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Notes sur la grammaire 
Verbes      Indicatif      Imperatif      Futur conditionnant      Participe passé      Participe présent
Autres      Attribut      Comparatif      Demonstratif      Diminutif      Genre      Interrogation      Pluriel      Possessif      Relatif      Suffixes

VERBES INDICATIF   C=complément,   V=verbe
  Présent (posi / néga) Passé (posi / néga) Futur (posi / néga)
être (état) ka / man
né ka kéné
je suis bien portant
i man kéné
tu n'es pas bien portant
tun ka / tun man
a tun ka kéné
il était bien portant
a tun man kéné
il n'était pas bien portant
n'existe pas,
utiliser un autre verbe

a na bonya
il sera grand (il grandira)
être (présence) /
a bè yan
il est ici
a tè yan
il n'est pas ici
tun bè / tun tè
Nzan tun bè yan
Nzan était ici
Cémògò tun tè yan
Tyémogo n'était pas ici
n'existe pas,
utiliser un autre verbe

a n'a sòrò Bamako
elle sera à Bamako (ça la trouvera à Bamako)
être (auxiliaire)
 intransitif 
bè V / tè V
cè bè taa
l'homme voyage
muso tè taa
la femme ne voyage pas





V+ra (na, la) / ma V
a taara
il est parti
a ma taa
il n'est pas parti
passé du passé, tun
a tun taara
il était parti
a tun ma taa
il n'etait pas parti
na V / tna V
an na taa
nous irons
aw tna taa
ils n'iront pas





être (auxiliaire)
  transitif
bè C V / tè C V
m'bè buru dun
je mange du pain
i tè ji mi
tu ne bois pas d'eau



yé C V / ma C V
a yé nònò mi
elle a bu du lait
a ma ji mi
elle n'a pas bu d'eau
passé du passé, tun
a tun yé nònò mi
elle avait bu du lait
na C V / tna C V
aw na dlo mi
vous boirez du dolo
an tna dlò mi
nous ne boirons pas de dolo


avoir
(non, il n'y a pas de verbe avoir, utiliser une autre tournure avec être, présence...
... donc avec /
banfla bè Cèmògò fè
Tyémògò a un chapeau
(un chapeau est avec Tyémogo)

sisan, wari tè né fè
présentement, je n'ai pas d'argent (l'argent n'est pas avec moi)
aluméti bè n'kun
des allumettes sont sur moi (ma tête)
kréyon bè m'bolo
un crayon est à ma main
... ou un autre verbe
né buru sòrò
j'ai du pain (gagné du pain)
 
 
 
 
 



  IMPERATIF   S=sujet,   C=complément,  V=verbe
  Positif Négatif  
verbe intransitif
2e personne singulier
le verbe seul   taa! va t'en!
na! viens
verbe transitif
2e personne singulier
marque de la 3e personne a
comme complément
  a fò! dis (le)!
a dun! mange (le)!
a mi! bois (le)!
verbe intransitif
2e personne pluriel
marque ayé
avant le verbe
  ayé taa! partez!
ayé na! venez!
verbe transitif
2e personne pluriel
marque ayé plus o comme complément   ayé o mi! buvez ça!
ayé o dun! mangez ça!
autre personnes et négatif S ka (C) V S kana (C) V i ka taa kògò san!
va acheter du sel!
i kana dumuni tobi!
ne cuis pas la nouriture!



