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Maréchaux ayant combattu, de 1807 à 1814, en Espagne et en Portugal par Daniel Poisson  ( n°28)

Augereau, Charles : (1757-1816), duc de Castiglione, commanda en Espagne, en 1809, le 7eme corps de l’armée d’Espagne à la place de Gouvion Saint-Cyr, le 8.12.1810. ;  il fut à la tête de l’armée de Catalogne. Après s’être emparé de Ripoll, il reçut le 10.121809 la soumission de Girone et, en mars, occupa Reus. Mac Donald le remplaça  un mois plus tard.

Berthier, Louis Alexandre : (1753-1815), prince de Neufchatel, de Vallengin et de Wagram, fut major-général de l’armée d’Espagne à partir du 3 .11.1808.

Bessières, Jean-Baptiste : (1768-1813), duc d’Istrie, commanda la garde impériale et les divisions   d’observation des Pyrénées-Occidentales le 19.03.1808 en Espagne. Le 14.07, il  fut vainqueur de La Cuesta à Médina del Rio Peca avant de faire son entrée avec le roi Joseph. On le retrouve commandant en chef du 2e corps de l’armée d’Espagne le 7.09 et chef de la réserve de cavalerie deux mois plus tard. Il  servit à Burgos, Somo-Sierra, et à la prise de Madrid avant d’être vainqueur à Guadalajara. Sa carrière continua dans la péninsule ibérique avec la poursuite de l’armée  anglaise de Moore de décembre à janvier 1809 et prendra le commandement des  provinces du Nord du pays avant de regagner Paris le 9 .03.                                                                                         Le 15. 01.1811, il devint général en chef de l’armée du Nord de l’Espagne et était présent à Fuentès-de-Onoro le 5 mai avant son retour en France.

Gouvion Saint-Cyr, Laurent : (1764-1830), comte. Le 17.08.1808, il commanda le 5e corps de l’armée d’Espagne devenu le 7e corps. Après la prise de Roses, le 5.12 ;  il fut vainqueur le 16.12 à Cardeheu avant de délivrer Barcelone le lendemain ;  vainqueur encore le 21.12, à Molina del Rey, puis, à Valla le 25 février 1809.                                                                                                                                            Reus fut occupé, puis, il vainquit à Fornell et assiégea à Girone.                                                                                                                                                                                   

Disgracié et suspendu de ses fonctions, mis aux arrêts le 14 .11.1809 pour avoir quitté son poste de commandement sans attendre son successeur.

Grouchy, Emmanuel (1766-1847) Il commanda en Espagne, la  cavalerie de février à octobre 1808, et réprima l’insurrection de Madrid le 2.05.1808 avant d’en devenir  gouverneur, mais pas en qualité de maréchal qu’il n’obtint que le 15.04.1815.

Jourdan, Jean-Baptiste : Comte (1762-1833). Le 17. 07. 1808, il fut nommé chef d’état-major de l’armée d’Espagne, poste qu’il prit le 22.08.  Il remplaça, du 10.01au 21.02.1809,   Lefebvre à la tête du  4e corps, tout en conservant le même poste. A Talavera, le 28.07 ;  il fut vainqueur le mois suivant à Almonacid. Après un court retour en France, il devint, le 8.07.1811, gouverneur de Madrid, chef d’état major du roi Joseph et commanda le 28 octobre l’armée du Centre en Espagne.

Chef d’état-major général, le 16.03. 1812, de l’armée d’Espagne, il fut vaincu, le 21.06. 1813, à Vittoria et quitta son commandement le 12 .07 pour une mise à la retraite le 7.08.1813.

Kellermann, François : (1735-1820) Duc de Valmy. Commanda l’armée de réserve d ‘Espagne, le 25 11.1808.

Lannes, Jean : (1769-1809), Duc de Montebello, prince de  Sienne. En octobre 1808, il fut à la suite de l’état-major de l’armée d’Espagne et chargé de diriger le 3e corps et une partie du 6e contre Castanos dans la vallée de l’Ebre, le 18.11.1808 ; vainqueur de Castanos à Tudela, le 23.11 ;  il quitta le commandement le 2.12 pour prendre le commandement supérieur du siège de Saragosse. Début 1809, il devint le commandant en chef des 3e et 5e corps, recevant la capitulation de Saragosse le 21. 02 et rejoignit ensuite l’armée d’Allemagne.

Lefebvre, François : (1755-1820), duc de Dantzig, commanda, du 7.09.1808 au 10.01.1809, le 4e corps de l’armée d’Espagne. Après les prises de Bilbao et Santander, il fut vainqueur de Blacke à  Guenes le 7. 11, Valmaceda le lendemain, puis, occupa Ségovie le 3.12.

Mac Donald, Etienne : (1765-1840), duc de Tarente. Commanda en chef  l’armée de Catalogne à la place d’Augereau le 24.04.1810. Vainqueur le 5.09 à  Cervera, s’empara  de Manresa avant d’éprouver des difficultés à la Bisbal et  la  Valls en janvier 1811.

Marmont,  Auguste Viesse de : (1774-1852), duc de Raguse. Nommé commandant du 6e corps de l’armée du Portugal sous Masséna à la place de Ney le 9.04.1811, puis, à la place de Loison, pour en devenir le commandant en chef, le 7.05.1811 en remplacement de  Masséna . Avec Dorsenne, il  débloqua  Ciudad-Rodrigo le 24. 09. 1811 tout en délivrant Badajoz le 18.06 ; il investit le Portugal fin mars 1812, puis Almeida en avril. Après Castel-Branco, il battit en retraite pour rentrer en Espagne. Evacua Salamanque avant d’être vainqueur à Tordesillas le 18.07.1812. Il fut blessé le 22..07, 2 fois au bras droit et vaincu aux Arapiles. Il  quitta le commandement le même jour à cause de sa blessure.

Masséna, André : (1758-1817), duc de Rivoli, prince d’Essling. Commanda à Valladolid le 10 05.1810, avant de prendre Ciudad-Rodrigo le 10.07, puis Almeida. Wellington le repoussa à Busaco le 27.09, ce qui ne l’empêcha pas d’entrer à Coïmbre le 1.10 et d’obliger les anglais à se replier devant Torrès-Vedras.

En retraite vers la frontière, le 6.03.1811, il livra la bataille difficile de Fuentes-de Onoro début mai, avant d’être disgracié par l’Empereur et remplacé par Marmont.

Moncey, Bon-Adrien-Jannot de : (1754-1842), duc de Conegliano. En Espagne, le 9. 01. 1808, il fut vainqueur à Las Capreras, attaqua Valence le 28.06,  sans résultat ; duc de Conegliano le 2 .07.1808, remporte la victoire à Almanza le 3. Ayant obtenu ses lettres  patentes le 25, il commanda le 3e corps de l’armée d’Espagne et fut vainqueur à Lérin le 25.10.  Sous Lannes, il servit à Toleda, dirigea le siège de Saragosse et quitta le commandement le 2 .01.1809.

Mortier, Adolphe-Edouard-Casimir : (1767-1835), duc de Tarente. Commanda le 5e corps de l’armée d’Espagne le 2.10.1808. A la tête de la division Suchet, à Calatayud, il couvrit le siège de Saragosse.

Servit sous Lannes, de janvier à mars 1809 et fut vainqueur  à Licinena, puis à l’Arzobispo, à Ocana, où il reçut une blessure et prit part à la conquête de l’Andalousie en février 1810. Le 15.09, il vainquit à Fuentes de Cantos, connut le siège de Badajoz en janvier 1811 qui capitule.

Vainqueur à la Gevora, le 19.02,  le mois suivant, il prit Campo-Mayor et se retira en Andalousie en avril 1811.

Murat, Joachim : (1767-1815), prince, roi de Naples. Le 20. 02.1808, comme lieutenant de l’Empereur, il commanda en chef l’armée d’Espagne et devint lieutenant-général du royaume le 2 mai, date à laquelle il réprima l’insurrection de Madrid.

