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>Conseils pour votre chiot. L'adoption. L'adoption survient alors que
le chiot est encore en devenir. Des mesures visant à favoriser l'acquisition
des autocontrôles et les stimulations sensorielles assurent une prévention
efficace des affections comportementales, malheureusement très fréquentes
et graves, qualifiées de troubles du développement.
L'arrivée du chiot est un
événement dans la vie d'une famille. Au-delà du bonheur de la rencontre,
c'est l'occasion de préparer l'avenir par des mesures simples qui assurent la
prévention des principaux troubles du développement. En effet, à l'âge moyen
de l'adoption (8 semaines), le développement comportemental est loin d'être
terminé et la maturation du chiot est désormais sous la responsabilité des
propriétaires. Nous allons passer en revue les conseils à vous donner pour permettre au chiot d'achever son développement comportemental dans de bonnes conditions. C'est un grand moment pour tout le monde. Après les premiers moments, il est temps de faire connaissance. Attention au voyage en voiture: le chiot doit être placé dans de bonnes conditions (sur les genoux, enroulé dans une couverture, ou dans une caisse de transport adaptée à sa taille) pour ne pas être trop malmené. Arrivé à la maison, le chiot est invité à explorer librement son nouveau milieu en présence des maîtres pour le sécuriser. Le chiot a un grand besoin de sommeil (> 18 h par jour) et il faut respecter les périodes de repos. Les activités avec les enfants sont souhaitables, mais ils doivent apprendre à ne pas déranger le chiot sans cesse.
Le chiot peut-il dormir
dans la chambre des propriétaires ? Contrairement à une idée reçue, c'est tout à fait envisageable dans les premiers temps, surtout si le chiot est très jeune, car cela favorise l'attachement au propriétaire et permet au chiot de dormir de façon apaisée. Mais il faut savoir qu'entre quatre et six mois, il sera nécessaire de l'éloigner pour créer le détachement.
Il faut créer un attachement avec une personne de la famille si le chiot a moins de 4 mois, car cet attachement apporte l'apaisement et la sécurité et lui permet d'achever sa maturation comportementale. Il peut être utile au début d' utiliser des tissus imprégnés de l'odeur maternelle, puis éventuellement de celle du propriétaire. Les phéromones d'apaisement canines, présentées en diffuseur électrique, trouvent ici une excellente indication.
L'apaisine canine est un analogue de synthèse de la phéromone d'apaisement sécrétée par les chiennes allaitantes au niveau du sillon mammaire. Ces phéromones constituent le support de l'attachement des chiots à leur mère. Elles possèdent aussi un pouvoir d'apaisement qui leur confère des propriétés "antistress". Ainsi, l'apaisine est-elle indiquée dans de très nombreux troubles comportementaux à dominante anxieuse. Chez le chiot, elle permet d'atténuer le stress consécutif à la séparation avec la mère.
2- Prévention
des principaux troubles du développement dans la famille : Prévention du syndrome de
privation sensorielle : Ce trouble résulte du décalage
entre le niveau de stimulation rencontré dans l'élevage et celui du milieu de
vie de l'animal. L'animal souffrant de
syndrome de privation a un seuil de sensibilité aux stimuli {seuil d'homéostasie
sensorielle) extrêmement bas. Les stimuli inconnus ou dépassant le seuil de
sensibilité entraînent alors des réactions de peur. Les chiens souffrant de privation sensorielle sont des chiens peureux.
On distingue trois stades au syndrome de privation : stade 1 {phobies multiples), stade 2 {anxiété de privation), stade 3 {dépression). Ces animaux remplissent difficilement leur fonction d'animal de compagnie. Le syndrome de privation peut notamment évoluer vers de l' agressivité.
Comment le prévenir
? : favoriser la socialisation Pour favoriser la
socialisation, il est primordial de sortir le chiot dans des endroits animés et
de le mettre en contact avec une grande variété de stimulations. Les vaccins
sont suffisamment efficaces pour ne pas risquer de maladie infectieuse. En aucun cas, il ne faut
attendre la fin du protocole vaccinal pour sortir le chiot dans la rue ! Après 12 semaines, le développement
comportemental est terminé, le chiot n'est plus en mesure d'emmagasiner des
informations dans sa "banque de données" des stimuli connus. Or, les
stimuli inconnus déclenchent des réactions de crainte. Les chiots peureux sont
des chiots qui n'ont pas été en contact avec des stimulations variées. Les
chiots qui ont peur des humains n'ont pas été correctement socialisés à
l'espèce humaine par insuffisance de contacts positifs dans les périodes précoces
de la vie. Le chiot semble peureux. Il ne s'agit pas d'une simple phase d'adaptation. Il faut encourager les sorties dans des endroits stimulants, et ne pas essayer de le rassurer s'il montre des manifestations de peur. L'indifférence des propriétaires va le convaincre que la situation est sans danger. Les propriétaires jouent pleinement leur rôle de pôle de sécurité. Ces mesures assurent la prévention du syndrome de privation. Après 12 semaines, il est trop tard...
