Clifford Donald SIMAK


3/8/1904 - 25/4/1988

Bibliographie française
Bibliographie américaine
Pseudonyme utilisé par Clifford D. Simak
. pas de pseudonyme connu

Quand en 1952 parait "City" (Demain les Chiens), Clifford Donald Simak écrit de la science-fiction depuis plus de 20 ans, est considéré comme un des membres de l'équipe de Campbell ("le plus charmeur des écrivains de John Campbell" dira Algis Budrys ). Il peut donc lui aussi être considéré comme un auteur de l'âge d'or, même si sa notoriété ne vint qu'après cette période.

Dans "City" qui est, comme beaucoup d'oeuvres américaines, la mise en roman de 8 nouvelles parues pour les 7 premières dans Astounding entre May 44 et Décembre 47, et pour la dernière en janvier 51, dans Fantastic Adventures, on trouve ce qui sera la marque de Simak dans toute son oeuvre : une utilisation réduite de tout recours à des explications scientifiques, une certaine quiétude dans l'écriture loin des affrontements urbains qui se traduit dans l'utilisation d'une narration sous forme de conte, un enracinement profond dans la campagne et dans les personnages simples, la présence de la foi par opposition à la religion et son détournement par les églises.

Ce sentiment linéaire et sans accroc, qui doit être relativisé au regard de sa production qui regroupe aussi western, livres de guerre, histoires d'horreur, peut être renforcé à la lumière de sa biographie; mais la vie n'est pas l'oeuvre et l'oeuvre n'est pas la vie.

Clifford Donald Simak est né le 3 Août 1904, à Milville dans le Wisconsin. Ces parents, John Lewis et Margaret (née Wiseman) Simak étaient établis dans cet état comme fermiers. Il avait, au moins un frère (Richard ?) (merci si vous avez des précisions de me les communiquer sur listes.sf@wanadoo.fr).

Il passa son enfance à la campagne, fit des études normales, un rapide passage à l'université du Wisconsin. De cette période, tout le monde s'accorde à voir l'origine de son inspiration "pastorale", ancrée dans le réel de la terre, pleine de bon sens et rempli de personnages paysans ou de la classe moyenne. Simak déclare lui-même qu'il se sentait, bien qu'enfant du 20 eme siècle, plus proche des pionniers du 19eme.

Il commença à travailler comme instituteur dans le Wisconsin avant d'entrer en 1929 dans un journal du Midwest. Il traversa ainsi différents journaux avant d'intégrer le Minneapolis Star and Tribune en 1939.

Marié le 13 Avril 1929 avec Agnes Kurchenberg dont il aura deux enfants, Scott et Shelley, son mariage prendra fin, après 56 ans de vie commune, en 1985 avec le décès de son épouse.

le numéro d'avril 1939 de Thrilling stories avec la npouvelle "Madness from Mars" de C. Simak En Décembre 1931, parait le premier texte de science-fiction de C. Simak, "The world of the red sun" dans Wonder Stories dirigé par Hugo Gernsback.En 1932, il publie 3 nouvelles chez Wonder Stories et sa première en Juin "Hellhounds of the cosmos" chez Astounding. Sa production régulière avec Astounding et donc avec Campbell ne commencera réellement qu'à partir de 1938. En tant que journaliste, Simak a déjà une écriture affirmée et qui n'est pas trop éloignée des standards (oukases?) de Campbell; si on peut dire que Simak fait partie de "l'écurie Astounding", on ne peut pas prétendre qu'il soit un produit Campbell.
 
Aucune publication en 1945, et la parution l'année suivante de son premier roman "the Creator" qui reprend le titre paru en deux livraisons en Mars et Avril 1935 dans Marvel Tales et qui fait accéder Clifford Simak à une notoriété élargie au-delà des amateurs de pulp-fiction.Sinon pendant les années 40, il écrit peu de science-fiction, mais plutôt, en accord avec l'air du temps des livres de guerre, dont j'ignore et le contenu et la qualité.
 
En 1949, il est nommé News editor du Minneapolis Star et publie un an plus tard, "Cosmic Engineers" (les ingénieurs du cosmos) basé sur une nouvelle parue en 1939 et surtout en 1951, ce qui est sans doute son chef d'oeuvre "time and again" (de temps à autres ou dans le torrent des siècles).
 

