A ce jour aucune carte routière ne rend véritablement compte de la situation.
Si le principal axe routier desservant le pays ressemble à une mauvaise nationale française, on comprend facilement que beaucoup de régions soient peu, voir pas du tout desservies.

Au long des routes


Bien sûr, c'est le long des routes, au détour d'un chemin ou d'un village que l'on découvre et aime encore plus un pays, et la Birmanie fait partie de ceux-là.

 

 

 

 

 

 

Ainsi, tous les moyens sont bons pour se déplacer :

La voiture : Les birmans ont importés plus de deux millions de véhicules en moins de trois ans. Ils sont principalement de marque japonaise, quelques fois équipées d'air conditionné.
La signalisation étant quasi-inexistante, la conduite des birmans relève plus des coutumes que d'un code. Ceci est également dû au fait qu'ils conduisent à droite alors que les voitures sont dotées d'un volant à droite. Cette fantaisie est due à un président à qui en 1974 ses astrologues ont dit que " la droite lui serait plus favorable que la gauche ". il a donc fallu conduire à droite du jour au lendemain.


 

Imaginez la visibilité qu'un conducteur peut avoir lorsqu'il doit doubler un pick-up (moyen de transport collectif très utilisé en ville ou entre deux grandes villes) dans lequel hommes, poules, sac de riz… sont entassés ou en équilibre sur le toit et le long des parois. La conduite est donc rythmée par les coups de klaxon : les birmans conduisent une main sur le volant, une main sur le klaxon.

 

 

 

 

 

 

 

L'essence étant rationné car il est monopole de l'état, le marché noir est très développé et les birmans n'hésitent pas à faire la route avec des bidons de 20 litres d'essence dans le coffre. Faire son plein d'essence est assez pittoresque : Muni d'un tabouret, d'un entonnoir, d'un baril et d'un tuyau, une pompe à essence est facilement reconstituée !

 

 

 

 

 

 

Le vélo : Les birmans n'hésitent jamais à monter à deux sur le vélo. Celui qui est sur le porte bagages est assis en amazone, certainement à cause du longuy.

Le trishaw : Vélo-porteur qui ressemble à un side-car mais la moto est remplacée par un vélo et le siège passager n'est pas couvert.

 

 

 

Le bus : Les autocars relient les grandes villes. Ils sont plutôt lents et ne passent pas à heure fixe mais il faut prendre le temps de vivre dans ce pays où la langueur est dominante.

La moto : On en voit pas tant que ça. Ce sont souvent des motos-cross et leur conducteur portent des casques très hétéroclites : casques de chantier, casques militaires…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La calèche : Dans quelques ville comme Bagan, vous pouvez vous déplacer dans un landau attelé pour une course ou une demi-journée ou une journée.

Le char à bœufs : Souvent en circulation sur une piste en terre parallèle à la route, les chars à bœufs sont également utilisés dans les mauvais chemins inaccessibles aux autres véhicules.

Le bateau : Même si il est très lent, le bateau est un mode de transport très utilisé dans ce pays où les routes peuvent être inondées lors de la saison des pluies.

 

 

 

 

 

 

 

Le train : La plupart sont dotés de deux classes : " upper class " où vous serez assis de façon spacieuse (rien à voir avec l'exiguïté de nos TGV) dans des sièges inclinables avec des petites tablettes pour vos pieds et serviettes éponges de 20 cm² pour vous débarbouiller, ou bien " ordinary class ".
Dans tous les cas, le fou rire est garanti car les rails n'étant pas toutes au même niveau, vous ferez des bonds pouvant aller jusqu'à 50 cm !

L'avion : Peu de compagnies se partagent les vols. C'est bien entendu le mode de transport le plus rapide mais la fréquence des vols est moindre : seuls un avion le matin et un le soir relient Yangoon à Bangkok !

