
LA REPUBLIQUE UNIVERSELLE
VOLUME 1
l'IDÉE RÉPUBLICAINE EN EUROPE (XVIIIE-XXIE SIÈCLES)
HISTOIRE ET PENSEE UNIVERSELLES, EUROPE
VOLUME 2
l'IDÉE RÉPUBLICAINE DANS LE MONDE (XVIIIE-XXIE SIÈCLES)
ISBN : 978-2-296-02795-4 (vol 1), 978-2-296-02796-1 (vol 2)
mars 2007 • 240 et 196 pages
Prix éditeur
: 21 € et 17 €
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Alimbau Jaume Renyer
Professeur adjoint, Université Rivira i Virgili, Taragone
Maître de conférences en philosophie, Université Paris
IV
Docteur en histoire de l’Université Paris IV,
principal du collège Henri Matisse (Issy les Moulineaux), président de
l’Association des Amis d’Eugène et Camille Pelletan
Directeur-adjoint de l’IRIS (Institut de
Recherches Internationales et Stratégiques)
Président d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC)
Professeur de sciences politiques, Université du
Québec, Montréal
Chercheur à l’IRIS
Chercheur à l’IRIS
Directeur du Centre International d’Etudes
Geopolitiques (CIEG) de Genève ; professeur de géopolitique à
la Geneva school of Diplomacy ; directeur d’études au programme
universitaire School for International Trading
Président de
l’association d’Etudes en Relations Internationales et Défense (ERID) ;
secrétaire général de l’Association des Amis d’Eugène et Camille Pelletan
Professeur de droit, ancien ministre du gouvernement
afghan
Fontaine José
Docteur en philosophie de l’UCL, directeur de la
revue mensuelle TOUDI
Jakab Attila
Docteur en histoire de l’Université Marc Bloch,
Strasbourg
Professeur d’histoire contemporaine, Université de
Iaroslav
Analyste politique, maître de conférences en
Relations Internationales et Sciences Politiques à l’Université de l’Europe du
Sud-Est (SEEU) de Macédoine.
Marzouki Moncef
Professeur de santé publique, écrivain et opposant
tunisien
Maître de conférences en civilisation britannique, Université
de Versailles-Saint Quentin en Yvelines
Secrétaire national aux relations internationales du Rassemblement
pour la Culture et la Démocratie (RCD)
Journaliste, ancien présentateur du JT d’Antenne
2
Professeur
de sciences politiques, Université de Téhéran
Maître de conférences en civilisation britannique, Université
de la Nouvelle Calédonie
Docteur en histoire de l’Université Paris VII
Ridolfi Maurizio
Professeur d’histoire contemporaine, Università della
Tuscia, Viterbo
Toursel Serge
Docteur en sciences de l’éducation de l’Université de
Lille
Extraits de la préface d’André Bellon,
ancien président de la Commission des affaires
étrangères de l’Assemblée nationale :
[…]Reconstruire la République passe par un inventaire sérieux dans le temps comme dans l’espace. Si cet ouvrage y participe, le moins qu’on puisse dire est qu’il était vraiment opportun. »
« Loin d’être la doctrine archaïque d’un autre
siècle, le républicanisme est au contraire en phase étroite avec notre époque.
En replaçant au centre de la réflexion politique la notion de bien commun (Res
Publica), il est une réponse aux principaux défis de la
mondialisation : le risque écologique, la menace d’un choc des
civilisations, l’essor d’un libéralisme débridé.
Les mots, cependant, sont parfois piégés et celui de
République est à utiliser avec la plus grande prudence. Selon la situation
politique, le sens du mot ainsi que les problématiques afférentes peuvent être
très différentes.
Dans les monarchies constitutionnelles, le
républicanisme peut apparaître comme une simple aspiration à rompre avec un
régime désuet. Même si cette idée n’est pas totalement fausse, les choses ne
sont en réalité pas si simples, comme en témoignent l’exemple du Royaume-Uni,
de la Belgique et de l’Espagne, ou encore, dans un autre contexte, de
l’Australie et du Canada
En ce début de XXIe siècle, la dialectique
de l’idée républicaine et de l’idée monarchique, encore centrale au début du
siècle dernier, est cependant devenue plus marginale. La question essentielle
est celle de la relation entre République et Démocratie.
