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Orchidées
et l’hydro-culture, la
suite...
Laurence,
le 10 mars 2004
Pourquoi
une suite ?
Il y a quelques temps je
commettais un article sur les orchidées et l'hydroculture qui a disons
le, éveillé quelques discussions assez polémiques sur un certain
forum... Et bien non, ça ne m'a pas servi de leçon car je récidive !!
Mais pourquoi me direz vous, pourquoi, ô pourquoi ? Est-elle maso ou a
t'elle des actions chez un fabriquant de billes d'argiles moulées
artisanalement sous l'aisselle ? Et bien non, pas du tout !! Mais comme
certains ont bien voulu se lancer dans l'aventure, et qu'en plus une foule
en délire me l'a demandé à cors et à cris (oui oui, Golgoth me l'a
demandé une fois, je vous jure !), je vous fais ici le bilan de mes
2 années de trempouillage intensif.
Comme vous le
savez, je suis moi même en train d'expérimenter la technique, et
donc au fil de ces 2 années, j'ai pu apporter des améliorations et
voir ce qui marchait bien et ce qui marchait moins bien... De plus j'ai
aussi potassé avec grand sérieux le très bon bouquin de Jack Ross (The
word of orchids, a practical guide to cultivating orchids in soilless
culture) que je conseille à tous ceux qui se débrouillent en anglais et
qui aiment explorer l'univers orchidées à travers la lorgnette
scientifique. Ce n'est pas un bouquin poétique agrémenté de photos
artistiques, mais par contre il fourmille de données scientifiques
susceptibles d'intéresser tout passionné d'orchidées qui cache un kit
de petit chimiste sous son lit. Pour les autres, rassurez vous je vais
vous faire un résumé de ce grimoire dans les lignes qui suivent (mais
vous louperez la superbe orchidée nue en double page centrale, tant pis
pour vous !).
Je pars du principe ici
que vous avez déjà lu le premier article de la série et que les
principes de bases sont acquis (intero surprise, fermez les livres et
interdiction de pomper sur le voisin ! Nan, c'était une blague... z'avez
eu peur hein?) . Donc la je vais entrer plus dans les détails et couper
quelques racines de miltonopsis en quatre. Que voulez vous, si c'était
trop simple, ça serait plus moi ! Donc ne vous laissez pas intimider,
prenez ce qui vous intéresse dans le tas, et laissez le reste...
l'important c'est que vos orchidées soient heureuses, pas que vos billes
d'argiles fasse des jaloux au sein de la communauté scientifique...

Injustice
flagrante: les billes naissent inégales devant la trempouille !
| Et oui, les billes
naissent inégales devant le trempouillage ! Les billes de certaines
marques sont plus douées que d'autres pour absorber l'eau par
capillarité, et il est important de savoir comment se comportent vos
billes à cet égard.
Alors avant de commencer, je vous
propose un petit test pour caractériser vos billes. Munissez vous
d'une bouteille d' eau de 1.5 litre en plastique et coupez le haut
pour en faire un récipient transparent. verser l'équivalent d'un
verre d'eau au fond puis remplissez le tout avec des billes sèches
(et préalablement lavées). Ensuite laisser mariner 24h. Au bout de ce laps de temps, mesurez la
hauteur des billes mouillées (plus foncées) à partir du niveau de
l'eau. Moi par exemple, mes billes d'Hydroton™ de calibre mélangé
sont mouillées sur 5 cm au dessus du niveau de l'eau alors que mes
petites billes d'Hydroton™ sont mouillées sur 8 cm au dessus du
niveau de l'eau. Mais avec d'autres marques de billes ça peut monter
beaucoup plus haut. Notez cette valeur, c'est le niveau de la zone
humide et elle va nous servir pour savoir ou placer la plante dans le
pot.
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Photo
issue du site de First Ray orchids
(avec permission)
Test pour évaluer
le pouvoir de capilarisation des billes: Après 24 h on constate que l' eau n'a pas monté à la même
hauteur avec les 2 marques de billes. A gauche les billes sont sèches
en surface, et on voit bien qu' il y a différentes zones d'humidité
dans le pot. A droite les billes sont uniformément mouillées
sur toute la hauteur du pot.
