avais l'impression d'être identifiée à une source interne. Et voici que ce souffle se rassemblait autour du cœur et en observait la flamme centrale : il perçut alors qu'elle s'affaiblissait - et la vit disparaître (ne me demandez pas avec quels yeux !).
A ce point de mon récit, il me faut parler de ce souffle comme de moi-même. Ma conscience - mon "je", était entièrement située dans ce souffle. Alors, "je" me suis mise à vibrer rapidement, à décoller, pour ainsi dire, et bientôt je me sentis flotter et partir d'un mouvement ascendant (en tant que souffle "conscient", ne l'oublions pas) dans une sorte de conduit s'élevant au milieu de ma colonne vertébrale. Je montai ainsi selon une spirale, et au moment où j'atteignis un point situé au niveau de la bouche, je sentis passer près de moi un autre souffle, dirigé vers l'extérieur, qui sortit violemment d'une cavité (que j'identifie maintenant avec la bouche) en faisant un bruit sonore de vent impétueux, semblable à un grande expiration brutale. "Je" (c'est à dire le premier souffle conscient) accédai ensuite à un espace circulaire (la tête?), pour finalement m'en évader - après une unique convulsion formidable de séparation, de déchirement. Alors, j'éprouvais une joie, une allégresse impossible à concevoir pour ceux qui n'ont jamais fait cette expé-rience, car j'étais libre, d'une liberté inconnue à ce jour. En jaillissant de la tête, le souffle conscient prit forme - une forme rayonnante de lumière, et c'est sous cette apparence que je fis irruption à l'air libre (1).
Je m'élançai au-dessus des bâtiments et bientôt je les perdis de vue. Comment m'en serais-je souciée ? A ma rencontre venait un être que j'ai connu - et que je connais bien. H commença à me donner certains messages (2). Tout autour de nous, il y avait beaucoup de sphères endormies (3) et il m'invita à les observer, il y avait aussi d'autres formes, et des messagers qui allaient et venaient L'atmosphère était toute de lumière, des orbes de substance électrique circulaient en tous sens. On pouvait aussi observer un mouvement ordonné de rayons semblant partir et revenir. Le sentiment de liberté, de connaissance et de pouvoir que j'éprouvais était magnifique.
A un moment donné, je ressentis comme une légère traction sur moi, et je constatai qu'une sorte de fil, d'une substance relativement sombre (par rapport à l'ambiance de lumière) s'étendait de mon être à travers l'espace de l'air pour descendre et pénétrer dans un orifice ouvert C'était comme si cette traction avait modifié toutes mes vibrations et changé mon état de conscience car, dès lors, je ne percevais plus les merveilles qui m'entouraient : je ne voyais que les bâtiments et le soleil sur la neige, là-bas, très en dessous de moi.
Effectivement, j'étais retournée à un ordre inférieur de matière (c'est ma façon d'interpréter maintenant ce qui est arrivé à ce moment-là), car je me sentais rapidement attirée vers le bas, toujours par l'effet de traction du fil éthéré.
Finalement, en passant par une fenêtre, je me retrouvai dans une pièce. Là, tout ce que je pouvais remarquer c'était un jeune homme, gisant raide et froid, à moitié nu sur une couche,. D paraissait mort. Une sorte de tourbillon d'air (?) m'attira vers lui. A nouveau, il y eut cette profonde convulsion de déchirement, et je fus comme tirée à l'intérieur de la tête de cette horrible chose - mais sous quelle forme ténue et fine j'étais entraînée :
ma forme rayonnante s'était transformée en un fil mou et sombre (smoky), un souffle ! Oui, j'étais redevenue un souffle conscient, circulant rapidement le long d'un étroit passage en spirale, à la droite du corps. A nouveau, je me rassemblai autour d'un centre, un genre d'océan, sombre mais traversé de pulsations, dans le profondeur duquel je cherchai un lumière, une lueur. Il n'y avait rien. Le souffle que j'étais se concentra et attendit. Un je ne sais quoi se mit à scintiller sous ces vagues mouvantes : aussitôt se produisit un nouveau changement brusque de conscience, car à ce moment le sentiment d'identité avec ce cœur intérieur disparut. J'avais recouvré ma conscience cérébrale, il paraissait clair que ce sombre océan était mon cœur, et le cerveau se mit aussitôt à penser : "je suis morte, puisque je ne vois pas de lumière". Une émotion m'envahit, comme une sorte de terreur, qui était dominée par la pensée : "il faut que j'envoie un message à X pour l'avertir de ma mort !" Je tentai de parler, mais la conscience cérébrale n'a pas de langue : elle n'était pas encore coordonnée avec le corps. Reprenant mon calme, j'observai étroitement mon cœur : le point scintillant grandissait maintenant sur le fond obscur du foyer central, lentement, graduellement pour finir par briller comme une lampe violette. Quand cette lampe brûla enfin avec clarté, je me sentis soudain coordonnée avec le corps, redevenir identique à mon moi de tous les jours (4).