L’une et l’autre sont intrinsèquement mêlées. La
première ne saurait exister sans la seconde. C’est donc sans surprise que les
contributions évoquant l’idée républicaine dans les pays non démocratiques sont
amenées à traiter à la fois de l’une et de l’autre.
C’est également la
raison pour laquelle les républiques arabes comme les républiques islamiques ne
sont que de fausses républiques. Les premières, mêlant pouvoirs absolu, à vie
et héréditaire, sont surnommées, en un jeu de mot arabe, des joumloukia (républico-monarchies).
Les secondes sont des théocraties, considérant la république davantage comme un
mode d’organisation du pouvoir que comme une vision spécifique de la société,
et ne percevant pas dans les idées qui la régissent une contestation de fond.
Non que les sociétés
arabes et musulmanes, au contraire de ce qui est trop souvent affirmé, soient
récalcitrantes par essence aux concepts républicains, et notamment au concept
de laïcité. La méconnaissance du monde arabo-musulman nous empêche souvent de
voir la modernisation en cours de leurs sociétés, à l’ombre des prisons et des
mosquées, notamment par le biais du développement des universités, des chaînes
satellites et de l’Internet.
[…]
Dans les pays
démocratiques, la dialectique de la République et de la Démocratie se pose en
d’autres termes, posés il y a déjà dix ans par un Régis Debray opposant le
libéralisme à la défense du bien commun.
Aux Etats-Unis – république cousine de la
République
française, abreuvée comme elle à la source de la
philosophie des Lumières – le
caractère républicain s’est effacé du
langage courant au profit de celui de
démocratie, en dépit de l’épithète de
« républicain » porté par
l’un
de ses deux principaux partis politiques.
[…]
Dès les premiers
temps, en conformité avec la devise de Patrick Henry (« Donnez-moi la
liberté ou donnez-moi la mort »), la liberté y fut présentée comme le
concept central, tandis que celui de République, pourtant revendiqué par les
Pères fondateurs, restait dans leur esprit flou et mal défini. Aujourd’hui,
c’est le messianisme démocratique, d’origine wilsonienne mais réinterprété par
les milieux néo-conservateurs (composée de la droite dure alliée à d’anciens
« liberals » issus des mouvements progressistes de la gauche) qui a
mené les armées américaines sur les bords du Tigre et de l’Euphrate.
Dans ce contexte,
qu’elle place reste t-il pour le républicanisme d’influence française ?
Sur le plan de la
philosophie politique, il se retrouve en convergence avec certains aspects du
réveil de la pensée républicaine à travers le monde, comme la défense du règne
des lois, l’importance conférée au civisme, la critique de la corruption, la
thématique du « bien commun », le refus de la logique néo-libérale et
son affirmation péremptoire de la fin du politique. Ses affinités sont plus
fortes, néanmoins, avec le renouveau républicain italien qu’avec celui des pays
anglo-saxons, lequel fait grand cas de Tocqueville mais bien peu de Condorcet.
Sur un plan moins
intellectuel et plus pratique, le modèle américain semble l’emporter en Europe
centrale et balkanique, non seulement du fait du rôle central joué par les
Etats-Unis dans l’effondrement du système soviétique mais, plus
fondamentalement, de par son apparente meilleure adaptation au puzzle
multinaltional des Etats issus de l’ancienne Autriche-Hongrie. Quant au modèle
français – Etat central, affirmation nationale, laïcité, rôle de l’éducation,
politique sociale volontariste – il demeure une référence forte dans
nombre de pays, en Europe, en Amérique latine, en Afrique et, plus encore, en
Turquie.
La chute du
communisme (1989 en Europe centrale, 1991 en Russie) a fait réapparaître une
troisième voie alternative, entre libéralisme et marxisme, celle de la République.
Longtemps allié contre le totalitarisme soviétique à un républicanisme qu’on
avait pu croire discrédité par les attaques de l’extrême gauche contre sa
supposée hypocrisie bourgeoise et sa défense des libertés formelles (« la
forme emporte et résout le fond », affirmait Gambetta), le libéralisme est
désormais entré en lutte avec l’idée républicaine renaissante pour imposer son
seul leadership. Aux républicains de tous les pays, dans le respect de
leurs différences, de relever le défi pour assurer au monde un avenir de paix
dans la liberté, l’égalité et la fraternité. »