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Sommaire du numéro 23 :
Notre dossier : Face au terrorisme, un autre regard sur la situation internationale
Un appel pour la paix et la non-violence Sa Sainteté le Dalaï Lama
Prévenir la guerre Kyabjé Zopa Rinpoché
Les dangers de la réjouissance Négative Kyabjé Zopa Rinpoché
Lettre ouverte au président Bush Kyabjé Zopa Rinpoché
Combattre la terreur Vénérable Thich Nhat Hanh
Pratiques à effectuer en cas d'attaque chimique
Visite de Khènsour Jampa Tègchok Rinpoché l'été dernier
Affaiblir les perturbations Entretien avec Sam Régad
La vue pénétrante Extrait d'enseignement
Et encore...
Le départ d'un yogi A propos de Guéshé Kounchog
La vie d'un méditant caché Témoignage sur Chodèn Rinpoché
Prochaine venue de Dagri Rinpoché Initiation de Kalachakra par Sa Sainteté le Dalaï Lama Les nouvelles de l'Institut (bibliothèque, parc etc.) Les retraites d'hiver Marie Henry
Sélection boutique Interprète dans un centre, pourquoi pas vous? Eléa Redel
Le Dharma pour les jeunes Anila Michèle et Sam Régad
Notre dossier : Face au terrorisme, un autre regard sur la situation international
Depuis le 11 septembre, les évènements extérieurs nous rappellent plus fortement limpermanence et linsécurité fondamentale dont le bouddhisme traite depuis des siècles. Attentats, catastrophes naturelles, accidents, guerre la liste est longue !
Nous navons ni la prétention ni les moyens de diffuser une information en direct : dautres le font « si bien » ! Mais il nous a semblé important de transmettre cette autre vision des évènements, celles que nous apportent des maîtres bouddhistes, au-delà de lémotion, à plus long terme, la vision de la non-violence.
Ainsi parle Sa Sainteté le Dalaï Lama devant le Parlement européen, qui devant le mutisme des autorités chinoises en appelle à la communauté internationale.
Au moment des attentats, Kyabjé Zopa Rinpoché était en Californie. Il a immédiatement envoyé un message à tous les centres FPMT pour leur dire comment aider et pratiquer. Dans les semaines suivantes, plusieurs conseils ont suivi. Nous en avons trancrit les points essentiels (retrouvez l'intégralité du message du 12 septembre et du second message).
Mi-octobre, au moment de l'élaboration de ce numéro de Kadam, Rinpoché a également adressé aux centres l'ébauche d'une lettre qu'il souhaite envoyer au Président George Bush. Vous en trouverez de larges extraits.
Enfin, nous remercions le centre de méditation du village des Pruniers qui nous a permis dinclure lanalyse du vénérable Thich Nhat Hanh, maître zen vietnamien, grand activiste pour la paix qui enseigne et aide les réfugiés du monde entier
Un appel pour
la paix et la non-violence
Sa Sainteté
le Dalaï LamaRetour sommaire Kadam 23
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Retour à la page d'accueilMadame la Présidente, Mesdames et Messieurs les Députés, Mesdames et Messieurs.
C'est un grand honneur pour moi de prendre la parole devant le Parlement européen. Je crois que 1'Union européenne constitue la démonstration éloquente qu'une co-existence solidaire et pacifique entre des Nations et des peuples différents est possible. Pour quelqu'un comme moi, qui crois fortement dans la nécessité d'établir une meilleure compréhension, une plus étroite coopération et un plus grand respect entre les diverses Nations du monde, c'est une profonde source d'inspiration. Je vous remercie de votre aimable invitation. C'est pour moi le signe encourageant de la véritable sympathie et de 1'authentique intérêt que vous portez au destin tragique du peuple tibétain. Je m'adresse à vous aujourd'hui en tant que simple moine bouddhiste, instruit et élevé dans la voie de nos plus anciennes traditions. Je ne suis pas expert en science politique, mais néanmoins 1'étude et la pratique du bouddhisme que j'ai poursuivies tout au long de ma vie, ainsi que ma responsabilité et mon engagement dans la lutte non-violente que mène le peuple tibétain pour sa liberté, m'ont conduit à des expériences et m'ont suggéré des réflexions que je voudrais partager avec vous.
Il est évident que la communauté humaine a atteint un point critique de son histoire. Le monde d'aujourd'hui nous oblige à accepter 1'idée que 1'humanité dans son ensemble ne forme qu'un seul tout. Par le passé, des communautés ont pu penser qu'elles étaient fondamentalement séparées les
unes des autres. Mais aujourd'hui, comme viennent de nous 1'apprendre les tragiques événements des Etats-Unis, ce qui survient dans une région du monde en affecte bien d'autres. Le monde devient de plus en plus interdépendant. Dans ce nouveau contexte, il est clair que 1'intérêt de
chacun dépend du respect de l'intérêt de tous. Si l'on ne développe pas, si l'on ne met pas à l'¦uvre ce sentiment de responsabilité universelle, notre avenir même sera en danger.
Je crois fortement que nous devons développer consciemment un plus grand sens de la responsabilité universelle. Nous devons apprendre à agir non seulement pour nous-mêmes, pour les nôtres ou pour notre propre pays, mais également pour le bien de l'humanité tout entière. La responsabilité universelle est la meilleure des bases pour construire à la fois notre
bonheur personnel et la paix mondiale, pour définir un usage équitable de nos ressources naturelles et, dans l'intérêt des générations à venir, pour donner à l'environnement l'attention qu'il réclame.
De nombreux problèmes et conflits mondiaux naissent parce que nous avons perdu de vue ce caractère humain qui nous relie les uns aux autres comme les membres d'une même famille. Nous avons tendance à oublier qu'en dépit de leur diversité de race, de religion, de culture, de langue, d'idéologie, etc., les peuples sont égaux dans leur désir fondamental de paix et de bonheur : tous nous voulons être heureux et aucun d'entre nous ne désire souffrir. Nous nous efforçons du mieux que nous pouvons de réaliser nos désirs. Cependant, même si nous faisons en théorie l'apologie de la diversité, bien souvent en pratique, nous ne la respectons pas, malheureusement. En fait, notre incapacité à tenir compte des différences devient la cause majeure des conflits entre les peuples.
