Julien GABRIELS
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Le califat d'Hélios, roman publié aux Editions Le Manuscrit,
2006, 249 pages.
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    Ne cherchez pas le califat d'Hélios, interdit aux non-bédouins, sur votre mappemonde… Il se situe dans un lieu où la géopolitique évolue plus vite que la cartographie. Au siècle dernier, au tout début des nineties, Jerry Palmer, businessman américain, et moi-même, Français, l'avions découvert par hasard en plein désert.

   Nous y fîmes fortune, et y trouvâmes l'infortune. Nous y découvrîmes le rêve, la passion ; nous y rencontrâmes le vice et la vertu.

   Nous vécûmes à l'intérieur du califat d'Hélios tout ce qu'une vie désordonnée peut apporter de turpitudes… Jerry jusqu'à en devenir son califet ; et moi jusqu'à disparaître dans les sables d'Hélios tandis que s'éteignait à tout jamis le califat après avoir brillé un temps comme une luciole…

 

 

 

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page auteur Julien Gabriels

 

Mais quelle mouche m'avait, ce jour-là, piqué, moi Pierre Landier pour que je tente, à mon âge, pareil exploit ?! Je n'étais guère aventurier dans l'âme, mais peu à peu l'étais devenu…

    Et depuis des jours et des lunes, je souffrais… Le jour, par des chaleurs carrément dessiccatives ; la nuit, par la morsure du froid qui faisait éclater la roche rencontrée, préalablement chauffée à blanc.

    J'avais, la veille, fêté mes quarante-cinq ans dans le désert, à la frontière de l'Arabie Saoudite et de la Jordanie.

 

 

Mais le bras qui me saisit alors n'avait plus la même force de brute, mais d'icelui se dégageait un enivrant parfum.
     Une autre poigne, peut-être un peu plus musclée, celle-ci, me saisit sous l'aisselle, et je fus traîné, si j'en jugeais par le souffle chaud qui me fouetta soudain le visage, au-dehors. Au même moment, un timbre que je ne connaissais que trop bien, dit simplement :
        – Shokran.
     Un concert de voix lui répondit en arabe, mais je n'en compris guère le sens.

 

 

Je n'osais pourtant lever le couvercle. Mais comme l'intérieur semblait drapé, ma curiosité fut la plus forte. Je sursautai bientôt, reculai de trois bons pas…
     Une forme y était allongée. Un instant, je crus à un être trépassé que l'on aurait camouflé avant de s'en débarrasser définitivement… comme dans un banal polar ! Brusquement savoir que le mort ne l'était pas encore, me rassurait à peine.
         – Eh bien, tu en as mis du temps à me découvrir !… Entre !
         – T'es complètement folle ! Pas là-dedans !
         – Y'a de la place pour deux, et c'est très confortable.
         – Ça va pas !… Et ton père, et ses femmes ?…
         – Tout le monde est sorti aujourd'hui. T'inquiète pas, j'ai des antennes partout. Dépêche-toi ! Tu me fais languir…
     Décidément, cette fille était complètement givrée, de plus en plus givrée. Mais qu'auriez-vous fait à ma place ?… D'autant plus qu'un subtil parfum émanait de la couche en osier… J'oserais de même parier que vous ne l'avez encore jamais fait, dans une malle !…
     Non, je ne rentrerais pas dans ces jeux burlesques…

 

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