Jules Verne : depuis quand, pourquoi et comment ?
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Ce site est la
retranscription d'analyses littéraire et géographique portant sur
l'uvre de Jules Verne. Il est en ligne depuis 1999. L'intérêt est porté particulièrement sur les
dimensions de l'espace et du
temps dans les romans de Jules Verne, et plus spécifiquement sur
la géographie et l'imaginaire géographique dans les Voyages
Extraordinaires. L’objectif de ces analyses est de proposer
un autre regard sur l’œuvre de Jules Verne, notamment de par l’approche
« transdisciplinaire »
qui est retenue. Ces travaux ont été initiés dans le
cadre du Certificat
International d'Ecologie Humaine de l'Université de Pau et des
Pays de l'Adour, en 1999. J'ai approfondi ces recherches dans le
cadre d'un Doctorat
en Géographie réalisé sous la direction de Vincent Berdoulay et
Jean-Yves Puyo (Université de Pau et des Pays de l'Adour). Je reste
bien sûr à la disposition de celles et ceux qui désireraient avoir des informations
supplémentaires.
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2002 |
2005 |
2006 |
2008 |
2009 |
Histoires Littéraires n° 28 (2007) : |
Revue Jules Verne n°22-23, décembre 2006. Agnès Marcetteau-Paul (Directrice de la Bibliothèque municipale et du Musée Jules Verne de Nantes). |
Voilà deux ouvrages sans prétention qui valent bien à eux seuls une bonne partie de la bibliothèque déversée sur les amateurs de Verne à l’occasion du Centenaire. Sans prétention, mais enthousiastes et attentifs à des aspects de l’oeuvre vernienne abordés de manière assez originale, ils nous font reparcourir les grands moments de l’oeuvre en les rendant plus passionnants encore. Géographe et spécialiste de l’écologie, Lionel Dupuy ne fait pas d’effets de style mais lit les textes scrupuleusement à la lumière de la « transdisciplinarité », autrement dit du contexte intellectuel, technique et scientifique dont la marque est si forte – mais ce contexte est souvent mal connu et mal compris par les exégètes. Le grand parrain de cette démarche est Élisée Reclus, fort à la mode ces temps-ci et à juste titre. A la lecture de ces deux ouvrages (un troisième est annoncé), on se dit que Lionel Dupuy doit être un excellent prof, qui prépare parfaitement ses cours et sait les livrer dans une forme à la fois très simple et bien documentée – de quoi marquer durablement l’imaginaire de ses auditeurs. Quoi de plus approprié pour rendre à Jules Verne tout son impact ? |
En relisant Jules Verne : Lionel Dupuy conjugue une passion de toujours pour Jules Verne et son parcours universitaire pour nous proposer sa lecture des «Voyages Extraordinaires». L'intérêt de la démarche est double. D'une part elle fournit des clés d'interprétation très précises et détaillées de certains titres essentiels comme Voyage au centre de la terre, Le Tour du monde en 80 jours, Le Château des Carpathes, Vingt mille lieues sous les mers ou L'île Mystérieuse. D'autre part la méthodologie utilisée, en s'appuyant sur les recherches universitaires les plus récentes dans le domaine de l'écologie humaine, ne manque pas d'intérêt pour aborder le cycle vernien. On dispose ainsi de la sorte à la fois d'outils pédagogiques pour une première approche des romans, et de pistes de réflexion méritant approfondissement. Saluons donc, à la suite de Jean-Michel Margot et William Butcher qui collaborent aux deux ouvrages, cette contribution de qualité à la connaissance de l'oeuvre. Et signalons que Lionel Dupuy est en outre l'auteur d'intéressantes ressources verniennes en ligne. |
--- la suite du dossier de presse : lien ---
DUPUY L. (2009). Jules Verne espérantiste ! Une langue universelle pour une oeuvre atemporelle... , SAT Amikaro éd., avril 2009. 98 p. (Préface de Bernard Duperrein). Ouvrage bilingue français / espéranto. http://pagesperso-orange.fr/jules-verne/Esperanto/Jules_Verne_Esperantiste.pdf
DUPUY L. (2008). Drôle de Jules Verne ! Humour, ironie et dérision dans l'oeuvre de Jules Verne , Dole, La Clef d'Argent, 50 p. http://clefargent.free.fr/ddjv.php
DUPUY L. (2006). Jules Verne, l'homme et la terre. La mystérieuse géographie des Voyages Extraordinaires , Dole, La Clef d'Argent, 176 p. http://clefargent.free.fr/jvlhelt.php
DUPUY L. (2005). En relisant Jules Verne, un autre regard sur les Voyages Extraordinaires , Dole, La Clef d'Argent, 176 p. http://clefargent.free.fr/erjv.php
DUPUY L. (2002). Itinéraire d'un voyage initiatique. Le tour du monde en 80 jours , Dole, La Clef d'Argent, 32 p. http://clefargent.free.fr/itivoy.php
DUPUY L. (2000). Espace et temps dans l'oeuvre de Jules Verne. Voyage au centre de la terre… et dans le temps , Dole, La Clef d'Argent, 46 p. http://clefargent.free.fr/etverne.php
Pour en savoir un peu plus sur mes travaux, quelques
vidéos et interviews en ligne
(Attention : documents vidéo,
haut débit indispensable...)