C'est un fait particulièrement attristant de l'histoire humaine que des conflits s'élèvent au nom de la religion. Aujourd'hui même, des gens sont tués par un mauvais usage de la religion et par l'encouragement du fanatisme religieux et de la haine, des communautés sont détruites et des sociétés déstabilisées. Mon expérience personnelle m'a appris que le meilleur moyen de vaincre les obstacles par la voie de l'harmonie et de la compréhension entre les religions était d'instaurer un dialogue avec ceux qui ont foi en d'autres traditions. Je vois cela se manifester sous bien des formes. En ce qui me concerne, par exemple, mes rencontres à la fin des années 60 avec Thomas Merton, moine trappiste aujourd'hui disparu, m'ont apporté beaucoup. Elles ont été à la source de la profonde admiration que je porte aux enseignements chrétiens. Je ressens aussi comme des moments extrêmement forts le fait de m'être trouvé parmi des représentants de diverses religions et de m'être joint à eux pour une prière en commun, comme en 1986, lors du rassemblement d'Assise, en Italie. Le Sommet pour la Paix mondiale aux Nations Unies qui, l'an dernier, réunit responsables religieux et guides spirituels fut également un moment d'une grande importance. Mais il est nécessaire que de telles initiatives soient plus nombreuses et fréquentes. Quoi qu'il en soit, il est nécessaire que des initiatives de cet ordre se multiplient. Pour ma part afin de témoigner du respect que je porte aux autres traditions, je me suis rendu en pèlerinage à Jérusalem, le lieu saint de 3 des grandes religions du monde, ainsi qu'en différents lieux de pèlerinage hindous, musulmans, chrétiens, jaïns et sikhs, en Inde comme à l'étranger. Durant les 3 dernières décennies, j'ai rencontré de nombreux responsables religieux appartenant à différentes traditions et j'ai débattu avec eux de l'harmonie et de la compréhension entre les religions. De tels échanges sont l'occasion pour les fidèles de découvrir que l'enseignement d'une autre tradition peut être source
d'inspiration spirituelle au même titre que leur foi, et dispenser des conseils d'ordre moral tout aussi valables. Ainsi devient-il clair qu'indépendamment des points de doctrine et de quelques autres différences, les principales religions du monde, dans leur ensemble, aident les gens à se transformer et à devenir des êtres humains accomplis. Toutes mettent en évidence l'importance de l'amour, de 1a compassion, de la patience, de la tolérance, du pardon, de l'humilité, de la discipline, etc. Dans le domaine de la religion aussi, nous devons donc faire nôtre le concept de pluralité.
Dans le contexte de la mondialisation naissante, toutes les formes de violence, dont la guerre, sont des moyens tout à fait inadaptés pour résoudre les conflits. La violence et la guerre ont toujours fait partie de notre histoire. Autrefois, il y avait des vainqueurs et des vaincus. Mais, aujourd'hui, si un conflit mondial devait avoir lieu, il n'y aurait plus aucun vainqueur. Nous devons donc avoir le courage et le discernement de réclamer un monde sans armes nucléaires et, à long terme, sans armée
nationale. Depuis les terribles attaques qui ont eut lieu aux Etats-Unis, la communauté internationale doit tout tenter pour que cet événement horrible et odieux serve à développer un sens de la responsabilité à l'échelle du monde permettant que prévale l'usage du dialogue et de la non-violence pour résoudre les différends.
Le dialogue est la seule façon raisonnable et intelligente de résoudre les différends et les conflits d'intérêts, entre les hommes comme entre les nations. Promouvoir une culture de dialogue et de non-violence pour l'avenir de l'humanité est un devoir auquel la communauté internationale ne saurait se soustraire. Il ne suffit pas, pour les gouvernements, d'approuver le principe de la non-violence ; encore faut-il accompagner cette approbation d'une action adaptée, susceptible de la soutenir et de l'encourager. Si l'on veut que la non-violence l'emporte, il faut mettre en uvre des mouvements non-violents dotés de moyens aptes à leur assurer le succès. Certains disent du vingtième siècle qu'il aura été un siècle de guerre et de sang. Je crois que le défi qui nous est lancé aujourd'hui est de faire du nouveau siècle un siècle de dialogue et de non-violence.
Par ailleurs, dans le règlement des conflits, nous manquons trop souvent de bon sens et de courage. Nous n'accordons pas l'attention qu'il faudrait aux événements générateurs de conflit potentiel quand ils n'en sont encore qu'à leur début. Une fois que les circonstances ont évolué jusqu'à atteindre une très lourde charge émotionnelle chez les populations ou les communautés, il est extrêmement difficile, sinon impossible, d'éviter que la situation explose. Le cas s'est répété maintes et maintes fois. Nous devons donc apprendre à détecter les signes avant-coureurs de conflit et avoir le courage de traiter le problème avant qu'il n'ait atteint son point critique.Je reste convaincu que la plupart des conflits entre les hommes peuvent trouver leur solution dans un dialogue authentique, mené dans un esprit d'ouverture et de réconciliation. C'est la raison pour laquelle, dans ma recherche d'une solution au problème du Tibet, je n'ai cessé de préconiser le dialogue et la non-violence. Dès le début de l'invasion du Tibet, j'ai
tenté de travailler avec les autorités chinoises afin de parvenir à une co-existence pacifique sur la base de conditions mutuellement acceptables. Même lors du soi-disant "Accord en 17 Points pour la Libération Pacifique
du Tibet" que nous avons été forcés de signer, j'ai essayé de travailler avec les autorités chinoises. Après tout, par cet accord, le gouvernement chinois reconnaissait la singularité et l'autonomie du Tibet et s'engageait à ne pas imposer le système chinois au Tibet contre notre volonté. Pourtant, en violation de cet accord, les autorités chinoises ont appliqué de force sur les Tibétains leur idéologie rigide et si éloignée de nos traditions, montrant ainsi le peu de respect dans lequel elles tenaient notre culture, notre religion et nos habitudes de vie particulières. De désespoir, le peuple tibétain s'est levé contre les Chinois. A la fin de l'année 59, j'ai dû fuir le Tibet afin de pouvoir continuer à servir le peuple tibétain. Depuis ma fuite, c'est-à-dire depuis plus de quatre décennies, notre pays est soumis au dur contrôle du gouvernement de la République populaire de Chine.
Les destructions et les immenses souffrances humaines infligées à notre peuple sont bien connues aujourd'hui et je ne veux pas m'appesantir sur ces tristes et douloureux événements. La pétition en 70 000 caractères que le dernier Panchen Lama a adressée au gouvernement chinois demeure un document historique dénonçant la politique draconienne et les actions de la Chine au Tibet. Le Tibet reste aujourd'hui un pays occupé, opprimé et qui subit la force, la peur et la souffrance. Malgré quelques progrès réalisés en matière de développement et d'économie, il est toujours confronté au problème fondamental de sa survie. De graves violations des droits de l'homme sont perpétrées à travers le Tibet, qui résultent bien souvent de la politique de discrimination raciale et culturelle menée par les occupants. Ce ne sont 1à que les symptômes et les conséquences d'un problème plus profond. Les autorités chinoises voient dans la spécificité de la culture et de la religion du Tibet une menace séparatiste. Le résultat de cette politique délibérée est qu'un peuple tout entier, sa culture et son identité particulières se trouvent menacés d'extinction.