J'ouvris les yeux, pour voir le docteur penché sur moi, avec, sur le visage, une expression très singulière, faite autant d'étonnement que d'affliction, réessayai de parler mais ne le pus. L'explication en a été donnée plus haut. Il me reste simplement à préciser que ce qu'il me fût dit lorsque j'étais hors de mon corps s'est entièrement réalisé depuis. Il m'apparaît aussi que j'ai été soustraite (je, c'est à dire moi-même) à une crise du corps physique.
NOTES:
- Cette NDE est remarquable en ce que la patiente, entraînée à une sorte de clairvoyance (dans le contexte d'une réelle recherche spirituelle), garde sa lucidité tout au long de l'expérience, en décrivant les changements successif, d'un mode de conscience à l'autre. On voit par exemple que, déconnectée du cerveau, elle se "coordonne" successivement au cœur, au "souffle vital" etc... en devenait ainsi capable de suivre, de l'intérieur, le processus invisible de la mort. Et là où, d'habitude, des témoins parlent de "flotter", de "s'élever en spirale" dans une sorte de "tunnel obscur", elle évoque (avec ces mêmes mots) son mouvement ascendant au long d'un conduit (= "un passage") dans l'axe de la colonne vertébrale. Ce qui rappelle les descriptions du yoga tantrique (que cette femme ne pratiquait sûrement pas), en suggérant du même coup une explication de ce fameux tunnel.
- On note que la décorporation ne s'éternise pas au niveau "astral" inférieur (où se reflètent tes images du monde physique): l'être rencontré dans la lumière est identifié comme un guide connu, intervenant pour instruire le sujet A ce niveau, la patiente pourrait déchiffrer sa NDE comme une expérience initiatique qui aurait été impossible dans tes conditions normales de conscience cérébrale.
- Dans la suite de cet article, ces "sphères endormies" sont interprétées comme d0es âmes de défunts plongées dans leur expérience intérieure posthume.
- Le vocabulaire descriptif de ce récit rappelle étonnamment les mythes eschatologiques de Plutarque (brièvement évoqués dans le n°2 de ce Bulletin): les âmes y apparaissent aussi comme des sphères, des bulles étincelantes ; Il y avait même des mouvements d'objets célestes lumineux et des pulsations d'énergie, et l'âme du mort en sursis était ancrée à son corps par un fil mystérieux (que Thespésios pouvait également décrire comme une ligne "floue et sombre"). Chez notre témoin, la conjonction de la lampe brillante du cœur et de ce cordon éthéré évoque, à l'évidence, "la corde d'argent et la lampe d'or" de l'Ecclésiaste (12,6).
Les sphères endormies
Un jour, quelqu'un vint à moi, en m'appelant hors de la forme où je demeure, et me fit voir les Sphères endormies...
Ces Sphères - il n'y en a pas de plus belles - ne sont pas présentes en un lieu donné. Elles sont indépendantes de l'espace. Elles ont une condition propre mais aucune localisation. Lorsque je demandai à mon compagnon comment cela pouvait vraiment se faire, il me fit ressortir qu'elles étaient en interpénétration avec bien d'autres états de matière, en maintenant la cohésion grâce à leur vibration propre - comme le font d'ailleurs les autres formes dans toute la nature, quelles que soient leur espèce et leur densité plus ou moins éthérée.
