(S)dF - Biographie de Voltaire

Voltaire

Voltaire
François Marie Arouet

1694 à 1778


Nom : Arouet - Prénom : François Marie
Époque : XVIIIème siècle.
Naiss. : 1694 - Décès : 1778.
Classement : Lumières

Biographie :

Célèbre Philosophe, romancier et dramaturge français qui incarne l'une des "Lumières du Siècle des Philosophes"

Issu de la bourgeoisie parisienne (son père est notaire), il fait ses études chez les Jésuites. Plutôt que de faire son droit, il préfére fréquenter les milieux littéraires libertins où il se fait remarquer comme bel esprit et poête mondain.
En 1715, Louis XIV meurt. Commence l'aimable Régence, et Voltaire est reçu à la cour de Sceaux, chez la duchesse du Maine, où il donne des contes en vers et des divertissements de salon. Sa veine satirique se révèle dans un poème dirigé contre La Motte, puis un autre contre le Régent, qui se fâche et l'exile à Sully-sur-Loire en mai 1716. Un an plus tard, Voltaire récidive - son esprit caustique le conduit cette fois à la Bastille. Il en sort le 10 avril 1718. Mais il n'a pas perdu son temps. Du fond de son cachot, il s'est trouvé un nom et une signature : arovet le jeune devient, par anagramme, voltaire. Il a également conçu le projet d'une grande épopée, La Ligue(1723), qui deviendra La Henriade (1728).Sa carrière d'homme de lettres est désormais lancée. Il lui manque la consécration, qui ne tarde pas à venir : c'est la représentation par la Comédie-Française, de sa première tragédie (OEdipe, 1718) qui lui apporte la reconnaissance officielle et le succès.
En 1725, il participe aux cérémonies officielles du mariage de Louis XV. Son statut de poète de cour lui vaut une pension de la reine, qui vient s'ajouter à une ancienne pension du Régent A la suite de la fameuse "mise en boite" du chevalier de Rohan-Chabot qui lui valut une piteuse bastonnade, on l'arrête et on le conduit à la Bastille d'où il sort quelques jours plus tard avec ordre de s'exiler loin de Paris.

Il s'embarque alors pour l'Angleterre (1726-1729) prend contact avec des philosophes (Locke notamment) et considère désormais la nation britannique comme le pays de la liberté.Rivale de la France depuis toujours, l'Angleterre avait pris une sensible avance en politique, en commerce et en philosophie. L'établissement d'une monarchie constitutionnelle, admettant la tolérance religieuse et une certaine liberté de pensée, permettait aux progrès des Lumières de se développer. Dans cette " île de la Raison ", Voltaire fréquente les meilleurs esprits et prend ses notes. Le projet d'écrire des "lettres anglaises " fait son chemin. Mais ce n'est que six ans après son retour en France, qu'il publie les Lettres philosophiques. Avec cette oeuvre, la carrière de Voltaire prend un tournant important, et le poète léger s'est désormais mué en philosophe audacieux.Durant ce séjour forcé il conçoit, notamment l'Histoire de Charles XII destinée à dénoncer la "folie des conquêtes" (publiée en1731) et compose des tragédies inspirées de Shakespeare qu'il publie de retour en France (Brutus, 1730; Zaïre, 1732).

Revenu en France, ses ennuis avec les autorités royales travaillées par les groupes de pression et les jaloux de son talent continuent de le poursuivre. La critique des dogmes du christianisme (Épître à Uranie, 1733) et des écrivains à réputation surfaite (le Temple du goût, 1733)puis le scandale soulevé par l'édition d'une satire des moeurs et des institutions françaises (Lettres philosophiques sur l'Angleterre ou Lettres anglaises, 1734) le contraignent à accepter l'hospitalité de la Marquise du Châtelet dans son château de Cirey en Lorraine.