En 1952, la parution de "City"(demain, les chiens) sous forme de roman et en édition bon marché, est le déclencheur de la carrière d'auteur reconnu de Simak qui reçoit pour ce livre l'International Fantasy Award.

En 1954, autre chef d'oeuvre, "Ring around the sun" (chaîne autour du soleil), où Simak, tout pastoral soit il, montre qu'il sait embrasser les thèmes les plus différents : consumérisme, évolution humaine, mutants. Comme dans la majorité de son oeuvre, Simak développe les dangers de la technologie, le besoin d'éthique dans le développement, tout en pensant que, correctement utilisée, la technologie est porteuse de changements positifs pour l'humanité. A noter, pour ce que cela vaut, que dans ce roman, le héros, Jay Vickers est écrivain, Simak utilisant également à de nombreuses reprises des journalistes comme héros.Ce roman parait pour la première fois dans Galaxy, de Décembre 52 à Février 53 (voir dans la note de haut de page de la bibliographie américaine ce que cela induit en terme d'année de parution).

1ere parutuion de "Dans le torrent des siècles"
A Saint Louis en 1969

En Octobre 1958, la publication de "the big front yard" chez Astounding, est couronné d'un Hugo dans la catégorie Novelette au cours de la convention de Détroit en 1959. Deux autres Hugo s'ajouteront à celui ci, en 1964 pour "Way station", le dernier chef d'oeuvre de Simak, dans la catégorie Roman et en 1981 pour " Grotto of the dancing deer", nouvelle qui recevra aussi le Nebula en 80.

En 1976, il reçoit le Grand Master Award de la Science-Fiction Writers of America pour l'ensemble de son oeuvre.Il reçoit aussi pour la même raison le Bram Stoker Award, ce qui montre bien qu'il ne s'est pas cantonné et il n'a pas été cantonné à un seul genre.

Clifford Simak abordera aussi de façon soutenue la Fantasy, plusieurs ouvrages dont "la réserve des lutins" 1968, "le pèlerinage enchanté" 1975 ou "au pays du mal" 1982 dépendant clairement de ce genre. Dans ce domaine, hormis "la réserve des lutins" qui est un exercice plaisant de non-sens, Simak met en exergue le Mal, un Mal qui domine le monde et le maintient dans une situation rétrograde où les mythes ont encore leurs places. Ainsi trolls, lutins, elfes, humains cohabitent et coopèrent dans un monde moyenâgeux où les objets sont enchantés et où le mal est souvent associé à un visage démoniaque de l'église ( cf Beckett, un inquisiteur plus vrai que nature) et où en même temps la sagesse est incarnée par de vieux et paisibles hommes de Dieu, évêque ou ermite.Même si le Mal ne perd jamais complètement la partie, Simak plaide pour une humanité tolérante où l'acceptation de l'autre, de l'étranger est la clé d'une philosophie de la vie et du respect.

En 1976, après 37 ans de service auprès du Minneapolis Star, il prend sa retraite, restant dans le Minnesota et continue à écrire sur un rythme d'environ un livre par an. Pas de grands textes, à mon sens durant cette époque, mais des développements d'idées intéressantes sur les paradoxes temporels (Mastodonia 1978), les robots et la religion (Projet VaticanXVII 1981).

A 83 ans, le Lundi 25 Avril 1988, Clifford Donald Simak s'éteint au Riverside Medical Center de Minneapolis; Il est enterré au cimetière Lakewood à Minneapolis.

Clifford Simak
 

A vouloir mettre tout le monde dans des cases, Simak, même s'il rentre parfaitement dans celle de l'humaniste paisible, chantre de la nature et d'une société pastorale, ne peut pas être réduit à cela. Il a touché, ne serait ce que dans la science-fiction, à tous les domaines, imprimant sa patte à chaque texte, mais en offrant d'heureuses surprises aux lecteurs attentifs. Comme la plupart de ses collègues et contemporains, le meilleur de son oeuvre est sans doute dans ses nouvelles, environ 140, même si à titre personnel, j'ai une préférence pour son roman "Time and again". Comme pour d'autres auteurs, ne restez pas avec C. Simak sur les 3 ou 4 titres connus, recherchez ses recueils de nouvelles ou ses anthologies, vous ne pourrez qu'être agréablement surpris.