La République universelle

LA REPUBLIQUE UNIVERSELLE

Sous la direction de Paul Baquiast et Emmanuel Dupuy

Préface d'
André Bellon

ancien président de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée Nationale

VOLUME 1

l'IDÉE RÉPUBLICAINE EN EUROPE (XVIIIE-XXIE SIÈCLES)

HISTOIRE ET PENSEE UNIVERSELLES, EUROPE

VOLUME 2

l'IDÉE RÉPUBLICAINE DANS LE MONDE (XVIIIE-XXIE SIÈCLES)

NOUVEAU MONDE, AFRIQUE, MONDE MUSULMAN

Collection Questions contemporaines
L'Harmattan


ISBN : 978-2-296-02795-4  (vol 1), 978-2-296-02796-1 (vol 2)

mars 2007 • 240 et 196 pages

Prix éditeur : 21 € et 17 € 

EXISTENT SOUS FORMAT NUMERIQUE (E-BOOK) AU PRIX DE 14 € 70 et 11 € 90 SUR LE SITE DE L'HARMATTAN

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Les auteurs

Alimbau Jaume Renyer

Professeur adjoint, Université Rivira i Virgili, Taragone

Audier Serge

Maître de conférences en philosophie, Université Paris IV

Baquiast Paul

Docteur en histoire de l’Université Paris IV, principal du collège Henri Matisse (Issy les Moulineaux), président de l’Association des Amis d’Eugène et Camille Pelletan

 Billon Didier

Directeur-adjoint de l’IRIS (Institut de Recherches Internationales et Stratégiques)

 Carod-Rovira Josep-Lluís

Président d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC)

 Chevrier Marc

Professeur de sciences politiques, Université du Québec, Montréal

 Courmont Barthélémy

Chercheur à l’IRIS

 Croisier Catherine

Chercheur à l’IRIS

 Csurgai Gyula

Directeur du Centre International d’Etudes Geopolitiques (CIEG) de Genève ; professeur de géopolitique à la Geneva school of Diplomacy ; directeur d’études au programme universitaire School for International Trading

 Dupuy Emmmanuel

Président de l’association d’Etudes en Relations Internationales et Défense (ERID) ; secrétaire général de l’Association des Amis d’Eugène et Camille Pelletan

 Fazelly Kacem

Professeur de droit, ancien ministre du gouvernement afghan

Fontaine José

Docteur en philosophie de l’UCL, directeur de la revue mensuelle TOUDI

Jakab Attila

Docteur en histoire de l’Université Marc Bloch, Strasbourg

 Kaninskaïa Galina

Professeur d’histoire contemporaine, Université de Iaroslav

Latifi Veton

Analyste politique, maître de conférences en Relations Internationales et Sciences Politiques à l’Université de l’Europe du Sud-Est (SEEU) de Macédoine.

Marzouki Moncef

Professeur de santé publique, écrivain et opposant tunisien

 Mioche Antoine

Maître de conférences en civilisation britannique, Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines

 Mira Tarik

Secrétaire national aux relations internationales du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD)

 Misraï Serge

Journaliste, ancien présentateur du JT d’Antenne 2

 Naghibzadeh Ahmad

Professeur de sciences politiques, Université de Téhéran

Perez Michel

Maître de conférences en civilisation britannique, Université de la Nouvelle Calédonie

Rajaonarison Alain

Docteur en histoire de l’Université Paris VII

 
Ridolfi Maurizio

Professeur d’histoire contemporaine, Università della Tuscia, Viterbo

Toursel Serge

Docteur en sciences de l’éducation de l’Université de Lille

 Vautravers Alexandre

Docteur en sciences économiques et sociales et en histoire des Université de Genève et de Lyon II. Directeur du Département de Relations Internationales de l'Université Webster, Genève.

4e de couverture:
   
    Alors que le projet de constitution européenne a été rejeté par près de 55 % des Français, on est fondé à s’interroger sur les raisons de ce refus.

     
L’une des explications ne serait-elle pas la crainte de voir le projet républicain français, en dépit de sa vocation universelle, se dissoudre dans un ensemble qui lui serait irrémédiablement étranger, voire hostile ? Il est classique, en effet, d’opposer l’exception française aux conceptions sociétales du reste de l’Europe et du monde. L’idée laïque, notamment, serait incompréhensible aux autres pays.

    C’est cette exception républicaine française que ce livre entend interroger. N’existe-t-il pas, ailleurs en Europe et dans le monde, des traditions et des forces politiques, minoritaires peut-être, mais entretenant avec l’idée de république des liens suffisamment forts pour qu’un dialogue fructueux puisse être établi entre elles et ceux qui, en France, se revendiquent des valeurs de la République ?

    La réponse à cette question est bien évidemment lourde de conséquences politiques, surtout dans la perspective de l’élection présidentielle à venir. La politique de la France dans la construction européenne et dans la politique internationale peut en être profondément changée.
    Sur ce sujet neuf et important, cet ouvrage mobilise les compétences d’une équipe internationale, recrutée parmi les meilleurs spécialistes de la question républicaine dans les pays concernés.

Extraits de la préface d’André Bellon,

ancien président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale :

 « Trop de nos concitoyens considèrent le combat pour la République comme achevé alors qu’il ne peut qu’être permanent. L’idée républicaine est une construction continue. Faire le point sur sa résonance dans le monde est donc un projet salutaire. L’association des Amis d'Eugène et Camille Pelletan était particulièrement qualifiée pour un tel projet. Par ses réflexions, ses colloques, ses échanges de vue, elle a déjà souvent montré sa capacité à faire vivre les principes situés au cœur de la pensée républicaine. Une fois de plus, elle veut perfectionner cette œuvre.