J'ai conduit la lutte des Tibétains pour leur liberté selon la voie de la non-violence. J'ai constamment recherché une solution mutuellement acceptable au problème tibétain par le biais de négociations conduites dans un esprit de réconciliation et de compromis avec la Chine. C'est également dans cet esprit que j'ai proposé officiellement, en 1988, ici même, à Strasbourg, en ce même Parlement, que s'ouvrent des négociations, dans l'espoir qu'elles servent de base à une solution du problème du Tibet. C'est intentionnellement que j'avais choisi le Parlement européen comme forum pour présenter les idées devant servir de cadre aux négociations, car je tenais à souligner qu'une union authentique ne peut se faire qu'avec le bon vouloir de tous et l'assurance que chacune des parties concernées en tirera bénéfice. L'Union européenne en est l'exemple clair et convaincant.
D'autre part, nous savons trop bien qu'un pays ou une communauté, aussi uni soit-il, court le risque de se diviser en deux ou en plusieurs entités quand la confiance vient à manquer, quand les intérêts de chacun ne sont pas pris en considération et qu'on utilise la force pour faire régner sa loi.
Ma proposition, connue par la suite sous le nom d'"Approche de la Voie du Milieu" ou celui de "Proposition de Strasbourg", prévoit que le Tibet jouisse d'une authentique autonomie dans le cadre de la République Populaire de Chine. Non pas d'une autonomie sur le papier comme celle qui nous fut imposée voilà 50 ans par l'"Accord en 17 points", mais d'une autonomie véritable où le Tibet serait doté d'un gouvernement véritable, composé de Tibétains pleinement responsables de la conduite des affaires intérieures, telles que l'éducation des enfants, les questions religieuses, la culture, l'environnement, ô combien précieux et fragile au Tibet, et l'économie locale, Pékin conservant la charge des affaires étrangères et de
la défense. Cette solution aurait rehaussé grandement l'image de la Chine aux yeux de l'étranger. Elle aurait contribué à consolider sa stabilité et son unité - deux priorités essentielles pour Pékin - tout en assurant aux Tibétains le respect de leurs droits fondamentaux et de leurs libertés et en préservant à la fois leur civilisation spécifique et le fragile environnement du Plateau tibétain.
Depuis lors, nos relations avec le gouvernement chinois ont connu bien des hauts et des bas. A mon grand regret, j'ai le devoir de vous informer que la solution du problème tibétain n'a fait aucun progrès, et ce, en raison du manque de volonté politique manifeste des dirigeants chinois pour s'attaquer sérieusement à la question. Les initiatives et les ouvertures
que j'ai persisté à mener depuis des années en vue d'engager les dirigeants chinois dans la voie du dialogue, sont demeurées sans réponse. En septembre dernier, je leur ai communiqué, par l'intermédiaire de l'ambassade de Chine à New Delhi, notre désir d'envoyer une délégation à Pékin, chargée de remettre un résumé détaillé de mes propositions sur le problème du Tibet,
et d'expliquer et débattre des points soulevés dans ce mémorandum. Je faisais notamment savoir que des rencontres en tête à tête devraient parvenir à dissiper les malentendus et à surmonter la méfiance. J'exprimais ma profonde conviction qu'une fois cela accompli, une solution mutuellement acceptable au problème du Tibet pourrait alors être trouvée sans trop de difficulté. Mais, à ce jour, le gouvernement chinois refuse de recevoir ma délégation. Il est manifeste que l'attitude de Pékin s'est durcie de façon significative, comparé aux années 80 où 6 délégations de Tibétains issus de
la communauté en exil avaient été reçues. Pékin peut bien donner toutes sortes d'explications à propos des communications entre le gouvernement chinois et moi-même, pour ma part je tiens à déclarer clairement ici que le gouvernement chinois refuse toujours de parler aux représentants que j'ai nommés pour cette tâche. Que les dirigeants chinois n'aient pas donné de réponse positive à mon "Approche de la Voix du Milieu" conforte le peuple tibétain dans son soupçon que le gouvernement chinois ne voit nullement l'intérêt d'une quelconque co-existence pacifique. De nombreux Tibétains, convaincus que la Chine est résolue à assimiler et à absorber de force le Tibet, réclament l'indépendance et critiquent mon "Approche de la Voix du Milieu". D'autres sont partisans d'un référendum mené au Tibet, arguant que si les conditions à l'intérieur du Tibet sont bien celles décrites par les autoritéschinoises et que les Tibétains y vivent pleinement heureux, il ne devrait pas être difficile d'organiser un plébiscite au Tibet. J'ai moi-même toujours défendu l'idée que la décision finale concernant l'avenir du Tibet
devait être laissé au peuple tibétain, comme le Pandit Jawaharlal Nehru, Premier ministre de l'Inde, l'a déclaré le 7 décembre 1950 au Parlement indien : « ... En ce qui concerne le Tibet, la dernière voix à se faire entendre doit être celle du peuple tibétain, et de personne d'autre. »
Même si nous rejetons avec force l'usage de la violence pour la défense de notre liberté, nous avons sans aucun doute le droit d'explorer toutes les autres options politiques valables. En tant que loyal défenseur de la liberté et de la démocratie, j'ai incité les Tibétains de l'exil à suivre le processus démocratique. Aujourd'hui, les réfugiés tibétains sont parmi les rares communautés en exil à avoir instauré les trois piliers de la démocratie : les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif. Cette année, nous avons accompli une autre grande avancée sur la voie de la démocratisation en élisant le président du Gouvernement tibétain au suffrage populaire. Le Gouvernement et son président élu ainsi que le Parlement composé également de députés élus assumeront ensemble, en tant que représentants légitimes du peuple, la responsabilité des affaires
courantes de la communauté tibétaine. Quant à moi, je considère comme un devoir moral à l'égard des 6 millions de Tibétains de continuer à travailler avec les dirigeants chinois à la solution du problème tibétain.