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Marques
à pouvoir capillaire faible |
Marques
à pouvoir capillaire élevé |
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Hydroton,
Aliflor |
PrimeAgra,
Seramis, Blusana |
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Les
différentes zones du pot...
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A
moins d'utiliser des billes billes très absorbantes,
il est fort probable que vos billes seront sèches en surface quelques
heures après l'arrosage. Cela signifie donc qu'il y aura trois zones
dans votre pot d'hydroculture : la zone du bas immergée, la
zone intermédiaire humide et la zone du haut sèche (voir le dessin à
droite).
Au
dessus de la ligne ou les billes sont humides (plus foncées) se trouve
donc une zone ou les billes sont complètement sèches. L'air qui les
entoure est saturé d'humidité qui vient de la zone humide et s'évapore
doucement par la surface du pot mais les billes en elles mêmes ne
contiennent aucune eau. Dans la zone sèche, les racines sont donc
dans la même situation que si elles étaient à l'air libre dans une serre humide:
l'hygrométrie élevée leur permet de bien se développer et elles
peuvent respirer à l'aise mais par contre elles n'ont pas accès à l'eau
et à la nourriture tant qu'on ne les arrose pas et elles sèchent très
vite entre 2 arrosages.
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Les
différentes zones du pot en
hydroculture
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C'est
seulement dans la zone humide (ou les billes contiennent de l'eau mais
sont entourées de grosses poches d'air) que l'orchidée va puiser son eau
et son engrais. Donc tant que les racines ne sont pas rendues à ce
niveau, l'orchidée est tributaire des arrosages qu'on lui donne, même si
le réservoir d'hydroculture est plein. Si on arrose pas l'orchidée
assez souvent et que ses racines sont dans la zone sèche, elle peut donc
souffrir de déshydratation et ce même si le réservoir est plein.
Mais
puisque
la plante n'a pas accès à l'eau et à la nourriture dans la zone sèche,
ne suffirait il pas de supprimer cette zone en utilisant des pots plus bas
? La réponse est oui, mais uniquement si les racines déjà existantes de
l'orchidée sont adaptées à des conditions humides. En effet les racines
que possèdent la plante avant le passage en hydroculture sont souvent
habituées à subir des période d'assèchement entre 2 arrosages. Si on
les soumet brusquement à des conditions constamment humides, elles
risquent donc de pourrir par asphyxie.
Seules
les racines qui ont poussé dans un environnement humide ou que la plante
lance "elle même" dans la zone humide y survivent sans pourrir.
Pour les épiphytes, la
zone sèche est donc très utile lors de la période d'adaptation de
l'orchidée: Dans cette zone, les racines déjà existantes se trouvent
dans un substrat qui s'assèche rapidement entre 2 arrosages, comme
auparavant. De là, la plante peut tout à son loisir lancer des nouvelles
racines dans la zone du pot qui lui convient le mieux.
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Orchidée épiphyte qui
préfère la zone sèche du pot |

Orchidée terrestre qui
préfère la zone humide du pot |
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A gauche, cas d'un
dendrobium: les racines restent en haut du pot, là ou les billes
s'assèchent entre 2 arrosages (la zone humide est colonisée par les
algues ce qui permet de la visualiser). A droite cas d'un
phragmipedium: les racines sont allé plonger dans la partie basse du
pot, ou les billes sont tout le temps humides... |

La
période d'adaptation...
Lors
du premier rempotage en hydroculture d'une plante épiphyte, on doit donc éviter de placer les racines existantes directement dans
la partie du pot ou les billes resteront constamment humides (à moins
bien sur que la plante ai été préalablement cultivée dans un substrat
qui devait toujours être maintenu légèrement moite comme la sphaigne,
la tourbe blonde ou la laine de roche). C'est
toute la difficulté de la période d' adaptation en hydroculture:
pour éviter de stresser l'orchidée, il faut réussir à conserver ses
anciennes racines en vie le temps que de nouvelles racines
adaptées prennent le relais.
