LA DYNASTIE DES ANTONINS (96 à 192) :
MARCUS COCCEIUS NERVA
dit NERVA (né en 30, mort en 98). Empereur romain en 96. Il fonde la dynastie
des ANTONINS. Choisi par les conjurés qui assassinèrent DOMITIEN,
il fut accepté sans difficultés par le Sénat dont il était
un des membre respectés. Sans descendance, donc sans risque de retour
à l'hérédité naturelle déconsidérée
depuis DOMITIEN, issu d'une famille aux affaires depuis
AUGUSTE, ayant parcouru lui même une carrière
complète, plus civile que militaire, et pour finir disgracié par
DOMITIEN, NERVA honnête et effacé, ne suscitait
aucune appréhension. Ses rapports avec le Sénat furent excellents
bien que, fidèle aux principes d'AUGUSTE, respectueux
et même déférent, il se soit bien gardé de lui rendre
quelque pouvoir. Il obtint même que les haines soulevées par les
excès de DOMITIEN ne dégénèrent
pas en une aveugle répression et arrêta rapidement les vengeances
contre les délateurs. Il accepta la condamnation par le Sénat
de la mémoire et des actes de DOMITIEN mais il
savait qu'il devait également éviter l'hostilité de l'armée
et des prétoriens, fidèles à son souvenir et dont le mécontentement
était visible. Les prétoriens exigeront et obtinrent le châtiment
des meurtriers de DOMITIEN, mesure fâcheuse pour
l'autorité de NERVA. Les troupes de Pannonie songeaient à se soulever
mais le philosophe DION de PRUSE parvint à les calmer. L'armée
du Rhin, bien tenue en main par TRAJAN, ne broncha point. NERVA s'attacha d'abord
à résoudre une crise financière due à DOMITIEN.
La fiscalité fut allégée, diminution des charges de l'entretien
de la poste et des courriers publics en Italie, diminution de l'impôt
sur le successions directes et suppression de la taxe personnelle versée
par les juifs au Capitole. Une loi agraire organisa l'achat de grands domaines
pour les allotir à des pauvres. Enfin NERVA songea à financer
l'entretien d'enfants de familles nécessiteuses ce qui sera réalisé
par TRAJAN. Il assura solidement sa succession en désignant le chef de
la puissante armée du Rhin TRAJAN et l'adoptera. Le choix était
bon et survint au bon moment. La surprise fut totale, les prétoriens
furent pris de court. Le Sénat n'avait pas été consulté,
mais NERVA y était apprécié. Il mourut de vieillesse le
25 janvier 98, à l'âge de 68 ans.
MARCUS ULPIUS TRAIANUS
dit TRAJAN (né en 53, mort en 117). Empereur romain en 98. Il est italien d'une
famille établie en Espagne. TRAJAN arrive au pouvoir à l'âge
de 44 ans. C'est avant tout un militaire et un administrateur. Militaire capable
et discipliné, soucieux de logistique et meneur d'hommes, il se révélera
administrateur de premier ordre, minutieux , jaloux de ses droits et respectueux
de ceux des autres. A ses louanges on peut opposer ses penchants pour le vin
et les jeunes garçons. Mais il est vrai qu'il sut plaire à tous
: aux sénateurs en les respectant, en concevant son pouvoir comme une
fonction administrative, en refusant les honneurs exagères, en garantissant
aux sénateurs leur sécurité personnelle; il plut aussi
au peuple de Rome par ses distributions généreuses , ses jeux
, ses triomphes magnifiques et ses monuments; et aux provinciaux parce qu'il
passait pour l'un des leurs; et à l'armée pour sa valeur et ses
guerres qui entre autres avantages détournaient les esprits des intrigues;
et aux philosophes brouillés depuis longtemps avec le pouvoir, car il
les appela auprès de lui pour recevoir leurs conseils. Son gouvernement
pourtant fut autoritaire et dans l'ensemble traditionaliste, mais aussi novateur
(développement de l'administration équestre, admission au Sénat
de nombreux Grecs et Orientaux). Le pouvoir de TRAJAN est absolu et ses principaux
collaborateurs sont des amis personnels membres du conseil. Sa politique est
dynastique et son administration est juste, dure parfois et soupçonneuse.
