Plantes et paysages du sud de l'Espagne
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| Entre mer et montagne, le sud de l'Espagne regorge de plantes parfaitement adaptées au jardin méditerranéen naturel. A plusieurs reprises ces dernières années nous avons fait de petites excursions en Andalousie pour étudier les plantes sauvages dans leur environnement naturel. Voici une sélection de photos prises durant ces voyages. |
1- Sierra Nevada et Sierra de Guájaras |
1- Sierra Nevada et Sierra de Guájaras
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La Sierra Nevada se traverse du Nord au Sud par une petite route tortueuse qui s'élève vers le Puerto de la Ragua, à 2000 m d'altitude. Au dessus de la belle forêt de chênes verts et de pins, les sommets restent couverts de neige en mai, alors que sur la côte l'été arrive déjà. |
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Sur le bord de la route nous trouvons les premiers semis d'Erinacea anthyllis, le mythique "genêt bleu". Il pousse ici dans du schiste, mais normalement c'est une plante qui préfère les sols calcaires. |
| Un Erinacea adulte, cette fois-ci sur sol calcaire. Le développement en coussin épineux permet à la plante de résister aux conditions climatiques rencontrées dans les montagnes méditerranéennes : sécheresse, froid, vent et soleil, avec des amplitudes thermiques très importantes. Chèvres et moutons laissent la plante de côté, car les épines sont redoutables: pour récolter des graines, il faut se munir d'une pince à épiler. |
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La végétation change rapidement sur le versant sud de la Sierra Nevada. Les premières fleurs jaunes apparaissent dans le feuillage soyeux de Teline linifolia, et plus bas les Lavandula stoechas se mêlent aux cistes à feuilles de sauge. |
| Randonnée en automne dans Las Alpujarras, le long du rio Trevélez : le jaune des peupliers et les taches rouges des érables de Montpellier marquent le paysage. Comme partout dans le sud les habitations sont peintes à la chaux. |
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Silhouette du Stipa tenacissima contre le ciel parfaitement bleu. Un Phlomis lychnitis s'est niché à son pied. |
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Vers l'Ouest, la Sierra Nevada acide se transforme en contreforts calcaires. Tout près de Grenade, nous avons campé dans la Sierra de Huétor, au milieu d'une belle garrigue à thyms, helianthèmes et Salvia lavandulifolia. |
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Arrêt incontournable à l'Alhambra de Grenade, pour se replonger dans l'inspiration des jardins arabes et la fraîcheur du bruit des fontaines. Partout les jasmins embaument : petite dispute rituelle avec Clara, depuis toujours nous avons un avis différent sur le jasmin. Clara trouve l'odeur bien trop lourde, alors que pour moi c'est l'odeur la plus délicieuse qui soit. |
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A partir de Grenade, la petite route qui va vers Almuñecar en passant par le Suspiro del Moro permet de découvrir une grande diversité de plantes : Lavandula lanata à feuilles cendrées, Cistus clusii à feuilles fines comme des aiguilles et Bupleurum gibraltaricum aux larges feuilles vert sombre. Halimium atriplicifolium (ci-contre), pousse souvent en mélange avec Cistus albidus et Phlomis purpurea. |
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Halimium atriplicifolium a tout pour séduire le jardinier : larges feuilles argentées, boutons rouges et soyeux, grandes fleurs jaunes se renouvelant jour après jour pendant plusieurs semaines. |
| Le Phlomis purpurea drageonne pour former des fourrés denses. Nous avons étudié sa variabilité pour sélectionner quelques formes à couleurs de fleurs différentes, blanches ou rose tendre. |
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Cistus clusiisur une crête. Le vent soufflait tellement fort qu'il était difficile de rester debout pour prendre la photo. |
| Près d'Almeria, le Cabo de Gata est la zone la plus sèche d'Espagne. Les agaves étaient autrefois cultivés pour la production de fibres, mais les champs sont maintenant abandonnés. La masse sombre des Chamaerops humilis qui se ressèment au milieu des agaves présage le retour prochain de la garrigue. |
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Ce paysage brûlé par le soleil a servi de décor au tournage de nombreux westerns. Sur les collines les Chamaerops humilis ont survécu à des siècles de pâturage, ils survivent maintenant aux équipes de tournage. Mais dans les plaines la végétation a entièrement disparu : elle a été remplacée par d'immenses étendues de serres à toit plat, comme une mer de plastique sous le soleil. |
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Première randonnée en bord de mer, la chance nous sourit : nous trouvons la forme blanche de Phlomis pusrpurea subsp. almeriensis, au milieu des Stipa et Lavandula multifida. |
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Insensible à la chaleur et aux embruns, Helianthemum lavandulifolium prospère dans le calcaire. Quand on veut mettre en place dans son jardin des plantes sauvages méditerranéennes, il faut bien garder en mémoire les conditions d'origine. Tourbe, arrosage, terreau et engrais sont à bannir ! Si on veut améliorer le sol à la plantation, c'est seulement du sable et du gravier qu'il faut ajouter. |
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Plus que par ses longues fleurs étroites, c'est par ses bractées en écailles pourpres que Thymus longiflorus accroche le regard. |
| Toujours des cailloux, mais en arrivant à la pointe du Cabo de Gata, on passe du calcaire au basalte. Coris monspeliensis et Asteriscus illuminent les pentes sombres. |