Ney, Michel : (1769-1815), duc d’Elchingen, prince de la Moscowa.  En Espagne, le 2.08.1808, à la tête du 6e corps, il s’empara de Bilbao, puis de Logrono de Soria, le 22.11 ; après son commandement en Galice en janvier 1809, il chassa  La Romana des Asturies en mai 1809 avant de s’emparer d’Oviédo. Fait chevalier du christ en Portugal, il revint en Galice et vainqueur à Banos le 12.08.1809. Commanda son corps d’armée après son court retour en France, et servit dans les Asturies, et fut sous les ordres de Masséna, à l’armée du Portugal le 17 .04. 1810, assiégeant Ciudad-Rodrigo et Almeida, du 24.07 au 28.08.1810. Après Busaco il fut à Thomar et commanda l’arrière-garde pendant la retraite le 6.06.1811. Vainqueur à Pombal, à Redinha, il fut défait à Foz d’Arunce le 15 .03. 1811 et suspendu de ses fonctions par Masséna  pour insubordination.

Soult, Jean de Dieu : (1769-1851), duc de Dalmatie. Commanda le 2e corps de la grande armée en Espagne en remplacement de  Bessières le 3.11. 1808. Vainqueur à Burgos, il occupa ensuite Reynosa, Santander ; puis, poursuivit l’armée espagnole de La Ramona et l’armée anglaise de Moore le 25.12.

Après Astorga, il combattit  à Lugo et à la Corogne et au Ferrol, avant d’envahir le Portugal et d’être vainqueur de La Romana à Monterey, à Verin, à Carvalho, à Bréga et à Oporto le 29.03  qu’il évacua et retraita sur la Galicie jusqu’en Castille. Le 8.08, il remporte la victoire d’El-Arzobispo et devint major-général du roi Joseph en remplacement de Jourdan le 16.09. Le 19.11, il battit les Espagnols à Ocana et envahit l’Andalousie en janvier 1810, s’emparant par la suite de  Séville. Assiégea  Olivença, Badajoz, avant de partir de Séville pour délivrer Badajoz. Vaincu à Albuhera le 16.05.1811, il se retira à Llerena, avant de  rentrer en Andalousie et débloqua le fort de Niebla, fut vainqueur à la Venta del Bahul.

Après Grenade et Séville, il débloqua Badajoz en avril 1812, et se réunit à l’armée de Suchet fin septembre. Suite à une offensive et au passage du Tage, il, rentra à Madrid avec le roi Joseph et poursuivit Wellington avant de s’établir à Tolède. Après la campagne de 1813 en Allemagne, il redevint commandant en chef des armées d’Espagne et  sur les Pyrénées le 6.07.1813 avec prise de commandement à Bayonne.

Le 27 juillet, il fut repoussé à Cubiry et livra un combat pour le passage de la Bidassoa, au pont de Berra le 1. 09. 1813, à  la              Nivelle et fut vaincu à Saint-Pierre d’Urube les 9-13.12.1813.

Suchet, Louis : (1770-1826), duc d’Albufera. Le 8.10.1808, il commanda la division du 5e corps sous Mortier et fut au siège de Saragosse. Commanda le 3e corps de l’armée d’Espagne en remplacement de Junot. Vainqueur le 15.06.1808  de Blacke à Maria, puis, à Belchite et à Alventosa en janvier 1810.  Après l’occupation de  Ségorbe, il échoua devant Valence. Il reprit Mequinensa, Tortose, Tarragone et devint maréchal de France le 8.07.1811. Vainqueur de Blacke à la Puehla de Benaguasil le 1.10.1811, au fort d’Opesa,  à Sagonte où il fut blessé d’une balle à l’épaule. Après la prise du fort de Sagonte, il fut nommé duc d’Albufera le 24.01.1812, confirmé par lettres patentes du 3.01.1813.  Il s’empara, le 4.02, du fort de Peniscola, fut vaincu à Castalla le 13.04 et fit lever le siège de Tarragonne au général anglais Murray, le 12.06. Entre-temps, Commandant en chef de l’armée de Catalogne et d’Aragon en avril ; gouverneur de la Catalogne, le 15.11 ; colonel-général de la garde impériale à Bessières le 18.

Victorieux à Molins del Rey, en janvier 1814, il doit évacuer la Catalogne 3 mois plus tard pour devenir commandant en chef de l’armée du Midi.

Victor,  Charles-Victor Perrin dit : (1784-1841), duc de Bellune. Commanda le 1er corps d’armée d’Espagne, le 7.09.1808 et devint duc de Bellune le 10 ; A Espinosa, il battit Blacke les 10 et 11.11, puis, fut à Somo-Sierra, à la prise de Madrid et vainqueur à Uclès le 13.01.1809, Messa d’Ybor le17.03, Medellin le 28, Alcabon le 26.07. Vaincu à Talavera par Wellesley,  les 27 et 28.07, il se replia sur l’Alberche le 29. Le 23.01.1810, il entra à Cordoue et s’empara du fort de Matagorda le 23.03 et fut vainqueur à Chiclana le 5.03.1811.

Sources : Georges Six : « Dictionnaire topographique des généraux et amiraux  français de la révolution et de l’Empire, 1792-1814 », Paris-Geoffroy, 1934

La musique du sacre, de Cyril Girault (27)

Tout le monde arrive à se représenter la scène du Sacre, notamment par le biais du tableau de David, et connait plus ou moins la manière dont s'est déroulée cette cérémonie. Depuis quelques années nous connaissons aussi la musique qui fut jouée durant cette cérémonie, par le biais du Festival de la Chaise-Dieu qui a édité la messe en CD.

 

Cependant, savez-vous que les partitions de la messe du sacre ont dormi pendant près de 161 ans ?

En effet, après la messe du 2 décembre 1804 et ce jusqu'en 1965, les partitions de la messe sont restées enfouies dans les combles du Conservatoire de Paris sous un amas de poussières et n'ont jamais été rejouées jusqu'au jour où le professeur Jean Mongrédien les a retrouvées.

 

Dès lors, un travail de restitution fut entrepris,car les partitions, dans leurs formes originales, étaient illisibles. ce travail, mené par le Centre d'Etudes de la Musique Française aux XVIIIe et XIXe siècles sous la direction du professeur Mongrédien, de la Fondation Napoléon et du festival de la Chaise-Dieu, a duré deux ans.

 

En 1993, la messe était enfin prête. En 1994 venait s'ajouter le Te Deum, en 1995 la marche et les motets qui venaient compléter ainsi la programmation musicale du 2 décembre 1804. Les premières mondiales furent présentées les 22 et 23 août 1995 en l'Abbatiale de la Chaise-Dieu.

 

Lors de la cérémonie du Sacre, la musique était donc composée comme suit :

1. Marche, de Le Sueur.

2. Messe, de Paisiello.(Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus dei, Dominae salvum fac).

3. Unxerunt Salomonem-Motet/Motette, de le Sueur.

4. Vivat, de roze.

5. Tu es Petrus-Motet/Motette, de Le Sueur.

6.Te Deum (te deum laudamus, Patrem immensae, Tu Rex gloriae, Christie, Judex crederis, Tu ergo quaesumus, salvum fac, Dignare, Domine, Die isto, Fiat misericordia tua, in te domine) de Paisiello.

 

Pour jouer cette musique dans la cathédrale il a fallu : deux grands choeurs, deux orchestres, une fanfare et neuf solistes, tous repartis, tous répartis en divers points déterminants de l'église.

 

Mais revenons-en aux principaux auteurs de cette musqiue, à savoir : Paisiello, Roze et Le Sueur.

Giovanni Paisiello (1740-1816), d'origine Italienne, fut le compositeur préféré de Bonaparte. Il dirigea la chapelle consulaire des Tuileries à partir  de 1802 et resta à ce poste jusqu'à l'été 1804, date à laquelle il retourna à Naples.

Cependant, avant son départ, Napoléon lui passe commande de la messe et du Te Deum pour la future cérémonie du sacre.

 

Pour succéder à Paisiello à la direction de la chapelle. Bonaparte nomma Jean-François Le Sueur (1760-1837). ce dernier fut chargé de diriger les partitions de Paisiello le jour du sacre, qu'il compléta par d'autres pièces, une marche et trois motets, dont un nous manque aujourd'hui. La marche fut jouée à l'entrée des souverains et peut-être même à leurs sortie de la cathédrale. Sur les deux motets restants, "Tu es Petrus"  fut joué au moment de la prière du pape et le dernier, "Unxerunt Salomonem", fut joué au moment des onctions sacrées

 

Quant à l'abbé Nicolas Roze (1745-1819), une pièce de lui, un choeur à quatre voix, "le Vivat" fut ajouté à la musique par Jean-françois Le Sueur, son élève.

