LA LÉGENDE DU PONT DE BEAUGENCY
Dessin extrait de la République du centre. Loiret
A Beaugency la Loire clapote et
tourbillonne autour des piles du pont, il s’agit de l’un des plus anciens.
D’une architecture complexe cet ouvrage médiéval enjambe le fleuve, ses
vingt arches relayant la Beauce à la Sologne.
Voici sa légende : il y a très
longtemps de cela, les gens de Beaugency quand ils voulaient franchir la Loire
devaient prendre une barque car il n’y avait pas de pont. Et ils n’avaient
pas les moyens d’en bâtir un eux mêmes, ni de payer quelqu’un d’autre
pour le faire. Alors comment s’en tirer !
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Le diable toujours à l’affût
entendit parler de cette affaire, il s’habilla et vint rendre visite au maire
de Beaugency.
Ce maire aimait bien s’habiller lui aussi. Il portait une robe écarlate et avait toujours une grande chaîne en or autour du cou, même en dormant il ne la quittait pas. Le diable expliqua au maire qu’il avait entendu parler de son affaire et déclara que lui était capable de bâtir un pont pour les habitants de Beaugency de telle sorte qu’ils pourraient le franchir autant de fois qu’il leur plairait. Il dit encore qu’il lui suffirait d’une seule nuit pour le construire. Le maire lui demanda alors combien il voulait pour construire ce pont là. « pas un sou, dit le diable, tout ce que je demande c’est que la première personne qui passe le pont m’appartienne ». D’accord dit le maire.
La nuit tomba, tous les gens de
Beaugency allèrent se coucher et s’endormirent. Le matin arriva, ils
sortirent et s’écrièrent : quel pont magnifique ?. En effet, ils
avaient sous les yeux un beau, un solide pont de pierres qui enjambait le large
fleuve.
Alors il y eut une sonnerie de trompettes, le maire apparut dans son bel habit, il avait un seau à la main et sous le bras il tenait un chat. Quand il le vit, à l’autre bout du pont, le diable s’arrêta de danser et ajusta sa longue vue. Les gens se parlaient tout bas essayant de deviner les intentions de leur premier magistrat. Quand le maire arriva à l’entrée du pont les hommes retinrent leur souffle et les femmes leur langue. Le maire posa alors le chat par terre sur le pont, et le temps de dire ouf, il jeta son seau d’eau sur lui. Le chat effarouché ne demanda pas son reste, il traversa le pont à toute allure et vint se jeter dans les bras du diable. Celui-ci piqua alors une vraie colère, il entra dans une telle rage qu’il donna un coup de pied à l’une des arches du pont qui depuis reste décalée. « Messieurs les Balgentiens, hurla-t-il de l’autre coté, vous n’êtes pas de belles gens vous n’êtes que des chats ! « voici pourquoi depuis cette époque on appelle les habitant de cette ville « les chats de Beaugency ».
Plus sérieusement, on pense que le
mot « chat » est une contraction du mot châtaigne. Il est vrai que
les foires aux châtaignes sont très nombreuses dans la région. Les « chats
de Beaugency » seraient en réalité les châtaignes de Beaugency.