Mais certains birmans n'utilisent aucun de ces transports et n'hésitent pas à parcourir de longues distances à pied.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ainsi vous croiserez toujours un piéton solitaire entre deux villes, même si il y a plusieurs heures de marche !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une pagode est un reliquaire abritant les restes du Bouddha. Les zedi ou stupa sont des pagodes pleines dans lesquelles on peut entrer, le rituel consiste à en faire le tour.
Les temples gu ou pahto sont des pagodes creuses où un sanctuaire abrite des statues de Bouddha (les reliques sont alors enfermées dans un zedi construit à côté ou dans une petite tour couronnant l'édifice).

Tout au long des routes birmanes, vous ne cesserez de voir des pagodes. Elles sont plus ou moins grandes, elles sont en rase campagne, sur une colline ou en ville. Le Myanmar est le pays bouddhiste où a été construit le plus grand nombre de pagodes. La raison en est simple : le plus grand des actes méritoires est de bâtir une pagode. Cela permet au constructeur d'être considéré comme un homme saint et il a tant de mérite qu'à sa mort il atteint le repos éternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des monstres gardiens ou des créatures fantastiques ornent ces édifices :
- Le Kinnara et la kinnari : mi-homme, mi-oiseau, ils représentent la fidélité absolue.
- Le Chinthe : lion qui garde l'entrée des pagodes.
- Le Naga : dragon ou serpent fantastique qui a différents pouvoirs dont celui de pouvoir prendre l'apparence humaine ;
- Le galon : nom birman de l'aigle Garuda (oiseau de la mythologie indienne). Il surveille les mauvais nagas et les emprisonne dans ses serres.
- Le manothiha : sphinx souvent doté d'un double arrière train. Il y a deux mille ans il chassait les ogres qui hantaient le pays Môn.

 



 

 

 

 

 

 

Après avoir roulé sur une route qui ressemble plus à un piste qu'autre chose, ne vous étonnez pas de vous trouver devant un superbe escalator permettant d'accéder à une pagode : il est signe de modernité. Il a fait son apparition il y a 15 ans et depuis 1995 le Myanmar dote les lieux saints de ses escaliers mécaniques permettant d'acquérir ses mérites sans fatigue !

 

 

 

 

- Le hintha : cygne également emprunté à la mythologie indienne.
- Le bilu : ogre doté de grosses canines ; il vit dans les montagnes ou les forêts. Lorsqu'il est converti au bouddhisme il devient doux et défenseur de la doctrine.

 

 

 

 

 

Bouddha est un être d'exception et ses traits sont doux et sans commune mesure. Visage impassible et recueilli, paupières mi-closes, lobes d'oreilles qui touchent les épaules, il a les cheveux courts et bouclés avec une protubérance sur le haut du crâne.
On peut le trouver dans quatre positions différentes : assis, debout, couché sur le flanc droit ou en marche. Ses attitudes (mudras) évoquent les évènements de sa vie jusqu'à son entrée dans le nirvana (la méditation et l'éveil sont ceux qui sont le plus représentés au Myanmar).


A ses pieds, des boites à donations remplies de billets vous invitent à en glisser un avant de partir : donner de l'argent est un acte de charité et un usage birman.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

Même si ils sont moins visibles, parce qu'ils sont souvent situés à l'écart, les monastères sont présents dans chaque village.
Construction de bois (souvent en teck) contenant une grande salle sur pilotis et des portes ornées de sculptures, ils rappellent les pagodes chinoises.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Au fil de votre route, vous verrez que le visage des birmans change, ceci s'explique par le fait que la population est composée de différents groupes. Les principaux sont les rakhines, les chins, les kachins, les shans, les kayahs, les mônns et les karens.
Ces groupes ethniques forment sept états qui se rattachent à trois grandes familles asiatiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