En tant que libre porte-parole du peuple tibétain, je continuerai à uvrer jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée. En l'absence de réponse positive de la part du gouvernement chinois aux ouvertures que je propose depuis des années, il ne me reste d'autre alternative que de lancer un appel à la communauté internationale. Il est clair maintenant que, seuls, les efforts accrus, concertés et solides de la communauté internationale persuaderont Pékin de modifier sa politique à l'égard du Tibet. Même si les réactions du côté chinois sont négatives dans l'immédiat, ce qui est à prévoir, je demeure convaincu malgré tout que l'expression du soutien et de l'intérêt des Nations à notre cause sont essentiels à la mise en place d'un climat susceptible d'aboutir à une solution pacifique du problème tibétain. Je reste, pour ma part, fidèle au processus du dialogue. J'ai la ferme conviction que le dialogue et le désir de regarder en toute honnêteté et clarté le Tibet dans sa réalité actuelle, peuvent conduire à une solution mutuellement avantageuse et que celle-ci contribuera à la stabilité et à l'unité de la République populaire de Chine et assurera au peuple tibétain le droit de vivre dans la liberté, la paix
et la dignité.Chers frères et surs du Parlement européen, je me considère comme le libre porte-parole de mes compatriotes captifs, hommes et femmes. Il est de mon devoir de parler en leur nom et place. Je ne le fais pas guidé par un sentiment de colère ou de haine à l'égard de ceux qui portent la responsabilité de l'immense souffrance de notre peuple, de la destruction de notre terre, de nos foyers, de nos temples et monastères et de notre culture. Ce sont, eux aussi, des êtres humains qui luttent pour trouver le bonheur et ils ont droit à notre compassion. Je parle pour vous faire connaître la triste situation dans laquelle se trouve mon pays aujourd'hui et les aspirations de mon peuple, parce que la vérité est la seule arme que nous possédions dans notre lutte pour la liberté. Aujourd'hui, notre peuple, ainsi que le riche héritage culturel qui constitue notre singularité et notre identité nationale sont menacés d'extinction. Nous avons besoin de votre soutien pour survivre, en tant que peuple et en tant
que culture.
Au vu de ce qui se passe à l'intérieur du Tibet, au vu de la répression croissante, de la destruction constante de notre environnement et du travail de sape systématique de la culture et de l'identité du Tibet, la situation pourrait sembler sans espoir. Pourtant je persiste à croire que l'actuelle tendance vers la mondialisation conduira la Chine à plus
d'ouverture, de liberté, de démocratie et de respect des droits de l'homme. Aussi grande et puissante soit-elle, la Chine, qui fait partie du monde, devra tôt ou tard suivre la tendance à la mondialisation et il ne lui sera pas possible, à long terme, d'échapper à la vérité, à la justice et à la liberté. L'engagement solide, et fondé sur des principes communs, qui lie le Parlement européen à la Chine va accélérer le processus de changement déjà amorcé. Le problème tibétain étant étroitement lié à ce qui se passe en Chine, je crois qu'il y a là une sage raison d'espérer.Je tiens à remercier le Parlement européen pour sa persévérance à diffuser ce qui touche à la lutte non-violente des Tibétains pour leur liberté. Votre sympathie et votre soutien ont toujours été pour tous les Tibétains, ceux de l'intérieur comme ceux de l'exil, une source d'inspiration profonde et un encouragement. Les nombreuses résolutions prises par le Parlement
européen sur le problème du Tibet ont beaucoup aidé à faire la lumière sur la situation critique dans laquelle se trouve notre peuple et à éveiller à la cause du Tibet la conscience publique et les gouvernements d'Europe et du monde. La résolution du Parlement réclamant la désignation spécifique d'un représentant de l'Union européenne pour le Tibet représente pour moi
un encouragement tout particulier. Je suis convaincu que l'application de cette résolution permettra à l'Union européenne non seulement de promouvoir la nécessité d'une solution pacifique et négociée au problème tibétain, et cela de façon plus solide, efficace et créative, mais aussi de fournir un soutien si d'autres besoins légitimes du peuple tibétain se faisaient entendre, y compris, les voies et les moyens de défendre la spécificité de notre identité. Cette initiative sera également un signal fort adressé à Pékin, il lui montrera que l'Union européenne est déterminée à encourager et à favoriser une solution au problème tibétain. Je ne doute pas que vos constantes manifestations, preuves de votre intérêt et de votre soutien à la cause du Tibet, produisent à long terme un impact positif et contribuent à créer un climat politique susceptible de conduire à un dialogue constructif sur cette question. Je vous demande de continuer à soutenir notre cause dans cette période difficile de l'histoire de notre pays.
Je vous remercie de m'avoir offert l'opportunité de partager mes pensées avec vous.
Merci.Discours de Sa Sainteté le Dalaï Lama
au Parlement européen le 24 octobre 2001Une donation du Bouddha de la Compassion : Ruud Lubbers, le haut-commissaire des Nations-unies pour les réfugiés (HCR), a remercié Sa Sainteté le Dalaï Lama, le mercredi 21 novembre, pour sa contribution de 50 000 dollars en faveur des réfugiés afghans.
Prévenir la guerre
Kyabjé
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Retour en haut de pagePour la situation dans le monde, pour la paix dans le monde, pour l'Amérique et aussi pour les individus eux-même, il faudrait prendre les huit préceptes du mahayana, développer une forte compassion, et réciter autant de mantras de Tchènrézi que possible -Om mani padmé houm- avec de fortes prières à Tchènrézi, en priant pour que l'amour tendesse soit généré dans les esprits de tous, particulièrement de ceux qui ont causé ce mal. Pour changer leur esprit, stopper la pensée de nuire à autrui, particulièrement aux Américains. Prier pour qu'il y ait autant de paix et de bonheur que possible ici et dans le reste du monde, autant de bonheur que possible. Visualiser des rayons de nectar émis de Tchènrézi et entrant dans chacun aux états-Unis, particulièrement ceux qui sont morts ou ont été blessés et aussi pour chacun dans le monde. Purifiant toutes les souffrances et notamment un des défauts du cycle des existences, la guerre. La guerre est juste un des océans de souffrance du samsara. Ensuite bien sûr, méditer sur bodhicitta, sans aucun doute, cest très important.
Cependant ces pratiques sont également bénéfiques pour soi-même. Même sans guerre et sans cancer etc. la mort viendra quand même à n'importe quel moment. Il y a la guerre à l'intérieur de notre propre esprit, le désastre avec les éléments en nous, et bien sûr il y a le karma. Les émotions pertubatrices et le karma sont la cause de la mort : aussi longtemps qu'il y a émotions pertubatrices et karma, nous ne pouvons pas surpasser la mort, nous devons toujours passer dans le cycle de la mort et de la renaissance, personne n'a jamais vécu sans mourir.