 

La messe du sacre fut jouée le 16 juin 2005 en la Basilique de Saint-Denis devant une salle pleine et un public captivé. cette représentation, à laquelle j'assistai, fut empreinte d'une certaine émotion.

Jean-François Le Sueur, né au Plessiel (Somme) en 1760, mort à Paris en 1837

 

Giovanni Paisiello, compositeur italien, né à tarente en 1740, mort à Naples en 1816

 

Abbé Nicolas Roze, maître de chapelle.

1745-1819

 

 

Sources :  -Fascicule du Cd "Messe du sacre de Napoléon Ier, la Chaise-dieu, festival de musique" pour le texte.

-Internet : Wikipédia pour les portraits.

 Napoléon Génie Civil, par Daniel Poisson ( n° 25)

Sachant ce que l'Empereur exerce sur tous les Français d'aujourd'hui à travers le Code Civil et les nombreuses institutions et réglementations qui régissent encore notre vie quotidienne, en retracer les grandes lignes me paraissent être un hommage rendu à son génie civil, et nous le rappeler n'être pas de mauvais goût.

 

Aussi, ce ne serait point osé d'écrire que Napoléon décida d'unir tous les citoyens sans distinction de naissance ou de confession, sous la direction d'un Etat centralisé.

 

Le cadre dans lequel nous vivons aujourd'hui a été tracé par lui, donnant les structures administratives que nous avons.

Il conserva le découpage, décidé pour la Constituante, du territoire en départements et de ces derniers en arrondissements, eux-mêmes subdivisés, en cantons et en communes.

 

A cet effet, pour désigner sonreprésentant dans le département, il le choisit personnellement sous le nom de "préfet".

Sous l'ancien régime, le recouvrement des impôts était laissé à des notables nommés au hasard par les fermiers généraux, entrainant souvent des abus innommables. La loi du 4 janvier 1803 met fin à tout cela en plaçant dans chaque commune où les contributions directes étaient supérieures à 15.000 francs des "percepteurs" nommés par le pouvoir central.

 

Diverses taxes sont établies par Napoléon, notamment sur les cartes à jouer et les boissons alcooliques.

Il institua officiellement en 1805, les courses de chevaux, dans six déparements de province, puis dans celui de la Seine. ce fut l'ancêtre du P.M.U. (pari Mutuel Urbain)

 

Un sujet brûlant, l'argent des Français, ne fait-il pas enrager la majorité de nos concitoyens de donner trop d'argent à l'Etat, mais au moins leur reste-t-il la consolation de se dire que la façon dont cet argent est dépensé fait l'objet de vérifications minutieuses.

Créée en 1807 par napoléon (qui l'appelait sa "gendarmerie des comptes"), la Couir des comptes continue aujourd'hui à contrôler les finances publiques.

 

Mais c'est dans le domaine juridique que l'apport de Napoléon fut le plus important.

Pour l'essentiel, le Code Civil est toujours en vigueur en France. En outre, il a inspiré les législateurs belges, luxembourgeois, néerlandais, allemands, italiens, suisses, polonais et même japonais.

Premier Consul, il lança sa révolution juridique en 1800, dans le but de soumettre tous les Français aux mêmes obligations légales (auparavant les habitants du Nord vivaient sous le droit coutumier et ceux du midi sous le droit romain).

 Après la rédaction du Code Civil s'ajoutèrent un Code de procédure civile et un Code pénal.

 Dans le domaine religieux, Napoléon conserva l'institution du mariage civil (institué par l'Assemblée Législative en 1792) et il reste de nos jours le seul reconnu.

 C'est lui qui insista pour introduire le divorce dans le Code Civil et fixa les motifs comme l'adultère, la condamnation d'undes époux à une peine infamante et les sévices, excès ou injures graves.

 

  Dès son accession au Consulat, Napoléon créa le Conseil d'Etat où le prestige de la fonction n'a pas diminué mais n'est plus le même.

 Le pouvoir législatif appartient désormais au Parlement et le rôle du Conseil d'Etat est d'être le garant suprême de la légalité.

 "L'urbanisme", dans l'esprit de Napoléon, était affaire d'Etat ; aussi, pouvons-nous en avoir la reuve à chaque pas.

 La ville de la Roche-Sur-Yon, (appelée alors napoléon-vendée), fut reconstruite par l'Empereur, ainsi que Lyon et Cherbourg. Mais c'est sous l'Empire que Paris commença à prendre sa physionomie actuelle.

 Il fit creuser le canal de l'Ourcq, édifier des fontaines.

                                                                     

                                               Le canal de l'Ourcq à Paris, gravure du XIXe siècle

Quand nous traversons la Seine sur les ponts d'Austerlitz,d'iéna ou des Arts, quand nous empruntons la rue de la Paix, ou nous allons au Marché aux Fleurs ou bien encore à la Bourse,c'est encore à Napoléon que nous le devons.

 

 La plupart des quais de la Seine, c'est-à-dire la partie d'une dizaine de kilomètres qui s'étend entre le Louvre et Passy, ont été construits sous l'Empire, de même que l'Arc de Triomphe, la Madeleine, la Colonnade du Palais Bourbon, al galerie du Louvre parallèle à celle du bord de l'eau, la colonne de la place Vendôme.

Mais savons nous, piétons que nous sommes, que le premier trottoir de Paris fut aménagé en 1802 sur l'ordre de Napoléon, rue du Mont-Blanc, aujourd'hui notre Chaussée d'Autun.

 

Suite à un incendie déclaré au cours d'une réception donnée à l'Ambassade d'Autriche, Napoléon ordonna la dissolution du corps des garde-pompes (alors exclusivement composé de volontaires), et créa celui des "sapeurs pompiers de Paris" avec leur célèbre casque qui étaient  et sont restés des militaires placés sous l'autorité du Ministre la Guerre.-

 

Une loi de 1811 déclare que toutes les routes "non plantées et qui sont susceptibles de l'être sans inconvénient seront plantées". Napoléon consiérait les arbres comme une sorte de trésor national au même titre que les oeuvres d'art.

 

De même qu'il institua une Direction générale des Musées qui devait veiller à la conservation des chefs d'oeuvre de l'art (Le Louvre, notamment).

 

Ecologiste avant l'heure, il créa en 1801 une administration destinée à conserver le patrimoine  national de la France, celle des Eaux et Forêts.

 

Premier Consul, il a uniformisé l'enseignement et lui a donné des bases administratives, ôtant au clergé, par le Concordat de 1801, le monopole qu'il avait dans ce domaine.

 

Les lycées furent crées par la loi du 1er mai 1802. Ils étaient administrés par un proviseur et un censeur. Ces deux fonctionnaires sont toujours en place, et le baccalauréat institué en 1809 a survécu à tous les régimes.

 

Quant à l'université, elle reste divisée en académies placées chacune sous l'autorité d'un recteur, et l'on y prépare toujours à la licence et au doctorat.

 

Mais nous ne nierons pas que l'ombrte de l'Empereur plane davantage sur la vie quotidienne des Français n'en déplaise à tous ses détracteurs.

Les billets de banque ont toujours été émis par la Banque de France jusqu'à l'euro, en vertu d'un privilège octroyé par Napoléon en 1803, ainsi que les fameux napoléons en or qui ont conservé leur valeur.

 

La profession de boucher a été réglée jusqu'aux moindres détails par un décret de 1803, toujours en vigueur, et le pharmacien qui demande une "ordonnance" écrite ne fait qu'obéir à un article de la loi du 11 avril 1803.

La moindre parcelle de terrain achetée en France doit être inscrite au cadastre dû à une loi impériale du 11 septembre 1807.

 

Le paquet de cigarettes que le Français fume est vendu par la Régie Française des tabacs, monopole d'Etat créé par napoléon pour accroître les recettes de l'Etat.

 

Et le célèbre ruban de la Légion d'Honneur que reçoit un Français, il doit en remercier Napoléon qui voulait créer une distinction honoprifique ne devant rien à la naissance, ni à la richesse, ni à la classe sociale, mais seulement au mérite.

L'oeuvre civile de Napoléon aété remaniée et adaptée à notre époque, mais ses fondements essentiels sont demeurés intacts et tant qu'une oeuvre dure tant et porte tant de fruts, elle porte en soi sa justification.