J'avais quitté mon corps physique pour accéder à l'air, dans ma forme aérienne, et de là je m'étais transférée dans l'éther. Voici que, tout autour de moi, il y avait ces Sphères endormies, suspendues comme de minces voiles sphériques, d'une impalpable transparence laiteuse, sur un océan d'or et de lumière. Par instants, un frémissement d'une teinte à peine perceptible les faisait trembler dans leurs profondeurs, et moi aussi je tremblais, car il m'était donné de savoir que ces mouvements de couleurs étaient, en réalité, des Pensées de délectation intense. Oui, ces Sphères qui palpitaient éprouvaient une joie pure dans leurs mouvements opalescents - une joie qui accompagnait leurs pulsations dans l'éther vivant, et qui était pleine d'une grande signification. C'était bien clair, même à ma compréhension qui, à ce moment, n'était encore que celle de mon corps aérien. (Je suppose ici que mes lecteurs savent, peut-être mieux que moi-même, que la conscience permise par un corps donné diffère grandement de celle qui est possible avec un autre. Et cela reste vrai, que ces corps distincts soient tous contenus dans leur enveloppe extérieure, ou qu'à un instant donné ils se trouvent séparés de cette carapace impermanente)...
Essayez donc d'imaginer que j'ai perçu ces formes rayonnantes, tantôt argentées avec une sorte de poudroiement bleuté, tantôt prises d'un foisonnement de teintes si diaphanes que seul l'œil de l'âme pouvait les saisir - et efforcez-vous de concevoir que chaque teinte correspondait à une Pensée, une expérience. Ces belles Pensées étaient les rêves de ces âmes libérées de l'emprise de la terre. Et en rêvant ainsi, les Sphères dormaient. Quelle félicité dans ces rêves ! Car ces couleurs étaient tout à la fois vivante Lumière et éclats d'Intelligence ;
chaque nuance était Pensée - mais Pensée de l'ordre le plus exalté que puisse connaître le Mental humain. La Pensée frémissait dans les Sphères, en les faisant passer d'un état de conscience à l'autre, en les fusionnant à nouveau, en stimulant leur Vie supérieure, en les faisant rayonner de leur plus pure Lumière, dans un plan du monde où Lumière, Vie et Pensée constituent un seul acte magnifique d'Etre, et non pas ces choses banales que connaissent la plupart des hommes dans la routine journalière. Chaque Sphère devenait de la sorte de plus en plus incandescente de cette triple VIE, et sous mes yeux elles croissaient et s'épanouissaient au rythme de cette douce pulsation irisée, comme des fleurs s'ouvrant à une perfection croissante, à force d'assimiler la lumière du soleil. Cet épanouissement était divin, la paix profonde. Semblable à une mère enveloppant sa progéniture, le Silence planait sur elles ; seule, par moments, faisait ressortir sa profondeur une sorte de douce musique en demi-ton - l'harmonieuse respiration des Sphères endormies.
2ème partie (Seconde NDE): avant d'entrer dans le récit de ce qui m'est arrivé, je dois clarifier les deux points suivants.
- Ce que j'ai vécu cette seconde fois fut ma propre expérience et non pas celle que pourrait faire toute autre personne, quant à ses détails. Car l'acte de dissolution, ou de séparation, qu'on appelle "la mort" varie dans sa spécificité selon les individus ; il en va de même avec les expériences post mortem. Tous les individus meurent. Il y a, pourrait-on dire, autant de sortes de mort qu'il y a d'âmes, et non pas une seule expérience stéréotypée pour toutes. Pourquoi cette variété ? Parce que ce n'est pas du tout "la mort", en fait. Si nous ne vivions qu'une seule existence mortelle, pour finalement mourir - selon la croyance ordinaire - l'acte de la mort pourrait bien être le même pour tous. Mais, étant donné que l'âme humaine choisit tantôt la vie objective et tantôt la vie subjective - tantôt en créant son propre monde céleste et tantôt en choisissant son propre domaine de vie et d'expérience terrestre -nous pouvons bien comprendre que, même si tous les êtres passent les portails qu'on appelle la naissance et la mort, les méthodes et les péripéties de ces passages doivent différer dans chaque cas...
