Une approche personnalisée
Nos deux foyers
Sortir de la rue
Soigner
Former et réinsérer

 

Une approche personnalisée

Solo para Mujeres (SPM) s’est spécialisée dans l’action en faveur des jeunes et très jeunes filles de la rue, âgées de 8 à 20 ans.
Depuis sa création en 1991, les éducatrices et le médecin de SPM parcourent régulièrement les rues et les jardins publics de la capitale où survivent les enfants et les adolescents, établissent des contacts et prodiguent les soins de premier secours.
Mais le besoin s’est fait sentir d’une véritable prise en charge. Grâce à l’association Les Trois Quarts du Monde, les filles de la rue ne sont pas seulement aidées provisoirement, mais vivent désormais, le temps qu’il faut, dans une structure entièrement dédiée à leur désintoxication, à leur formation scolaire et professionnelle qui permet leur réinsertion. L’équipe de SPM les accueille, les nourrit et les soigne. Chaque fillette ou adolescente est l’objet d’une attention personnalisée, adaptée à chacune en particulier.
 

L’équipe de Solo Para Mujeres en 2003 :
- une directrice générale, directrice du premier foyer;
- un médecin;
- six éducatrices, dont quatre sont d’anciennes filles de la rue;
- deux enseignantes (une par foyer);
- une psychologue, directrice du second foyer;
- une monitrice de travaux pratiques.
Ce sont tous des professionnels rémunérés.

 

Nos deux foyers

Le premier foyer connaît une affluence record. Il accueille entre 40 et 45 personnes, dont 30 à 35 adolescentes et 10 bébés. L’équipe du premier foyer met l’accent sur le soutien psychologique et l’éducation. Ouvert jour et nuit, ce foyer hébrege des filles pour une longue durée, mais aussi celles qui sont provisoirement sans soutien, pour leur éviter d’entrer dans la spirale infernale de la rue.  

Le second foyer, inauguré en mai 2002, est ouvert de jour, mais il accueille de nuit quelques adolescentes, en particulier celles qui sont enceintes, malades ou qui ont des bébés. Il est situé dans la zone de la gare routière, zone de la plus forte concentration de bars et d’hôtels de passe de la capitale.
Les deux foyers sont avant tout des espaces où les filles sont protégées, elles y apprennent l’entraide et les principes de la vie en communauté. Les valeurs essentielles leur y sont rappelées : santé, sommeil, propreté, respect d'autrui, soin des bébés, tendresse.
 

Sortir de la rue

Les jeunes filles, surtout celles qui sont prises en charge par le second foyer, sont dans un profond état de délabrement physique et mental, avec un lourd passé dans la rue et dans l’enfer de la drogue. Lorsqu’elles sont accueillies, elles sont parfois encore en proie aux hallucinations et aux délires provoqués par les narcotiques.
Laisser la drogue derrière soi, dormir en paix, se laver, déjeuner autour d’une table : ces gestes simples changent le quotidien des jeunes filles, les font sortir d’une spirale de violence, de misère, de prostitution et leur permettent de reprendre peu à peu des forces.
Les jeunes filles, qui trouvent pour la première fois un peu de stabilité dans leur vie, participent volontiers aux tâches de la vie quotidienne et aux activités des foyers menées par les éducatrices.
 

Soigner

Les plaies de l’âme
L’accueil, la nourriture rendent aux jeunes filles un sentiment de dignité. Mais au-delà du délabrement physique, les blessures de l’âme sont profondes : les drogues, la prostitution, les grossesses précoces, la violence de la rue guatémaltèque, représentent des épreuves terribles pour des filles aussi jeunes, à peine sorties de l’enfance.
Les éducatrices de SPM sont là pour aider et soutenir ces jeunes filles, les réconforter et leur montrer un modèle différent de la vie qu’elles ont vécue jusqu’alors. L’aide psychologique vise principalement à cela : en finir avec le “blocage” de ces enfants traumatisés, restaurer l’estime de soi, anéantie par les insultes, les viols et les mauvais traitements.
Les éducatrices comprennent ces jeunes filles, leur présence est la preuve vivante qu’elles peuvent s’en sortir par des moyens honnêtes. Elles s’occupent d’elles comme des grandes sœurs, avec tendresse et respect. Comme les petites le disent elles-mêmes de l’équipe : “personne n’a autant de cœur qu’eux”. Dès l’ouverture du second foyer, une psychologue a été embauchée à plein temps.

 

Les plaies du corps
Le médecin a fort à faire avec des jeunes filles qui souffrent de malnutrition, de dépendance aux narcotiques, de blessures par balles ou à l’arme blanche, de maladies liées à la prostitution (sida notamment). Au cours de ses parcours de rues, il soigne garçons et filles. L’éducatrice ou la psychologue qui l’accompagne invite les filles à venir dans l’un des deux foyers.
Actuellement, en 2002, de 6 à 8 jeunes pensionnaires du foyer et deux bébés ont été contrôlés séropositifs. Les malades restent au foyer, car où iraient-elles ?

 

Former et réinsérer

Enseignement
Des cours de rattrapage scolaire sont organisés dans le premier foyer par une institutrice embauchée par SPM. Les résultats scolaires des deux jeunes filles qui ont fréquenté une école du quartier sont très encourageants. Elles ont été félicitées pour leur travail et ont fait des émules : en 2003, elles sont neuf inscrites et une dixième suit des cours d’infirmière.
Nous avons distribué quatre bourses en 2001 à des filles réinsérées par SPM, et qui vivent maintenant chez un parent. Une des jeunes filles vient de recevoir son diplôme de secrétaire commerciale, les autres poursuivent leurs études.

 
Des activités d’éveil sont organisées pour les tout-petit en vue de leur future scolarisation. Il est très important d’éduquer ces enfants dès leur plus jeune âge, si l’on veut réussir à éviter qu’ils constituent une nouvelle génération de filles et de garçons de la rue. Nous aurons ainsi réussi à rompre la chaîne qui reproduit inexorablement les générations de familles de la rue.
De plus, ces activités d’éveil permettent de détecter les problèmes que sont susceptibles de présenter ces bébés du fait de comportements inadaptés de leurs parents ou de problèmes de type génétique. Les tout-petits bénéficient de massages corporels afin de développer leur psychomotricité.
Parmi ceux qui sont un peu plus âgés, neuf fréquentent déjà le jardin d’enfants.
 

 

 

Ateliers
Des ateliers de travaux manuels complètent les cours de rattrapage et l’éducation scolaire proposée aux jeunes filles. Ils jouent un véritable rôle thérapeutique.
Dans le premier foyer, une monitrice anime ces ateliers à temps partiel. Les jeunes filles suivent des cours de cuisine, apprennent à fabriquer des cartes de vœux, des bougies décorées. Des cours de coupe et de couture ont été offerts par le Bienestar Social (Secrétariat d’État aux Affaires Sociales) durant le dernier 2002. Ces cours ont été suivis avec beaucoup d'application et d'intérêt.