 

Sources : -Les Préfets de napoléon par Jean Savant ;

-Napoléon, Larousse ;

-Napoléon et Paris, par Maurice Guerrini ;

-La vie quotidienne des Français, par Jean Tulard ;

-La vie quotidienne au temps de Napoléon, par Jean Robiquet.

La Belle-Poule de 1840, par Daniel Poisson (n°24)

Le propos n'est pas là de raconter l'histoire des trois frégates qui portèrent le nom de la Belle-Poule, mais, davantage de s'attarder sur l'épisode historique du Retour des Cendres de Napoléon 1er, en 1840.

 

La première génération de la Belle-Poule est celle de l'aventure des Indes, marquée par les combats contre un ennemi héréditaire.

Celle qui lui succède nous fait revivre l'histoire de Suffren et de Sercy, croisée par l'Egypte et un certain Bonaparte. Son destin est tragique, avec sa capture dans les Açores, en 1806.

 

La troisième, nous la connaissons pour son voyage mémorable à Ste-Hélène sous la conduite du prince de Joinville. Ensuite, on la retrouve au Canada, au Brésil, en Crimée, puis Gênes et quitte la Seine-Maritime.

 

La troisième Belle-Poule 1828-1888

 

La mise en chantier de la troisième Belle-Poule date de 1828, et reste à Cherbourg, comme l'exige le programme de sa construction. L'ingénieur Mathurin François Boucher est élève de Monge, Lalande, Berthollet et Laplace. Sans entrer dans la partie technique, La Belle-Poule bénéficie de méthodes nouvelles de constructions pour son temps. Nous n'ignorons pas sa silhouette générale avec ses peintures et les gravures d'époque. Sa longueur est de 54 mètres, sa largeur de 15, déplaçant ordinairement 2.500 tonneaux pouvant remplir des missions de guerre et de protection de convois.

 

L'équipage est le double de celui de la Belle-Poule de 1778 et son armement est décidé en 1839.

 Un jeune chef, de vingt et un ans, en assure le commandement, le Prince de Joinville, l'un des fils du roi Louis-Philippe. Joinville est secondé par le capitaine de frégate Hernoux ainsi que Touchard, futur vice-amiral.

Prince de Joinville

Le prince de Joinville, commandant de la Belle-Poule

Sainte-Hélène

Pour la circonstance, une chapelle est dressée entre la batterie et le carré.

 

De Toulon, le 7 mai 1840, la frégate avec l'équipage, l'état-major, le commissaire du Gouvernement Rohan-Chabot, les fidèles compagnons de l'Empereur, Bertrand, Gourgaud, Las Cases fils, Marchand, met la voile à destination de Sainte-Hélène.

De nombreuses escales ponctuent ce voyage, notamment Gibraltar, Madère et Ténérife. le Prince de Joinville consacre deux semaines au Brésil.

 

Arrive le moment suprême, l'aboutissement de la traversée, cette île volcanique noyée dans l'océan, avec sa capitale Jamestown, petit village misérablement enclavé dans une étroite vallée, entourée de rochers lugubres et noirs.

 

Un escalier de six cents marches permet d'y accéder et tous les souvenirs resurgissent aux survivants de 1815, la résidence du gouverneur, Plantation-House, la vallée du Tombeau, Longwood, quelques rares paysages fertiles et tropicaux.

 

L'exhumation qui a lieu sans le Prince de Joinville se fait le soir accentuant la gravité de l'événement, en présence des autorités britanniques et des représentants français, des passagers de La Belle-Poule et de La Favorite.

 

Le dernier cercueil ouvert fait apparaître Napoléon dans son uniforme vert, livide et les traits non altérés.

Après la bénédiction de l'abbé Coquereau, les constatations du médecin de la Belle-Poule, on referme rapidement la bière pour éviter l'altération brutale du corps, sans utiliser le daguerreotype pour en immortaliser l'instant.

 

Le cercueil légendaire descend de la montagne au bruit du canon, au son de la marche funèbre avant de rejoindre la chaloupe de la Belle-Poule.

Transbordement du corps de l'Empereur, de Ste-hélène sur la Belle-Poule

Le transbordement du corps de l'Empereur, de Ste-Hélène sur la Belle-Poule, le 16 octobre 1840

 Pour le retour en France, on met quarante et un jours avant l'arrivée à Cherbourg le 20 novembre.

 

Le Retour des Cendres

 

Après avoir reçu la visite de cent mille personnes, on  effectue le transfert du cercueil de la Belle-Poule sur le Normandie, coursier à vapeur, accompagné par le Courrier, la Parisienne, le Véloce.

De la Belle-Poule sur le Normandie

Transbordement du Corps de l'Empereur de la Belle-Poule sur Le Normandie, le 8 décembre 1840.

Quatre cents marins de la Belle-Poule et quelques officiels sont de retour jusqu'à la capitale.

 

Au Val de la Haye, près de Rouen, on transborde le corps de l'Empereur sur la Dorade.

 

Drapé dans un voile violet, le cercueil remonte la seine, salué par d'innombrables spectateurs, malgré le froid intense sur les berges glacées. Les Anciens de la Grande Armée,  Nobles Débris de la Vieille Garde ont revêtu leurs anciens uniformes d'Austerlitz, d'Iéna,de Wagram et de Montereau, telle l'ultime revue de ses soldats fiers de leur Empereur.

 

Le 15 décembre, les marins de la Belle-Poule escortent le char funèbre de Courbevoie aux Invalides, avec un arrêt sous l'Arc-de-Triomphe et dans un Paris pavoisé pas toujours du meilleur goût.

 

Pour les survivants de l'Epopée, les Marins de la Garde Impériale qui ont pris la relève.

Tous les marins portent avec fierté, à bras, le cercueil impérial, suivi du Prince de Joinville qui le présente à Louis-Philippe. L'heure est émouvante, la cérémonie est solennelle et grave, même si le service dure deux heures.

 

 Au cours de cette longue journée, la mort n'épargne pas de vieux braves tués par le froid.

 

Après avoir profité des plaisirs de la Capitale, les courageux marins de la Belle-Poule regagnent à pied la ville de Rouen,traversant villes et villages animés par l'enthousiasme des jeunes et des anciens pour gagner Cherbourg.

 

Une autre carrière pour la Belle-Poule

 

Son destin est tracé désormais. Ses missions sont de caractère politique et diplomatique. Elle fait, en 1841, la campagne  de Terre-Neuve et d'Islande dans des conditions très épouvantables  pour l'équipage.

 

En 1842, la Méditerranée, l'Afrique, le Brésil sont les missions de Joinville avant de rallier Brest et se préparer à la compagnie marocaine.

 

La Belle-Poule est toujours peinte en noir avec une plaque en cuivre qui marque, dans l'avant-carré, la place où reposait le cercueil de l'Empereur pendant la traversée.. On la retrouve, en 1846,dans les mers du Sud, mais elle n'a pas cessé de porter le deuil des restes mortels de Napoléon.

 

 Les derniers jours 1853-1888

 

Avec la guerre de Crimée, la Belle-Poule franchit les Dardanelles et sert de poudrière au cours de la guerre d'Italie. dès son retour à Toulon, en 1865, elle est rayée des listes de la Flotte et destinée, en 1888, à une entreprise qui lui donne le coup de grâce. Incontestablement, le plus populaire de ses commandants et le Prince de Joinville qui lui survivra jusqu'en 1900 et laissera de nombreux souvenirs.

 

Les marins d'antan ne glissent plus sur les mers, les équipages de retour dans leurs foyers comme les anciens grognards déroulent  leurs récits de voyages dont le plus célèbre reste celui de 1840 avec le Retour des Cendres : Celui à qui nul ne ressemble.

Sources : Aventures et combats des trois Belle-Poule  par l'amiral Wiezel et P.J. Charliat. Editions Maritimes et Coloniales.

  

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L’Itinéraire du pape Pie VII, d' Italie en France, en 1804 ;

M. Daniel Poisson, Président des APN (n°19)

 

Même si cet article n' a pas la prétention d' être un inventaire exhaustif des lieux où s' arrêta le Pape Pie VII en 1804, en Italie, toutes ces étapes citées constituent un patrimoine qu' on pourra, peut-être découvrir ou revoir, sous la forme de monuments, stèles, croix, calvaires, plaques commémoratives.