Tout en veillant à assurer entre les provinces et l'Italie un juste équilibre,
il se préoccupe de la situation économique de la péninsule.
Il oblige les sénateurs provinciaux à investir le tiers de leur
fortune foncière pour relever le prix de la terre. TRAJAN accroît
ainsi le rendement technique de l'agriculture par des investissements. De plus
TRAJAN finance l'entretien d'enfants de familles nécessiteuses et résout
le problème de la main d'oeuvre en freinant la dépopulation. Ses
dépenses furent considérables, nombreuses et imposantes constructions,
administration , guerres de Dacie et de Parthie, et TRAJAN eut une politique
financière assez laborieuse. Il rétablit l'équilibre entre
l'or et l'argent en abaissant la valeur relative de l'or. Il est remarquable
que TRAJAN ait tente de financer par la guerre et son butin des dépenses
qui seront plus tard demandes par l'ânonne, les réquisitions et
les corvées aux populations et aux bourgeois des cites. En religion TRAJAN
évite les excès du culte impérial et pratique envers les
chrétiens une politique mesurée. Il fut un des derniers Empereurs
à croire en une politique extérieure à la fois impérialiste
et payante, en quoi il se trompait. Les résultats des guerres de Dacie
et de Parthie très coûteuses furent décevants : les provinces
conquises en Parthie furent abandonnées au lendemain de la mort de l'Empereur.
La Dacie resta romaine pendant un siècle et demi. l'Arabie seule fut
une conquête durable, raisonnable et avantageuse. La campagne Parthe commencée
en 113 se termina en 117 par une difficile retraite car une révolte juive
très grave avait soulevé en Orient tous les adversaires de Rome.
TRAJAN épuisé et sans doute amèrement déçu
mourut à l'âge de 64 ans sur le chemin du retour sans avoir organisé
officiellement sa succession (il semble avoir voulu adopter HADRIEN).
PUBLIUS AELIUS HADRIANUS
dit HADRIEN (né en 76, mort en 138). Empereur romain en 117. Il est né
en Espagne, parent éloigné de TRAJAN dont il devient par alliance
le petit-neveu. PLOTINE la femme de TRAJAN prétendit que ce dernier avait
adopté HADRIEN sur son lit de mort et cela suffit. Le Sénat informé
après coup reçut des excuses et s'inclina sans objections. HADRIEN
avait des ennemis et craignait des compétiteurs parmis les grands du
règne précédent, aussi il les engloba dans une douteuse
"conjuration des consulaires" et les fit exécuter sommairement
en 117. Peu soucieux de gloire militaire malgré ses capacités,
il mit fin aux grandes entreprises et préféra la sécurité
armée aux offensives onéreuses. Il renforça considérablement
les limes sur toutes les frontières , veilla à la discipline et
au bon entraînement des unités. Le recrutement régional
devint la règle pour les légions, et les contingents auxiliaires
se composèrent souvent de barbares. Sa politique extérieure, moins
pacifiste que l'on ne l'a dit, fut excellente malgré la terrible révolte
des Juifs de Bar-Kocheba (132-135).HADRIEN rejette les honneurs excessifs, respecte
le Sénat et la dignité de ses membres. Mais sa politique , volontiers
novatrice voire révolutionnaire, lui aliéna très vite la
haute assemblée, car, au pragmatisme traditionaliste de TRAJAN, il préférait
une autocratie éclairée , parfois dogmatique en ses paroles et
provocante en ses réalisations. HADRIEN est la plus riche personnalité
de son siècle, avec ses dons multiples et son caractère complexe.
