Autour de Vallès, n° 37 (Automne 2007)
Vallès et la littérature populaire
Textes réunis et présentés par
Marie-Françoise Melmoux-Montaubin
et Guillemette Tison

Vallès critique et le roman populaire
Lise Dumasy-Queffélec
Vallès et le roman populaire : critique et création d’un écrivain engagé
Jacques Migozzi
Vallès et les «mauvais genres»: je t’aime moi non plus
Luciana Alocco
Vallès ou comment décliner l’art populaire
Rencontres
Guillemette Tison
Des Mystères du peuple au Cri du peuple:
Vallès lecteur d’Eugène Sue

Christophe Annoussamy
La narration de «drames simples»:
Charles Dickens et la littérature populaire selon Vallès

Louis Forestier
Vallès et Germain Nouveau au carrefour de l’Obersvatoire
Vallès romancier populaire
Arnaud Vareille
«Le peuple aime la grimace burlesque et hardie»
Gloire et avanies de la parole populaire dans
L’Insurgé
Patrick Maurus
«On dirait une grande blouse inondée de sang»
Vallès romancier populaire?

Silvia Disegni
Feuilleton roman: roman de journalistes.
L’exemple de
Pierre Moras
Thierry Bret
«Sacré lâche !»
Marie-Françoise Melmoux-Montaubin
Un Gentilhomme, Les Blouses, ou l’impossible roman paysan
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Revue Autour de Vallès

Appel d’articles

Les débuts du reportage 1865-1918

Ce numéro d’Autour de Vallès, dirigé par Guillaume Pinson (Université Laval, Québec) et Marie-Eve Thérenty (Université de Montpellier III) souhaite explorer les débuts du reportage dans la presse française du XIXe siècle, du second Empire à la Grande Guerre. Il s’agira d’envisager l’essor de ce genre journalistique qui en quelques années détrône la chronique. Nous proposons d’approcher la question selon deux perspectives complémentaires:

1. Il s’agira tout d’abord d’explorer l’immense apport de Jules Vallès dans la naissance du reportage et notamment du petit reportage qu’il pratique et théorise très tôt, dès 1865 à l’occasion de sa collaboration à L’Epoque. Vallès préconise une esthétique de la chose vue définie par le déplacement sur le terrain, l’observation sensorielle et notamment oculaire, et la restitution complète de l’événement sous la forme d’une description, voire d’une hypotypose: «Je n’aurai pour émouvoir qu’à bien regarder et à tout dire». Un nouveau paradigme apparaît: voir/écouter, peut-être suscité par le journalisme anglo-saxon. En tout cas chez Vallès, cette nouvelle exigence est effectivement explicitée à l’occasion d’un voyage en Angleterre. Il s’agira donc d’abord d’étudier le développement de ce paradigme chez Vallès, dans les journaux qu’il dirige, et dans les séries qu’il invente, de La Rue au Tableau de Paris, l’ethos paradoxal qui lui est lié et de le comparer à d’autres réflexions précoces et fécondes comme la théorisation de la chose vue chez Hugo ou la question de l’universel reportage mallarméen.

2. En quelques années, cet impératif de la chose vue affecte l’ensemble de la presse. La lecture des grands journaux dans les années 1880, et notamment des grands journaux populaires comme Le Matin ou Le Petit Journal atteste de la domination de ce nouveau journalisme : la plupart des articles y sont des enquêtes de terrain à la première personne où le sujet journaliste est en charge de la vision des événements. Lorsque Pierre Giffard, en 1880, fait l’histoire du journalisme de reportage, il propose avec son héros-reporter, le Sieur de Va-Partout, l’apologie d’un nouveau genre qui s’est installé dans toutes les rédactions. Même s’il prétend se passer de l’imaginaire, s’appuyer sur un nouveau dispositif objectif, le reportage ne rompt pas avec la littérature mais invente de nouvelles modalités poétiques de retranscription du réel dont la littérature s’inspire au même moment – mais il est vrai également que la littérature et notamment le roman naturaliste nourrit le reportage. Une mythologie du reporter se développe en quelques années, réhabilitant l’image de l’écrivain-journaliste méprisé au XIXe siècle: «Être celui qui passe, l’hôte qu’on retient un instant, l’étranger que toujours on aime dans ces pays d’Orient, le bateau sans amarres, l’homme qui a rompu avec tous les soins quotidiens !» écriront ainsi les frères Tharaud. La littérature populaire, avec les personnages de Rouletabille, d’Isidore Beautrelet et de Jérôme Fandor, s’empare aussi du mythe. Le deuxième objectif de ce numéro, au-delà de l’étude de l’apport spécifique de Vallès, sera donc de s’intéresser aux multiples modalités du reportage, à ses sous-genres, à sa poétique, à son imaginaire et à ses contradictions, jusqu’à la Première Guerre mondiale inclusivement.