Dans les bulletins des APN n° 8 et 15, je relate les étapes historiques où  s'arrêta sa Sainteté en 1804 en France. Si vous avez connaissance de traces de son passage en 1804 et à d’autres périodes, merci de nous les signaler pour tous les passionnés.

Après la célébration de la messe dans l’église Saint Pierre, Pie VII quitta Rome le 2 novembre 1804, vers les neuf heures du matin, escorté par la noblesse romaine. A Roneiglione, non loin de la capitale, des démonstrations de vénération et de piété commencèrent jusqu' à Viturbe, ville décorée, atteinte vers 18 h 00, et dans laquelle le Pape se rendit à l’église de St Sisto pour la bénédiction.

Le lendemain matin, le Saint-Père gagna la chapelle du couvent de S. Rosa, puis, il passa dans le palais du gouverneur pour les réceptions. Dès 10 heures, il se remit en route, et à mi-étape, se présenta l’évêque de Montefiascone. A Boselma, le conseil municipal lui remit les clefs de la ville, avant de recevoir plus tard, à Aquapendente, une collation dans le palais Filzacappa et de parvenir à Radicofari à la nuit tombée.

Après Ponte Centino, Sa Sainteté fut escortée, après les gardes nobles et les dragons pontificaux, par les gardes à cheval de la reine d'Étrurie. Le cortège entra à Sienne où était attendu le Souverain Pontife sous le porche de la cathédrale. Le nonce, Mgr Morazzo, officia avant de rejoindre le palais communal où des tables avaient été préparées.

On reprit la route de Florence où Pie VII fut conduit à l’église S. Spirito, puis au palais Pitti pour un banquet avec la reine. Le 6 novembre 1804, Sa Sainteté donna, avant le banquet, le sacrement au jeune roi dans l’une des salles du palais, puis Elle se rendit au couvent de Sainte Marie-Madeleine.

Le cortège repartit le lendemain par les routes de l'Arno, bruyantes d’acclamations et de volées de cloches, jusqu'à Pistoie. Là, il descendit, se reposa et dîna dans le palais de l’évêque et rejoignit ses logements à S. Marcello.

La frontière fut franchie à Parille, entre la Toscane et la République Italienne escorté, cette fois-ci, par des soldats français, il traversa Modène, Reggio, Parme où le cardinal Fesch le rejoignit.

Avant d’atteindre Plaisance, et la maison de Saint Lazare, le général Menou, l’évêque et la municipalité furent à ses cotés et l’accompagnèrent dans les principales églises de la cité. A Turin, le Saint Père fut accueilli dans l’enthousiasme, tandis que le Cardinal Cambacérès, archevêque de Rouen, le sénateur Aboville et le maître des cérémonies, l’attendaient à la limite du département de Marengo pour le saluer au nom de l’Empereur.

Le jour suivant eut lieu la grande cérémonie dans la chapelle du S. Suaire avant de reprendre la route jusqu'à Suse où il coucha. Le 15 novembre, le départ fut très matinal, pour passer le col du Mont-Cenis, et à Novalère, le Pape et sa suite montèrent en chaise dans une neige épaisse. Un repas fut pris à l’hospice des Cisterciens et chacun se retrouva le soir à Lanslebourg.

Le lendemain, le Pape, de nouveau en carrosse, coucha à Saint-Jean-de-Maurienne, dans le palais de l’évêque, transformé en préfecture, après un accueil remarqué au Pas-de-l'Echelle. Le Pape fut logé à Beauvoisin avant de faire son entrée à Lyon qu’il quitta le 21 novembre 1804.

Nous connaissons l’itinéraire qu’il emprunta ensuite avant de faire un arrêt historique en forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne, à la Croix de Saint-Hérem, avec Napoléon le 25 novembre 1804, puis, enfin, Paris, le 28 novembre, dans la soirée.

 

   Les deux souverains

 

Les deux souverains par Gross-Weiss.

 

Sources :

  Répertoire mondial des souvenirs napoléoniens. SPM, Chappet, Martin, Pigeard, Robe.  

Artaud de Montoi. (AF) - Histoire du Pape Pie VII. - Pie VII, Leflon (J).

  

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Napoléon, poste restante (n°19)

Communication de Jean-Yves Labadie, secrétaire général des APN  

 

  Carte de Ste-Hélène

 Carte de Ste-Hélène

 

Perdue dans l'Atlantique sud, l'île de Sainte-Hélène inscrit son nom dans les mémoires en accueillant le vaincu de Waterloo. Chaque année, quatre cents lettres parviennent sur l'îlot, à l'adresse... d'un défunt empereur.

Depuis sa découverte en 1502 par un navigateur portugais, Juan de Nova Castella, Sainte-Hélène a conservé son mystère et son isolement extrême. Devenue territoire hollandais, puis britannique, l'île est entrée dans l'Histoire en 1815 en accueillant le vaincu de Waterloo.

Aujourd'hui, ce minuscule rocher de l'Atlantique sud, jadis place forte, a presque oublié son illustre prisonnier et ne survit qu'avec les subventions de La Couronne ou grâce aux passages du Royal mail ship Saint-Helena, véritable cordon ombilical qui le relie au monde.

"Napoléon ler, empereur des Français. Île de Sainte-Hélène, Atlantique sud" Quatre cents lettres ainsi libellées parviennent chaque année à Longwood, demeure où Napoléon rendit son dernier soupir. Si les habitants de l'île se montrent relativement indifférents à l'épopée impériale, le culte napoléonien continue de faire vivre Sainte-Hélène dans les mémoires.

Gardien du temple, Michel Martineau, consul honoraire et conservateur des domaines français, répond inlassablement à tous les curieux. Il a plus rarement l'occasion de faire visiter Longwood, les Briars (première résidence impériale dans Ne) ou la tombe de Sane Valley. Les voyageurs qui s'autorisent un mois de croisière pour faire le tour du rocher sont rares.

UN CAILLOU ISOLÉ AU MILIEU DE L’OCÉAN

Sainte-Hélène ignore tout du trafic aérien; il n'existe pas un terrain où l'on puisse construire une piste. Et sa situation - cinq jours de mer jusqu'au Cap, port le plus proche - interdit de rêver encore à ce rôle d'escale joué au temps de la Compagnie des Indes orientales. Le caillou qui vit mourir Napoléon est peut-être l'un des rares territoires du monde à n'avoir pas profité de l' avènement des transports aériens tout en ayant souffert de la disparition des lignes maritimes qui sillonnaient couramment l'Atlantique, d'un hémisphère à l' autre.

 

          Ste-Hélène

 

Ste-Hélène.

 

Aujourd'hui, cette poussière d'empire se sent bien loin de l'Angleterre (7 200 kilomètres) et ne songe guère à se tourner vers les côtes angolaises (l 800 kilomètres). Même ses dépendances de l'Ascension (1100 kilomètres au nord-ouest) et de Tristan-da Cunha, exilée à près de 4 000 kilomètres demeurent hors d'atteinte.

Que deviendrait Sainte-Hélène sans le Royal mail ship Saint-Helena, dernier "bateau du courrier royal" au monde, qui y fait escale deux à trois fois par mois, selon qu'il remonte vers Cardiff ou descend vers le Cap ? Cargo mixte, le navire apporte tout le nécessaire à la vie sur l'île et peut transporter une centaine de passagers. Les îliens lui doivent leurs véhicules, leur nourriture et autres marchandises, et surtout ce courrier qu'ils attendent pendant des semaines.

Reliés au reste du monde par le téléphone et le fax, les Héléniens n'en attachent pas moins une grande importance à leur poste. L'ancien mess des officiers, un immeuble jaune aux balcons peints en vert situé dans Main Street, devenu "Post Office" s'anime au moment des escales. Il faut affranchir lettres et paquets, se hâter de répondre au courrier livré la veille, se dépêcher de communiquer. Les files d'attente s'allongent en un lieu d'ordinaire désert.

Les employés devront aussi satisfaire aux commandes venues des philatélistes du monde entier. Outre ses propres séries de timbres, Sainte-Hélène commercialise celles de l'Ascension et de Tristan-da-Cunha, l'île qui inscrit sur ses timbres leur valeur en pences et en ... pommes de terre.

Parmi les thèmes Héléniens, on recense des séries dédiées aux visiteurs prestigieux de l'île, aux bateaux qui ont jalonné son histoire et à leurs capitaines. Napoléon ? Un prisonnier de guerre comme tant de ceux qui ont été détenus ici.

