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C'est dans une famille modeste qu'est né Ernest Cognacq le 2 octobre 1839 à Saint Martin de Ré. Son grand père qui tenait une auberge lui transmit peut être le sens des affaires. Quant à son père, il fut orfèvre et greffier au tribunal de Commerce avant de quitter l'Île pour Marans et de devenir courtier maritime. Comment dès lors ne pas prendre la bosse du commerce ? Les évènements familiaux n'encouragent cependant pas les dispositions du jeune garçon. Orphelin de mère, il perd son père à l'âge de douze ans et devient 'calicot' à La Rochelle, Rochefort et Bordeaux. Le terme n'est plus en usage aujourd'hui. Il désignait alors, plus ou moins péjorativement, un commis d'un magasin de nouveautés. Rompu aux diverses tâches de la vente en province, il décide de tenter sa chance à Paris. Ce sont alors les routes parcourues à pied vers la capitale auréolée des rêves d'un jeune garçon de 15 ans. Car malgré la dureté de l'existence, Ernest Cognacq s'intéresse au monde qui l'entoure et le désir de voir l'Exposition Universelle de 1855 fortifie son idée de départ. La réalité se fait encore revêche, contraire aux projets de carrière du 'calicot'. Au Louvre, grand magasin de nouveautés, il est congédié pour 'insuffisance'. Il se place boulevard Beaumarchais dans un magasin de nouveautés de troisième ordre 'Aux Quatre Fils Aymon' où il ne reste que quatre mois. Il rebrousse chemin et s'éclipse en province, à La Rochelle et Rochefort. Mais en 1856, il recommence ses tentatives d'embauche auprès des grands magasins parisiens. 'A la Nouvelle Héloïse', il fait la connaissance d'une vendeuse, Marie Louise Jay avec qui il partagera son futur succès. Et en 1867, il se lance dans les affaires à son compte avec le déballage 'Au petit Bénéfice', rue Turbigo, dans un hangar mais doit fermer.
En face de lui se trouve l'emplacement de la Samaritaine, ancienne pompe hydraulique construite sur la Seine près de la deuxième arche du Pont-Neuf. Elle était destinée à alimenter en eau le Louvre, ainsi que les Tuilleries et les quartiers voisins. Elle fut détruite en 1813. En hommage aux années de misère et d'incertitude, il choisit ce nom pour la boutique qu'il ouvre en 1870 après avoir reconstitué un petit pécule. La Samaritaine est née et cette année 1870 marque le terme des souffrances et des humiliations pour Ernest Cognacq.
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