Bien sûr, il est impossible de surpasser la mort et la renaissance sans Dharma, ce qui veut dire la cessation des émotions pertubatrices et du karma. Ceci signifie pratiquer soi-même correctement le Dharma, le chemin qui met un terme aux émotions pertubatrices et aux karmas. De cette façon, vous devenez libre de la mort et de la souffrance pour toujours et vous obtenez un bonheur durable.
Afin de prévenir la guerre et de ne jamais avoir à l'expérimenter de nouveau, il faut s'en remettre au Dharma, à la réalisation de la vacuité et développer la sagesse qui éradique la racine du samsara -l'ignorance. Cette ignorance est la cause de tout le reste des océans de souffrance.
Pour une personne qui a rencontré le bouddhisme, toute situation de guerre ou de désastre naturel, toute situation qui peut réduire la durée de vie, les nombreuses situations menaçant notre vie, qui créent plus d'incertitudes quant au nombre de jours qui nous restent, toutes ces situations nous donnent d'incroyables opportunités de pratiquer intensément le Dharma. Ces situations nous donnent une inspiration très puissante pour pratiquer parce qu'il n'y a pas d'autres moyens de s'échapper, que ce soit de manière temporaire ou de manière ultime, dobtenir la libération de toute souffrance. De telles circonstances, de telles circonstances terrrifiantes, nous aident à surpasser les émotions pertubatrices ou les distractions liées au désir.
Comme Lama Tsong Khapa l'a mentionné dans le Lam Rim Chènmo, si vous pensez chaque jour, « je vais mourir aujourd'hui », alors à la fin de la journée, même si vous n'êtes pas mort, votre vie aura eu beaucoup de sens parce que vous vous serez beaucoup préparés à la mort pendant cette journée (purification, accumulation de mérites, et méditations sur la voie). Même si votre mort n'arrive pas en ce jour, vous aurez rendu votre vie pleine de sens parce que vous vous serez effectivement beaucoup préparés à la mort ce jour-là.
Voici donc ma suggestion quant à la meilleure conduite à adopter dans cette situation. Je pense que ceci est le conseil le plus pratique, la meilleure solution face à la situation mondiale actuelle. La pratique intense du Dharma et la conscience de l'impermanence et de la mort apportent la paix dans votre cur et n'apportent aucune peur. Elle vous fait également penser, sans aucun choix, aux souffrances incroyables des autres êtres, que vous pouvez voir ou que vous pouvez entendre raconter. Vous n'avez pas besoin de lire des textes du Dharma pour découvrir et voir à quel point cette situation est insupportable. Pour vous-même, ceci devient un argument très fort pour développer et générer la compassion qui conduit à bodhicitta, qui vous conduira à l'éveil, qui vous conduit à créer les causes des bonheurs temporaire et ultime, les causes de l'éveil, pour tous les autres êtres sensibles dont le nombre est aussi vaste que l'espace infini.En plus de ces pratiques, il y a des rituels qui peuvent être faits, mais ce sont des poujas très élaborées et elles doivent être pratiquées pendant de nombreux jours. Il y a des pratiques pour se protéger des dangers des tremblements de terre, des inondations etc., y compris de la guerre. Ces méthodes marchent certainement contre ces obstacles mais elles doivent être faites pendant une longue période. Ces poujas élaborées doivent être pratiquées par des pratiquants purs, qui ont vécu une vie pure avec des réalisations, ceci a plus de poids pour pacifier de tels obstacles. Bien sûr quand le karma a déjà mûri, il est beaucoup plus difficile de le prévenir. Il y a beaucoup plus de possibilités de changer le karma qui n'a pas encore mûri.
Dans ce monde, tant de gens, des centaines de milliers et nombre de millions, peuvent mourir. Une des pires éventualités est la guerre chimique -qui cause beaucoup, beaucoup de mal [voir les pratiques à effectuer en cas dattaques chimiques]. Non seulement cela, mais en plus de la guerre, puisqu'il semble qu'il y ait eu une menace de guerre chimique, il y a également eu beaucoup de désastres naturels. Il semble qu'il y aura dans le futur plus de désastres naturels comme des tremblements de terre, des inondations et autres tempêtes. Ainsi, un autre conseil supplémentaire est de pratiquer la Pouja du Bouddha de Médecine et les pratiques courtes du Bouddha de Guérison1. C'est une pratique facile que beaucoup d'entre vous peuvent faire.Un autre conseil est relatif au texte du bon et compassionné Gourou Bouddha Shakyamouni appelé Le Soutra des Rayons d'Or Sacrés. Il a été traduit il y a longtemps par un professeur allemand, R.E. Emmerick. De manière surprenante, il semble que cette traduction ait été réalisée durant la seconde guerre mondiale. Elle a des bénéfices vastes comme l'espace pour le monde, pour la paix dans le monde, et des bénéfices vastes comme l'espace pour toute personne qui en lit ne serait-ce qu'une petite portion.
Par conséquent, ces pratiques que j'ai mentionnées, le Bouddha de Médecine et Le Soutra des Rayons d'Or Sacrés, sont des pratiques incroyables pour purifier les karmas négatifs, la cause des souffrances, et pour aider les autres à purifier. [Vous pouvez] également réciter ces prières spécifiques du grand yogi du Bouddha de la Compassion Tang Tong Gyalpo ainsi que les prières des Trois Sauveurs, Tchènrézi, Manjoushri et Vajrapani. D'intenses prières de refuge peuvent également aider à réduire les dangers, à les diminuer, les affaiblir, et dans les cas où il n'y a pas de karma positif très fort à nous empêcher de les expérimenter.
Il est également bon de réciter Le Soutra du Diamant. Ceux qui ne peuvent pas le lire parce qu'ils ne le possèdent pas peuvent réciter Le Soutra du Cur.
En ce moment précis, le mieux pour nous est de faire une pratique intense de refuge pour purifier le karma négatif de faire du mal aux autres. En général, il est bon pour nous de pratiquer un refuge intense, de pratiquer et de prier pour que la paix prévienne la guerre dans cette situation. Avec le refuge, il est bon de faire la prière Les Paroles de Vérité qui Pacifient les Dangers des Armes composée par le grand yogi et mahasiddi Tang Tong Gyalpo.
Ce yogi est allé à un endroit du Tibet où il y avait beaucoup de meurtres et de guerre et a composé cette prière avec une grande compassion, et à cause de cette grande compassion et du pouvoir de la vérité, il a prévenu beaucoup de massacres. Selon mon observation, il serait très bénéfique de réciter cette prière. Quand il y a la guerre, il peut aussi y avoir la famine. Il est donc également bénéfique de réciter la prière de Tang Tong Gyalpo qui prévient la famine.
