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Joachim MURAT Cavalier
et ROI !
Né le 25 Mars 1767 à La Bastide-Fortunière,
La rencontre en 1795 à Paris avec Bonaparte change le cours
de la vie de ce fils d'aubergiste du Lot,
passé du séminaire aux armées en 1787.
Bonaparte en fait son aide de camp et l'emmène en Italie, puis en Égypte.
En maints combats ce cavalier émérite justifie sa faveur par une bravoure devenue
légendaire, qui se manifeste notamment à Marengo. Son avancement est rapide, puisqu'il
obtient le grade de général dès la campagne d'Italie. C'est lui qui, le 18 Brumaire,
disperse par la force le Conseil des Cinq-Cents, assurant ainsi le succès du coup
d'État.
Devenu commandant de la garde consulaire en 1800, il épouse Caroline, la sur
cadette de Napoléon. Quatre ans plus tard il reçoit le bâton de maréchal et, en 1805,
il est promu prince d'Empire. Après la guerre contre l'Autriche au cours de laquelle il
s'illustre il est fait, en 1806, grand-duc de Berg et de Clèves. Il gagne la sympathie de
ses nouveaux sujets par sa clémence. A la suite de nouveaux exploits dans la campagne
conduite contre la Prusse et la Russie et en Espagne, il obtient en 1808 des mains de
l'Empereur la couronne du royaume de Naples laissée vacante par l'accession de Joseph
Bonaparte au trône d'Espagne. Il en modernise l'administration, abolit le système
féodal et mieux que ses prédécesseurs gagne le cur des Napolitains par ses
manières directes et la splendeur de sa cour. Il ne connaît pas la même réussite dans
sa lutte contre les Anglais qui contrôlent la Sicile. Il tend par ailleurs à
s'émanciper un peu de la tutelle impériale, mais la guerre contre la Russie, où Murat
reçoit le commandement suprême de la cavalerie, vient estomper ces tensions. C'est lui
qui commande la retraite de Russie. Tout en tenant tête à l'ennemi, il songe à son
royaume et négocie avec l'Angleterre
et l'Autriche. Il combat à Dresde, à Leipzig,
regagne Naples le 24 octobre 1813 et signe le 11 janvier un traité avec l'Autriche.
Après l'abdication de Napoléon, Murat conserve son trône mais le gouvernement de Louis
XVIII refuse de le reconnaître et Talleyrand se fait au congrès de Vienne l'artisan du
retour de Naples à "son légitime souverain". En avril 1815,
après le retour de Napoléon de l'île d'Elbe, il proclame à Rimini
l'indépendance de l'Italie, mais ses armées, après avoir repoussé les
Autrichiens jusqu'aux rives du Pô, sont anéanties et lui-même chassé de
ses Etats. En tentant de débarquer de Corse en Calabre, il est capturé et
fusillé le 13 octobre 1815.Jean TULARD, 1983 -
Membre de l'Institut.(Murat - © Librairie Arthème Fayard -
1999) |