Prévention du syndrome
hypersensibiIité-hyperactivité (HSHA) : Le syndrome HSHA résulte
d'un déficit des autocontrôles qui s'acquièrent au cours de la dernière période
du développement, aux alentours de la 5éme semaine. Les chiens atteints réagissent de façon exagérée à la moindre stimulation (hypersensibilité) et ont un comportement moteur hypertrophié et incohérent (hyperactivité). Les séquences comportementales n'ont pas de signal d'arrêt et ne procurent pas d'apaisement. L'animal s'avère extrêmement brutal.
"Ils ne s'arrêtent
jamais" et semblent insatiables, notamment dans les jeux. Ils sont brutaux
lors des contacts; le contrôle de la morsure n'est pas acquis, ils ont tendance
à mordiller et peuvent blesser. L'éducation est impossible car ils n'ont pas
les bases neurologiques nécessaires au contrôle des séquences
comportementales. Ils dorment peu. Les études cliniques permettent de distinguer deux stades: au stade 1, la durée du sommeil est normale alors qu'au stade 2, il existe une baisse du temps de sommeil parfois spectaculaire (chiots qui dorment moins de 8 h par jour). Le pronostic qui est globalement réservé est mauvais pour les stades 2. . .
Il est possible qu'il existe une vulnérabilité génétique car ce syndrome se retrouve de façon plus fréquente dans certaines races (Labradors, Boxers), mais ce sont surtout les conditions d'élevage puis d'éducation qui favorisent cet état. Les capacités d'éducation de la mère peuvent être mises en cause: débordée par une portée trop nombreuse, immature, ou passive elle n'intervient pas dans les jeux et ne régule pas l'activité des chiots. Les chiennes souffrant elles-mêmes d'un déficit des autocontrôles n'interviennent pas ou de façon inadaptée et irrégulière.
Comment le prévenir ? : favoriser
les autocontrôles : les jeux contrôlés vont permettre l'acquisition des
autocontrôles. Bien sûr, jouer avec son chiot est un vrai plaisir qu'il ne faut pas bouder mais dès que le chiot s'excite, grogne, aboie, la séance doit être interrompue. La règle est simple : le propriétaire change ostensiblement d'attitude en adoptant un visage fermé et en restant immobile, indifférent aux sollicitations du chiot. Lorsque le calme est revenu, le contact est gentiment renoué : c'est le moment des câlins, des caresses ou des balades.
Le chiot mord ? S'il fait mal et ne relâche
pas la pression lorsqu'il entend un cri, la morsure inhibée n'est pas acquise.
Les propriétaires doivent bien comprendre qu'il ne fait pas ses dents. Si le
chiot a tendance à mordiller, il faut l'interrompre immédiatement par une tape
sur le nez, ou en pinçant la babine (et pour les plus récalcitrants en le
prenant par la peau du cou) et en y associant un "non" ferme et
sonore. Les jeux de tiraillement et de traction sont à proscrire. Il faut privilégier les jeux de lancer en apprenant au chiot à rendre l'objet sur ordre. Prévention de la
dyssocialisation primaire et des troubles de la communication en général : Les chiens dyssocialisés souffrent d'un manque d'acquisition des règles de la vie sociale canine. La principale caractéristique est l'incapacité à se soumettre et à comprendre les signaux de soumission de l'adversaire. Ce sont des chiens bagarreurs qui occasionnent des blessures graves car rien ne peut interrompre le combat. Ils n'ont pas de conduites sociales hiérarchisées par rapport à l'alimentation ou aux contacts. Dans la famille, les contraintes déclenchent bien souvent des agressions violentes (par exemple lors de vols). Ce sont des animaux qui s'avèrent dangereux.
La dyssocialisation peut survenir si les chiots sont laissés uniquement entre chiots, en l'absence totale de chiens adultes capables d'enseigner le code social canin.
Les chiens dyssocialisés
sont souvent qualifiés de délinquants canins. Comment la prévenir ? :
Favoriser les contacts avec d'autres chiens et mettre en place la hiérarchie
alimentaire. Les rencontres en liberté avec des chiens adultes bien socialisés doivent être encouragées. Même si les chiens sont de taille différente, il faut leur faire confiance: ils savent très bien se reconnaître entre eux, adapter leur langage. Ainsi, un Dogue Allemand peut être le meilleur ami d'un Teckel...
