JEAN-LUC CORMIER  

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Daphnée Degrenne
Cette photographie, c'est "la houle à l'assaut des récifs" dont parle Rimbaud dans son bateau ivre. Elle se situe dans une zone intermédiaire ; ni vraiment là, ni tout-à-fait absente. Comme dans la plus part des photographies de Daphnée, quelque chose existe ici, mais la chose est latente, elle n'est présente qu'en puissance non en acte. Entre virtuel et réalité.

Gilles M
Il y a toujours dans l'accident comme dans l'amour quelque chose d'inattendu, quelque chose qui survient, imprévisible...Et c'est chaque fois un large dérèglement de tous nos sens.

Pascal Cornier
Dans cette série sans titre, l'auteur nous met en face d'images abstraites de surfaces concrètes. Et plus on y regarde, plus le doute s'installe. Et si tout cela n'était pas simplement le contraire ? Ces images nous disent que bien des choses ne s'opposent pas mais vivent ensemble.

Bixente Larramendi
Dans cette image comme dans les images tirées de la série "paradis blanc", l'utilisation de la surexposition, à la limite de la photographie ratée, est une démarche tout-à-fait intéressante car elle nous rappelle, s'il était besoin, les fantômes que nous sommes. Toutefois, le risque de n'être qu'un effet est bel et bien là. ; effet de style pour faire art. L'auteur doit être vigilant sur le fait que c'est "ensemble qu'il faut chercher l'espace et le contenu".

Gérard Duboc
Dans sa série TOROS, Gérard Duboc fait de la couleur rouge sa matière première, sa terre primitive. Il façonne ainsi des images dans lesquelles le visible, matière ou ombre, n'est plus qu'un pré-texte.

Elliez
Dans la tradition juive, le premier homme et le premier mot se confondent. Ainsi "adam - adama - adom" signifie tout en même temps, rouge et vivant.

Elliez
Celles et ceux qui ont déjà assisté à une "fiesta de toro", sans être pour autant aficionados, observerons qu'Elliez joue avec l'abstraction comme le matador avec la muleta ; faire baisser la tête du taureau pour que l'épée entre bien droit. Ici, elle fait baisser la tête à la photographie figurative ...et nous livre une image qui résulte d'une expérience formelle où elle explore avec malice les effets de l'illusion optique.

Jean-Christophe Sartoris
Cette image contient quelque chose de bien plus important que le seul acte photographique. Elle est pensive ; elle me donne à penser. L'auteur pourrait poursuivre dans cette recherche (que je ne retrouve pas forcément dans les autres photographies de son portfolio) où chaque instant est l'origine.

Kris Séraphin
Ce qu'il y a de remarquable dans les photographies tirées de la série UTOPIA, c'est le sentiment que chaque image en rend possible une autre. Sortant du figuratif, Kris se dégage des présences trop immédiates. Elle sait parfaitement trouver hors du réel les secrets de ce réel.

Cyril Berthault -Jacquier
Ici le regard, comme un impact, comme un coup porté au réel. Dans cette photographie comme dans beaucoup de photographies de Cyril, il y a cette permanence de la folie où le spectre de l'enfermement est constant. Et pourtant dans son refus d'être contenu l'auteur nous dit que de ce monde fermé une autre visibilité du monde est possible.Philippe Mougin
Dans la plus part des photographies de Philippe et notamment dans les "marines" , c'est la ligne de partage qui crée le panorama. Partage des eaux entre elles, partage du fluide et du liquide. La ligne d'horizon qui fait - ou défait - le paysage, c'est lui tout entier dans l'image comme une présence anonyme. Philippe est un faiseur d'espace et de silence. Mais attention l'orage gronde...

Aurélien Garzarolli
L'étrangeté est une notion que j'aime, surtout quand il s'agit de photographie ; elle évite l'interprétation immédiate. et capte notre part supposée de trouble. Cette part essentielle est impropre à la vision première car elle est mystère. Elle n'a besoin ni d'ombre ni d'écho car elle est lumière et résonance.

Pascal Fallot
Voici une photographie qui sait garder le silence. Elle se situe dans le temps faible, l'espace flottant de l'histoire. Il y a dans cette image une mise à distance qui suscite la rêverie, peut-être même la mélancolie. Etre seul à être seul.

Frederic Vanwalleghem
Les trois photographies de ce portfolio peuvent être présentées ensemble. Il y a dès lors une trame narrative qui s'installe donnant à voir des scènes vidées de toute action, ou plus exactement perçues entre un avant et un après de l'action. En trois plans Frederic nous raconte l'histoire de ces mobile-home défaits de leur fonction initiale, livrés à eux-mêmes, perdus entre l'attente et l'oubli.

Bruno Mesrine
D'aucun pense que la photographie se fait toute seule, de façon globale, à l'ouverture, le photographe ne fabricant pas l'image mais l'enregistrant. Si c'est peut être vrai pour certains, force est de constater que le travail de Bruno Mesrine est une véritable fabrique d'images nocturnes. Il s'inscrit de manière très poétique dans l'espace de la "light graffiti experience". Et comme point de départ, toujours il y a la nuit. Bruno écrit sur la nuit des images qui se réapproprient les lieux. Il voit des lieux où écrire à lieu.

Alexis Bastin
Alexis Bastin aime la couleur bleue ou plus exactement les couleurs du bleu.
Il semble créer une véritable aménité des lieux du bleu dans lesquels il puise la matière première de ses recherches photographiques. Il sait que toute couleur regardée longtemps devient une palette de sens.

Arno Brignon
J'aime les diptyques. Cette vision particulière de l'espace permet le rapprochement des "possibles-impossibles" dans les foisonnements inépuisables du visible. Dans la série "Love in progress", Arno Brignon nous livre une vision qui ne peut s'écrire que sous le surplomb du désir. Ses images en duo sonnent à mes yeux comme la rencontre troublée de l'insolite et du merveilleux.

Pascale Barret
Cette image, la quatrième, appartient à une série supposée, pour le moins énigmatique. Sous son titre Le complexe se cache tout d'abord un mystère, celui d'un manque, d'un vide, d'une absence. Qu'y-a-t-il entre La rupture et Le complexe ? Peut-être Pascale Barret veut-elle nous signifier qu'il n'y à rien, rien qui ne puisse se voir immédiatement étant elle-même au plus près comme au plus éloignée , se définissant dans son travail "flottant entre l'extérieur et l'intérieur". L'auteur installe donc un temps flottant, en suspens, avec cette question prégnante : ce corps que nous sommes tous, de quelle verticalité est-il le point ou la limite, de quelle âme est-il l'identité ?

LIGNES EN PARTAGE 2008 (suite)
LIGNES EN PARTAGE 2009