LE CULTE DE L'EMPEREUR ATTIRE DES PASSIONNÉS ET DES ORIGINAUX

Tout juste si, en 1990, à l'occasion du 150ème anniversaire du retour des cendres, le bureau philatélique lui a consacré une série particulière, illustrant l'évènement. Pourtant le culte de l'Empereur attire bien des passionnés et des originaux. Le capitaine Roberts, maître du RMS Saint-Helena, se souvient de cette jeune Américaine qui, aussitôt débarquée, s'est promenée dans l'île en robe d'époque en déclarant être l'impératrice Joséphine. Un autre passager tenait absolument à rendre les honneurs à Napoléon avec un sabre qui a nécessité de longues formalités douanières... Ainsi va l'Histoire.

 

     RMS Ste-Hélène

 

Le RMS Ste-Hélène

 

Sous l'œil méfiant des îliens, le consul de France, comme son père avant lui, veille sur le drapeau tricolore. Et le reste du monde se passionne pour le rocher où l'Aigle fut abattu en ignorant Sainte-Hélène et ses habitants. (Geneviève Fidani).

Nombreux sont les amateurs de timbres qui écrivent chaque année au bureau philatélique de Sainte-Hélène pour se procurer ses dernières productions. Cinq à six nouvelles séries sont émises chaque année et les enveloppes "premier jour" restent disponibles plusieurs mois, voire un an ou deux, après leur lancement. Les philatélistes avertis ne manqueront pas de se procurer des enveloppes timbrées dans l'île, mais affranchies en mer portant la mention "posted at sea" que le Royal mail ship Saint-Helena est seul en droit d'apposer. Ce courrier est confié, lors de l’escale à l’Ascension, à l'avion de la Royal Air Force qui relie cette île à l'Angleterre une fois par semaine. La vente de timbres est une véritable source de revenus pour Sainte-Hélène, qui en tire chaque année environ 300 000 F. Les commandes, accompagnées d'un mandat international, sont à adresser à :

The Saint-Helena Post OfficePhilatelic BureauJamestownIsland of Saint-Helena South Atlantic Ocean.

Ste-Hélène en timbre.

 

LES ESTAMPES DU CONSUL DE FRANCE

Michel Martineau, conservateur des domaines français de Sainte-Hélène et consul de France, est aussi un passionné de peinture. Amoureux des fleurs et des plantes de l'île, il consacre son œuvre au répertoire floral. Une partie de ses toiles est même dédiée aux plantes endémiques de Sainte-Hélène. C'est parmi cet herbier que le bureau philatélique de l'île choisi les sujets qui illustrent certaines de ses livraisons de timbres de Sainte-Hélène.

 

TÉLÉCARTES EN SÉRIE

Depuis peu, Sainte-Hélène, dont le réseau de cabines téléphoniques ferait pâlir bien des sous-préfectures, possède également ses propres séries de cartes magnétiques. Deux séries sont actuellement disponibles. L'une comporte trois vues de l'île et la seconde représente des variétés d'oiseaux et de poissons visibles en Atlantique sud. Valeur 2,5 et 7 livres.

 

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Napoléon, la série télévisée, les grossières erreurs,

par Jean-Yves Labadie (Bulletin n° 18)

 

On attendait tous avec impatience, la série "Napoléon" sur France 2, avec Christian Clavier dans le rôle titre, hélas, alors que nous pensions tous voir une excellente adaptation de l'œuvre de Max Gallo, seule la déception était au rendez-vous. Voici plusieurs erreurs, des plus grossières, que j'ai relevé dans ce téléfilm :

 

1er épisode

- Dans les premières minutes, on nous montre que, lors de leur rencontre, Bonaparte et Joséphine eurent le coup de foudre. C'est faux. Joséphine était loin, à l' époque, d' avoir le béguin pour le futur empereur, elle ne devait l 'épouser que poussé par Barras, dont elle était la maîtresse alors et qui cherchait à se débarrasser d' elle et à la caser.- Bonaparte est fait général en chef de l' armée d'Italie le lendemain de l' affaire du 13 vendémiaire, alors que, en réalité, il reçut ce commandement en cadeau de noces, offert par Barras, pour son mariage avec Joséphine.- On passe de la campagne d'Italie à celle d'Egypte à une vitesse incroyable, et, si dans la première on ne parle pas du traité de Campo-Formio, dans la seconde aucun mot sur la découverte de la pierre de Rosette qui pourtant, devait, bien plus tard, révéler le secret des hiéroglyphes. De plus, nous apprenons, oh ignominie, que Bonaparte aurait fait la campagne d'Egypte uniquement pour payer la Malmaison.- Quand on voit Talleyrand pour la première fois, on comprend très vite que ce devait être un film à petit budget puisqu'ils n'ont même pas eu de quoi offrir à John Malkovitch, qui incarnait ce personnage, une perruque poudrée.- Depardieu, quant à lui, dut se sentir serré dans la peau de son personnage, Fouché étant, contrairement à lui, petit et maigrichon.- A Saint-Cloud, le 18 brumaire, hué par les Cinq Cents, Bonaparte et son frère Lucien sortent ensemble de la salle et vont chercher Murat et ses hommes. Pour rassurer les soldats, Lucien menace de son poignard, son frère devant les soldats. Où Didier Decoin, le réalisateur du film, a-t-il lu que cela s'est passé comme cela ? Lucien, menaça bien son frère de son poignard, mais ce fut devant les membres du conseil et non devant les soldats, et Bonaparte était resté dans la salle pendant que Lucien allait trouver Murat.

 

2ème épisode

- Le soir de l'attentat de la rue Saint- Nicaise, le carrosse de Bonaparte s'arrête devant la charrette bourrée d'explosifs, les soldats poussent celle-ci pour faire passer le carrosse. Faux : ce soir là, le cocher du 1er Consul était totalement ivre et fouettait les chevaux à vive allure, c'est ce qui sauva la vie du chef de l'Etat.- Dans le film, c'est Caulaincourt que l'on charge de l’arrestation du duc d'Enghien. Dans la réalité, ce fut le colonel Charlot.- La série présente un Bonaparte refusant de faire grâce au duc, se retenant de faire tout geste pouvant sauver ce dernier. Or, l'histoire, avec un H, nous enseigne que le Premier Consul, ce soir-là, envoya Savary à Vincennes afin de lui ramener le duc pour qu'il ait un entretien avec lui. Savary arriva bien à la prison, mais le directeur avait donné ordre qu'on ne le réveille pas, et parce que les gardes n’osèrent pas lui désobéir le duc fut exécuté. Apprenant cela, Bonaparte rentra d'abord dans une violente colère, puis se reprit et décida d’assumer toute la responsabilité. Combien de nos présidents eussent agi comme lui, après coup ?

 

Sacre

 

- Fouché demande à l'Empereur pourquoi il fait des plans de guerre alors que nous sommes en paix, ce dernier lui répond "Vous avez raison, il est temps d'attaquer !" On a l’impression que c'est Napoléon qui déclare la guerre alors que c'est l'Autriche et la Russie, qui, sous la pression de l'Angleterre, qui la lui ont déclaré.- Que faisait Talleyrand. à Austerlitz ? Il n'y était pas que je sache.- Hormis Murat et Caulaincourt, on ne voit guère les autres maréchaux et généraux. On se demande pourquoi Caulaincourt a un rôle si important, dans la réalité il était bien moindre.- Pourquoi Napoléon est-il en Pologne ? On ne s'attarde guère sur les raisons. Jamais Fouché ne s'est rendu en Pologne, pas même pour annoncer à l'Empereur la nouvelle qu'Eléonore Denuelle de la Plaigne avait accouché d'un enfant de lui, un garçon. Napoléon apprit cela par écrit.- Le feuilleton aurait pu insister un peu plus sur le fait qu'on doit à Napoléon non seulement le Code Civil, mais aussi un grand nombre de canaux et de routes.- On apprend qu'Eléonore a décidé d'appeler son fils, Léon. Faux. Elle voulait lui donner le nom de Napoléon, mais l'Empereur ayant des doutes, et avec raison, sur la fidélité de la belle, ordonna que l'enfant ne porte que la moitié de son nom. Napoléon se montre des plus romantiques envers Marie Walewska. En réalité, ce fut presque un viol.