Vidéo de présentation de mes travaux sur "L'espace et le temps dans l'oeuvre de Jules Verne" (réalisation : CDDP de l'Aude ; 2005).
Vidéo de présentation de mon essai "En relisant Jules Verne" (réalisation : La Chaîne Locale - Pau ; 2005).
Extraits du documentaire auquel j'ai participé : "Jules Verne le mystérieux" (réalisation : CNDP / France 5 ; 2005) : Voyage au centre de la Terre - Cinq semaines en ballon - Le Château des Carpathes
Interview radio réalisée dans le cadre de la rubrique "Blog à part" de France Inter (2008).
Vidéo de présentation du "Certificat International d'Ecologie Humaine" (réalisation : Lionel Dupuy / Bernard Duperrein ; 2008).
Vidéo de ma conférence : "Géographie et langues régionales : l'impossible Occitanie... ?" (réalisation : Web Campus 64 ; 2008).
Interview radio réalisée suite à ma conférence : "Jules Verne espérantiste !" (réalisation : Radio Pais ; 2009).
Jules
Verne, sa vie, son époque, son uvre

Jules Verne est né à Nantes le 8 février 1828, d’un père magistrat et d’une
mère issue d’une famille aisée qui comptait des navigateurs et des armateurs.
Se destinant à prendre la succession de son père, Jules Verne étudia
le droit, au point de soutenir une thèse… Néanmoins, durant cette période,
il commença l’écriture de nombreux récits, dont le contenu préfigure
déjà les futurs Voyages Extraordinaires. C’est en fait
grâce à la rencontre d’un célèbre éditeur, Hetzel, que Jules Verne devient
célèbre, notamment après la publication en 1862 – 1863 du célèbre
Cinq
semaines en ballon. Ce dernier constitua le début d’une
longue lignée de romans, qui prendra fin en 1905 après la mort de l’auteur.
Or, outre les quatre-vingts romans qu’il a publiés, Jules Verne est
aussi l’auteur d’une Géographie illustrée de la France et de
ses colonies (1868) et d’une Histoire
des grands voyages et des grands voyageurs (1878). Partant de
là, il n’est pas étonnant de retrouver constamment les dimensions de
l’espace et du temps dans ses différents romans,
auxquelles il faut ajouter une capacité d’imagination et d’anticipation
très importante, mais tout aussi surprenante. Histoire
et Géographie se conjuguent ainsi à merveille dans
les romans de Jules Verne.


De même, les rapports entre l’homme, la société et l’espace constituent une des pierres angulaires de l’œuvre de Jules Verne. Le souci permanent de situer les faits dans l’espace et dans le temps confère à ses nombreux récits une dimension rationnelle dans un univers qui ne l’est pas toujours. L’habileté de l’auteur réside ainsi dans sa capacité à mélanger ce qui est antinomique (le réel et la science-fiction par exemple), tout en ayant soin de décrire parfois le monde en détail, narrant une situation (ou un voyage) qui a tout lieu de s’être réellement produit.

=> L’œuvre de Jules
Verne associe ainsi les dimensions de l’espace et du temps aux progrès
scientifiques et techniques (ce qui permet les voyages et les découvertes).