Travailleur et imbu des devoirs de sa charge, capable de cruauté par
raison d'État, c'est aussi un intellectuel et un philosophe, un artiste
même, romantique, un amateur distingué en toutes sortes de disciplines
, lettres, sciences et arts, curieux, grand voyageur et profondément
hellénisé. HADRIEN est avec CLAUDE le
fondateur de l'administration impériale, introduit des juristes dans
le Conseil, développe l'administration centrale dont il expulse les affranchis
des postes de directions. Il entreprend sans le dire la provincialisation de
l'Italie, divisée en 4 circonscriptions administratives. Sa gestion financière
est stricte après les grandes dépenses de TRAJAN, la perception
directe par des fonctionnaires progresse aux dépens du régime
de la ferme. HADRIEN réorganise l'exploitation des mines et celle des
domaines impériaux d'Afrique et en Égypte. Grand voyageur autant
par goût que par nécessite, HADRIEN visita très longuement
presque tout son Empire de 121 à 125 puis de 128 à 133. Il demeura
à Athenes qu'il embellit magnifiquement et regroupa autour de la vieille
cité les élites intellectuelles de l'Orient. Mais ailleurs il
préserva l'originalité des provinces et ne chercha jamais à
helléniser l'Empire. A Rome il reconstruisit le Panthéon d'AGRIPPA
et édifia le temple de Venus et de Rome. Ses dernières années
furent assombries par la mort de son favori, puis par une longue et douloureuse
maladie qui le rendit cruel, enfin par le souci de sa succession. En 136, HADRIEN
adopte AELIUS (un inconnu de grande famille) et le désigne par le titre
de César mais il meurt de tuberculose en 138. HADRIEN désigne alors le
sénateur ANTONIN, un parent éloigné dont l'intérim préparait
l'avènement du jeune MARC-AURELE (aussi un parent), comme successeur.
HADRIEN adopta donc ANTONIN et lui fit adopter à son tour MARC-AURELE
et le jeune fils d'AELIUS. Des oppositions se formèrent et HADRIEN sévit
cruellement faisant tuer plusieurs sénateurs. On craignait une nouvelle
terreur quand HADRIEN mourut de maladie en 138, à l'âge de 62 ans.
LUCIUS CEIONIUS COMMODUS
dit AELIUS (né en ?, mort en 138). Empereur romain en 137. HADRIEN l'adopte
en 136 pour en faire son successeur mais il meurt de tuberculose deux ans plus
tard. Il a un fils LUCIUS VERUS qui sera adopté par ANTONIN sur la demande
de l'Empereur HADRIEN.
TITUS AURELIUS
FULVIUS BOIONIUS ARRIUS ANTONINUS dit ANTONIN LE PIEUX (né en 86, mort en 161).
Empereur romain en 138. Sur la demande de l'Empereur HADRIEN, il adopte MARC-AURELE
et LUCIUS VERUS. Il appartenait à une grande et riche famille italienne.
ANTONIN est un grand bourgeois, possesseur d'une immense fortune sagement gérées,
honnête et vertueux, remarquablement équilibré, sans complexes
ni passions. Son règne marque l'apogée de l'Empire humanistique
profondément conformiste. Son administration fut excellente, minutieuse
et profondément humaine. Les hauts fonctionnaires restaient longtemps
à leurs postes et vieillissaient doucement avec leur Empereur dans un
immobilisme dont les insuffisances n'apparurent que plus tard, au moment de
la crise. Jamais l'administration romaine ne fut meilleure : tout en faisant
des remises d'impôts et des économies, ANTONIN distribua aux habitants
de Rome jusqu'à 800 deniers par tête, célébra avec
fastes, en 148, le 800 ème anniversaire de la ville, subventionna dans
les principales métropoles des chaires de rhétorique, se montra
généreux envers les villes de l'Asie ruinées par des tremblements
de terre, et laissa un trésor de 675 millions de deniers. Sa législation
fut sensible au sort des pauvres, des esclaves et des emprisonnes. Mais c'est
également sous son règne qu'apparaît dans la jurisprudence
la distinction entre les puissants et les humbles. ANTONIN ne sortit jamais
d'Italie mais s'occupa soigneusement néanmoins des provinces, de leurs
routes et de leurs cites. Dans le domaine religieux ANTONIN joint à un
traditionalisme foncier un goût pour les cultes orientaux. Cette attitude
répond à l'évolution de son temps où s'affirme le
triomphe des religions orientales. ANTONIN veilla avec un soin particulier à
la défense de l'Empire, réussissant grâce à une diplomatie
active, ferme et prompte aux démonstrations de force, à préserver
la prépondérance romaine sur le Danube comme en Orient, en Arménie
et auprès des Parthes. Les limes furent partout renforces et parfois
doubles. Mais en ce temps les barbares étaient encore calmes. ANTONIN
mourut en 161 de vieillesse, à l'âge de 75 ans, juste avant les
grands mouvements de peuples qui marquent un tournant décisif dans l'Histoire
de l'Empire. Il a désigné son fils adoptif MARC-AURELE comme son
unique successeur.