  FUTUR CONDITIONNANT     V=verbe
futur hypothétique,
    ou
futur "déclenchant"
une autre action
mana avant le verbe négé-so mana dla, m'bè taa
Pol mana sé doron,
i ka né wélé
quand le vélo sera réparé, j'irai
quand Paul sera arrivé, appelle-moi
     il y a toujours deux verbes dans la phrase
... mana V..., ... V ...
Pol mana sé doron,
i ka né wélé
    



  PARTICIPE PASSÉ     V=verbe
participe passé é (ou ié, ou lé, ou né) comme suffixe du verbe :
V+é, (V+lé, V+né)
an sèlé a ka so
 
 
an bè to gwané dun
 
quand nous sommes arrivés chez lui (nous arrivés chez lui)
nous mangeons du to réchauffé


  PARTIC. PRESENT     V=verbe
participe présent suffixe -to après le verbe :
V-to
a taato do
kono déni panto flè
il est partant
regarde le petit oiseau s'envolant



AUTRES ATTRIBUT     
attribut
(adjectif)
ka jègè ka di le poisson est bon
attribut contraire man (particule) le contraire de ka, nie le lien entre attribut et sujet cè man jan
 
l'homme n'est pas grand
attribut
(nom)
(nom) o fura yé kinin yé
 
le médicament c'est la quinine



  COMPARATIF     
(comparatif)
que (2e terme)
ni (2e terme) yé né ka kòrò ni alè yé je suis plus âgé que lui



  DEMONSTRATIF     
démonstratif mi (en fin de phrase) o tuma mi, à ce moment là,
  o (pluriel olu) donne un peu un sens démonstratif aux marques de personnes "a" et "u" o do
o ko
o tuma mi
c'est ça
après cela
à ce moment là



  DIMINUTIF     
diminutif -ni après le nom, ou après l'adjectif qui le suit misidéni
sagadén fimani
petit veau
petit agneau noir



  GENRE n'existe pas, mais s'exprime par :
féminin -muso (suffixe) jakuma-muso chatte
masculin -kè (suffixe) den-kè garçon



  INTERROGATION     
(interrogation) où ? mi (mini) ? (marque de lieu)
en fin de phrase
i bè taa mi? où vas-tu?
(interrogation) quoi? mun? (marque d'interrogation) mun do? qu'est-ce que c'est?
pourquoi? munna? (marque d'interrogation) (début ou fin de phrase) i bè taa dòktòrò-so la munna?
munna i bè taa dòktòrò-so la?
tu vas au dispensaire pourquoi?
pourquoi vas-tu au dispensaire?
pour quoi faire? ka mun kè? (expression) ka mun kè? pour quoi faire?
(interrogation) ? wa? (marque d'interrogation)
à la fin d'une phrase,
c'est un "point d'interrogation" qui se prononce
aw ka du ka bon wa? est-ce que votre concession est grande?
(interrogation) ¿ yali (marque d'interrogation) 
en début de phrase
(un ¿ espagnol qui se prononce)
yali a séra n'a yé wa ¿ est-il arrivé avec?
  marque d'interrogation parfois seulement dans le ton, l'expression  



  PLURIEL     
pluriel w à la fin du mot, sauf ceux qui finissent en u que l'on écrit uu muso, musow
kuru, kuruu 
une femme, des femmes
une pirogue, des pirogues
pluriel avec adjectif, le dernier mot seul est au pluriel bolola-nègè nyumanw do
ce sont de beaux bracelets
pluriel lorsqu'il y a un nombre, la marque du pluriel devient inutile muso fila bè yan
il y a deux femmes ici



  POSSESSIF     
possessif (intime) juxtaposition du "possédant" suivi du "possédé" Traore kungolo
né bolo
la tête de Traoré
ma main
possessif (autre) ka se place entre le "possédant" et le "possédé" Traore ka muru le couteau de Traoré



  RELATIF     
relatif min (pluriel minun), marque du relatif, se place après le mot expliqué et
évite l'inversion
cè min yé sama faga,
a tun ka bon
cè yé sama min faga,
o tun ka bon
l'homme qui a tué l'éléphant était gros
l'éléphant que l'homme a tué était gros



  SUFFIXES     
substantivation d'un adjectif -baatò (suffixe) banabaatò bè so kònò
 
le malade est dans la maison
vieux, abîmé -kolo (suffixe) après un nom fini-kolo
tasa-kolo
mobili-kolo
ma-kolo
chiffon
vieille cuvette
tacot
propre-à-rien
adjectivation d'un nom -ma (suffixe) ntumu, ntunuma ver, véreux
absolument pas, aucun,  pas un, pas du tout -si (suffixe) négation absolue mògò-si personne
(sens) abstrait -ya (suffixe) di, diya
kénéya
Alla ka kénéya di!
bon, amitié
la santé
Dieu lui donne la santé!