Pour
que la plante souffre le moins possible, il faut donc mettre toute les
chances possibles de notre coté. Premièrement, il faut que la
plante soit en bonne santé et dans un cycle de pousse, c'est à dire hors floraison. Ensuite pour que le temps
d'adaptation soit le plus court possible il faut effectuer le passage au
bon moment: quant la plante est juste
sur le point de
former des nouvelles racines. De cette façon, la plante va
très vite former des racines qui seront parfaitement adaptées à la zone
humide et ainsi profiter pleinement des bienfaits de l'hydroculture.
Si
vous ne suivez pas ce conseil, ne venez pas vous plaindre que votre plante
est en difficulté quelques semaines plus tard. Vous êtes alors le seul
fautif en cas d'échec (na !). Si le passage est fait alors que l'orchidée
ne faisait pas de nouvelles racines, la plante risque de perdre ses
racines existantes sans que des nouvelles ne prennent leur place... L'orchidée
peut ainsi rester plusieurs mois sans racines et lentement se déshydrater
ce qui met sa vie en
danger.

La
préparation des billes
Comme vous
le savez l'hydroculture (du moins ce que moi j'appelle comme ça, mais qui
est en fait de l'hydroponie passive) consiste à placer une orchidée dans
des billes d'argiles expansée et de la convaincre de "rester sage
pas bouger" pendant qu'on submerge le fond du pot dans quelques cm de
solution nutritive. Première étape donc (et non la moindre), est la
préparation des billes.
Premièrement donc, vous devez laver les billes
d'argile à grande eau. Personnellement j'utilise une vielle essoreuse à
salade (inapte depuis sa naissance à essorer quoi que ce soit en
passant) pour ce faire. Le panier est pratique pour égoutter les billes
entre les différents rinçages. Placer les billes et le panier dans
la base de l'essoreuse préalablement remplie d'eau tiède et procédez
comme un raton laveur consciencieux au doux frottement des billes dans vos
minimes. Ensuite égouttez et changez l'eau. Renouveler l'opération
autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que l'eau de rinçage soit
claire ou que les os de vos phalanges soient à vif.
Ensuite
vient l'étape du trempage qui vise à saturer les billes d'humidité et
à ajuster leur pH. Pour ce faire vous devez laisser macérer vos billes
dans la même solution d'engrais que vous utiliserez ensuite pour arroser
vos futures trempouillées (voir paragraphe suivant). Le trempouillage
doit durer au moins 24 h sauf que moi je ne le fais presque jamais vu que
l'envie de rempoter me prend souvent brusquement les soirs de pleine lune.
Mais vous, faites ça bien, pour remonter le niveau des troupes !
Troisième
étape le tri. Vous remarquerez peut-être après trempouillage que
certaines billes flottent et que d'autres ont coulé au fond tel le
titanic. Les billes nageuses sont celles qui ont une capacité de
rétention d'eau inférieure, et elles sont donc parfaites pour les
orchidées épiphytes. Par contre, les billes plongeuses (qui sont souvent
plus petites et portent des lunettes de piscine) sont gorgées d'eau et
donc plus appropriées pour les orchidées terrestres (Phragmipedium,
Paphiopediliun, Zygopetalum, etc.). Donc essayez de récupérer les 2
types de billes séparément et de les utiliser pour les plantes en
question.
Ca y est,
vous êtes prêts ? on rempote ? Alors prenez votre pot. Il est ou votre
pot ? z'avez pas de pot ! mais heu, c'est quoi ces débutants que j'ai la
!! Pffffffffffffffff, décidément, c'est moi qui ai pas de pot ! Ca va
pas se faire en trois coup de cuillère à pot tout ça ! (bon OK, j'
arrête !!)
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Le
choix et la préparation du pot:
favoriser l'aération des racines....
Dans le
premier article je vous conseillais (selon les conseils de certains
hydroculteurs américains. Farpaitement Ray, tout ça c'est de ta faute !)
d'utiliser un pot plus haut que large
pour transférer vos orchidées en hydroculture. Il
est vrai que pour les orchidées épiphytes, l'adaptation de la plante est
favorisée dans ce
type de pot ou il y a une zone plus
sèche en surface.
