texte de J-L le Roux
Une nouvelle “abstraction figurative “ dans l’oeuvre d’ Eric Le Boucher , une symbiose entre l’idée de sculpture , dimensions , similitudes , entre des corps étrangers jusqu’à la fantasmagorie des formes , s’emboitant telles celles de puzzles .
Rapport au corps ,
Intérieur / extérieur,
Trous dans la sculpture s’ouvrant à l’espace environnant .
Sculpture / éléments s’emboitant s’adaptant à un support des plus concrets et différent aux trois sculptures exposées dans la salle , 13 rue Le Sage à Brest .
A l’une vient s’adapter un support ocre dans les tons de la sculpture traitée à la scie électrique / égoïne et s’appuyer en compagnie d’herbes , de terre , de pissenlis , de pierres et de rocailles .
L’autre que je qualifierai de marine par ses couleurs et la gestuelle évoquant les vagues de notre océan tumultueux breton , est composée de trois éléments distincts et chacun peint de manière différente ,
LE COUP DE PINCEAU
et toujours les trous / espaces / le rapport au corps du fait de la présentation sur un socle à hauteur du nombril environ .
Ce socle est composé de plaques fines , granuleuses , blanches et carrées ( 30 cm x 30 cm ) les unes superposées aux autres et unies de sorte à former un socle d’une hauteur de 1 m 10 et d’une superficie au sol de’environ 1 m 2 .
La dernière sculpture est formée par l’assemblage de deux éléments distincts, dans les bleus et blancs ,
BLEU BLEU BLEU BLEU BLEU BLEU BLEU , grande quantité de bleu ,
affrontement , tels deux faunes , faunes,deux pilliers d’un temple divinisé .
Cette sculpture repose donc en deux parties s’affrontant dans un élan d’obliques rythmées . Le tout fondu et couronné dans le BLEU BLEU BLEU BLEU BLEU BLEU BLEU ,
sculptures caméléon venant rythmer un espace par ses vides et ses pleins , ses qualités de matériaux .
Les diapositives prouvent la mobilité des éléments sculptés à démonter , remonter et traités de façon brute avec divers outils et une gestuelle adaptée à ces outils ....
Nous sommes dans un monde d’éléments , de personnages ou entre une dimension fantastique .Tout à coup,
deux personnes que j’imagine bretonnes, homme et femme discutent sur le haut d’une stèle ,d’un calvaire .
Ils discutent peut-être de la tempête pouvant être ressentie dans l’une des facettes de la sculpture peinte à deux pas de celle -ci , plus brute ........ Un coq / lion tient place dans cette farandole ou je précise qu’il n’est uniquement fantasmagorie du sujet ,spectateur regardant et participant de son corps à la sculpture ou il est possible de voir tantôt une oeuvre abstraite , concrète et figurative ...Le tout de ce jeu sculptural venant se ranger dans des boîtes .
Les boîtes elles mêmes composent et décomposent les possibilités d’exposition ( s ) de cette (ces ) sculpture
( s ) et de la mobilité des éléments .
Nous regardons ce travail sans préjuger le réalisme de l’abstraction et de la figuration .
texte de Jean -luc LE ROUX
le 02 / 04 / 1985 .
Texte de Michel Prigent
Des pastels, des sculptures d'atelier ou monumentales, EricLe Boucher passe volontiers d'une expression intimiste , celle des pastels , à la taille d'un tronc d'arbre à la tronçonneuse. L'ensemble de son oeuvre est, en fait, révélatrice de son « univers des formes ».
Témoins de ses expériences, de ses rencontres et de ses voyages, ses pastels se lisent comme des histoires. Des sortes d'instants de vie assemblés en une seule Image.
Eric Le Boucher, tant dans ces graphismes que dans les sculptures de jardin, n'aime pas le vide, partout il reprend, superpose, ajoute, assemble. De telles Imbrications de formes et de matières différentes font parfois penser aux entrelacs des enluminures médiévales, voire aux décors des miniatures persanes.
L'usage du bleu accentue d'ailleurs cette sensation. Face à ces miniatures, les petites sculptures sont autant de petites histoires, de récits racontés avec des assemblages de pièces de bols, de métal, de peinture, de chiffres.
Autre inspiration, autre technique : celle des sculptures monumentales de Jardin. L'artiste, ici , se souvient qu'il fut ajusteur avant d'aller aux Beaux-Arts de Brest et de devenir professeur de dessin .
Il s'attaque au bois,comme un bûcheron et il ajoute la couleur, non sans exubérance. Ainsi Eric Le Boucher apparaît-il comme un plasticien complet.
Rudesse de la forme se conjugue ici avec finesse. Tout l'art consiste à assembler les deux, ce qui est le cas.
Michel PRIGENT.
24 / 06 / 1988
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