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Lamarck bâtit une étrange physique de
répulsions et d'attractions, de division et de réunion. Il décrit la montée de la vie
et la naissance des organismes et engendre les stuctures animales les unes à partir des
autres.
Loi générale : tout se meut, non
seulement les vivant qui se "perfectionnent", mais l'Univers même emporté par
cette course : les vallées, les montagnes, les eaux. Rien ne reste stable, selon Lamarck:
"C'est une bien grande erreur que de supposer qu'il y ait une stabilité absolue dans
l'état que nous connaissons de la surface de notre globe, dans la situation de ses eaux
liquides, soit douces soit marines, dans la profondeur des vallées, l'élévation des
montagnes, la disposition et la composition des lieux particuliers, dans les différents
climats... Tous ces objets doivent nous paraître se conserver à peu près dans l'état
ou nous les observons parce que nous ne pouvons être témoins nous-mêmes de leur
changement".
Les vivants, à leur tour, sont
entraînés et dérivent d'ailleurs les uns des autres. Est-ce l'évolutionnisme ? Il
s'agit plutôt d'une sorte de genèse, de nature à la fois fantastique et arithmétique,
en ce sens que les espèces passent d'un degré d'organisation à un autre, du rang
supérieur, additionnant et transmettant leurs potentialités (hérédité des caractères
dits acquis et pouvoir des habitudes). A bien des égards, Lamarck, encore imprégné de
Buffon, actualise aussi l'idéologie des Idéologues du progrès qui, à partir des
besoins primaires et des sensations engendraient les facultés supérieures et
déroulaient une cinématique cumulative -- sorte d'épistémologie, à sa manière
génétique. Bref, un mélange de Buffon et surtout de Condillac.
La méthode ou la philosohie de
Lamarck ? S'il convient de dépasser les phénomènes, il faut cependant ne pas quitter la
nature, s'accorder à elle, aussi -- règle souveraine -- l'animalité ne doit être
examinée et saisie que dans ses seules structures physiques ou ses organes. "Si
toute faculté est un phénomène organique et en cela purement physique, cette
considération doit fixer le point de départ de nos raisonnements sur les animaux et
fonder la base des conséquences que nous pourrons tirer des faits observés à leur
égard".
Lamarck, inventeur du mot biologie, a
aussi ouvert le chemin à une magnifique philosophie de la Nature, à un certain
évolutionnisme fantastisque ou imaginaire. Tout change donc, y compris lui-même comme il
l'a écrit.
La Terre, qui lentement se
transforme, comme les invertébrés complexes et innombrables, l'ont même amené à
préciser, de façon très théorique, les mécanismes des métamorphoses biologiques :
a) Par le renforcement des organes à
travers leurs exercices ou usages, par le jeu matériel des fluides et des déplacements.
"C'est ce qui est arrivé à toutes les races de gastéropodes, à qui des besoins
ont fait prendre l'habitude de palper les corps avec des parties de leur tête. Mais il se
trouve parmi ces gastéropodes, des races qui n'éprouvent point de semblables besoins,
alors leur tête reste privée de tentacules".
b) Par la transmission de ces
caractères ou propriétés acquises : "Tout ce qui a été acquis, tracé ou changé
dans l'organisation des individus pendant le cours de leur vie est conservé par la
génération et transmis aux nouveaux individus qui proviennent de ceux qui ont épousé
ce changement."
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