De plus, ce dernier fait preuve aussi d’une formidable imagination,
ce qui renforce le caractère fantastique de ses récits. Cette capacité
d’extrapolation (dans l’espace et dans le temps) est ainsi à l’origine
des Voyages Extraordinaires.
A) -
Voyage au centre de la terre (1864) : un voyage doublement imaginaire...
B) - De la terre à la lune (1865) : anticipation,
extrapolation ou coïncidence… ?
=> Suivant les
principes de la balistique, les scientifiques du roman sont persuadés
que le seul moyen d’aller sur la lune est d’envoyer un énorme projectile,
à l’image des boulets de canon et autres balles de fusils !!!
C)
- Le tour du monde en 80 jours (1873) : un voyage aux nombreuses
facettes.
D) - Vingt mille lieues sous les mers (1869) :
une métaphore écologique.
=> Cette île
est aussi mystérieuse par ce qui s’y passe que par les formes que
l’auteur lui a données et qui rappelle dans un sens une pieuvre (un
poulpe) ou la trompe d’un éléphant, et dans l’autre un monstre préhistorique
dont la tête sort de l’eau : décidément, Jules Verne a de la suite
dans les idées, non ?
E)
- Le Château des Carpathes (1892) : un récit à mi-chemin
entre science et fantastique.
F)
- Les illustrations des romans de Jules Verne : entre imaginaire
et réalité.
=> Dans Voyage
au centre de la terre, Jules Verne a essayé autant que possible
de décrire des paysages (terrestres) correspondants à la réalité, comme
en témoignent ces 6 photographies comparatives (roman – réalité). Les
illustrations des romans de Jules Verne complètent ainsi parfaitement
les textes auxquels elles se rattachent, dépassant même parfois l’écriture.
Dans la première illustration (Le château des Carpathes),
il est intéressant de noter cet homme, une faux dans la main droite :
telle est l’allégorie de la mort, cette mort qui plane au-dessus des
habitants du village, comme le souligne la deuxième illustration…
G) – Les inventions de Jules Verne :
science, technique et imaginaire.
Dans Robur le Conquérant (1886), Jules Verne invente un engin volant « plus lourd que l'air ». Il s'agit d'une sorte de navire-ballon mû par des hélices (le moteur est électrique, comme dans Vingt mille lieues sous les mers), ce qui lui permet de voyager plus loin. Préfigurant l'aéronautique et les premiers vols en hélicoptères, Jules Verne décrit dans ce roman le rêve d'Icare, celui de voler… |
Dans Vingt mille lieues sous les mers (1869), le nautilus fonctionne grâce à l'électricité qui est pour Jules Verne « l'âme du monde ». Ce dernier pousse les détails jusqu'à y mettre, dans la salle des machines, des robinets sortant de gueules de lion, détails surréalistes sûrement issus de l'imagination de l'illustrateur, Neuville… Pourtant le fonctionnement d'ensemble du nautilus obéit à des mécanismes tout à fait plausibles pour l'époque, si ce n'est le caractère démesuré du sous-marin !!! |
Dans De la terre à la lune (1865), c'est l'idée d'aller sur la lune qui motive la réalisation d'un tel engin, un projectile cylindro-conique. Ce projectile est vide à l'intérieur, ce qui permet d'aménager un espace pour vivre, notamment pour les trois passagers, dont l'un Michel Ardan, est un français. Or, l'anagramme d' ARDAN donne NADAR, qui n'est autre que le nom du célèbre photographe et aéronaute français, un grand ami de Jules Verne… |
H) - Les Indes noires : une
réflexion sur la condition humaine selon Jules Verne.
I) - Les Enfants du Capitaine Grant
: Quand géographique
rime avec pédagogique...
J) - Le Sphinx des glaces : Les
territoires de l'étrange
K)
- Mais qui a inventé réellement l'Epouvante ? Analyse
de "l'invention" de Jules Verne, par Alexandre Tarrieu
(lien - fichier PDF)
L) - Venez découvrir aussi l'essai de Michel Sanchez Cardenas : Voyage au centre de la Terre-Mère. Jules Verne chez le psychanalyste