également selon mon observation, il serait très bénéfique de faire des offrandes de lumière à la statue historique si précieuse du Bouddha du temple du Jokhang, à Lhassa, et de faire des offrandes de grain et de nourriture, et tout particulièrement des offrandes de lumière, en faisant de fortes requêtes au Bouddha pour que la bonté aimante et la compassion soient générées dans les esprits des terroristes et dans les esprits de tous les êtres. Faites de fortes prières pour que la haine et la colère qui sont dans l'esprit de tous les êtres soient immédiatement transformées, pour que leurs états d'esprit soient immédiatement transformés dans ceux de la bonté aimante et de la compassion, pour que tous leurs karmas négatifs soient immédiatement stoppés -pas seulement pour qu'ils n'en fassent plus l'expérience mais aussi pour qu'ils arrêtent d'en créer- et pour que le monde entier soit rempli de paix, de bonheur et de prospérité. Faites de fortes prières pour un monde sans violence, sans maladie, sans pauvreté, un monde sans problème économique, et pour que les gens ne gaspillent pas leur temps, ne gaspillent pas leur vie. Ceci ne veut pas dire ne jamais se relaxer ; ceci veut dire pratiquer le Dharma, quoi que vous fassiez, vous gardez le Dharma à l'esprit. Et bien sûr la meilleure pratique du Dharma est la bodhicitta. Prenez une détermination très forte d'être libre des dharmas mondains [les huit dharmas mondains sont : lattachement à la possession de biens matériels et la crainte den être privé ; lattachement aux louanges et le rejet des critiques ; lattachement à une bonne réputation et laversion pour une mauvaise réputation ; la recherche du bonheur et le rejet du malheur].Traduit de langlais par F. Lecointre
Note
Le Soutra des Rayons d'Or Sacrés : Lors de sa visite à l'Institut Vajra Yogini en mars dernier, Kyabjé Zopa Rinpoché avait donné la transmission orale de ce soutra et l'avait commenté. Vous pouvez vous en procurer une copie sur cassette à la boutique.
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Les dangers de la réjouissance négative
Kyabjé Zopa Rinpoché
Ce que je voulais vous signaler, c'était de vous assurer que vous ne vous réjouissiez pas de choses négatives. C'est un karma négatif très lourd. Quand vous entendez le nom des Talibans (ou de qui que ce soit) bien sûr, s'il y a de l'antipathie ou de la haine à leur égard, quand vous entendrez qu'ils ont été tués ou détruits, naturellement vous vous réjouirez ou vous vous sentirez content. Quand vous vous réjouissez ainsi -par exemple quand vous entendez que mille personnes ont été tuées ou blessées et que vous vous sentez content- vous recevez le même karma extrêmement lourd que celui d'avoir tué mille personnes. Vous êtes assis sur votre coussin de méditation, et vous entendez l'information, alors simplement en vous réjouissant ou simplement en vous sentant content, c'est le même karma très lourd que celui d'avoir tué mille êtres humains, même si vous n'êtes pas vous-même à la guerre. En fait, vous n'avez pas vraiment bombardé ou tiré, vous n'avez rien fait du tout. Mais vous récoltez le même karma négatif extrêmement lourd que la personne qui a tué ces mille personnes.
Comme Pabongka Déchèn Nyingpo l'a expliqué dans La Libération dans la Paume de votre Main, j'ai pensé que je mentionnerais qu'il y a un grand danger quand vous entendez les nouvelles et qu'alors immédiatement vous vous sentez content et vous vous réjouissez. Si vous avez de l'antipathie ou de la haine envers eux, alors ceci se produit. Si vous n'aviez pas de haine envers eux, je ne pense pas que vous vous réjouiriez. Si vous avez de l'antipathie ou de la haine, alors la réjouissance se produit, entraînant un résultat très lourd.
Les gens qui se souviennent du Lam Rim dans leur vie quotidienne, se souviennent du karma et de ce qui est dit dans La Libération dans la Paume de votre Main et les enseignements du Lam Rim et le mettent en pratique, n'ont pas besoin qu'on le leur dise. Mais les autres, ceux qui ont peut-être entendu le Lam Rim mais peut-être ne s'en souviennent pas dans la vie quotidienne, il pourrait être utile de simplement le rappeler à ces étudiants.Quand j'ai entendu parler la première fois de destruction en Afghanistan, où quelques endroits avaient été détruits, je n'étais pas attentif à ce moment-là. Aux informations, ils n'ont pas parlé « de personnes » mais « dendroits » qui avaient été détruits. Je ne faisais pas attention à mon esprit et je ne le surveillais pas, donc j'ai ressenti quelque chose de plutôt plaisant, ensuite immédiatement je me suis rendu compte de ce que j'avais senti. On n'avait pas parlé de gens qui aient été tués, mais d'un endroit qui avait été détruit. Donc après cela, j'ai été plus vigilant. Par conséquent soyez attentif à ne pas vous réjouir quand vous écoutez les nouvelles.
Bien sûr, si on médite ainsi, la vue change. Mais quand on ne médite pas et quand l'esprit n'est pas dans cet état qui tient tous les êtres comme précieux, avec compassion, alors vous les voyez comme indésirables. Habituellement, on se sent lourd quand on ne médite pas comme cela...Transcription sommaire de Roy Harvey d'un enseignement
donné au centre Land of Medicine Buddha, le vendredi 27 octobre 2001
Traduit de langlais par François LecointreRetour sommaire Kadam 23
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Lettre ouverte au président Bush
Kyabjé Zopa Rinpoché Quand les terroristes ont attaqué le World Trade Center et le Pentagone, de grands dégâts ont été commis. Non seulement ont-ils tué plus de cinq mille personnes, dont plus de trois cents pompiers, mais ils ont également dévasté de nombreux bâtiments et ont perturbé le monde entier au niveau économique. Tant de dizaines de milliers de personnes partout dans le monde ont perdu leur travail et ceci a affecté l'avenir à long terme de la plupart des pays, de même que celui de compagnies aériennes, d'hôtels, de compagnies d'assurances, etc.
Depuis que la guerre a été déclarée, certaines personnes ont manifesté et ont crié des slogans pour la paix. Mais si ce qu'elles souhaitent vraiment est la paix, alors elles devraient d'abord proposer une idée claire et pratique pour stopper les attaques terroristes contre les états-Unis et d'autres pays. Sinon, on crie pour la paix et on laisse les états-Unis être complètement détruits par les terroristes. C'est comme le dicton des textes bouddhistes tibétains : un yack aveugle qui mange de l'herbe. Ou le dicton occidental : jeter le bébé avec l'eau du bain.