Mais plus que la hauteur du pot, c'est plutôt dans quelle zone du
pot (zone immergée, zone humide ou zone sèche des billes) la plante se
trouve au moment du premier rempotage qui est important (voir
plus bas). Donc
en bref, vous pouvez utiliser a peu près n'importe quel pot, à condition
que vous placiez la plante au bon endroit dedans: dans la zone sèche pour
les épiphytes, dans la zone humide pour les terrestres. Comme en
hydro la largeur du pot n'a pas d'importance, vous le choisirez donc
essentiellement en fonction de sa hauteur.
J'utilise
de plus en plus des pots à fleur en plastique classiques. Pour les
plantes épiphytes, je prend des grands pots ce qui me permet d' avoir
suffisamment de hauteur pour placer la plante dans la zone sèche. Pour
les plantes terrestres ou je n'ai pas besoin de zone sèche, je prend des pots
moins larges (et donc plus bas).
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FAVORISER
L'AERATION DES RACINES: UN POINT CAPITAL
9 fois sur 10 la pourriture des
racines chez les orchidée est due... à leur mort par asphyxie
!!
Lorsque
les racines de l'orchidée se trouvent dans du substrat décomposable
(écorces, sphaigne, etc.) l'asphyxie est accélérée lorsque
celui-ci est gardé humide: les micro-organismes se développent
alors très rapidement pour décomposer le substrat et consomment
ce faisant tout l'oxygène disponible. Les racines sont alors
étouffées et pourrissent...
En hydroculture, les
micro-organismes n'ont rien à décomposer et sont donc moins
nombreux. Cependant comme une partie du substrat reste humide en
permanence, il est important de maximiser l'aération de la masse
racinaire. De belles racines saines sont le gage de la bonne
santé générale de la plante et d'une floraison
prolifique...
En hydroculture, les trous de
drainage du pot sont sous le niveau de l'eau et donc l'air ne peut entrer
par la. Je fais donc toujours quelques petits trous (ou des fentes
verticales) sur les cotés du pot au dessus du niveau de solution
nutritive pour améliorer l'aération des
racines. Pour ce faire j'utilise un vieux fer a souder ou un pistolet à colle chaude payés
presque rien à la foire-fouille. A défaut on peut aussi utiliser
une perceuse. Pour les fond
de bouteilles d'eau, j'utilise aussi un hexacto pour faire
des trous triangulaires.

Les trous ne doivent pas être
trop gros ce qui provoquerait un assèchement excessif des billes.
Dans le même ordre d'idée, les pots pour plante aquatiques
en maillage sont à éviter car la zone humide devient alors trop
mince ce qui assoiffe l'orchidée. Si vous utilisez des pots
de récupération (pot à olive, bouteille d'eau coupée en 2 ,
etc.), n'oubliez pas de percer plusieurs gros trous dans le fond
pour permettre le drainage.
Pour les pots très large, on
peut aussi placer un petit pot en maille (pour plante aquatique)
à l'envers au fond du pot principal: ça permet de garder une
zone vide et aérée au sein de la motte de racines ce qui
favorise la respiration.... |
Quant aux pots transparents,
je continue à les apprécier car il me permettent de regarder sous les
jupes de mes orchidées dans les déranger. Cependant, ils favorisent le
développement d'algues dans le pot et font également que les billes
chauffent plus vite au soleil ce qui peut endommager les racines. Cet
inconvénient peut être évité en placant le pot en plastique dans
un cache pot opaque qui peut éventuellement servir également de réservoir
pour la solution nutritive. Cependant je dois avouer que de plus en plus
j'utilise des pots à fleurs classiques en plastique opaque.

La
taille des billes et la hauteur de la plante dans le pot...
Lors
d'un premier rempotage en hydroculture, il est important de placer les
racines de l'orchidée dans la zone du pot qui leur conviendra le mieux
(bon ça fait 4 fois que je le dis, z'avez compris la ?!). Pour ce faire
on peut jouer sur la hauteur de la plante dans le pot, sur la hauteur du
pot, sur la taille des billes (voir figure plus bas) et sur la
flexibilité des queues de vache (farpaitement !).