MARCUS AELIUS AURELIUS
VERUS dit MARC-AURELE (né en 121, mort en 180). Empereur romain en 161. Il est
l'arrière-arrière-petit neveu de TRAJAN. MARC-AURELE a un fils,
COMMODE, qu'il associera à l'Empire à partir de 176 comme co-régent.
MARC-AURELE est un intellectuel convertit à la philosophie stoïcienne,
introverti et dont les vertus sont évidentes. ANTONIN l'a très
tôt associé au pouvoir, mais ne lui a jamais confié aucun
commandement militaire, aucun gouvernement de province et ne l'a jamais laisser
quitter l'Italie. MARC-AURELE bénéficie donc d'un apprentissage
politique limité, dans le temps même où son éducation
intellectuelle très poussée ne développait guère
en lui le goût de l'action. Sa santé est médiocre, il souffrit
toute sa vie de maux d'estomac. Il a un caractère inquiet, tourmenté
et foncièrement pessimiste, avec dégout de la vie et tendance
au suicide. Privé très tôt de la présence paternelle,
il sera couvé jalousement par sa mère, et ne pourra jamais se
passer de l'appui et de la compagnie d'hommes moins vertueux que lui et sûr
d'eux mêmes. Il associera LUCIUS VERUS, son frère adoptif , à l’Empire
de 161 à 169. Cette collégialité impériale est une novation constitutionnelle.
Mais cette collégialité avec LUCIUS VERUS ne lui apporta pas de
soutien. MARC-AURELE en 19 ans de règne eut à supporter 17 ans
de guerres importantes. Mais il sut s'entourer de bons généraux
comme POMPEIANUS, PERTINAX ou AVIDIUS CASSIUS. La guerre
contre les Parthes de 161 à 166, malgré la victoire des troupes
de LUCIUS VERUS, eut 2 fâcheuses conséquences : l'armée
rapporta la peste qui devait faire des ravages durant 20 ans, et MARC-AURELE
confia le commandement de l'Orient au véritable triomphateur le général
AVIDIUS CASSIUS, autorité qui lui facilita l'usurpation de 175. Les guerres
danubiennes de 167 à 180 furent beaucoup plus dangereuses et éprouvantes,
elles se soldèrent par la mort de l'Empereur MARC-AURELE et une paix
obtenue par COMMODE mais bien chèrement payée. Dans tous ses actes
MARC-AURELE appliqua les principes de raison et de modération que lui
inspiraient ses convictions stoïciennes et prit pour modèle le paternalisme
vigilant d' ANTONIN. Avec le Sénat ses rapports étaient excellents.
MARC-AURELE se montrait simple, affable, modeste, respectueux de la liberté
de parole et de la personne des sénateurs. Il consultait fréquemment
l'Assemblée, la tenait informée, et accrut ses pouvoirs judiciaires
de cour d'appel. Il y introduisit de nombreux orientaux et africains cultivés.
