Ce petit mémo sur les
recherches généalogiques en Italie est
constitué des notes prises à l'occasion
d'une réunion de l'Association
Ancêtres Italiens le 27
juin 1999 à Paris
(exposés de Marc MARGARIT et Gabriella
BALLESIO)
Il est complété par les
notes (prises par Michèle TRON-NATAF) lors du
voyage de l'association à Turin en septembre 2002
et des visites des archives
d'état et à la
surintendance des archives des régions de
Piémont et d'Aoste
(exposé du directeur des archives Mme CATOULO, et
du surintendant Mr ??)
Généalogie
en Italie
Il faut éviter de parler en Italie de
généalogie, car dans l'esprit des Italiens
(comme d'ailleurs il n'y a pas si longtemps en France) le
généalogie ne concerne que la noblesse ou
n'intervient que pour les recherches d'héritiers.
Il faut plutôt dire que l'on s'intéresse
à l'Histoire de sa famille ! Il est très
utile de pouvoir identifier l'historien local qui s'est
intéressé à l'histoire du village et
qui peut néanmoins apporter beaucoup au
généalogiste.
Organisation
géographique :
- 20 régions (exemple le Piémont,
capitale Turin)
- 98 provinces (provincia, équivalent d'un
département français)
- 8600 communes (commune, plus vastes qu'en France
où il y en a env 36000) chacune ayant sa mairie.
Particularité : les communes sont divisées
en frazione (hameaux, mais pouvant avoir jusqu'à 2
ou 3000 habitants dans les grandes villes,
équivalant plus ou moins à une paroisse)
puis en localita (lieux-dits, écarts)
L'Etat civil :
L'Etat civil ne débute en Italie qu'en 1866
avec la constitution de l'Etat Italien. A noter que de
1805 à 1815, sous Napoléon, le Nord de
l'Italie était annexée à la France
qui y a instauré une administration en tous points
semblable à celle de la France et notamment
l'Etat-civil. Les registres de l'Etat civil
Napoléonien sont conservées aux Archives
d'Etat (équivalent des archives
départementales). On peut écrire à
la mairie pour demander un acte de naissance, mariage ou
décès (sous réserve des delais de
communication) mais elle ne délivrera qu'un
certificat et non pas une copie intégrale de
l'acte avec des risques d'erreurs en cas d'homonymie.
Les mairies détiennent un registre original
d'état civil. (depuis 1866), un double se trouve
au tribunal. Seuls les registres de plus de 60 ans sont
accessibles. Pour consulter les archives il faut une
autorisation du procureur de la république. Selon
M. Margarit on peut arriver à s'en passer pour
l'histoire. (Mise à jour 2002 : cette
autorisation n'est plus nécessaire. Ecrire
à la mairie en précisant le motif de la
demande (histoire), en faisant référence
à la loi du présidence de la
Républiquede Mars 2002, en joignant la photocopie
recto-verso de votre carte d'identité)
Outre l'état civil à proprement parler,
les mairies ont tenu (de 1866 à 1940 environ) un
recensement par maisonnées (registre di
populazione) avec indication du chef de famille et de
toutes les personnes qui y vivent avec leurs dates de
naissance, mariage, décès et des
observations. On trouve aussi un registre
d'émigration comportant les noms, prénoms,
filiations et lieu de destination de ceux qui ont
quitté la commune (délai de consultation 60
ans pour ces 2 registres).
Les
Sources religieuses catholiques :
Les registres paroissiaux commencent en 1545 (concile
de Trente). Ils sont conservés à la
paroisse depuis l'origine. Un double a été
créé vers 1820 ; il est conservé
à l'évéché. Avant d'aller
voir le prêtre il faut demander une autorisation au
directeur des archives diocésaines. Eviter d'aller
dans les paroisses pendant les périodes de
fêtes ou de vacances. Les registres comportent les
registres de baptème, naissance, mariage et
sépultures et le registre de l'état des
âmes (stato delle anime) qui est un recensement des
paroissiens par maisonnées avec pour chaque
personne les dates et lieux de baptême, communion,
confirmation, mariage et sépulture plus des
renseignements complémentaires (militaires,
émigration,...). Ce registre est très
précieux pour distinguer les homonymes. Il faut
aussi consulter le registre des dispenses de
consanguinité qui se trouvent à
l'évéché car on y trouve des arbres
généalogiques dessinés par le
prêtre.
Les archives
notariées :
A la différence de ce qui se passe en France
où les archives sont conservées à
l'étude par le notaire successeur, en Italie,
à la cessation d'activité du notaire
(décès le plus souvent ou retraite), les
archives sont versées aux Archives notariales du
district (Archivi notarii distruetales) puis,
après 100 ans aux Archives d'Etat. Leur
consultation est gratuite (service public).
Les archives notariées peuvent remonter
jusqu'à 1600. Pour rechercher dans les archives
notariées, il faut comme en France commencer par
consulter les registres de l'insinuation (insinuazione ou
contrôle des actes où tous les actes
passées devant notaire sont
répertoriés pour des raisons fiscales). Le
classement est effectué par "Tappa" (zone fiscale
correspondant à un bureau d'enregistrement, dont
les frontières peuvent évoluer au cours du
temps et regroupant plusieurs hameaux, communes d'un
même canton. Consulter les inventaires pour savoir
à quelle bureau se rattache la commune). Dans les
registres d'insinuation, les copies d'actes (minutes)
sont classées par ordre chronologique
d'enregistrement indépendamment du notaire et le
type d'acte. La recherche est toutefois longue et
difficile. Ces registres notariés
représentent à Turin 7 km de rayonnage sur
un total de 70 ! Ils se trouvent via Piave. En ce qui
concerne les vallées vaudoises, les actes que l'on
trouve aux Archivi notarii de Turin, sont relevés
dans des inventaires des "Tappa" de Pignerol et San
Segondo.
Les
archives privées et industrielles :
C'est la surintendance des archives de la
région qui est chargée de l'inspection et
de la surveillance des archives privées. Elles
restent la propriété des industriels ou des
particuliers et il faut une déclaration
d'appartenance aux "ressources historiques nationales"
pour que leur conservation, accessibilité et
consultation relève des inventaires de la
surintendance (après 40 ans).
La surintendance de TURIN a la charge de l'inspection
pour 1294 municipalités, 3 provinces, 2
régions (Piémont, Aoste).
Le cadastre :
Plusieurs cadastres ont été
réalisés successivement. Le plus ancien
pour le Piémont date de 1723, il y a aussi un
cadastre napoléonien qui date de 1805
(achevé pour les vallées vaudoises), puis
le cadastre exécuté après 1867. On y
trouve des cartes des villages avec les parcelles
numérotées, un registre des
propriétaires et la description des parcelles. Il
est conservé à Turin, à l'annexe des
"Archivio Stato" via Piave
Autres sources :
- Les registres des Confrèries (religieuse ou
professionnelles). Ces registres ont été
supprimés à l'époque
napoléonienne.
- Registres de conscription : conservés
à la ville capitale (via Piave à Turin pour
le Piémont)
Adresses des Archives à Turin :
- Archives d'Etat : Piazza Castello
- Archives notariales, cadastre : Via Piave
RECHERCHES
aux ARCHIVES VAUDOISES