- Les Môns-khmers : Ils seraient parmi les premiers occupants du pays et sont représentés par différents groupes le long de la frontière chinoise : les Riangs, les Was, les Anggkous, les Danaws et les Palaungs. Ils sont également dans tout le pays et toutes les professions. Ils sont bouddhistes et continuent de parler la langue môn-khmere.
Même si ils sont respectés et assimilés au mode de vie birman, leur culture est menacée car le gouvernement ferme leurs écoles, ce qui pousse certains à fuir en Thaïlande.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Les tibétos-birmans : Ce groupe est constitué à 60% par les birmans qui détiennent le pouvoir et la richesse. Ils sont siyués dans le bassin de l'irrawady et les vallées fluviales. Leur religion est le bouddhisme.
Les chins sont des montagnards du nord-ouest. Ils sont animistes, chrétiens ou bouddhistes. Ce sont les seuls à ne pas réclamer leur indépendance. Leur femmes sont reconnaissables à leurs couvertures de laine à larges rayures.
Les Kachins sont dans les montagnes du nord. Ils sont souvent animistes mais parfois chrétiens. Leur culture est originale, ils vivent en communauté villageoise ou régime féodal. On peut reconnaître les femmes à leur tenue rouge brodée d'argent.
Les Arakanais ou Rakhines (40%) sont sur la côte ouest. Majoritairement bouddhistes, on y trouve également des musulmans. Leur langue se rapproche du Bengali. Très indépendants ils vivent de culture et de pèche.
Les Karens sont très dispersés (on en trouve même en Thaïlande et au Laos). Ils sont hostiles au pouvoir central. Admis dans l'armée britannique au moment des colonies, ceux qui vivent aujourd'hui dans les villes constituent une élite de professeurs et médecins. Il sont également spécialistes de l'exploitation du bois et leurs musiciens et chanteurs sont très réputés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- Les sinos-Thaïs :
Les Shans ou Thaïs sont à l'est, sur le plateau Shan. Venus de Chine du sud, ils regroupent environ 30 ethnies. Ils sont majoritairement bouddhistes. Leur régime est féodal et ils sont opposés au pouvoir birman. Ils sont très gros producteurs de thé, fleurs, légumes, fruits… mais également de pavot et d'opium.

Les Kayahs vivent dans la vallée de la Salween. Beaucoup ont été christianisés. Appelés Karen rouges à cause de leurs vêtements rouges, on reconnaît leurs femmes aux gros rouleaux de corde laqués de noir qu'elles portent autour de leurs mollets. Ils excellent dans la contrebande.

Les Padaung sont connus dans le monde entier pour leurs " femmes-girafes " portant des anneaux autour du cou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il existe également de nombreuses tribus comme les Wa (Môn-khmers) qui sont d'anciens chasseurs de têtes reconvertis dans le trafic d'opium à la frontière chinoise, ou les Nagas qui sont animistes et également anciens chasseurs de tête et qui se situent dans la vallée de la chindwin.

Des chinois, des indiens et des métis anglo-birmans font également partis de la population birmane.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec toutes ces ethnies et ces états, on comprend que le système politique birman ne soit pas simple.
L'union du Myanmar est une république socialiste fédérale composée de l'état birman, qui se divise en quatre provinces (Pegu, Mandalay, Sagaing et Irrawady), et des sept états dont nous venons de parler. Chaque état est sous le contrôle du SLORC (parti de la junte au pouvoir).

Le long des routes du Myanmar, non seulement la signalétique est quasi-inexistante, mais elle est absolument sans aucun intérêt pour qui ne connaît pas cet alphabet dérivé du transcrit.
Même si bon nombre de birmans parlent l'anglais (la Birmanie étant une ancienne colonie Britannique), aucune traduction n'est faite, d'autant plus que le régime s'y montre défavorable. En effet, les dirigeants du pays ne doivent utiliser l'anglais que dans les allocutions officielles et son enseignement a été interdit pendant 10 ans (jusqu'à ce que la fille du général qui l'avait interdit échoue à l'examen d'entrée de l'université d'Oxford).
La langue nationale est le birman , langue d'origine sino-tibétaine, elle est parlée par 4/5ème de la population et il existe des centaines de dialectes.

Connaître les us et coutumes des birmans permettra de ne pas froisser ces gens attachés à des traditions immuables.