Malgré ses tendances conservatrices et ses origines aristocratiques,
MARC-AURELE n'hésita pas à introduire dans l'ordre sénatorial
et à porter aux plus hautes charges des officiers capables, même
d'origine humble et provinciale, tels AVIDIUS CASSIUS et
PERTINAX. Mais il veillait à la dignité de l'ordre, et obligeait
les nouveaux sénateurs à investir en biens italiens le quart de
leur fortune. Les préfets du prétoire virent leurs pouvoirs s'accroître
pour le maintien de l'ordre en Italie. Les membres du Conseil obtinrent un statut
de fonctionnaires permanents. L'Empereur MARC-AURELE favorisa la réforme
du droit civil afin d'y intégrer plus d'équité et d'humanité
(protection des orphelins et des mineurs, respect du droit des esclaves et des
affranchis,...). Mais dans l'ensemble la politique de MARC-AURELE fut conservatrice,
très attachée aux distinctions sociales et au maintien des privilèges,
très stricte et parfois dure en matière fiscale, car les dépenses
militaires rendaient la crise financière menaçante. Toutes les
religions reçurent à un moment ou à un autre les faveurs
de MARC-AURELE et surtout pendant la période d'épidémie
de peste qui sévit dès 165. MARC-AURELE ne rejeta qu'une seule
religion, le christianisme, il le laissa même persécuter. MARC-AURELE
meurt de la peste le 17 mars 180 à Vindobona (Vienne), il est âgé
de 59 ans.
LUCIUS AURELIUS
VERUS dit LUCIUS VERUS (né en 130, mort en 169). Empereur romain en 161. Fils
adoptif de l'Empereur ANTONIN. Gouverne en collégialité impériale avec MARC-AURELE
de 161 à 169. Il a reçu la même éducation que son frère
adoptif MARC-AURELE mais sans en tirer le même profit ni montrer des qualités
identiques. LUCIUS VERUS est un jouisseur aimable, de caractère gai et
facile, passionné de cirque et d'amphithéâtre, de bons dîners
et de danseuses. Autant MARC-AURELE s'appliquait avec sérieux au fardeau
de l'Empire, autant LUCIUS VERUS manifestait un dilettantisme qui choqua. Il
n'apportera jamais de soutien à MARC-AURELE. Il dirige la campagne contre
les Parthes de 161 à 166 mais dispose des meilleurs généraux
de MARC-AURELE. L'Empereur LUCIUS VERUS meurt de la peste en 169, à l'âge
de 39 ans.
AVIDIUS CASSIUS
(né en ?, mort en 175). Empereur romain en 175. Ce général
syrien, énergique jusqu'à la brutalité, est le brillant
vainqueur de la guerre des Parthes. Après quoi MARC-AURELE lui a confié
le gouvernement de tout l'Orient romain. En 175, suite à la fausse nouvelle
de la mort de l'Empereur, il est proclamé Empereur par ses troupes et obtient
l'adhésion de toutes les provinces de l'Orient sauf de la Cappadoce.
Mais quelques mois plus tard, les légionnaires assassinent AVIDIUS CASSIUS avant
qu'il n'ait véritablement matérialisé ses ambitions.
LUCIUS AELIUS AURELIUS
COMMODUS dit COMMODE (né en 161, mort en 192). Empereur romain en 180. En co-régence
avec son père MARC-AURELE à partir de 176. Pour la 1ère
fois un Empereur était né dans la pourpre puisqu'à sa naissance
le 31 août 161, son père MARC-AURELE régnait depuis le 7
mars. Malgré des soins inquiets et une excellente éducation, COMMODE
devait résumer en lui tous les défauts de ces enfants gâtés,
prétention à la divinité, paresse, débauche et cruauté.
A la mort de MARC-AURELE lors des guerres danubiennes en 180, son fils COMMODE
est sur place et lui succède sans difficultés. Mais désireux
d'assurer son pouvoir et d'en jouir, COMMODE conclut rapidement une paix avec
les barbares danubiens, gagne la capitale et laisse le pouvoir aux collaborateurs
de son père et cela durant les 1ères années de son règne.