Dans
un pot bas (cas 1 et 3 de la figure), la zone humide occupe presque la
totalité du pot. Cela conviendra
donc aux orchidées qui étaient déjà habituées à avoir les racines dans
un substrat humide comme les phragmipedium ou un phalaenopsis qui était auparavant
cultivé dans la sphaigne par exemple. Dans un pot plus haut (cas
2 de la figure)
plus de la moitié du pot est occupé par la zone sèche. De tels pots
sont donc à privilégier pour les orchidées qui étaient cultivées dans
un substrat très drainant (écorces de moyen ou gros calibre) ou racines
nues. En hydroculture, la largeur du
pot a relativement peu d' importance pourvu que la hauteur soit adéquate.
Ainsi dans le cas 2 plus bas, on aurait tout simplement pu utiliser un pot
à plantes vertes classique de même hauteur mais beaucoup plus large.

Il est
aussi conseillé d'adapter la taille des billes au type de plante: les
petites billes ont un pouvoir capillaire plus important et
retiennent plus d'humidité que les grosses. De ce fait la zone
humide dans un pot remplit de petites billes sera plus haute que s'il est
remplit de grosse billes. Avec mes billes d'Hydroton par exemple, la zone
humide est de 5 cm avec les grosses bille et environ 8 cm avec les petites
billes. De ce fait, un pot de 10 cm de haut remplit de petites billes n'a
pratiquement pas de zone sèche ce qui est parfait pour les phragmipedium
par exemple (cas 3 du graphique).
Attention,
quant les racines de la plante sont dans la zone sèche seulement (cas 2),
la plante risque de se déshydrater très rapidement si on y prend pas
garde. En effet les billes d'argile retiennent très peu d'eau lors des
arrosages, et de ce fait sèchent très vite (en quelques heures en
atmosphère sèche). Il faut donc considérer que la plante est
pratiquement dans les même conditions que si elle était racines nues en
serre. Les arrosages (ou brumisations marquées) à l'eau devront
donc être fréquents (voire quotidiens si l'atmosphère est
particulièrement sèche) comme pour une plante montée sur plaque et ce
jusqu'à ce que les racines atteignent la zone humide.
| Pour éliminer la
zone sèche si on dispose pas de billes qui ont un bon pouvoir
capillaire, on peut mettre une couche de sphaigne de 2-3 cm (sans
tasser) en surface du pot... L'eau emmagasinée dans la sphaigne
lors de l'arrosages aide à garder les billes humides en surface.
De plus on peut ensemencer de la "mousse de serre" sur
la sphaigne donc ça améliore l'aspect visuel. Mais ne pas
oublier de faire des petits trous sur le coté du pot pour l'aération
des racines... |

Le
transfert de la plante dans les billes
Après
avoir préparé les billes et choisit le bon pot pour la plante, vient le
moment du rempotage; Prenons comme cobaye un cattleya
miniature. Après la floraison, deux nouveaux pseudo-bulbes se sont
formés et les racines commencent juste à pointer leur nez: c'est le
moment du grand saut. Ce petit cattleya est depuis l'achat dans un pot de
10 cm de haut et j'ai donc choisit pour lui un nouveau pot de 15 cm de
haut environ. J'ai d'abord fait tremper la plante dans son pot 30 minutes
dans de l'eau tiède. Ensuite j'ai débarrassé délicatement les racines
de tout l'ancien substrat (sous l'eau courante tiède) et j'ai éliminé
toutes les parties mortes. Puis j'ai laissé sécher le tout
complètement. Pendant ce temps j'ai déterminé dans quelle zone du
pot la plante ne doit pas être rempotée: pour un cattleya, les zones
immergées et humides sont à proscrire pour les anciennes racines. J'ai
donc remplit mon pot à moitié avec des billes humides: 3 cm de zone
immergée + 5 cm de zone humide = 7 cm soit la moitié de mon pot de 15 cm
(évidement, vous devez corriger ces valeurs en fonction des valeurs
obtenues pour vos propres billes). Ensuite j'ai placé la plante
dans le pot avec les racines effleurant les billes déjà en place et j'ai
complété tout le tour avec de nouvelle billes jusqu'à atteindre le
collet. Veillez bien à ce que l' endroit ou les racines rejoignent le
corps de l' orchidée soit légèrement enfouit dans les billes. Dans le
cas contraire, des sels peuvent s' accumuler sur les racines situées au
dessus des billes et les endommager. Si vous ne pouvez faire autrement que
de les laisser hors des billes, vous pouvez recouvrir la partie dénudée
de quelques brins de sphaigne que vous vaporisez régulièrement avec de
l'eau de pluie ou distillée.