- En second lieu, ma propre expérience -la première de ce genre - que je vais raconter maintenant, fut pour moi parfaitement réelle. Pendant que je la vivais, je ne l'ai pas comparée à ma précédente vision des "Sphères endormies", ni à rien d'autre. J'étais entièrement plongée dans l'expérience. Je ne l'ai pas appelée "la mort". Je ne savais pas que ce fût "la mort" - je l'ai vécue. J'étais identifiée à l'expérience. Je l'ai perçue absolument comme une plénitude de vie jusqu'alors insoupçonnée - que je n'avais jamais entrevue, même dans mon imagination la plus vive, dans mon rêve le plus intense et lucide...
Tentative de suicide
Le témoignage qui suit se passe de commentaires. Il est représentatif de ce que disent la quasi totalité des personnes ayant vécu une EMI à la suite d'une tentative de suicide.
Il est aussi très intéressant sur un autre plan: le témoin qui se droguait de toutes les façons possibles depuis des années, a totalement cessé à la suite de sa deuxième expérience, ce qui démontre le potentiel positif et restructurant de certaines expériences.
Désireux d'aider les personnes qui en sentiraient le besoin, il n'a pas souhaité rester anonyme. Vous pouvez donc, si vous le désirez, le contacter:
DANIEL TREMBLAY
MONTRÉAL , CANADA
EMAIL: birdfree@moncanoe.com
Je suis un ex-toxicomane, j'ai consommé durant 15 ans à peu près toutes les drogues ( douces, chimiques, etc.) et les derniers 5 ans en consommant des drogues «dures» ( héroïne ( peu ) et par la suite cocaïne en injection ( beaucoup) ). Cela m'entraîna dans une déchéance de plus en plus profonde et une souffrance immense et insoutenable. Je suis issu d'un milieu favorisé de classe moyenne «aisée», élevé depuis l'âge de trois mois par ma grand-mère, femme spirituelle, de grande expérience de la vie, ( une sainte, quoi ! ). Puis après le remariage de ma mère ce fut la séparation de ma grand-mère et une dépression s'ensuivit qui m'amena à l'idée de suicide vers l'âge de 12 ans, et qui m'amena à consommer de la drogue pour la première fois. Dépression et drogue ne faisant pas bon ménage, mon état se détériora jusqu'à la mort de mes grands-parents et après je connus la déchéance totale : itinérance, tentatives de suicide ( dizaines de tentatives en près de deux ans), état dépressif, consommation de drogues «dures», thérapies et rechutes, et autres tentatives de suicide.
C'est lors d'une de ces tentatives que je connus ce que j'appelle une "Expérience de rencontre divine" au cours de laquelle Dieu se manifesta à moi et que ma vie «bascula» complètement et instantanément.
J'avais fait ma deuxième thérapie et j'avais «rechuté» dans la consommation de drogue (cocaïne en injection) ; je considérait mon état comme sans issue et je n'espérais plus trouver de solution pour me sortir de cette déchéance et de cettesouffrance devenue insupportable. Plusieurs fois je suis tombé à genoux et les bras tendus vers le ciel, j'ai demandé à Dieu de venir me «chercher» afin de me délivrer de ma souffrance. J'avais fait plusieurs tentatives de suicide, certaines étaient plus des appels à l'aide, mais cette fois, je ne croyais plus à aucune aide autre que celle de Dieu. Je me rendis chez un ami ( souffrant de maniaco-dépression avancée et profonde ) qui devait prendre des médicaments très forts (anti-dépresseurs qui à cette époque n'avaient pas la particularité d'être anti-suicide comme aujourd'hui ) et j'avalai ce qui restai de la bouteille de pilules et je bus la moitié d'une bouteille de cognac. On me transporta à l'hôpital après m'avoir trouvé dans un état de semi-conscience. Je perdis conscience durant le transport.
Tout-à-coup je m'éveillai sur une civière, aux soins intensifs. Cela semblait être le soir car on n'entendait aucun bruit ( ou peu) et pas de va et viens. L'éclairage était baissé et une infirmière se tenait dos à moi et préparait des piluliers sur un comptoir, éclairé par une veilleuse. Je voyais que j'étais relié par des fils à des machines (cardiogramme et autres), j'avais un tube dans la gorge qui me faisait souffrir et qui m'empêchait de fermer la bouche. J'avais terriblement soif et je me suis assis dans mon lit et je demandai à l'infirmière à boire.