Tant de gens souffrent maintenant de ne pas savoir ce qui va se passer à l'avenir et ce que feront des gens comme Ben Laden. Le problème ici est que la vision des gens ordinaires est limitée à cause du manque de développement de leur esprit. lls n'ont pas le pouvoir de voir au-delà, de lire les esprits des terroristes. Si les services secrets, les espions avaient le pouvoir de voir plus loin, alors ils pourraient prévoir les dangers futurs. Ils pourraient lire les esprits des personnes qui font du mal et des terroristes comme Ben Laden. Ils pourraient voir le mal dans leurs esprits et quels dommages ils pourraient causer aux états-Unis et au monde entier.
De cette façon, depuis longtemps, on aurait pu empêcher les terroristes de s'entraîner. On aurait pu les empêcher de détruire ces bâtiments. Les vies de ces milliers de personnes et de ces pompiers auraient pu être sauvées, et toutes ces nombreuses personnes à travers le monde n'auraient pas perdu leur travail, avec tous les énormes soucis et les problèmes économiques qui ont suivi. Les services secrets auraient pu prévoir des menaces sérieuses, comme le gaz toxique, et ils auraient pu protéger les Américains du danger. Alors il n'y aurait pas eu besoin de faire la guerre, ni de dépenser tous ces millions de dollars chaque jour, ni de perdre tant de vies de citoyens américains.En général, la guerre est une méthode ordinaire. C'est ce que les gens ordinaires dans le monde pensent être la solution. Le problème est que la guerre, même si elle est gagnée, est semblable à une médecine qui a des effets secondaires. Elle peut temporairement aider à améliorer la situation, mais ensuite il y aura des complications continuelles. Même si vous gagnez la guerre, ce n'est pas vraiment une victoire durable, que ce soit pour le pays ou pour les individus qui l'ont mené. C'est seulement une victoire temporaire. Pourquoi ? Parce que les gens que vous avez vaincus génèrent de la haine envers vous et que dans les générations futures, ils vous frapperont en retour. Selon la loi naturelle des actions, appelée karma en sanskrit, l'acte de faire du mal laisse une empreinte sur le continuum mental et cette empreinte est comme une graine. Quand elle mûrit plus tard, la personne en expérimente le résultat : les autres lui nuisent.
Je comprends que la situation soit très difficile et que l'opinion publique américaine soit très en colère, mais il existe d'autres moyens de résoudre le problème que d'aller à la guerre. Il y a des moyens spirituels. Il est possible que ces terroristes soient vaincus par un pouvoir spirituel plutôt que d'avoir à utiliser le pouvoir militaire. La guerre coûte tellement de vies et tellement d'argent. Un seul missile peut être si coûteux, jusqu'à des millions de dollars. Quand le pouvoir spirituel est utilisé pour résoudre le problème, on fait l'économie de cette dépense.
Le bouddhisme, et en particulier le bouddhisme tibétain, a tant de méthodes pour aider à apporter la paix et le bonheur aux êtres. Si le gouvernement était intéressé par la possibilité d'utiliser les méthodes spirituelles pour résoudre les problèmes actuels, il devrait consulter les chefs spirituels de chacune des différentes traditions. Alors des pratiques pourraient être effectuées pendant quelques mois ou pendant un an, afin qu'elles soient efficaces. Cette façon de faire n'est pas comme la guerre, qui rend certaines personnes heureuses et en contrarie d'autres. Ces pratiques sont invisibles, donc elles n'irritent ou n'énervent personne, ce qui veut dire également que personne ne se met en colère ou ne fait de plans pour se venger.
Une autre solution serait d'avoir une guerre sans colère, quelque chose qui apparaitrait violent mais deviendrait en fait positif. Seulement parce que quelque chose a l'air violent ne suffit pas pour le définir nécessairement comme négatif, parce qu'il y a des actions qui apparaissent extérieurement comme étant violentes mais qui sont en réalité très positives, pures et pour la paix intérieure...... Les esprits de ces terroristes sont si ignorants, incroyablement ignorants et hallucinés. Ils sont pris dans la noirceur très lourde et lugubre de l'ignorance, sans aucune lumière de sagesse. Ils sont complètement pris au piège dans les cages en fer pesantes comme des montagnes de leurs vues erronées, si bien qu'ils ne peuvent même pas voir que leurs vues sont fausses et leurs actions nuisibles. Ce qu'ils ont fait, leurs pensées et leurs actions négatives, ont causé la mort de tant de milliers de gens et de tant de pompiers qui ont sacrifié leur vie pour sauver les autres. à cause de ces actions très lourdes, ils vont devoir soufffrir pendant des milliers d'éons. Ils vont devoir expérimenter d'innombrables quantités de souffrances comme résultat. Les actions extrêmement nuisibles qu'ils ont infligées aux autres et au monde sont de la nature de la production dépendante. Les actions négatives produisent de la souffrance et les actions positives du bonheur, il est donc impossible d'imaginer combien de mal les terroristes se sont faits à eux-même, aux états-Unis et au reste du monde.
Personne n'a obtenu la réalisation que la réincarnation n'existe pas et qu'il ny a seulement que cette vie. D'innombrables personnes ont obtenu la réalisation que la réincarnation existe et qu'il y a une vie à la fois avant et après cette vie. Au moment de la mort, le corps s'arrête mais l'esprit continue, c'est ça la réincarnation. La réincarnation n'est pas seulement une philosophie et une expérience bouddhiste, la chrétienté aussi parle de la réincarnation, puisqu'elle parle d'un paradis et d'un enfer après cette vie. Ce qui fait l'expérience du paradis et de l'enfer n'est pas le corps mais l'esprit, donc la réincarnation existe. La Bible parle également de la résurrection. Dans ce monde, il y a des croyants et des non-croyants. Par exemple, quand les Américains ont envoyé un homme sur la lune, certaines personnes en Orient ne pouvaient pas accepter ou comprendre comment c'était possible. Un autre exemple est celui des interviews par satellite que l'on voit à la télévision : une personne parle à quelqu'un d'autre qui est à des milliers de kilomètres mais peut être vu clairement sur l'écran. Ils communiquent même si ils sont à une telle distance l'un de l'autre. Certains hommes primitifs ne penseraient pas que ceci soit possible.