Les premiers jours, ne
remplissez pas le réservoir pour permettre aux racines de cicatriser. Au
bout d' une semaine, placer le pot dans un récipient profond qui va
servir de réservoir et le remplir avec 2-3 cm d'eau pure. Veiller à ce
que le réservoir soit toujours alimenté en eau. Tant que les racines de
la plantes n'ont pas atteint la zone humide du pot, arrosez par le haut
comme en substrat classique (c'est à dire dès que la zone sèche est sèche)
tout en laissant la réserve pleine. Au bout de 15 jours,
remplacer l'eau par une solution d'engrais dilué (voir plus bas). Placer
la plante au chaud jusqu'à ce qu'elle se rétablisse (1er mois). |
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Sauvetage
d'une plante qui a préalablement perdu ses racines
Il arrive qu'on soit confronté de temps
à autre à une orchidée qui a perdu toutes ses racines à la suite
d'erreurs de culture diverses ou de problème avant l'achat. Si vous envisagiez de transférer la plante
en hydroculture, c'est alors un bon moment de le faire puisqu'elle va
normalement refaire des belles racines toutes neuves dans les semaines qui
viennent. En plus voyons le coté positif, puisque la plante n'a plus de
racines, ce n'est plus la peine de s'inquiéter pour leur survie lors du
passage en hydroculture.
Dans ce cas, vous pouvez adopter la
méthode du 1/2 pot décrite dans l'encadré suivant.
| REMPOTAGE
D' URGENCE: la technique du 1/2 pot
Tout d'abord bien nettoyer les
racines de l'orchidée et éliminer tout ce qui est pourrit et mou.
Eventuellement tremper la plante dans un traitement anti-fongique (ex
Aliette) et laisser sécher. Si elle n'a plus du tout de racines vous
pouvez lui fabriquer des racines
artificielles avec du fil de fer plastifié (en enroulant la base de la
plante d'un long morceau de fil de fer sans la blesser).
Ceci permettra de stabiliser la convalescente dans le pot le temps que les
nouvelles racines se forment.
Ensuite prendre un pot désinfecté
et le remplir à moitié de billes d'argile (préalablement
conditionnées comme indiqué plus haut). Humidifier de la mousse de
sphaigne et l'essorer à fond. Placer une petite couche de cette
mousse sur les billes sans tasser puis placer la plante par dessus. Compléter
le rempotage en plaçant de la sphaigne à peine humide autour de la
plante toujours sans tasser.
Déposer ensuite le pot dans une
soucoupe contenant 3-4 cm d'eau pure et coiffer le tout d'un sac
en plastique transparent à l'envers (sans fermer trop hermétiquement
en bas pour laisser la plante respirer). Placer la mini-serre
ainsi formée au chaud (20 degrés minimum pour un phalaenopsis et si possible
25) et à la lumière très vive (mais sans soleil direct tant
que la plante est sous sac). Remettre régulièrement de l'eau dans la
soucoupe si besoin est et éventuellement humidifier la mousse avec un
coup de vaporisateur si elle sèche trop (attention, pas de
vaporisation intempestive, la mousse doit être très légèrement
humide pas saturée d'eau).
Une fois que la plante a des
racines d'environ 5 cm on peut progressivement retirer le sac
plastique et commencer à arroser. Une fois par semaine on vide la
soucoupe puis on arrose par le haut en pluie fine avec une solution
d'engrais diluée jusqu'à ce que la soucoupe contienne 3-4 cm de
liquide. Lorsque les racines de la plante commencent à coloniser les
billes dans la partie basse du pot, on retire délicatement la mousse
de sphaigne (sans déranger la plante) et on la remplace par des
billes...