[…]Reconstruire la République passe par un inventaire sérieux dans le temps comme dans l’espace. Si cet ouvrage y participe, le moins qu’on puisse dire est qu’il était vraiment opportun. »

Extrait de l’introduction de Paul Baquiast et Emmanuel Dupuy :

« Loin d’être la doctrine archaïque d’un autre siècle, le républicanisme est au contraire en phase étroite avec notre époque. En replaçant au centre de la réflexion politique la notion de bien commun (Res Publica), il est une réponse aux principaux défis de la mondialisation : le risque écologique, la menace d’un choc des civilisations, l’essor d’un libéralisme débridé.

Les mots, cependant, sont parfois piégés et celui de République est à utiliser avec la plus grande prudence. Selon la situation politique, le sens du mot ainsi que les problématiques afférentes peuvent être très différentes.

Dans les monarchies constitutionnelles, le républicanisme peut apparaître comme une simple aspiration à rompre avec un régime désuet. Même si cette idée n’est pas totalement fausse, les choses ne sont en réalité pas si simples, comme en témoignent l’exemple du Royaume-Uni, de la Belgique et de l’Espagne, ou encore, dans un autre contexte, de l’Australie et du Canada

    […]

En ce début de XXIe siècle, la dialectique de l’idée républicaine et de l’idée monarchique, encore centrale au début du siècle dernier, est cependant devenue plus marginale. La question essentielle est celle de la relation entre République et Démocratie.

    L’une et l’autre sont intrinsèquement mêlées. La première ne saurait exister sans la seconde. C’est donc sans surprise que les contributions évoquant l’idée républicaine dans les pays non démocratiques sont amenées à traiter à la fois de l’une et de l’autre.

    C’est également la raison pour laquelle les républiques arabes comme les républiques islamiques ne sont que de fausses républiques. Les premières, mêlant pouvoirs absolu, à vie et héréditaire, sont surnommées, en un jeu de mot arabe, des joumloukia (républico-monarchies). Les secondes sont des théocraties, considérant la république davantage comme un mode d’organisation du pouvoir que comme une vision spécifique de la société, et ne percevant pas dans les idées qui la régissent une contestation de fond.

    Non que les sociétés arabes et musulmanes, au contraire de ce qui est trop souvent affirmé, soient récalcitrantes par essence aux concepts républicains, et notamment au concept de laïcité. La méconnaissance du monde arabo-musulman nous empêche souvent de voir la modernisation en cours de leurs sociétés, à l’ombre des prisons et des mosquées, notamment par le biais du développement des universités, des chaînes satellites et de l’Internet.

[…]

    Dans les pays démocratiques, la dialectique de la République et de la Démocratie se pose en d’autres termes, posés il y a déjà dix ans par un Régis Debray opposant le libéralisme à la défense du bien commun.
    Aux Etats-Unis – république cousine de la République française, abreuvée comme elle à la source de la philosophie des Lumières – le caractère républicain s’est effacé du langage courant au profit de celui de démocratie, en dépit de l’épithète de « républicain » porté par l’un de ses deux principaux partis politiques.

[…]

    Dès les premiers temps, en conformité avec la devise de Patrick Henry (« Donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort »), la liberté y fut présentée comme le concept central, tandis que celui de République, pourtant revendiqué par les Pères fondateurs, restait dans leur esprit flou et mal défini. Aujourd’hui, c’est le messianisme démocratique, d’origine wilsonienne mais réinterprété par les milieux néo-conservateurs (composée de la droite dure alliée à d’anciens « liberals » issus des mouvements progressistes de la gauche) qui a mené les armées américaines sur les bords du Tigre et de l’Euphrate.

    Dans ce contexte, qu’elle place reste t-il pour le républicanisme d’influence française ?

    Sur le plan de la philosophie politique, il se retrouve en convergence avec certains aspects du réveil de la pensée républicaine à travers le monde, comme la défense du règne des lois, l’importance conférée au civisme, la critique de la corruption, la thématique du « bien commun », le refus de la logique néo-libérale et son affirmation péremptoire de la fin du politique. Ses affinités sont plus fortes, néanmoins, avec le renouveau républicain italien qu’avec celui des pays anglo-saxons, lequel fait grand cas de Tocqueville mais bien peu de Condorcet.

    Sur un plan moins intellectuel et plus pratique, le modèle américain semble l’emporter en Europe centrale et balkanique, non seulement du fait du rôle central joué par les Etats-Unis dans l’effondrement du système soviétique mais, plus fondamentalement, de par son apparente meilleure adaptation au puzzle multinaltional des Etats issus de l’ancienne Autriche-Hongrie. Quant au modèle français – Etat central, affirmation nationale, laïcité, rôle de l’éducation, politique sociale volontariste – il demeure une référence forte dans nombre de pays, en Europe, en Amérique latine, en Afrique et, plus encore, en Turquie.

    La chute du communisme (1989 en Europe centrale, 1991 en Russie) a fait réapparaître une troisième voie alternative, entre libéralisme et marxisme, celle de la République. Longtemps allié contre le totalitarisme soviétique à un républicanisme qu’on avait pu croire discrédité par les attaques de l’extrême gauche contre sa supposée hypocrisie bourgeoise et sa défense des libertés formelles (« la forme emporte et résout le fond », affirmait Gambetta), le libéralisme est désormais entré en lutte avec l’idée républicaine renaissante pour imposer son seul leadership. Aux républicains de tous les pays, dans le respect de leurs différences, de relever le défi pour assurer au monde un avenir de paix dans la liberté, l’égalité et la fraternité. »