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Copyright © 2000 Jean-Marie Lamblard
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Chez nous, la légende du pélican, qui donne ses entrailles pour nourrir ses enfants, ne vient pas dun fond traditionnel. Elle est ignorée des contes et légendes de lEurope occidentale. Son origine est étroitement liée à lextension du Christianisme et sa source se trouve dans les mythes de lEgypte Ancienne, transmis par des textes dauteurs antiques grecs et romains.
Symbole de lamour paternel et, par proximité, de Jésus-Christ, répandue par les prédicateurs, popularisée par liconographie religieuse, et, ensuite, par la culture livresque et lécole laïque (grâce au poème " La Nuit de Mai " de Musset), cette singulière histoire doiseau est connue de tous nos contemporains.
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"Pour toute nourriture il apporte son coeur..."
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Et cest au premier degré quil faut entendre la fable.
Ah, la culture, la culture !
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux
Et jen sais dimmortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé dun long voyage
Les plus célèbres vers de Musset, ouvrant lévocation la plus renommée de la littérature romantique, assurent la popularité dun oiseau quasiment inconnu de nos régions tempérées.
Sur la porte des tabernacles où le pélican représente le sacrement eucharistique, sur les chasubles des prêtres, dans le blason des ordres charitables, limage est gravée. Elle figure également dans la symbolique des Roses-Croix, des Francs-Maçons, et se reconnaît dans les vestiges du Catharisme.
Au Moyen Age finissant, on vit apparaître dans les églises des riches cités, de beaux objets en métal battu, en cuivre et laiton, en argent ou bronze, pour le service du culte. Parmi eux, des lutrins représentaient souvent un aigle, attribut de Jean lEvangéliste, supportant une tablette entre ses ailes. Mais parfois ce rapace était remplacé par un "pélican" prédicateur. Lartisan dinandier (de Dinant) qui ne devait pas être très familier de cet oiseau, sculptait une sorte de vautour souvrant la poitrine de son bec. Le " signe " principal désignant le pélican liturgique étant alors rendu par le mouvement du cou et le geste du bec recourbé vers le jabot, semblant déchirer les chairs offertes.
UN PÉLICAN AU DÉSERT ?
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