Chez la "divine Émilie" (1734-1749) il tient sa cour d'intellectuel et exprime son épicurisme dans des poèmes comme les Discours sur l'homme(1738). Très entouré d'amis auxquels il fait jouer ses nouvelles tragédies, La Mort de César, (1735), Mahomet (1741), Mérope,(1743),Voltaire s'adonne à des travaux scientifiques, et rédige notamment en 1747 le Conte philosophique Zadig ou la Destinée (1747) dans lequel il raille la présomption humaine et dénonce les injustices sociales. Ce conte marque de nouveau sa déconvenue après un bref retour en grace auprès de Louis XV mais qui lui valut d'être reçu à l'Académie française. Mais surviuent en 1749 le décès de sa protectrice;
Privé de l'aide de Mme du Châtelet (décédée en 1749), il accepte l'invitation du roi de Prusse, Fredérick II, à Potsdam (1750), où, correcteur des vers de son hôte, il écrit le Siècle de Louis XIV (1752) et le conte philosophique Micromégas (1752). Mais bientôt Voltaire et Frederick II se fâchent.

Il revient en France (1753), mais non à Paris et se retire aux "Délices" près de Genève où il rédige.son histoire de la civilisation, L'Essai sur les moeurs, parallèlement au poème philosophique Sur le désastre de Lisbonne (1756)réfutation acerbe de l'optimisme de Leibniz et dont la thèse pessimiste, opposée à celle de Rousseau, fut reprise plus tard dans Candide. Son poème héroï-comique la Pucelle (1755) scandalise les Catholiques, son Essai sur les moeurs (1756) excite contre lui les protestants.

Installé désormais dans le domaine qu'il achète à Ferney il passe ses dernières années, les plus fécondes, il fit prospérer le village, entretint une vaste correspondance et accueillit d'innombrables visiteurs. L'essentiel de son activité littéraire fut consacrée à diffuser ses idées philosophiques: Dictionnaire philosophique (1764-1769); particulièrement dans de nouveaux contes l'Ingénu (conte satirique dénonçant la corruption des murs politiques, 1767) Jeannot et Colin (conte philosophique et satire des parvenus,1766), des pamphlets antireligieux et de courageuses interventions en faveur des victimes de l'intolérance ou de certaines pratiques judiciaires (Calas, Sirven La Barre, Montbailli, Lally-Tollendal).
Ses combats incessants contre toute forme de restriction apportée à la liberté individuelle lui acquièrent, au sein de la bourgeoisie libérale, une immense popularité; deux mois avant sa mort (il meurt à 87 ans lorsqu'il vint à Paris assister à la représentation de sa pièce Irène (1778), la ville lui réserva un retour triomphal.

Esprit universel d'une immense culture, Voltaire a laissé comme écrivain une oeuvre gigantesque et inégale. Génial ou talentueux il a abordé tous les genres et tous les sujes avec une intelligence remarquable, si ce n`est avec un égal succès.
Admirateur éclairé de la perfection classique, il ambitionna de s'illustrer par ses oeuvres dramatiques, toujours soumises aux règles telles que fixées par Boileau, en les voulant concilier avec des sujets modernes et nationaux en recherchant le pittoresque dans la mise en scène. Sa carrière dramatique se termine en apothéose, avec le couronnement de son buste sur la scène du Théâtre-Français, en sa présence, à la fin de la représentation de sa dernière tragédie, Irène.

Ses ouvrages historiques, bâtis sur une documentation scrupuleuse, donnent un éclairage nouveau à l'histoire. Mais la partie la plus vivante de l'oeuvre deVoltaire reste ses Contes philosophiques qui, en une prose alerte et spirituelle jouant de l'humour ou de l'ironie, illustrent ce polémiste de génie et parfois versatile qui se voulait un moraliste "pratique". Fuyant et dénonçant la "Métaphysique" professant un déisme garanti par la raison et utile à la société, il propose un bonheur terrestre "autant que la nature humaine le comporte" et affirme sa foi en une morale altruiste et une civilisation perfectible : " Si tout n'est pas bien, tout est passable."

Il incarne "l'esprit français" de son siècle.