A la maison, les règles concernant l'alimentation doivent être adoptées dès le début. Là encore, il s'agit de respecter les étapes du développement comportemental, la hiérarchisation alimentaire se mettant en place dès le sevrage alimentaire. C'est une mesure simple qui permet de prendre d'emblée de bonnes habitudes. Les repas sont donc servis après les repas familiaux et en un temps limité (20 minutes à l'issue desquelles la gamelle est retirée, même si le repas n'est pas fini). Le libre-service doit être proscrit. Le chiot ne doit pas être exclu de la salle à manger, au contraire, il peut assister au repas des maîtres ce qui le place alors clairement en situation de dominé dans l'avenir. Bien sûr, il ne doit pas quémander et ne doit recevoir aucun don alimentaire.
En ce qui concerne l'éducation,
même s'il est trop tôt pour envisager des éléments d'éducation complexe,
des informations de base doivent vous être délivrées. On doit notamment évoquer
les notions de punitions et de récompenses en expliquant les principes, et en
ancrant ses conseils sur un aspect pratique qui vous passionne : l'éducation à
la propreté. La récompense apparaît à la fin de l'acte souhaité. Elle doit être systématique au début, puis intermittente dès que l'apprentissage est acquis pour entretenir la motivation. Elle doit être motivante, donc agréable pour le chien: récompense alimentaire exceptionnelle (friandise) ou satisfaction du propriétaire associée à des caresses.
La punition doit
intervenir au début de l'acte indésirable. Elle doit être réellement
désagréable pour le chien. Beaucoup de punitions "humaines" ne sont
pas adaptées au chien (ex: mettre le nez dans le pipi n'a jamais dégoûté un
chien). Le mieux est de reproduire les punitions maternelles chez le chiot
c'est-à-dire la prise par la peau du cou et le plaquer au sol. Lorsque le chien
grandit, la meilleure punition est l'exclusion du groupe, donc le renvoi dans le
lieu de couchage, proféré au moyen de postures de dominant. Il faut surtout que le propriétaire apprenne à stopper ses signaux de menaces dès que le chien montre des postures de soumission (chien qui s'aplatit, qui détourne la tête en prenant un air apeuré ou qui émet quelques gouttes de pipi). En ce qui concerne la
propreté, il faut s'y attacher dès le début, mais il faut aussi vous armer de
patience. La continence n'est jamais parfaite avant l'âge de 4 mois. La
technique permet d'illustrer des notions de punitions et de récompenses. Lorsque le chiot fait à
l'endroit voulu, il est félicité chaleureusement: c'est l'évènement de l'année
! Bien sûr, on prolongera un peu la sortie pour que le chiot n'associe pas le
fait de faire ses besoins avec celui d'être rentré à la maison et de ne plus
goûter aux joies de la promenade. Et si le chiot se soulage
à la maison, il n'est réprimandé que s'il est pris en flagrant délit. Après
un "non" retentissant, le chiot est saisi par la peau du cou et amené
immédiatement à l'endroit adéquat. Les félicitations suivront... Pourquoi ne
faut-il pas punir le chiot quand on rentre et qu'on retrouve "l'objet du délit"
? le chiot va effectivement être réceptif au mécontentement de son maître,
mais il interprétera l'association "présence de déjections et présence
des propriétaires" = punition. La prochaine fois, pas si bête, il se
soulage dans un endroit plus discret...
Il ne faut pas se cacher
en la matière les nombreuses idées reçues qui circulent et contre lesquelles
il va falloir lutter. Autant les annoncer d'emblée : - il sait qu'il a mal fait
! non, il répond simplement aux signaux de menace. Vous en doutez ? Il suffit
de répandre un peu d'eau à l'insu du chiot puis de le rappeler en se mettant
en colère... Voyez son air coupable... - il faut lui mettre le
nez dedans ! non ! L'odeur des déjections ne dégoûte que l'humain. - il se venge !
impossible, le chien n'a pas la capacité d'extrapoler les sentiments d'autrui. Enfin, attention aux chiots que les propriétaires envoient dans le jardin pour faire leurs besoins tout seuls. Jamais ils n'assimileront que faire à l'extérieur est le comportement souhaité. En effet, la propreté au sens canin du terme consiste simplement à ne pas souiller le lit. Et nos exigences en matière de propreté leur sont parfaitement étrangères. L'arrivée du chiot dans la famille et les conseils donnés lors de la première visite dans notre clinique sont un temps essentiel en matière de prévention des troubles du comportement. Face à ce petit être en devenir, tout peut encore arriver ... le meilleur et le pire. Les erreurs sont lourdes de conséquences car elles ne pourront pas être rattrapées. Les messages forts que nous pouvons vous délivrer au moment de l'adoption sont :
Ces conseils adaptés et vous, propriétaires informés, évitent toute perte de chance pour le chien à une période particulièrement sensible de sa vie.
Cliquez sur VRAI ou FAUX pour connaître la réponse.
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