Nous attendons donc des articles sur:

• Vallès et ses multiples relations et pratiques du reportage. On pourra également s’intéresser à son héritage poétique en prenant en compte la pratique et la poétique de disciples comme Séverine;

• la poétique du reportage, le renouvellement esthétique qu’il introduit dans le lien fondamental entre littérature et journalisme;

• la pratique du reportage, l’organisation des rédactions, les précautions prises par les gouvernements contre les reporters, la mise en place de la carte de presse, la naissance d’une déontologie du reportage, l’ethos du reporter, les rapports entre reportage et démocratie;

• Les liens du reportage avec d’autres genres comme le tableau de Paris, le journal intime, le roman naturaliste, les faits divers, la chronique, la correspondance de guerre, l’interview;

• les rapports entre petit et grand reportage;

• Les genres du reportage : le reportage urbain (bas-fonds) dans le monde entier, les reportages de tour du monde (Nellie Bly, Gaston Stiegler, Henri Turot), le reportage sportif, le reportage colonial, le reportage illustré, les reportages parodiques, les reportages en chansons, les reportages de la grande guerre;

- les femmes-reporters comme Séverine, Colette, Andrée Théry (Viollis), etc.;

• les reporters à l’intérieur de la fiction et les fictions du reportage;

• Les grands reporters de cette époque: Pierre Giffard, Gaston Leroux, Jules Huret, les frères Tharaud, Ferdinand Xau, etc.;

• les grandes figures contemporaines du reportage à l’étranger: Grande-Bretagne, Etats-Unis, etc.;

• les anti-reporters: George Sand, Théophile Gautier, certains chroniqueurs qui sentent leur travail menacé, etc.;

D’autres suggestions seront les bienvenues si elles respectent le cadre général du dossier. Les perspectives seront pluridisciplinaires puisque ce numéro alliera les compétences d’historiens, de spécialistes de l’information et de littéraires.

Chronologiquement, nous attendons des études qui porteront du début des années 1860 à la fin de la Première Guerre mondiale. Nous souhaitons prolonger la réflexion entreprise dans le dossier «Vallès et le sens de l’information» de la revue Autour de Vallès sous la direction de Corinne Saminadayar-Perrin (2008), cela afin de porter la réflexion pratiquement jusqu’au champ exploré par Myriam Boucharenc dans son ouvrage, L’Ecrivain-reporter des années trente (2004).

Les articles (max. 30 000 signes) seront rendus pour mars 2010 à Guillaume Pinson (Guillaume.Pinson@lit.ulaval.ca) et Marie-Eve Thérenty (met@club-internet.fr).

Jules Vallès, écrivain et journaliste (1832-1885)
Biographie – Bibliographie – Nouvelles vallésiennes

Autour de Vallès, n° 38 (Automne 2008)
Vallès et le «sens du réel»
Coordonné par Corinnne Saminadayar-Perrin
Corinne Saminadayar-Perrin
Poétique de l’information dan la presse du Second Empire
Marie-Françoise Melmoux-Montaubin
De l'actualité à l'actualisme: poétique de la chronique vallésienne
Giuliana Costa Colajanni
Ecrire le réel: le fait divers et la chronique populaire selon Vallès
Marie-Eve Thérenty
Dante reporter. La création d’un paradigme journalistique
Corinne Saminadayar-Perrin
«Trosi heures en ballon»: politique du voyage fantaisiste
Silvia Disegni
Idéologie et réalisme chez Vallès: presse et littérature
Jacques Dubois
Franc-parler et réalité du factice
Pascal Durand
Vallès au sujet de Baudelaire. Le sens du réel contre l’art pur
Maxime Jourdan
Jules vallès, patron de presse. Fondation, direction(s) et gestion du premier Cri du peuple
Thierry Gervais
La photographie, un nouveau type d’information visuelle? La photographie dans le journal L’Illustration (1848-1859)
Jean-Pierre Bacot
La presse illustrée sous le Second Empire. Un non lieu pour les écrivains
Nouvelles vallésiennes
Comptes rendus
Actualités
 
Lettres d’exil lues par Maurice Caron,
Jean-Louis Cousseau, Patrick Morelli.
« Le 26 Mars »,
éditorial
du Cri du Peuple
du 28 mars 1871,
lu par
Jean-Louis Cousseau.
Nous écrire : Amis de Jules Vallès – Université Jean-Monnet,
Faculté des Lettres, 33, rue du 11 Novembre, 42023 Saint-Etienne cedex 2
amis.jules.valles@wanadoo.fr