Elle ne m'entendait pas, ne me répondait pas ! Je parlai plus fort et même chose, puis elle se retourna et parla à une autre infirmière derrière moi, quelque chose n'ayant pas rapport avec moi. Je croyais qu'elle m'ignorait. Exaspéré, je décidai de me lever pour avoir à boire et descendis de mon lit. J'étais debout, à côté de la civière et en regardant la civière, quelqu'un était couché dedans, MOI !
Je savais que j'étais sorti de mon corps mais ne voulais pas le croire et je réitérai ma demande à boire en me plaçant tout près de l'infirmière et je lui ai crié « À BOIRE » . Toujours pas de réponse !
Puis, comme un voile épais et noir, comme une lumière qui s'éteint, ce «noir» s'abattit dans la pièce. À ce moment l'infirmière se retourna et regarda le cardiogramme et dit à quelqu'un «on est en train de le perdre ! »
Ce fut les dernières paroles que j'eus le temps d'entendre car le «noir» m'enveloppa totalement, me coupant de tout. Je ne voyais rien, n'entendais rien, et j'eus peur comme on a peur dans le noir total dans un endroit inconnu. Puis je criai par peur : « Je veux de la lumière ! ». Puis un minuscule point apparut au loin, comme lorsque l'on regarde une étoile du ciel. De ce point vint un rayon de lumière, mince et s'ouvrant de plus en plus devant moi d'une lumière blanche immaculée, pure et brillante d'une énergie dans laquelle je sentis un amour inconditionnel et sans limites . Cette lumière parvint jusqu'à moi et m'enveloppa juste assez pour que je puisse «avancer» dans cette lumière. J'avançai non pas en marchant, mais me sentant comme attiré dans cette lumière, et seule ma volonté me faisait avancer. J'entendis des voix parlant au loin, puis je vis un groupe de personnes toutes vêtues de blanc ( de longues toges ) et ils parlaient de moi, je le savais, mais je ne pouvais distinguer ce qu'ils disaient. Moi je continuais à avancer dans cette lumière ET JE SAVAIS QUE JE QUITTAIS LA VIE me dirigeant dans cette lumière vers ce qu'on pourrait appeler "le Ciel". Puis une de ces personnes leva le bras et la main dans un signe d'arrêt et me dit : «où vas-tu ?» Je répondis : "Je vais vers le ciel, je ne peux vivre sur terre, j'en suis incapable, ma souffrance est trop grande que je ne peux la supporter davantage". La personne me répondit : « Arrête, tu ne peux avancer dans cette lumière, tu vas tout souiller, TU T'ES SUICIDÉ ! « Puis cette personne parla aux autres encore et me dit : « Tu vas retourner dans ton corps et aller remplir ta "mission" . Je répondis : "Seul, je ne le pourrai pas, j'en suis incapable". La personne me dit : "Nous allons t'aider". Puis je me sentis «poussé» de force vers mon corps. Je me suis assis "carré" dans mon lit et l'infirmière me regardait. Je lui ai dit : " J'AI VU DIEU !" Puis je retombai dans un sommeil profond et je m'éveillai le lendemain matin.
Le lendemain je demandai à l'infirmière si elle avait entendu que je lui demandais de l'eau à boire ? Elle me répondit : « Tu n'as jamais dit un mot, tu étais dans le coma et nous avons failli te perdre. Tu t'es levé et tu as dit "j'ai vu Dieu !" . Je n'aime pas quand ces choses arrivent, car cela me donne la chair de poule" ( dit-elle à une autre infirmière ) Plus tard je rencontrai le médecin ( une femme) et j'étais fâché qu'elle ne m'ait pas laissé mourir. Elle me dit : « C'est dommage, vous savez que je vous ai sauvé la vie ! »
Puis après je retournai chez-moi et s'ensuivirent d'autres rechutes et l'idée suicidaire réapparut dans mon esprit comme la seule solution possible à ce problème qui me semblait insoluble. Puis un soir d'été 1986 je me couchai comme à l'habitude mais sans avoir consommé depuis quelques jours. Je m'éveillai et me retournai et je me vis couché sur le ventre, dans le lit. Je voyais la pièce de la même manière qu'à l'habitude et tout était réel, pas comme dans un rêve où tout est intangible, illogique, un peu flou. Ici tout était normal et je compris que j'étais sorti de mon corps.(...) Puis je me retournai et je regardai dans le coin de la pièce. Je vis apparaître un tout petit point de lumière mais NOIR ( si il vous est possible de concevoir l'idée d'une lumière NOIRE ) et comme à l'hôpital ( de la même manière et selon le même principe) ce point s'agrandit jusqu'à devenir une petite masse, mélange de matière à l'apparence un peu visqueuse et d'un nuage gazeux.