Et voila une plante sauvée et
adaptée à l'hydro en même temps ! |
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Choix
de l'engrais et technique d'arrosage
Le choix d'un engrais
pour vos plantes en hydroculture n'est pas plus difficile ni plus simple
que pour des orchidées poussant dans de l'écorce. Simplement, comme les
billes sont inertes, les orchidées sont plus dépendantes des apports
d'engrais que dans du compost à orchidée classique. Je vous invite à
consulter cet autre article sur la fertilisation
pour
vous aider à choisir l'engrais qui vous conviendra le mieux.
Pour résumer, le choix
commence par savoir quelle eau vous allez utiliser. Si vous utilisez de
l'eau du robinet moyennement calcaire, vous pouvez utiliser un engrais du
commerce tout usage acidifiant (contenant une proportion importante
d'urée ou d'azote ammoniacal). Utilisez de l'engrais à chaque arrosage lorsque
la plante pousse et Veillez à le
diluer adéquatement pour ne pas brûler les
racines. Ce risque est plus limité en hydroponie qu'avec le substrat
classique car en hydro, les billes qui restent en contact avec la solution
nutritive ne sèchent pas et de plus elles retiennent peu d'engrais. Cependant il faut
veiller à ne pas laisser accidentellement sécher le réservoir, car dans
ce cas le risque de brûlure des racines par l'engrais est présent. L'eau
du robinet très calcaire est a proscrire, vous devez la dé-calcairiser
au préalable avant de l'utiliser.
Si vous avez des orchidées
qui sont sensibles à la qualité de l'eau (Masdevallia, certains
Phragmipedium, Disa, etc.) et que vous avez choisit d'utiliser de l'eau
de pluie, osmosée ou Brita, vous devrez utiliser un engrais
spécialisé qu'on appelle neutre ou basique et enrichit en calcium et
magnésium (ce sont des engrais conçus pour de l'eau non calcaire et
qu'on trouve surtout dans les magasins de matériel hydroponique).
Personnellement,
j'utilise de l'eau Brita ou de l'eau du robinet douce légèrement
acidifiée (donc de
l'eau contenant un peu de calcaire ainsi que du calcium et
magnesium) à laquelle j'ajoute 0.5 à 1 g par litre d'engrais
en poudre Plant-prod Tomate 15-15-30 (peu-acidifiant donc adapté à
mon eau douce), soit 75 à 150 ppm d'azote selon la saison et une
conductivité de 600 à 1000 ppm de sels au total dans ma solution
d'arrosage (notons que je ne cultive aucune orchidée sensible aux sels).
Le pH de ma solution d'engrais est de 6 environ et le pH dans les billes
se stabilise naturellement aux alentours de 5.5-6.0.
| La
procédure d'arrosage en hydroculture...
En ce qui concerne la
procédure d'arrosage, je me contente de placer le pot dans un récipient
profond qui va servir de réservoir pour la solution nutritive (petit plat
en plastique ou joli cache-pot non percé, à vous de voir!). Le
récipient doit être suffisamment grand pour rester plein une
semaine. Il faut absolument veiller à ce qu'il ne s'assèche pas
entre 2 arrosages. Vous devez donc utiliser une soucoupe assez grande et
profonde pour
qu'elle ne se vide pas en moins d'une semaine.
Pour les plantes déjà établies
en hydro, la procédure d'arrosage est la suivante: une fois
par semaine je vide la soucoupe puis je la remets en place.
Ensuite j'arroses les billes en pluie fine par le haut en
humidifiant bien toute la surface avec la solution d'engrais
jusqu'à ce que la soucoupe contienne 3-4 cm de solution (l'idéal
est d'utiliser un pulvérisateur de 3 ou 5 litres avec l'embout
réglé sur pluie fine). Voila, le plein est fait pour la
semaine...
Au cas ou la soucoupe
s'assèche avant l'arrosage suivant, rajouter de l'eau pure pour finir la
semaine (mais normalement ça ne doit pas arriver si la soucoupe
est assez grande, si ce n'est pas le cas changer pour une taille
supérieure).