 

3ème épisode

- A Eylau, Murat charge nu-tête. Faux, il portait son shako.- Toujours à Eylau, l'Empereur ordonne de donner la Garde et, on apprend de sa bouche que "c'est la première fois". Faux, elle avait déjà donné à Austerlitz.- De Tilsitt, on passe à 1808, en Espagne, où l'on voit des soldats français se faire égorger par des paysans. Pourquoi les Français se trouvent-ils en Espagne ? On se le demande.- En 1809, à Essling, l'Empereur est blessé à la cuisse. Faux, c'était à Ratisbonne et au pied.- On nous montre, sur son lit de mort, Lannes demandant à l'Empereur d'arrêter les guerres. D'abord Lannes et Napoléon se trouvaient seuls, à ce moment, sans aucun témoin. Personne ne peut affirmer que Lannes a dit cela, ce sont des ragots. D'ailleurs, comment aurait-il pu lui reprocher les guerres, puisque, et il le savait parfaitement, ce sont les coalisés qui déclaraient sans arrêt la guerre à l'Empereur. En revanche, je pense qu'il a dû plutôt demander à l'Empereur de veiller sur sa femme et son fils, ce que Napoléon devait d'ailleurs faire. Mais Lannes était-il vraiment seulement en état de demander quoique ce soit ?- Fouché écoute aux portes. Comment-est-ce pensable, lui qui payait un tas de domestiques pour être au courant de tout et qui avait même Joséphine dans sa poche. - Comme il a été dit plus haut, Napoléon n'était pas sûr de sa paternité en ce qui concernait l'enfant d’Eléonore Denuelle de la Plaigne. Par conséquent, la naissance du jeune Léon n'a en rien contribué à sa décision de divorcer d'avec Joséphine. En revanche, la nouvelle que Marie Walewska venait d'avoir un enfant oui, car là il ne pouvait douter.- Monsieur Didier Decoin nous met la date de naissance du Roi de Rome le 19/3/1811 et nous dit que c'est Corvisart qui accoucha l'Impératrice. Faux, archi-faux. L'Aiglon est né le 20 et c'était le docteur Dubois. Monsieur Didier Decoin est-il bien sûr d'avoir lu comme il faut Max Gallo dont il prétend s'être inspiré ? Comment ce dernier a-t-il pu donner son aval pour un feuilleton aussi truffé d'erreurs ?- Pour le départ de la campagne de Russie, les drapeaux sont ceux d'Austerlitz et de Wagram. Depuis 1810, leur forme avait changé et était devenue celle que l'on connaît aujourd'hui.

 

4ème épisode

- Aucun mot sur le complot Malet qui obligea l'Empereur à quitter son armée en Russie.- Ce n'est pas Metternich que Napoléon reçut à Saint-Cloud mais le prince de Schwarzenberg. Il devait avoir un entretien avec le premier, à Dresde.- Leipzig et la trahison des saxons ? Connais pas.- Ney n'a pas trahi en 1813, mais en 1814, et non pas en quittant l'Empereur mais en l'obligeant à abdiquer.- Ce n'est pas Marie Walewska qui lui donna son argent, mais sa sœur Pauline qui lui donna ses bijoux.- A l'île d'Elbe, lors d'une conversation avec sa mère, on apprend que c'est son père qui obligea Napoléon à devenir soldat. Faux, en réalité, en tant que fils cadet, Napoléon aurait dû, soit entré dans les ordres, soit devenir avocat, et son frère Joseph, lui, être militaire. Mais Charles se rendit vite compte que Napoléon n'avait pas un tempérament d'homme de robe, et Joseph encore moins celui de soldat. C'est pourquoi il décida d inverser les rôles.- Ney n’était pas à la tête du 5ème de Ligne à Laffrey.- Il ne rejoignit l’Empereur que le 12, à Auxerre.- Ce n’est pas Cipriani, mais le lieutenant de vaisseau Besson, qui, à 1'lle d'Aix, proposa un plan d'évasion pour l'Amérique à Napoléon.- Hudson Lowe faisait espionner l’Empereur, mais ne l’espionnait pas lui-même. En revanche, il tenta de forcer sa porte pour le voir- Jamais Bonaparte ne fut un élève dissipé comme le montre ce film, vu comment on faisait régner la discipline à Brienne en agissant ainsi le jeune Corse aurait vite été renvoyé de l’École Militaire.- A la fin du film, il est écrit que Napoléon repose désormais, selon son vœu, au milieu du peuple Français. La fin de la phrase "qu'il a tant aimé" est omise.

 

Note de la rédaction :

Qu'il nous soit permis d'ajouter qu' outre les erreurs signalées par notre ami Jean-Yves Labadie, il y en a une foule d'autres concernant notamment les uniformes, les régiments, etc. très bien signalées par Rigo dans la revue "Tradition" de décembre 2002.

  

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Le Panthéon et les personnalités du Premier Empire (Bulletin n° 16)

Par Mr Daniel Poisson

 

Ce haut-lieu de la Nation érigé de 1764 à 1790, par Soufflot, puis Rondelet, aux Grands Hommes la Patrie Reconnaissante, fut le 20 juillet 18% réservé au culte catholique, à un musée des monuments funéraires des églises détruites ou fermées et un lieu de sépulture. Impressionnant par son caractère grandiose et son austérité, on y trouve les grands noms de civils et militaires, des serviteurs du régime impérial qui transformèrent notre pays après une période de troubles révolutionnaires et d’incertitudes directoriales.

Note : Pour chacun des personnages ci-dessous, on n'a cité, volontairement, que le motif principal qui lui a valu d’être inhumé au Panthéon, et non l’ensemble de ses mérites.

Sources : Centre des Monuments nationaux - Éditions du Patrimoine.

Claude-Louis Pétiet (1749-1806), l’organisateur des troupes   Louis-Vincent-Joseph Le Blond, comte de Saint-Hilaire (1766-1809), un héros d’Austerlitz.

François-Denis Tronchet (1726-1806), le Code Civil      Jean-Baptiste, comte Treilhard (1742-1810), un des pères du Code Civil   

Jean-Baptiste-Pierre Bévière (1742-1810), doyen des notaires    Louis-Antoine, comte de Bougainville (1729-1811), un tour du monde scientifique.

Louis-Joseph-Charles Amable d'Albert, duc de Luynes (1748-1807), le disparu du Panthéon Carlo, cardinal Erskine of Kellie (1739-1811), un cardinal "laïc" .      

Joseph-Marie-Etienne, comte Portalis ( 1745-1807), les questions religieuses  Alexandre-Antoine Hureau, baron de Senarmont (1769-1811),l' artilleur des armées.        

Louis-Pierre-Pantaléon Resnier (1759-1807), du journal le Moniteur au Sénat      Ippolito-Antonio, cardinal Vincenti Mareri (1738- 1811), un cardinal fidèle .    

François-Barthélémy, comte Béguinot (1747-1808), le soldat de la République    Michel, comte Ordener (1751-1811), héros à Austerlitz  

Justin-Bonaventure, comte Morard de Galle (1741- 1809), un amiral sénateur       Nicolas-Marie, comte Songis des Courbons (1761- 1810), le Maître de l’artillerie.      

Jean-Baptiste Papin, comte de Saint-Christau (1756- 1809), juriste      Jean-Marie-Pierre-François Le Paige, comte Dorsenne (1773-1812), la Garde Impériale.

Hyacinthe-Jean-Pierre, comte Sers (1746-1809), armateur protestant      Jean-Guillaume de Winter, comte de Huessen (1761- 1812), l’amiral batave       

Joseph-Marie, comte Vien (1716-1809), le Maître de David       Hyacinthe-Hugues-Timoléon de Cossé, comte de Brissac (1746-18131, le chambellan de Madame Mère   

Giovanni-Battista, cardinal Caprara, Montecuccolli (1733-1810), archevêque de Milan     Jean-Ignace Jacqueminot, comte de Ham (1758-1813), l’avocat de Nancy   

Charles-Pierre Claret de Fleurieu de la Tourette,   Comte de Fleurieu (1738-1810), le calcul des longitudes    Joseph-Louis, comte Lagrange (1736-1813), la mécanique analytique       

  Jean, comte Rousseau (1738-1813), un fidèle soutien du régime napoléonien       

Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1809), l’Ajax et Le Roland français François-Marie-Joseph-Justin, comte de Viry (1726-1813), le préfet de la Lys.