NOTES sur la grammaire:              (voir plus loin, Exemples de mots agglutinés)

       La langue Bambara est une langue "agglutinante", comme le Basque, le Turc ou le Japonais. Les langues indo-européennes (comme le français) sont des langues "à flexions".
       Dans une langue à flexions le mot se déforme pour indiquer son nombre, son genre, son temps, sa fonction dans la phrase: je veux, je voulais, elles veulent, nous voudrons; un cheval des chevaux.
       Une langue "agglutinante" ajoute au mot d'autres mots qui en complètent le sens ou la fonction. C'est pourquoi les idées de "conjugaison" ou de "déclinaison", l'idée même qu'il existe des "verbes", s'appliquent mal ou pas du tout au Bambara.
       Un mot peut avoir un sens, comme sago, la volonté. Mais comment dira-t-on "je veux"? Quel est le verbe "vouloir"? Existe-t-il?
       On va s'exprimer ainsi:
(moi) sago (volonté) (indique une action) i (toi) ka (injonction, il faut) taa (aller) (moi) (avec, chez, du côté de)
       Traduit en français, né sago bè i ka taa né fè devient: je veux que tu viennes avec moi, mais il est évident que tout essai de "traduire mot à mot", dans un sens comme dans l'autre, est irréalisable. (retour)

       Autre notion indo-européenne: le pluriel (cheval chevaux, bracelet bracelets). Le pluriel se traduira dans la langue agglutinante Bambara par l'ajout du mot "u". On le place soit après le mot à multiplier, soit après l'adjectif s'il y en a un... son sens est "plusieurs", on appelle cela, si l'on veut, une "marque de pluriel" :
muso, muso u ; une femme, des femmes
kuru, kuru u ; une pirogue, des pirogues
       Un indo-européen comprend immédiatement "ah, c'est le pluriel" et il écrit (erreur, c'est une flexion!) musow, seulement il ne comprend plus la suite:
bolola-nègè nyuman u do, ce sont de beaux bracelets
... et pourquoi l'adjectif est-il au pluriel et non le nom? Le Bambara a raison, puisqu'il lui suffit d'indiquer une seule fois l'idée de plusieurs!
       De même:
muso fila bè yan, il y a deux femmes ici
... pourquoi mettre une "marque de pluriel" puisqu'on a déjà dit qu'il y a deux femmes? Le Bambara est d'une logique imparable.
       Il y aurait d'autres exemples, il faudrait ajouter des pages et des pages, on se limite ici à comprendre le principe.
       Pour conclure, je demande aux Bambaras de bien vouloir m'excuser, si cette présentation de leur grammaire leur semble un peu simpliste: je voulais seulement en donner une approche à mes indo-européens de compatriotes... (retour)




EXEMPLES de mots agglutinés
nyé   oeil
nyéna oeil là regard
nyénaci regard briser narguer
nyénadi regard bon gai
nyénafèn regard chose objet convoité
nyénafin regard noir nostalgie
nyénafo regard dire expliquer
nyénagèlen regard dur effronté
nyénajà regard sécher refuser
nyénajè regard clair fête
nyénakala regard rapide observer à droite à gauche
nyénakòniya regard envie jalouser
nyénakòrò regard vieux attrister
nyénakuna regard amer jalouser
nyénamini regard tourner vertige
nyénamògò regard personne personne élue
nyénasisi regard fumée attrister
nyénasuma regard lent tristesse
nyénata regard prendre choix
nyénatikè regard trancher avoir l'âge de raison
nyénatòmò regard trier choisir
nyénawoloma regard fouiller préférence

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       maj 0305021721