Une fois par mois je vide la
soucoupe et je passe le pot sous le robinet (eau à température
de la pièce) en mouillant abondamment les billes pour bien
rincer. J'en profite généralement pour doucher également les
feuilles de l'orchidée dessus et dessous, et si nécessaire
passer un peu de laine pour filtre à aquarium imbibée de savon
de Marseille liquide pour enlever les dépôts (bien rincer à
l'eau tiède). Je remets ensuite la soucoupe en place et j'arroses
avec la solution d'engrais en pluie fine par le haut comme dhabitude
jusqu'à ce que la soucoupe soit à nouveau pleine... |
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Période
de repos, comment faire ?
Que faire pour les orchidées qui ont
besoin d'une période de repos ?
Et bien tout simplement il suffit
de laisser sécher les billes... Mais attention, avant de laisser sécher,
il faut bien éliminer tous les résidus d'engrais qui pourraient brûler
les racines en séchant. Donc laisser tremper le pot quelques minutes dans
l'eau et rincer ensuite abondamment les racines et les billes à l'eau
claire courante et tiède. On laisse ensuite le réservoir vide et
on traite la plante comme si elle était dans du substrat classique. On
arrose quant les pseudobulbes commencent à rider mais sans remplir
le réservoir. A la reprise de croissance (hampe ou nouvelle pousse), on
remplit à nouveau le réservoir et on reprend les arrosages comme avant: rien de compliqué la non plus !.
Pendant
les vacances, comment faire ?
Tout dépend de la
voisine ! Si elle est serviable et doit déjà venir nourrir le chat, vous
pouvez en profiter pour lui demander de remettre de l'eau dans les réservoirs
une fois par semaine. Je vous conseille de bien rincer les billes avant de
partir au cas ou les réservoir s'assécheraient par accident. Egalement
laissez la arroser à l'eau pure, la fertilisation sera reprise après
les vacances et ça évitera les problèmes de dosages et autres
accidents.
Si la voisine est un
dragon et que le chat vous a quitté depuis longtemps pour une autre, vous
avez toujours l'option baignoire. Encore une fois vous rincez les billes
avant de partir pour éviter tout risque d'accident. Ensuite vous mettez
4-5 cm d' eau dans le fond de la baignoire, vous déposez vos plante
dedans et vous vous cassez aux Bahamas l'esprit léger! Merci de me
ramener un petit truc, après tout c'est grâce à moi si vous
n'êtes pas obligés d'adresser la parole à la voisine !
NB: Le coup de la
baignoire est à éviter si vous n'êtes pas sur de l'état sanitaire de
certaines plantes. En effet des maladies peuvent se transmettre de plante à
plante par l'eau (probabilité très faible mais qui existe). Donc à ne
faire que si vous avez vos plantes depuis longtemps et que vous êtes sur
de leur état de santé. Si vous avez peur des contaminations, optez pour
des soucoupes géantes pour chaque plante qui resteront pleines pendant
toute votre absence: c'est plus fastidieux mais ça marche aussi
bien...
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A
ne jamais faire en hydroculture
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Laisser
sécher le réservoir sans avoir rincé abondamment les billes à
l'eau claire auparavant
-
Transférer
une plante qui ne fait pas de nouvelles racines, qui est malade ou en
difficulté.
-
Placer
les racines existantes de l'orchidée dans la mauvaise zone du pot
lors du premier rempotage (dans la zone sèche pour les terrestres ou
dans la zone humide pour les épiphytes)
-
Utiliser
une concentration en engrais trop importante ou un engrais qui n'est
pas adapté à l'eau utilisée.
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Revue
des succès et problèmes |
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Rendez-vous
sur le forum pour avoir le
suivi en direct sur ce mode de culture : succès et échecs,
vous saurez tout !!
Sinon
sachez que les orchidophiles américains ont plus de 15 ans de recul avec la
technique. Vous pouvez par exemple aller visiter la collection personnelle
de Ray
Bartelow ou celle de Doris
Salzmann qui ont tous les 2 des centaines d'orchidées en
hydroculture...
Voila,
j'espère que ces précisions vous auront été utiles. N'hésitez pas à me
poser vos questions sur le forum si il reste des détails obscurs !
Bas
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