Puis dans cette masse une forme imprécise un visage se dessina et plus je regardais cette chose se former plus un visage «humain» apparaissait jusqu'à ce que ce visage qui m'apparut fut LE MIEN. Ce visage «brillait» d ‘une lumière noire dont des rayons s'échappaient mais je sentais une énergie « négative» s'en dégager. Puis ce visage me dit : « VIENS AVEC MOI, NOUS ALLONS PLEURER ENSEMBLE POUR L'ÉTERNITÉ, NOUS POURRONS SOULAGER NOTRE SOUFFRANCE AINSI. (Je dois dire ici qu'aucune parole ne fut échangée et que j'exprime ici en mots ce qui se communiquait uniquement par la pensée durant cette expérience. Comme une idée « tout d'un bloc » qui entre dans votre pensée et qui «sans explications» nécessaires est comprise ainsi instantanément, de même pour envoyer la réponse).
Je sentais une énergie négative se dégageant de cette entité et je me méfiais d'elle, puis je sentais qu'elle voulait me «tromper». Elle voulait m'attirer à elle pour se soulager de sa propre souffrance ( que désire t-on le plus lorsque l'on est triste ? une personne pour «partager» cette tristesse ).Je sentais que si je disais "oui" à cette entité et que j'acceptais d'aller avec elle, c'est dans la mort que je décidais d'aller et que j'avais un choix à faire : DÉCIDER DE VIVRE OU DE MOURIR.. Puis je vis comme un fleuve où "nageaien", où "flottaient" toutes sortes d'autres entités qui toutes souffraient, pleuraient. Toutes les pensées les plus bestiales, délirantes ou informes se matérialisaient et formaient un fleuve dans lequel baignaient ces âmes perdues. Mon Dieu, cela était intolérable, insupportable.
ET JE COMPRIS QUE LE SUICIDE N'EST PAS UNE «SOLUTION» CAR LORSQUE L'ON SE SUICIDE ON DEMEURE DANS LE MÊME ÉTAT QUE L'ON EST LORS DE SA MORT ET QUE L'ON EST, POUR UN TEMPS INDÉTERMINÉ ET DE DIEU SEUL CONNU, CONDAMNÉ À «ERRER» DANS CE BAS ASTRAL AVEC CES AUTRES ENTITÉS ET QUE NOTRE SOUFFRANCE DEVIENT AINSI PEUT-ÊTRE ÉTERNELLE ( AU BON VOULOIR DE DIEU LUI-MÊME).
LE SUICIDE EST UN «PIÈGE» PUISQU'IL NE RÈGLE RIEN ET QUE MÊME IL EMPIRE LES CHOSES CAR CET ÉTAT DEVIENT PERPÉTUEL. LE SUICIDE EST LE PLUS GRAND PÉCHÉ CONTRE DIEU CAR C'EST RENIER LA VIE ELLE-MÊME ET RENIER DIEU LUI-MÊME !
Je compris tout cela et je crois que ce que j'ai vu pourrait être ce que l'on nomme «l'enfer » !
Et en mon âme et onscience je ne pus accepter cela et au fond de mon âmeje désirais vivre, alors je dis "non"à cette entité, et cela suffit à la repousser. Elle se dématérialisa et disparut dans son nuage noir et visqueux.
