L'origine de la cerise dans notre histoire est peu
précise. On sait qu'à l'âge de la pierre, on consommait déjà ce fruit.
La cerise fait toutefois son entrée en Europe ( Italie) grâce au général
Lucius Lucullus. Ce consul romain, est resté célèbre pour sa gourmandise
et pour l’excellence de sa table bien plus que pour ses victoires militaires.
C’est pourtant lui qui conquit et annexa à l’Empire, en l’an 73 avant
Jésus Christ, l’Asie Mineure, c’est-à-dire la Turquie actuelle. Il en
ramena, outre la gloire, un arbre exotique qui allait trouver en Europe
occidentale un terroir de prédilection, le cerisier.
La plante, dit la légende, doit son nom à la ville antique de Cérasonte,
qui était, pas loin des rives de la Mer Noire, un oasis noyé dans les
cerisiers. Les linguistes pensent que c’est plutôt le lieu qui a pris
le nom de l’arbre, lui-même issu du vieux vocable indo-européen, karaza,
qui désignait une saveur forte. Toujours est-il que ce nouveau fruit s’acclimata
très bien sur les terroirs romains, et, de là, gagna la Gaule, elle aussi
tout nouvellement conquise.
Ce
cerisier asiatique, Prunus cérasus pour les botanistes (car il est de
la même famille que le prunier), rencontra là un arbre indigène, Prunus
avium – en français : cerisier des oiseaux –, qui croît à l’état sauvage,
sous le nom commun de merisier, plus recherché pour la qualité de son
bois que pour la saveur aigrelette de ses fruits minuscules.
Le travail des insectes butineurs fit le reste. Le cerisier a une capacité
spontanée de pollinisation croisée, et l’hybridation naturelle créa vite
de nouveaux fruits. Il existe aujourd’hui plus de 600 variétés, toutes
issues des deux souches originelles. Elles se regroupent en trois familles,
les guignes (petites, noires, sucrées), les bigarreaux (la quasi-exclusivité
du marché), et les griottes (acides et pleines d’un jus corsé).
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