Comme l'esprit continue après la mort, les pensées négatives continuent également. Ainsi, ces terroristes vont continuer à faire du mal à d'autres êtres encore et encore, sans fin, jusqu'à ce que leurs pensées émotionnelles négatives aient cessé. Les pensées négatives, comme la colère, l'esprit insatisfait, le désir, sont la maladie chronique de l'esprit et la cause principale de la souffrance. Si les gens de ce monde ne font pas plus d'efforts pour améliorer leur esprit, pour faire cesser les pensées négatives, alors même quand le corps est détruit et désintégré, l'esprit, qui ne cesse pas, continuera avec toutes ces pensées. Ceci est le problème le plus grave et faire cesser les pensées émotionelles négatives est la solution ultime -particulièrement les faire cesser en générant l'amour et la compassion, le bon cur ultime, en chérissant les autres et en leur étant bénéfique. De cette façon, vous ne faites pas de mal aux autres et vous ne recevez pas de mal des autres. Vous ne faites qu'être bénéfiques les uns aux autres.J'imagine que la religion est supposée aider dans ce domaine. Je suis sûr que pour la plupart des religions, chacune a quelque chose de bon à offrir à l'humanité. Toute religion qui offre une méthode complète devrait emmener tous les êtres au bonheur ultime -la cessation de toutes les pensées négatives, de l'esprit émotionnel perturbé, y compris de sa graine. Si votre religion fait du mal aux autres, elle vous fait du mal à vous-même. Dans ce cas, avoir une religion n'a plus de sens. Mieux vaut ne pas en avoir du tout.
... J'ai regardé les nouvelles : plusieurs dirigeants et d'autres personnes parlaient et faisaient des suggestions. Cependant, je n'ai jamais entendu aucun d'entre eux souligner l'importance de prendre soin de l'esprit, de surveiller les esprits des habitants de ce monde. Il est très clair que tout vient de l'esprit, bien ou mal, bonheur ou souffrance, mais il n'y a pas eu un mot à propos de la nécessité de développer la bonté aimante et la compassion. Personne n'a mis l'accent sur le besoin que chacun dans le monde entier pratique ceci. Je n'ai jamais entendu quiconque le dire. J'ai seulement entendu le mot « compassion » deux fois et les deux fois il est venu de vous-même, Président Bush. Une fois, vous avez dit que l'Amérique était un pays compassionné et l'autre fois je ne me souviens plus. Il est extrêmement rare d'entendre le mot « compassion » dans tous ces discours...
Dans son projet de lettre, Rinpoché continue en proposant différentes solutions :
- lire Le Soutra des Rayons d'Or Sacrés, Le Soutra du Diamant et Le Soutra du Cur ;
- la pratique du Bouddha de guérison ;
- le mantra purifiant tous les karmas négatifs et toutes les souillures ;
- faire la requête de prières à toutes les institutions religieuses ;
- la pratique d'offrande de thé aux êtres qui contrôlent le temps et créent des perturbations ;
- prier très fortement Tara ;
- s'en remettre au Bouddha Shakyamouni ;
- une éducation spécifique sur l'amour et la compassion dans les écoles ;
- des rencontres inter-religieuses (également pour les jeunes).... Finalement je dédie les mérites et je prie chaque jour pour la paix et le bonheur de tous les êtres, que chacun puisse générer la bonté-aimante, la compassion, et le bon cur précieux qui exauce tous les souhaits. Je prie pour qu'ils puissent seulement être bénéfiques les uns aux autres et que le cur de chacun soit rempli de joie et de félicité. Je prie pour que le monde entier soit rempli de paix et de bonheur.
Ebauche de lettre envoyée pour information aux centres FPMT,
traduction de langlais de François Lecointre
Combattre la terreur
Vénérable
Thich Nhat HanhRetour sommaire Kadam 23
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La terreur est dans le cur humain. Cest de là que nous devons larracher. Détruire le cur humain, au sens physique comme au sens psychologique, cest ce que nous devons éviter.
Les racines du terrorisme ne peuvent être localisées par larmée. Les bombes et les missiles ne peuvent pas les atteindre, encore moins les détruire. Seule la pratique du calme et du regard profond peut permettre à notre compréhension de se révéler et didentifier ces racines. Seule la pratique de lécoute profonde et de la compassion peut les transformer et les faire disparaître. Lobscurité ne peut dissiper lobscurité. Plus dobscurité ne peut quépaissir lobscurité. Seule la lumière peut dissiper lobscurité. La violence et la haine ne peuvent faire disparaître la violence et la haine. Seules la compréhension et la compassion peuvent dissoudre la violence et la haine.
« Strike against terror », « combattre la terreur » est une expression qui nous induit en erreur. Ce que nous combattons nest pas la cause véritable, la racine de la terreur. Jusquà maintenant lobjet de notre combat reste la vie humaine, ce ne sont toujours pas les racines du terrorisme. Nous semons des graines de violence pendant que nous combattons. En combattant ainsi nous ne faisons que créer plus de haine et de violence dans le monde. Cest exactement ce dont nous ne voulons pas.
La haine et la violence sont dans le cur humain. Un terroriste est une personne qui porte la haine, la violence et lincompréhension en elle. En agissant sans compréhension, en agissant sous le coup de la haine, de la violence et de la peur, nous participons à plus de terreur, répandant la terreur chez les autres et jusque dans nos propres foyers.
Des sociétés entières vivent sous le joug de la crainte et nos nerfs sont agressés nuit et jour. Cest le plus grand dégât que nous puissions subir, ce sont nos propres perceptions erronées et nos actions qui en résultent. Un tel état de confusion, de peur et danxiété est extrêmement dangereux. Il peut conduire à une nouvelle guerre mondiale, terriblement destructrice cette fois.
Nous devons apprendre à élever la voix afin que la voix du Bouddha puisse être entendue à ce moment crucial de lhistoire humaine. Ceux dentre nous qui portent la lumière en eux doivent la montrer et la partager avec tous afin que le monde ne sombre pas dans lobscurité. Tout le monde possède la semence de léveil et de la compréhension dans son cur. Aidons-nous les uns les autres afin de toucher ces semences en nous-mêmes, pour que tout le monde ait le courage délever la voix. Nous avons besoin dun éveil collectif pour stopper cette course à lautodestruction.Shanghaï, le 19 octobre 2001
Traduit de langlais par Surs Dao Nghiem et Chan Khong
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Pratiques à effectuer
en cas d'attaque chimique
Selon les observations de Kyabjé Zopa Rinpoché, deux pratiques seraient très bénéfiques en cas d'attaque chimique ou bactériologique : la pratique du Bouddha de la Médecine intitulée Le Joyau qui Exauce les Souhaits et La Pratique du Bouddha de Médecine composée par Gourou Rinpoché. Faire ces deux pratiques aiderait à prévenir le risque de telles attaques, et si quelqu'un se trouvait en contact avec une substance chimique dangereuse, elles aideraient à en neutraliser l'effet et à en guérir.