Alors une lumière venant du haut me pénétra par le haut de la tête et descendit en moi. A mesure qu'elle descendait, tout mon corps ( "astral" ) se détendait complètement et lorsque cette lumière atteignit le niveau du cœur, je sentis comme une explosion D'AMOUR PUR, INCONDITIONNEL, UN AMOUR CONCENTRÉ, et je me sentis baignant dans cet amour. Puis comme une main énorme venant d'en haut me pénétra par le haut de la tête et cette main se frayait un chemin parmi mes idées, mes émotions, mes sentiments, tassant des choses, en écartant d'autres, elle cherchait quelque chose de «précis». Je me sentais envahi par quelque chose de totalement inconnu, et j'étais totalement impuissant, alors j'ai eu peur et je me sentis comme un peu «violé» dans mon intimité non physique mais en mon âme et je demandai : «QUI ÊTES-VOUS « et une voix me répondit : « JE SUIS LE SAINT-ESPRIT, JE SUIS UNE FORCE D'AMOUR, JE CONTRÔLE TOUTES TES FONCTIONS ESSENTIELLES, TU N'A RIEN À CRAINDRE». Je sentais que cette force «fouillait» dans mon âme et je demandai alors : « QUE FAITES-VOUS ? « La voix me répondit : « JE VAIS T'ENLEVER TA SOUFFRANCE, TU N'EN AURAS PLUS BESOIN. Puis je sentis cette main saisir quelque chose en moi et le jeter au loin. La lumière disparut et je restai là, pantois, et après ce qui venait de se passer je pris peur ne sachant ce qui pourrait m'arriver encore. Le désir de réintégrer mon corps se fit impérieux et je cédai un peu à la panique. J'eus comme l'impression de «courir», de me "lancer" dans mon corps, peu importe ce qui arriverait. Juste avant de réintégrer mon corps, j'étais comme à demi entre mon corps et à l'extérieur, je sentis à ce moment comme un déclic au niveau des reins et un craquement au niveau de la nuque et une main invisible me guidait dans mon corps. Mais je dus réintégrer mon corps beaucoup trop rapidement.
Je me retrouvai sur le ventre dans mon lit comme paralysé ( sans force pour me relever sur mes bras), ne sachant plus où j'étais, quel était mon nom ni qui j'étais. Je n'avais plus d'idées, puis mes forces me revinrent peu à peu et je pus me lever sur mes bras et me retourner sur le dos dans mon lit. Puis je sentis TOUTES mes idées comme contenues dans un «bloc» revenir en moi et ce fut comme si j'avais reçu un bloc de ciment sur la poitrine, le choc fut terrible. Puis peu à peu mes idées me revinrent ; j'étais «rempli» d'une énergie, d'une force tellement intense que j'aurais pu courir des milles pour la dépenser, mais physiquement mes forces m'en empêchaient et je dus me tenir après les murs pour aller m'asseoir sur une chaise. Tous mes membres tremblaient et intérieurement j'étais survolté d'une immense énergie tellement que je restai longtemps assis à attendre que cette énergie se dissipe.
Je savais qu'il venait de se passer quelque chose qui dépassait ma compréhension et je dois dire que plus jamais je n'éprouvai le goût de consommer quelque drogue que ce soit après cela. Ce que la "main de Dieu" m'avait enlevé de l'âme, ma souffrance, était à jamais partie de moi. Cela changea ma vie entière et peu après je rencontrai l'âme soeur, cette femme que j'aime et qui est encore avec moi aujourd'hui, dont la rencontre des plus fortuites ne peut être que le dessein de Dieu.
Depuis maintenant 15 ans, je n'ai plus éprouvé le goût de consommer et j'ai compris que la «MISSION» qui m'était confiée était D'AIDER LES GENS QUI VIVENT COMME MOI L'ENFER DE LA DROGUE ET DE PARTAGER MON EXPÉRIENCE AFIN D'INFORMER SUR LA RÉALITÉ DU SUICIDE, LES GENS QUI CROIENT AVOIR TROUVÉ UNE SOLUTION À LEUR SOUFFRANCE DE CETTE FAÇON, ET AUSSI DE PROPAGER MON EXPÉRIENCE AFIN DE DIRE AUX GENS QUE DIEU EXISTE ET QUE LA MORT N'EST LA FIN DE RIEN, QUE QUELQUE CHOSE EXISTE AU-DELÀ DE LA MORT, QUE NOUS AVONS TOUS ET TOUTES UNE «MISSION» TRÈS IMPORTANTE À REMPLIR DANS CETTE VIE.
EMI