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Emergeant des éboulis, Limonium insigne est une belle endémique que Pierre et Monique Cuche nous avaient signalée. Nous cherchons dans le même secteur d'éventuels hybrides entre Rosmarinus eriocalyx et Rosmarinus officinalis, mais sans succès pour cette fois. |
| Randonnée tôt le matin dans la Serranía de Ronda. Un bouquetin nous surveille du coin de l'œil. |
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Formant autrefois d'immenses forêts, le sapin d'Espagne, Abies pinsapo, a presque disparu. Il est maintenant protégé et survit sur le flanc nord des montagnes. Les Sierra de Ronda et Sierra de Grazalema profitent de l'air venant de l'Atlantique, et la pluviométrie y est plus importante que dans les autres montagnes d'Andalousie. |
| Chatons rouges de l'Abies pinsapo apparaissant au printemps. |
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Paeonia broteroi se plaît en lisière de sous-bois, à une altitude supérieure à 500 m. |
| Sur la face nord des falaises, les saxifrages parsèment leurs petits coussins dans les rochers. |
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Sur les faces sud, une belle centaurée à feuilles argentées (Centaurea clementei ?) plonge ses racines au plus profond des fissures. |
| La forme arborescente de Hedera helix pousse comme un gros champignon dans le paysage ruiniforme du Torqual de Antequera |
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Du sol calcaire au sol acide, le cortège floristique change complètement. Dans les zones à sol acide, les chênes lièges forment de vieux arbres magnifiques. Après récolte, l'écorce est soigneusement empilée au bord des chemins, avant d'être emportée vers les fabriques de bouchons. |
| Contrairement à ce que son nom indique, la Scilla peruviana n'est pas originaire du Pérou : bien que le bulbe soit souvent arraché, on en trouve encore dans les endroits peu accessibles des montagnes du sud de l'Espagne. Ici dans la Sierra de Alcaparain, où poussent également Salvia candelabrum et Phlomis crinita, à fleurs jaune orangé. |
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Putoria calabrica embrasse un gros caillou. |
| Près de Grazalema, les Echium albicans se mêlent aux valérianes et aux gueules de loup, dans une palette de tons très doux. Un vrai jardin en bord de chemin ! |
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4- Gibraltar et la Costa del Sol
| Le "caillou" de Gibraltar tombe en une falaise impressionnante du côté de la Méditerranée, et descend au contraire en pente douce du côté ouest vers la zone urbaine et le port sur l'Atlantique. |
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Toute la partie haute de Gibraltar est un parc naturel protégé. C'est l'un des rares endroits où l'on trouve dans son environnement naturel le Chamaerops humilis de taille adulte, formant des bosquets de plusieurs mètres de hauteur. |
| Le côté ouest, plus humide, abrite une végétation abondante : Acanthus mollis, Teucrium fruticans, Clematis cirrhosa, Ruscus hypophyllum et Lavandula dentata. |
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Accroché à la falaise du côté est, Iberis gibraltarica se couvre de fleurs presque éblouissantes dans le soleil. Dans les zones moins verticales, Aloe arborescens s'est naturalisé en grandes colonies. |
| Aristolochia baetica enroule ses tiges volubiles sur les rameaux rigides de Pyracantha coccinea. |
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Sombre et poilue, la corolle d'Aristolochia baetica attend le pollinisateur. |
| Les singes en liberté (en fait un macaque, Macacus sylvanus) sont l'une des grandes attractions de Gibraltar. Un bon touriste se doit de monter en téléphérique, prendre les singes en photo, puis redescendre manger un fish & chips dans un des pubs de la ville. |
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Le calcaire de Gibraltar est truffé de grottes naturelles et de tunnels creusés par l'armée. St Michael's Cave est l'une des plus grandes. La légende veut que ce soit par cette grotte que Ulysse a pénétré dans l'Hadès où, sur les conseils de Circé, Ulysse descend aux Enfers pour consulter l'âme du devin Tirésias. |
| A l'extrémité sud, près du phare de Gibraltar, Senecio cineraria se laisse envahir par Convolvulus althaeoides. |
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Près d'Estepona, on trouve encore de petits coins sauvages sur la Costa del Sol. Lavandula stoechas et Armeria hirta colonisent le bord de mer, avec Cistus salviifolius et Cistus crispus. |
| Entre la route et les plages, les friches sont envahies par Hedysarum coronarium. |
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Punta Europa : une station très localisée d'un ciste rare, Cistus ladanifer var. tangerinus, dont les feuilles très collantes sont presque aussi larges que longues. Nous avons prélevé des graines pour introduire ce ciste dans notre collection-conservatoire, car l'urbanisation progresse chaque année et cette sation risque de disparaître prochainement. |
5- Quelques orchidées pour le plaisir des yeux
| Au mois d'avril, il est difficile d'étudier les plantes dans le sud de l'Espagne sans tomber en arrêt devant les orchidées sauvages. Ici Ophrys ciliata, étonnante orchidée barbue. |
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Ophrys lutea est particulièrement abondante en Andalousie, aussi bien sur le bord des chemins que dans les prairies de montagne. Elle a des fleurs nettement plus larges que la forme rencontrée dans nos garrigues du sud de la France. |
| Au torqual d'Antequerra, Ophrys tenthredinifera déploie ses grands sépales rose vif, comme si elle allait s'envoler. |
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Tiens, près de Grazalema, une forme blanche d'Ophrys scolopax... |
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Reconnaissable à son grand miroir bleu vif, Ophrys atlantica a une distribution très restreinte dans le sud de l'Espagne et en Afrique du Nord. |