Un 1ère conjuration avec une tentative d'assassinat de COMMODE par un
de ses jeunes parents, le fit réagir et s'en suivirent aussitôt
les 1ères condamnations à mort frappant la famille impériale
et d'importants sénateurs. COMMODE désormais est soupçonneux
et détesté du Sénat. Le préfet du prétoire
PERENNIS place ses chevaliers aux postes importants et encourage l'Empereur
dans sa vie de débauches et de paresse. PERENNIS gouverne de 182 à
185. Il est intriguant et cupide, mais actif et énergique, bien vu des
armées danubiennes et des prétoriens et fait exécuter plusieurs
opérations militaires avec succès, en Dacie, en Maurétanie
et en Bretagne. Il fut accusé de prétendre à l'Empire,
et il succomba à la fois au mécontentement de l'armée de
Bretagne et aux intrigues d'un nouveau favori, le chambellan CLEANDER dont l'influence
détestable marqua les années 185 à 189. L'impératrice
CRISPINA fut bientôt exilée puis exécutée. COMMODE
ne comptait plus ses maîtresses, ni ses préfets du prétoire
qui se succédèrent très rapidement jusqu'au moment où
CLEANDER le devint à son tour. De grands personnages furent tués
ou contraints au suicide, CLEANDER vendait les postes officiels, la dignité
sénatoriale et les magistratures. Finalement, CLEANDER tenu pour responsable
d'une disette malignement organisée par un ennemi personnel, dut réprimer
de sanglantes émeutes et COMMODE effrayé le fit tuer afin d'apaiser
la foule en 189. Les 3 années suivantes l'influence sur l'Empereur fut
partagée entre sa maîtresse favorite, MARCIA , son mari le chambellan
ECLECTUS, et le préfet du prétoire LAETUS, tandis que COMMODE
cédait à une exaltation mystique démente et faisait régner
la terreur dans la capitale. Cependant les horreurs de Rome ne frappaient que
des cercles restreints. Les provinces épargnées étaient
bien administrées, souvent par d'anciens collaborateurs de MARC-AURELE
comme CLODIUS ALBINUS, PESCENNIUS
NIGER ou PERTINAX. Jamais le nombre de provinciaux,
Africains et Orientaux surtout , ne fut aussi important au Sénat et dans
la haute administration. Malgré les dépenses considérables
des Jeux et les extravagances de COMMODE, la crise financière ne s'aggrava
pas. Sous l'Empereur COMMODE les constructions sont peu nombreuses et la paix
qui règne aux frontières ralentit les travaux de fortifications.
Il ne fallait pas compter sur cet Empereur sans conscience ni sur ses favoris
trop intéressés pour envisager de grandes réformes. COMMODE
était indifférent au sort de l'Empire, et ne se préoccupait
pas de ceux qui en détruisaient les fondements aux yeux des traditionalistes.
Ainsi les chrétiens profitèrent de quelques années de paix.
En matière de religion, la folie mystique de COMMODE, fanatique des cultes
orientaux, atteint son apogée à la fin de son règne. Il
fut le 1er Empereur réellement initié aux mystères de Mithra.
Mais quand COMMODE voulut sacrifier les 2 consuls désignés pour
le 1 janvier 193 et parcourir la ville en procession rituelle à la tête
de ses gladiateurs, la décision fut prise rapidement au sein de son entourage
affolé (entre MARCIA, ECLECTUS et LAETUS), qui le fit étrangler
dans son bain par son entraîneur, l'esclave NARCISSE, le 31 décembre
192. L'Empereur COMMODE mourut à l'âge de 31 ans.
LE
REGNE DES AFRICAINS ET DES SYRIENS (192 à 235)
LES
EMPEREURS SOLDATS (235 à 284)
UN
AUTRE ORDRE - LES TETRARCHIES (284 à 361)
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