 


 


 

 

 

 

 

 

Les manifestations les plus visibles sont le costume traditionnel, inchangé depuis des siècles : le longyi qu'hommes et femmes nouent autour de la taille et complètent d'une chemise. Le cheeroot, cigare fait d'une feuille de maïs et mélasse fourré de tabac vert qui est fumé partout. Le thanaka, poudre jaune parfumée obtenue à partir de la pulpe d'un arbre avec laquelle les femmes se maquillent et se protègent du soleil, de la transpiration et des infections.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La vie d'un birman est toute entière conditionnée par l'astrologie. AZ la naissance un astrologue donne un nom à l'enfant et dresse son thème. Un animal fétiche correspond à chaque jour. Les birmans n'ont pas de nom de famille mais des titres correspondant à leur sexe, âge et classe sociale.
De même, le jour, l'heure, la minute et la seconde où débute le nouvel an sont décidés par un Ponnadaw, descendant des astrologues de la cour royale de Mandalay. Paraît alors un calendrier indiquant la position des astres et leur incidence sur la vie économique, sociale et politique au Myanmar et dans le monde entier. Il est accompagné d'horoscopes et de recettes et actes méritoires à effectuer si de mauvais présages sont annoncés.

La numérologie est également très prisée et même les dirigeants en sont adeptes.
Les birmans font aussi parfois appel à des guérisseurs : prêtres bouddhistes ou brahmanes.

 

 

Si cette route vous a creusé l'estomac, ne vous inquiétez pas, vous trouverez toujours un petit restaurant ou une échoppe sur le bord de la route où vous pourrez manger :
Des plats birmans : currys de viande, de poisson ou de légumes (beaucoup de pois) baignant dans l'huile et accompagnés de riz à volonté et d'une soupe.

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour construire de bons rapports avec les birmans, il convient donc de :

- Enlever ses chaussures et chaussettes pour pénétrer dans les pagodes ou les maisons.
- Ne pas toucher la tête de quelqu'un, la tête étant la partie noble du corps, et ne pas enjamber quelqu'un, les pieds étant la partie impure.
- Eviter les gestes trop familiers en public et ne serrer pas la main d'une femme, les birmans sont très pudiques.
- La main gauche étant impure, accepter les cadeaux de la main droite.
- Ne pointer pas le doigt vers un visage, cela pourrait être interprété comme une remontrance.
- Les moines sont au plus haut rang de la société birmane, dans les transports la meilleure place leur est donc donnée. De même, on ne lui serre pas la main, on s'assoit plus bas que lui, on lui offre des cadeaux à deux mains et on ne lui donne plus à manger après midi. Un femme ne doit pas toucher un moine et nul ne doit marcher sur son ombre qui fait partie de sa personnalité.
- Lors de la visite d'un temple, on contourne Bouddha par la gauche. On ne s'assoit pas dos au bouddha, on ne pointe pas ses pieds dans sa direction et on ne manque pas de faire un don. L'accès aux terrasses sur lesquels s'élèvent les stupas sont interdites aux femmes de même que certaines pagodes.

Malgré toutes ces coutumes strictes, il ne faut pas s'étonner de trouver un birman couché et endormi dans une pagode ; Contrairement à nos édifices religieux Européens, les pagodes sont de véritables lieux de vie où l'on dort, mange et parle sans retenue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des plats chinois : Nouilles ou vermicelles (sautées ou pas) accompagnées de viande ou poisson et légumes pouvant être accompagnées de bouillon.
Des plats indiens : surtout mangés dans la région du Lac Inle ou Mandalay, les shapatis sont des grandes galettes dans lesquelles on ajoute viande, poisson, légumes et assaisonnement.
Presque tous les plats sont assaisonnés avec du Ngapi (pâte de poisson fermenté) et de nombreux épices.
Il y a peu de desserts, mais les fruis sont très bons. La boisson principale est le thé vert. L'alcool est rare mais on peut trouver du vin de palme ou de la bière birmane (fabriquée à Mandalay) qui ressemble à la bière chinoise.
Après avoir passé commande, l'intégralité de votre repas vous est servi en une seule fois. Les couverts se composent d'une cuillère, une fourchette et de deux baguettes. Un rouleau de papier toilettes déposé au centre de la table dans un dérouleur en plastique vous servira de serviette.

 

 

 

 

 

 

 

 


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Pour nous écrire: Sophie et Frédéric