Frédéric-Henri, comte Walther (1761-1813)1, de l'Italie à la Russie.   Jean-Nicolas, comte Démeunier (1751-1814), les institutions du monde.   

Claude-Ambroise Regnier, comte de Grunau, duc de Massa di Carrara (1746-1814), Grand Juge de l'Empire.   Jean-Louis-Ebenezer, Comte Reynier (1771-1814), de l'Egypte à la Pologne.

Claude-Juste-Alexandre-Louis, comte Legrand (1762- 1815), la gloire d'Austerlitz.       Antoine-Jean-Marie, comte Thévenard (1733-1815), un amiral de la Révolution.

Lazare-Nicolas-Marguerite, comte Camot (1753-1823), un mathématicien deux fois ministre. Gaspard Monge, comte de Péluse (1746-1818), l’inventeur de la géométrie descriptive.   

Abbé Baptiste-Henri, comte Grégoire (1750-1831), les charges et les avantages de citoyen pour les juifs.      

  

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L'installation du préfet de l'Eure en 1800 (Bulletin n° 16)

Par Mr Jean-Yves Labadie

 

Le 28 pluviôse an VIII (17.02.1800), à l’initiative du Premier Consul, est créé le Corps des Préfets, institution toujours en vigueur de nos jours. Les premiers préfets sont nommés par le Premier Consul le 11 ventôse an VIII (2.03) (1)

Dans le département de l'Eure, le tout premier préfet nommé à ce poste est Bernard Lannes, le propre frère du général (plus tard maréchal et duc de Montebello), mais il n’aura pas le temps de s’installer: le 18 ventôse, soit 7 jours après sa nomination, il sera muté à la préfecture des Hautes-Pyrénées à l’instigation de Cambacérès qui estimait que ce candidat "ferait bien peu en Normandie ... où il est peu connu où il ne connaît personne..." (2).

Le 19, était nommé celui qui sera le véritable premier préfet de l'Eure : Armand Claude Masson de Saint-Amand. Ce dernier, né à Paris en 1756, fut avocat conseillé du roi en 1789 sous la Révolution. Il se tint à l' écart de tout engagement politique et accepta, sous le Directoire une mission sans lendemain, sur les constructions maritimes. De plus, ce père de famille, veuf, était propriétaire du château d'Amfreville-sur-Iton et disposait de 22 000 francs de revenus plus imposés dans le département (2).

C'est le 7 germinal an VIII, à 11 h (28.03.1800) que ce personnage fait son entrée à Évreux pour prendre ses fonctions :

"Tous les corps rassemblés se rendent escortés d’un détachement de la garde nationale, et aux sens alternatifs de la musique et des tambours, au logement du citoyen préfet qui se met en marche avec le cortège, et se dirige vers l’administration centrale. Arrivé au lieu des séances, le Chevalier Masson de Saint-Amand dépose sur le bureau l'arrêté du premier Consul du 19 ventôse, portant sa nomination de préfet du département : il dépose ouvertement une lettre du ministre de l'Intérieur, en date du 22 du même mois, à l'adresse de l'administration centrale, par laquelle il invite à procéder à l'installation du Chevalier Masson de Saint- Amand..."

Le président de l'administration centrale, Lehec, alors, fit un discours de bienvenue au préfet dans lequel ce dernier était encensé

"... il fallait aux habitants de l'Eure un homme sage dont les mains bienfaisantes pussent cicatriser les plaies profondes qu'on leur a faites, un homme impassible comme la loi, de mœurs doux et paisibles, d'une priorité sévère, qui par sa réputation put enchaîner l'opinion publique, et dissoudre le poison corrosif des passions humaines..."

Ce à quoi, le Chevalier répondit :

" ... je prétends à mon tour, m'élevant à la hauteur de mes fonctions, rivaliser avec vous, de vrai patriotisme et de zèle pour la chose publique, félicitons-nous des bienfaits que nous présage la régénération de l'ordre social et politique ; jouissons de ceux dont nous sentons déjà l'heureuse influence. Oublions les extrêmes ; oublions ces vieilles qualifications, que l'exagération seules a pu dictées, et qu'un gouvernement sage et paternel repousse ; il ne connaît plus que les bons et les mauvais citoyens. Puissé-je dans mon administration ne rencontrer que les premiers ......"

Le discours, couvert d'applaudissements, est suivi des cris de `Vive la République ! " et la musique exécute l'air - "Où peut-on être mieux qu'au sein de sa famille ?" (3).

Le 9, l'administration reçoit du préfet la lettre suivante :

"J'aurais désiré, citoyens, ne pas vous déplacer pour mon logement, mais d'après les visites que j'ai faites de tous les bâtiments nationaux existant dans votre commune, celui que vous habitez est le seul que je puisse occuper. Je me trouve donc forcé de vous inviter à transférer vos bureaux dans le local que le directeur du jury auquel j'en ai référé, occupe dans ce moment, les mesures sont prises pour qu'il rende les appartements disponibles, croyez citoyens qu'il m'est pénible de vous priver de la disposition d'un édifice qui vous était abandonné depuis longtemps, il ne fallait pas mieux que la nécessité de me loger d'une manière digne de mes fonctions, pour me déterminer à exiger de vous ce sacrifice. " (3).

Il faut savoir, que, sous la Révolution la municipalité s'était installée à l'Évêché, alors abandonné. Quand le Chevalier Masson de Saint-Amand vint prendre ses fonctions de préfet, parmi les bâtiments qui lui furent proposés figurait le château de Navarre, mais ce dernier avait deux inconvénients:

1° Il se trouvait trop à l'extérieur de la ville.

2° Depuis la mort du duc de Bouillon, en 1792, le château, à l'abandon, était dans un état de délabrement. Il faudra attendre l'arrivée de Joséphine en ces lieux pour que Navarre retrouve un peu de sa jeunesse.

C'est pourquoi, le préfet estima, comme on l'a vu, que le meilleur endroit pour lui était l'Évêché, et la municipalité dut se choisir un local dans les Ursulines pour s'y loger (4). Lorsque le 25 messidor an X (14.07.1802), suite au Concordat le nouvel évêque Monseigneur Bourlier, vint s'installer, le préfet refusa de lui rendre l'Évêché et il dut accepter comme siège épiscopal, l'ancien séminaire Saint-Leufroy (5).

On ne peut pas dire que Masson de Saint-Amand sut se faire aimer dès le premier abord par les habitants du département, car  

" .... à peine fut-il installé qu'il mit à exécution la terrible loi sur les militaires réquisitionnaires et conscrits reconnus infirmes dans toutes les visites précédentes et porteurs de dispenses de service militaire, lesquels par cette loi étaient ou obligés de payer 300 livres ou de rejoindre différents corps de l'armée, et cela sous un très court délai". (4)

Toutefois, son intéressement au développement de l'école centrale, ses visites à l'hospice, aux prisons, le fait qu'il interrompit ses fonctions 19 fois en 5 ans, la plupart (soit 14) pour des tournées départementales, démontre en lui un fonctionnaire zélé et scrupuleux (6), et il sera d'ailleurs fait en 1805, chevalier de la Légion d'honneur. Mais, ces qualités ne devaient pas l'empêcher d'être destitué, le 29.07.1805, pour s'être laissé corrompre (7).

 

Notes :

(1) Dictionnaire Napoléon par Tulard. (2) Le département de l'Eure sous le Consulat et l'Empire de Jean Luc Suissa. (3) Archives municipales. Délibérations du Conseil Municipal an 7 à 8. (4) Rogue: Souvenirs et journal d'un bourgeois d'Évreux. (5) Promenades historiques et anecdotiques dans Évreux par Henri Lamiray. (6) Son successeur, Rolland de Chambaudoin, lui, s'intéressera beaucoup moins à son département, et se contentera de faire appliquer les directives de Paris, et il interrompra 13 fois ses fonctions, mais pour seulement effectuer 6 tournées, soit à peine une par an. Chambaudoin sera destitué le 12.03.1813 pour n'avoir pas voulu prendre les mesures de rigueur qu'exigeaient les problèmes de la mendicité, des mouvements du prix du blé et la répression du marché noir.

 

   

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Textes et images Jean-Yves Labadie - Conception Eric Le Maître.

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